jeudi 5 janvier 2012

CD du moment ...


... Je l'écoute en boucle. Il ne quitte pas mon sac à main et passe de la voiture à la maison, de la maison à la voiture ... Un régal! Un pur bijou, un moment de douceur unique. 
De belles et apaisantes musiques, pleine de poésie et de délicatesse. Un beau moyen de replonger dans l'univers de Jane Austen. 
Vraiment une merveille! 

(Source image : amazon.fr)

dimanche 1 janvier 2012

Bilan livresque


Tout d'abord, je vous souhaite de tout coeur une très belle année 2012, pleine de sourires, de joies et de lectures. 


Cette année 2011 fut riche. Je suis devenue maman et ça, ce n'est pas rien. Ma vie est deux fois plus remplie de bonheur et d'amour. 
Côté lecture l'année a été marqué par une petite baisse de rythme ... Et oui, ce n'est pas que je lis moins souvent, mais moins longtemps. L'arrivée de mon petit Romanzino n'a pourtant pas fait chuter mon amour de la lecture et des mots. Bien au contraire ... 

Comme chaque année, voilà mes meilleures lectures de l'année 2011 ... 

- Purge de Sofi Oksanen : Un livre dur mais bouleversant qui m'a énormément marquée. Plusieurs mois après beaucoup d'images me reviennent. 
- Harry Potter et les reliques de la mort de J K Rowling : Avec ce roman, c'est achevé une longue et belle histoire entre Harry, Ron, Hermione et moi. 
- Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee : Un roman magnifique qui m'a donnée envie de découvrir davantage la littérature classique américaine. 
- La promenade au phare de Virginia Woolf : Le roman qui m'a réconciliée avec cette grande dame anglaise.
- Les six premiers tomes de L'assassin royal de Robin Hobb : Une série miraculeuse, merveilleusement bien écrite, captivante, touchante. 
- Précoce automne de Louis Bromfield : Un roman sans prétention qui m'a complètement séduite. 

2011 fut aussi la confirmation d'un amour inconditionnel pour Daphné du Maurier (L'auberge de la Jamaïque), Jane Austen (Emma), Stefan Zweig (Marie Stuart) et Elizabeth Goudge (L'arche dans la tempête). C'est toujours un immense bonheur de replonger dans leur écriture magnifique, leur univers unique. Des valeurs sûres! 
Par contre, je n'ai pas lu de Pearl Buck cette année ...  Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas plongée dans un de ses romans. Je réparerai vite l'affront. 

Et 2011 fut également ma (re)découverte de monsieur Charles Dickens. Il y a eu Un conte de deux villes, puis la magnifique biographie de Marie-Aude Murail et enfin (et surtout) De grandes espérances. Depuis je veux tout lire de cet incroyable écrivain. Affaire à suivre! 

Une année moins riche en nombre de livres lus mais tout aussi passionnée et passionnantes que les années précédentes ... 
Au bonheur de lire ... 


BONNE ANNEE!

samedi 31 décembre 2011

La magie de Noël selon Dickens ...

 Le grillon du foyer
Charles Dickens

Edition Nelson, 1963.

Petite divinité domestique, tour à tour silencieuse et volubile, le grillon est l'âme de la maison. Symbole du bonheur et de la sérénité, il apaise les cœurs rongés par le doute, la colère et l'aigreur. Extraordinaire conteur, Dickens dénonce la misère de la société industrielle tout en évoquant la vie quotidienne avec humour et s'impose comme l'un des plus grands écrivains anglais du XXe siècle.
(Résumé de l'édition Folio, 2006.)

Qui dit Noël, dit lecture de Noël! 
J'ai donc ouvert ce petit conte de Monsieur (Chouchou) Dickens et ce fut un bien agréable moment. Certes, j'ai largement préféré Un chant de Noël qui reste pour moi le conte de Noël indétrônable, mais ce Grillon du foyer possède un charme évident. C'est un bien joli conte que nous offre Dickens. Certains passages m'ont profondément émue. Le personnage de Caleb est magnifique. Ce père inventant une autre vie que la sienne pour éviter la triste réalité à sa chère fille aveugle est bouleversant.  Dickens m'a confirmé à quel point son écriture était magique, à quel point il savait jouer autant avec le comique qu'avec le tragique. Même si ce conte n'a pas la profondeur Des grandes espérances, il me donne plus que tout envie de me plonger encore et encore dans l'oeuvre de ce fabuleux auteur. 
Un petit conte touchant, humain, sensible, drôle et bouleversant ... Dickensien, quoi! Une histoire qui se lit toute seule, parfaite en cette période de l'année ... 

La Bouilloire fit entendre son premier cri ! Ne me dites pas ce que mistress Peerybingle disait. Je le sais mieux qu’elle. Mistress Peerybingle peut laisser croire jusqu’à la fin des temps qu’elle ne saurait dire lequel des deux commença à crier ; mais moi je dis que c’est la Bouilloire. Je dois le savoir, j’espère ! La Bouilloire commença cinq bonnes minutes, à la petite horloge de Hollande qui était dans un coin, avant que le grillon poussât le premier cri."
(Le grillon du foyer, Dickens, Nelson, 1963, page 9)

(Source imgae : etanchermasoif.com)

dimanche 18 décembre 2011

L'auberge hantée ...

L'auberge de la Jamaïque
Daphné du Maurier

Livre de poche, 1954.

Orpheline et pauvre, Mary Yellan n'a pas d'autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l'Atlantique. Dès son arrivée à l'Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu'elle a connue jeune et gaie n'est plus qu'une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant. Aucun voyageur ne s'est arrêté depuis longtemps dans cette auberge...


Décidément, Madame du Maurier est une magicienne. Elle m'avait déjà envoûtée avec Les oiseaux et autres nouvelles et surtout avec le géniallissime Rebecca. L'auberge de la Jamaïque a confirmé mon amour pour cette grande dame. 
Certes, ce roman n'a pas la profondeur de Rebecca mais il est passionnant et haletant. Même si je n'ai pas trop eu le temps de lire ces dernières semaines, j'ai adoré me plonger dans cette histoire de contrebande, de naufrage, de lande inquiétante, de meurtres et de violence
Daphné du Maurier a vraiment l'art de raconter des histoires qui nous tiennent en haleine durant des heures. C'est intelligent, efficace, distrayant. Une ambiance "Brontë" totalement addictive. Un vrai bonheur! 
Certaines scènes ont eu raison de mon petit coeur fragile. Comme celle dans les premières pages où Mary Yellan espionne son oncle au milieu de la nuit. J'ai vraiment vécu cette scène à la place de l'héroïne. Je l'ai trouvé réellement bien faite. J'ai aimé la description des pensées de Mary. Daphné du Maurier a un talent fou pour parler des sentiments humains, des émotions, des sensations. 
Je suis complètement rentrée dans le jeu. J'ai marché à fond. J'ai tremblé comme Mary aux apparitions de cet horrible Joss, les évocations des naufrages m'ont terrifiée et les promenades nocturnes de Mary m'ont glacée. 
Je ne saurais vous expliquer à quel point l'univers de Daphné du Maurier me fascine. Je suis vraiment en extase devant son imagination, sa plume, ses atmosphères, ses personnages. Elle n'a pas peur d'évoquer le meurtre, la violence (qu'elle soit physique, morale, sexuelle), la cruauté, l'horreur mais toujours d'une façon intelligente, imaginative, fouillée. 
Je suis heureuse de voir dans ma bibliothèque Le mont-Brûlé, Le général du roi, La chaîne d'amour, Ma cousine Rachel et L'aventure vient de la mer (ou La crique du français) qui m'attendent sagement. Je retrouve dans les romans de Daphné du Maurier tout ce que j'avais aimé dans Jane Eyre, Les hauts de Hurlevent
A lire absolument. 
Une plume à découvrir d'urgence si ce n'est pas déjà fait! 



"Elle connut une fois de plus l’humiliation d’être une femme quand, brisée moralement et physiquement, son état fut admis comme une chose naturelle.
Si Mary était un homme, on la traiterait avec rudesse, tout au moins avec indifférence… lorsqu’on en aurait terminé avec elle, s’embarquerait sur quelques paquebots et travaillerait pour payer son passage, ou bien elle prendrait la route, avec quelques sous en poche, le coeur et l’esprit libres.
Mais elle était là, les larmes prêtes à couler, ayant la migraine; on l’éloignait en hâte du lieu du crime avec des paroles et des gestes apaisants; elle n’était qu’un élément d’encombrement et de retard, comme toutes les femmes et tous les enfants après une tragédie."

(L'auberge de la Jamaique, Livre de poche, 1954, page375)


(Source image : dessin de Victor Hugo. culturofil.net)

mardi 13 décembre 2011

Bonne résolution ... (enfin ... J'essaie!)



J'ai fait un grand (mais alors un grand) pas dans ma vie. J'ai décidé de progresser en anglais … de progresser beaucoup.

La décision de m'y mettre ne fut pas simple : peur de l'échec, manque total de confiance en moi et j'en passe. Mais mon amour de la littérature anglaise a été plus fort. J'en avais assez d'envier constamment ceux qui lisaient Jane Eyre en anglais, les romans de Jane Austen et qui n'étaient pas obligés (comme moi) d'avoir les sous-titres français pour voir un film en VO. J'ai dit STOP ! Arrête d'envier les gens et lance-toi ! La chose qui a fini par me décider ? Ceci. Merci Fashion !
Je me suis dit pourquoi pas moi !
J'ai comme tout le monde un simple niveau scolaire en anglais. Je n'étais ni très bonne, ni très mauvaise. J'ai eu de bonnes notes et de très mauvaises notes. Bref ! La routine ! Depuis mon départ de l'université, je me suis rendue compte que je n'avais pas perdu mon anglais (contrairement à mes deux autres langues, l'espagnol et l'italien (comme je la regrette celle-là ! Snif!)). Je crois que l'on est tellement baigné au quotidien dans cette langue que l'on ne peut pas l'oublier.
La langue de Shakespeare restait tout de même pour moi une langue étudiée à l'école et c'est tout. Jusqu'à ce que je (re)découvre Jane Austen et tout ce qui l'entoure. Je me suis rendue compte à quel point la culture anglaise était riche. J'ai eu envie de lire cette grande dame dans sa langue maternelle et de redécouvrir mes autres auteurs chouchous (les sœurs Brontë, Pearl Buck, Marion Zimmer Bradley et plus récemment Daphné du Maurier).

De voir autant de gens sur la toile lire des romans en anglais m'a fait me demander si je n'en étais pas moi aussi capable. Le post de Fashion m'a fait comprendre que beaucoup de monde partait avec la même histoire que moi avec cette langue. Alors qu'avant j'étais persuadée que tous ces gens étaient nés bilingues ou alors 1er de la classe à l'école.
J’ai donc pris le taureau par les cornes (Pauvre taureau!).
Et me voilà, tous les jours à faire 5/10 minutes de grammaire (pour me remettre mes idées au clair), à écouter les infos en anglais, à lire quelques lignes en anglais (pour le moment dans mon ancien manuel de littérature anglaise … Le Père Noël m'amène normalement des romans en anglais! Je dois attendre un petit peu encore!) et à, quand j'ai le temps, regarder des films en anglais (sans sous-titres ou avec sous-titres mais en anglais uniquement).
Voilà 3 semaines que j'ai commencé! Les progrès ne sont pour le moment pas flagrants mais j'y crois! Et puis, plus important encore, je prends énormément de plaisir. Je suis heureuse quand j'écoute ou lis cette langue, on dirait une enfant.
Par contre, pour le moment, je suis décidée à ne lire que des romans que j'ai déjà lu en français. Dans un premier temps, découvrir un texte directement en anglais ne me tente pas. J'ai davantage envie de lire des romans que j'ai déjà lu. Je ne suis pas une adepte de la relecture mais il y a des textes que je veux vraiment relire comme les Jane Austen, Jane Eyre, Les hauts de Hurlevent, La mère, Rebecca, etc … Les lire en anglais est, je pense, un bon moyen de les redécouvrir d'une façon différente. Et je ne pense pas non plus lire ces romans comme je lis mes romans habituels (pour le moment du moins). Je pense lire quelques pages tous les jours à côté de mon roman du moment.
Affaire à suivre ….
Peut-être que dans quelques semaines, je vous présenterais mon premier avis d'un roman en anglais.

dimanche 27 novembre 2011

Captain Igloo

Le vieil homme et la mer
Ernest Hemingway
(Matilda's contest)

Folio, 2011.

Manolin, un jeu garçon, accompagne Santiago, le vieil homme, à la pêche, mais ils n’ont rien pris depuis 84 jours. Les parents de Manolin, qui trouvent que Santiago est malchanceux, décident que leur fils embarquera sur un autre bateau avec lequel il aura effectivement plus de succès. Un jour, le vieil homme explique à Manolin qu'il va partir loin dans le golfe pour mettre fin à sa malchance et trouver "le poisson" qui lui ramènera l'estime de tous. Il part ainsi au large à l'aube du 85e jour et rencontre son adversaire, un poisson manifestement hors normes. Ainsi commence une lutte acharnée entre l’homme et le poisson ...
(résumé de wikipedia.org)

J'ai découvert Ernest Hemingway il y a quelques années avec Pour qui sonne le glas. Roman qui m'avait laissée une drôle d'impression, celle d'avoir lu un roman autant passionnant qu'ennuyeux. Je savais que c'était un beau et grand roman, j'ai été ébloui par certaines scènes splendides (j'en suis encore marquée aujourd'hui ... Les personnages m'ont particulièrement marquée), mais parfois le texte m'épuisait, m'ennuyait. Et voilà qu'il y a quelques jours, en souvenir de certaines magnifiques scènes de Pour qui sonne le glas, j'ai eu envie de redécouvrir Ernest Hemingway. Je me suis tournée vers le plus célèbre roman de cet auteur : Le vieil homme et la mer.
Plus facile d'accès que Pour qui sonne le glas, Le vieil homme et la mer reste tout de même un roman plus complexe qu'il n'en a l'air. Cette histoire se présente comme un conte philosophique bourré d'images, de métaphore, de symboles. L'histoire est simple. Mais son analyse est plus difficile. Je pense que je n'ai pas tout compris à ce texte. J'y ai vu le beau message de tolérance et de respect que nous fait passer Hemingway, un amour de la nature, un amour de la vie aussi. Mais je n'ai pas réussi à saisir les détails. Pourtant, j'ai aimé ce texte. J'ai trouvé l'histoire de ce vieil homme très touchante. Hemingway arrive à nous tenir en haleine avec une simple histoire de poisson. Je dis "chapeau"! Les scènes avec les requins m'ont particulièrement angoissée. Hemingway a un véritable talent pour décrire l'émotion, pour les instants bouleversants mais terriblement simples.
Hemingway n'est pas un coup de coeur, ce n'est pas une rencontre exceptionnelle qui révolutionne ma vie de lectrice, mais que ce soit avec Pour qui sonne le glas ou Le vieil homme et la mer, j'ai l'intime conviction d'avoir lu quelques unes des plus belles scènes de romans.
J'ai eu plus de facilité à lire Le vieil homme et la mer que Pour qui sonne le glas, pourtant j'ai largement préféré le second, plus fouillé, plus beau.
Je dois avouer que j'ai envie de relire Hemingway notamment Les neiges du Kilimandjaro, Le soleil se lève aussi et L'adieu aux larmes.
A suivre!

" Tu veux ma mort, poisson pensa le vieux. C'est ton droit. Camarade, j'ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ca m'est égal le quel de nous deux tue l'autre.

Qu'est-ce que je raconte ? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson."
(Le vieil homme et la mer, Hemingway, Folio, 2011)

(Source image : première.fr)

samedi 26 novembre 2011

Où vous apprenez que mes lectures ne se bornent pas aux romans d'adultes!

La grande Ourse d'Ikomo
Agnès de Lestrade et Nicolas Duffaut

Père Castor, 2007.

Pour aider à la guérison de sa sœur, Ikomo, le petit esquimau, s'en va pêcher les plus beaux poissons. Mais son voyage n'est pas sans danger, car c'est sur le territoire de la grande ourse blanche qu'il doit s'aventurer...

Avec ce petit livre pour enfants, j'inaugure une nouvelle catégorie de mon blog : La bibliothèque de Romanzino. Avec l'arrivée de petit homme, la collection de livres pour enfants de la maison s'est étoffée. Ce qui n'est pas pour me déplaire d'ailleurs. Je vous présenterai brièvement de temps à autre (quand j'aurai le temps et l'envie) quelques unes des merveilles que contient le "grenier à livres" de mon Romanzino.

La grande Ourse d'Ikomo est surtout magnifique par les splendides illustrations de Nicolas Duffaut. Cette ambiance bleue, blanche, glacée, hivernale est merveilleuse. Un régal pour les yeux! Chaque page est une oeuvre d'art.
Le texte est quant à lui assez simple et très lyrique. De jolies phrases, un beau conte pour petits et grands, une belle histoire touchante.

Un album, doux et poétique, à découvrir ...


mercredi 23 novembre 2011

" Il y a des choses que des gens comme nous ne peuvent pas faire ... "

Précoce automne
Louis Bromfield

Club des amis des livres, 1964.
(Edition récente : Phébus, 1999)

Olivia, bientôt quarante ans, est mariée à un homme fade, dernier né d'une grande famille de la Nouvelle Angleterre. Derrière un masque de respectabilité et de morale, la famille Pentland cache une froideur, un manque total d'amour, d'humanité, de joie. Olivia étouffe .... Le pouvoir des Pentland se resserre autour d'elle. Ce pouvoir d'anéantir le moindre souffle de vie, la moindre lueur d'espoir.
C'est un magnifique roman que je viens de refermer et j'en suis encore toute bouleversée.

Cette histoire m'a remuée. Les tragédie silencieuses, quotidiennes, cachées, me touchent beaucoup. Bien plus que les grands drames théâtraux. Je pleure dans les deux cas, j'aime les deux, mais les petites tragédies enfouies au fond de nous me parlent davantage. Car ce sont eux, les vrais drames.
Je ne sais pas trop quoi écrire en réalité. Je pense que la lecture du roman de Louis Bromfield est toute personnelle.
Je n'ai jamais lu cet auteur bien que trois de ses romans prennent place dans ma bibliothèque. Celui que je vous présente ici, La colline aux cyprès et Emprise.
Je n'ai rien attendu de spécial de ce roman. C'est peut-être aussi pour cela qu'il m'a autant bouleversée. Il m'a eu et m'a joué un bien vilain tour. Je suis allée innocemment vers lui et me voilà tremblante d'émotions.
Ce roman est beau. Tout simplement. Les pages défilent comme passent les saisons à Durham où se tient notre histoire. Louis Bromfield nous parle de la vie. Celle des lieux, de la nature, des gens, des choses. Olivia voit sa vie défiler, immuable. L'emprise des Pentland la prive d'oxygène, l'étouffe petit à petit. Elle se dit que pour elle, il est trop tard. Elle fera tout pour que sa fille Sybil parte loin, qu'elle est une chance d'être heureuse.
Olivia est un personnage inoubliable. Humaine, tolérante, attentionnée ... mais bien trop gentille. Je lui en ai voulu d'avoir touché le bonheur du doigt et de l'avoir laissé filer. J'ai eu envie de hurler dans les dernières pages. Pourquoi n'a t-elle pas la fougue de la rousse Sabine (qui portant est parfois bien énervante)? Pourquoi John Pentland a t-il parlé ainsi? J'ai haï cet homme autant que je l'ai admiré.
Je ne voulais pas lâcher Olivia. J'aurai voulu la suivre encore, ne pas la laisser tout de suite.
Ce roman m'a vraiment bouleversée ... et je ne sais pas comment en parler. Je peux juste vous dire de lire Précoce automne pour sa belle et douce écriture poétique, pour sa magnifique histoire qui remue les tripes, c'est un roman qui semble anodin mais qui cache une profondeur incroyable. De le lire également pour ses personnages inoubliables, parfois détestables, parfois terriblement attachants ... et pour ces belles heures de lecture qu'il vous offrira.
J'aime les romans dans lesquels on se laisse prendre. On les ouvre sans attente particulière, on lit, on aime et puis soudain ... magie des mots ... on est bouleversé, renversé, subjugué.
L'histoire d'Olivia me poursuivra encore longtemps. Ce roman profond, bien plus complexe qu'il en a l'air, soulève beaucoup d'interrogations, de questionnements.
Précoce automne a remué mon âme à la petite cuillère ...

Un vrai coup de coeur ...

L'avis de Titine.

" On donnait un bal dans la vieille maison des Pentland, car, pour la première fois depuis bientôt quarante ans, il y avait dans la famille une jeune fille qu'il fallait présenter à la bonne société de Boston et aux privilégiés qu'on avait priés de venir de New York et de Philadelphie. C'est pourquoi l'ancienne demeure était décorée de lampions et de gerbes des dernières fleurs de printemps, tandis que dans le hall majestueux et nu, aux murs peints en blanc, un orchestre nègre installé derrière des plantes fleuries jouait une musique bruyante et lascive. "
(Précoce automne, Bromfield, Amis du livre, 1964, p27)

(Source image : affiches-et-posters.fr. Kees van Dongen)

mercredi 9 novembre 2011

Romanza horror show II

Le tour d'écrou
Henry James

Livre de poche, 2009.

Le Tour d'écrou est unanimement considéré comme le chef-d'oeuvre d'Henry James. Borges a même écrit que, selon lui, «aucune époque ne possède des romans de sujet aussi admirable que Le Tour d'écrou...». Une intrigue serrée, un mode narratif subtilement ouvragé, des personnages plus vrais que nature, une atmosphère étouffante : le fantastique rejoint le quotidien et s'impose comme une version possible de la réalité. Pour la première fois, grâce à la magie d'une traduction réussie, l'univers de James devient directement accessible au lecteur français.

J'ai terminé ce roman il y a quelques jours mais je n'ai malheureusement pas eu le temps de venir en parler avant aujourd'hui (vive le 11 novembre!).
Voulant poursuivre mes lectures effrayantes, j'ai ouvert Le tour d'écrou. Je n'avais jamais lu Henry James. J'ai beaucoup apprécié sa plume toute en sous-entendus, en allusions. Une écriture délicate, toute en retenue, mais vraie, brute, sans fioritures.
L'intérêt principal de ce roman se trouve dans l'ambiance. Une atmosphère lourde, pesante, un huis clos étrange et étouffant. J'ai aimé cette histoire de revenants et d'enfants possédés. Les deux bambins sont particulièrement effrayants, mi-anges mi-démons, ils m'ont vraiment mise mal à l'aise.
Je me trouve dans la même situation qu'après avoir lu Carmilla. J'aurai aimé en savoir plus, j'aurai aimé plus de pages, un bon gros pavé. J'aurai aimé plus de descriptions des lieux. Passer plus de temps dans cette demeure hantée m'aurait ravie. Bref, je ressors à la fois conquise et frustrée. Mais Le tour d'écrou m'a confirmée à quel point j'aimais les romans à ambiance. Il m'a donnée envie d'ouvrir La dame en blanc ou Pierre de lune de Collins ou les romans de Daphné du Maurier qui patientent gentiment dans ma bibliothèque.

« Toute cette impression du moment me revient du moins avec une intensité qui me permet de l’exprimer ici avec une précision que je ne lui ai encore jamais donnée. C’était comme si tout le reste de la scène avait été frappé de mort à l’instant même où j’apercevais… ce que j’ai aperçu. Je peux encore entendre, en écrivant, le silence prenant dans lequel sont tombés les bruits du soir. Les freux ont cessé de croasser dans le ciel doré, et durant une minute, cette heure amicale a perdu toute voix. Mais rien d’autre n’avait changé dans la nature, à moins bien sûr que l’étrange intensification de mon regard n’ait été un changement. L’or était toujours dans le ciel, la limpidité dans l’air, et l’homme qui me regardait du haut des remparts était aussi net qu’un tableau dans son cadre. »
(Le tour d'écrou, Henry James, livre de poche, 2009).

(Source image : Les autres. Allocine)

jeudi 3 novembre 2011

Romanza horror show I

Nouvelles histoires extraordinaires
Edgar Allan Poe

Livre de poche, 2008.

L'homme est lui-même et ce qu'il se cache. Ce secret hanta Edgar Poe. Le descendant de la maison Usher qui croit sa soeur morte, l'assassin du chat noir et William Wilson sont victimes de leur double, le cousin de Bérénice l'est de sa névrose obsessionnelle, le peintre du portrait ovale, de son art. Dans ces nouvelles fantastiques, prolongement des Histoires extraordinaires, les cadavres se promènent, un sourire ironique aux lèvres, les femmes sont « belles comme un rêve de pierre », et la mort clôt chaque récit. L'envoûtement est total, l'horreur atteint son point culminant et pourtant la réalité est là, tangible, pour chasser l'irrationnel. Fasciné par cette oeuvre américaine, Baudelaire l'a traduite admirablement et rendue célèbre dans le monde entier.


Il s'agit de ma toute première lecture de Poe (cela faisait un bon bout de temps que je voulais le découvrir). A force de voir des citrouilles et des petits monstres réclamant des bonbons partout dans les rues, j'ai eu envie de lire un livre "qui-fait-peur-pour-aller-avec-l'ambiance".
Peur? A dire vrai, ce n'est pas trop ce qu'il s'est passé. Mais certaines histoires m'ont faite ressentir tout de même un peu d'angoisse. J'ai trouvé certains contes vraiment passionnants (Le coeur révélateur, Bérénice, La chute de la maison d'Usher, Le puits et le pendule, Le portrait ovale, ... sont mes préférés). Mais malheureusement, il y en a plusieurs qui m'ont sincèrement ennuyée (Puissance de la parole, Colloque entre Monos et Una, Conversation d'Eiros avec Charmion). Tout n'est pas passionnant dans ce recueil. J'aurai aimé plus d'histoires merveilleuses et terrifiantes comme Le portrait ovale ou Bérénice. J'ai parfois trouvé ça très (trop) compliqué, trop philosophique, trop métaphorique ... Je n'étais pas préparée à trouver ce genre de nouvelles. J'ai bêtement préféré les histoires de fantômes toutes simples.
Cela ne m'étonne pas que Baudelaire aimait Poe. J'ai souvent eu la sensation de lire de la poésie en prose. Poe est un poète. Son côté très sombre, violent, noir a du plaire à notre Charles national.
Des petites histoires de saisons que je conseille ... mais pas toutes. Certaines étant passionnantes et envoûtantes, d'autres trop complexes et ennuyantes. Je pense qu'il faut faire son tri ou être préparé à ne pas découvrir que des histoires distrayantes de fantômes.
Je compte tout de même découvrir les premières histoires extraordinaires de Poe.

" J'étais brisé, — brisé jusqu’à la mort par cette longue agonie ; et, quand enfin ils me délièrent et qu’il me fut permis de m’asseoir, je sentis que mes sens m’abandonnaient. La sentence, — la terrible sentence de mort, — fut la dernière phrase distinctement accentuée qui frappa mes oreilles. Après quoi, le son des voix des inquisiteurs me parut se noyer dans le bourdonnement indéfini d’un rêve. Ce bruit apportait dans mon âme l’idée d’une rotation, — peut-être parce que dans mon imagination je l’associais avec une roue de moulin. Mais cela ne dura que fort peu de temps ; car tout d’un coup je n’entendis plus rien. Toutefois, pendant quelque temps encore, je vis ; mais avec quelle terrible exagération ! Je voyais les lèvres des juges en robe noire. Elles m’apparaissaient blanches, — plus blanches que la feuille sur laquelle je trace ces mots, — et minces jusqu’au grotesque ; amincies par l’intensité de leur expression de dureté, — d’immuable résolution, — de rigoureux mépris de la douleur humaine. Je voyais que les décrets de ce qui pour moi représentait le Destin coulaient encore de ces lèvres. Je les vis se tordre en une phrase de mort. Je les vis figurer les syllabes de mon nom ; et je frissonnai, sentant que le son ne suivait pas le mouvement."
(Le puits et le pendule in Nouvelles histoires extraordinaires, Livre de poche, 2008, p 99/100)

(Source image : citypaper.com)