Affichage des articles dont le libellé est Lecture jeunesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lecture jeunesse. Afficher tous les articles

samedi 26 septembre 2020

Mes lectures d'été


Bon ... il faut se rendre à l'évidence. Je suis incap
able de trouver le temps d'écrire une chronique détaillée pour chacune des lectures faites cet été. Je publie donc un article global, moins détaillé qu'un article spécifique mais il faut se faire une raison, j'ai pris trop de retard. 

(J'ai également fait deux lectures "de rentrée". J'ai relu Une vie de Maupassant, découvert La brodeuse de Winchester de Tracy Chevalier et Le chœur des femmes de M. Winckler. Je ne désespère pas d'écrire des articles détaillés sur ces trois romans. Je ne les présente donc pas ici. Les chroniques arrivent ... enfin j'espère).

Voici donc mes avis sur 4 lectures réalisées cet été. 

A la croisée des mondes - Tome 2 - La tour des anges de Philip Pullman

J'avais adoré le premier tome de la série, Les royaumes du Nord. J'ai été ravie de reprendre le fil de l'histoire et de retrouver Lyra. Je reconnais que ce deuxième tome m'a moins emballée que le premier. Mais la qualité d'écriture et l'imagination de l'auteur restent intactes. J'ai été, tout comme pour le premier tome, très surprise par la maturité de cette lecture. Certaines scènes sont extrêmement violentes. Bien qu'adulte, j'ai souvent frissonné. J'imagine sans peine à quel point cette série lue à l'adolescence doit être très marquante. Mais je rassure les lecteurs frileux. Il n'y a rien de gore ou atroce. P. Pullman est un tel conteur que les émotions sont très exacerbées durant la lecture. On tremble avec les personnages, on a peur, on rit, on espère. C'est en ça que certaines scènes nous chahutent. 

J'ai hâte d'en apprendre davantage et de connaître le fin mot de l'histoire. Beaucoup de questions se bousculent à la fermeture de ce tome 2. Je vais essayer de ne pas laisser trop de temps avant la lecture du dernier tome afin de ne pas oublier trop de points importants de l'histoire. Je sens que, déjà, certaines choses s'estompent. Je ne voudrais pas gâcher la fin de cette série.

Le club Jane Austen de Karen Joy Fowler 

Je n'ai pas aimé ce roman ... et j'en suis chagrine car il s'agissait d'un cadeau qui m'avait beaucoup touchée. Je n'ai pas adhéré à l'écriture, je n'ai pas adhéré à l'histoire non plus et je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. J'ai trouvé l'ensemble froid et "déjà vu". J'ai peu de choses à vous dire, j'en ai peur. Je n'ai pas compris le lien entre Austen et les personnages de Fowler. Elle s'efforce de créer un parallèle entre son histoire et l'œuvre de l'écrivaine anglaise, mais ça ne marche pas. A part le plaisir d'entendre parler de Jane Austen et de ses héroïnes, je n'ai pas trouvé d'intérêt à ce roman.

L'ombre de Sethos - Série des Amelia Peabody d'Elizabeth Peters

Bien sûr, ce fut encore un réel régal de lire les aventures d'Amelia Peabody. Comme toujours, j'ai avalé ce tome avec délice. Pourtant, je reconnais que ce quatrième tome m'inquiète. Voilà 4 romans que je lis de la série d'E. Peters et j'ai comme l'impression que ça risque de tourner en rond. Oui, je ris toujours autant et l'écriture est efficace et distrayante, mais les joutes verbales Amelia/Emerson commencent à se répéter dangereusement. Le sketch à répétition, d'accord ... mais au bout d'un moment, on se lasse. De plus, je note une écriture un brin "fleur bleue" que je n'avais pas remarqué dans les autres tomes. Bien sûr, j'ai conscience que c'est volontaire et que c'est une sorte de parodie des romans Arlequin, mais cela m'a gênée. En lisant les Peabody, je désire une enquête bien ficelée, des répliques croustillantes, des fous rires, des scènes amusantes entre Amelia et Emerson. Je ne souhaite pas des torses puissants et affriolants, des héroïnes dont tout le monde tombe amoureux, des chemises masculines déchirées et j'en passe. J'espère que le 5ème tome se renouvellera un peu et qu'il ne tombera pas dans un cliché bien regrettable. 

Le maître d'escrime d'Arturo Perez-Reverte

Voilà un grand écrivain espagnol que je n'avais pas encore lu. J'ai beaucoup aimé Le maître d'escrime. Principalement, pour sa retenue. J'ai été très surprise de trouver cette histoire. Je m'attendais à de la sueur, des duels sans fin, des hommes dans la force de l'âge et une héroïne à protéger. Je suis pourtant tombée sur un vieux héros frôlant la retraite, une héroïne à la Milady comme on en fait trop peu et une histoire extrêmement lente qui s'accélèrent que dans les dernières pages. Ce fut une belle surprise. Perez-Reverte fuit les clichés et c'est un régal! J'ai été très surprise par cette lecture. Je relirai avec plaisir cet auteur. 

(Photos : Romanza2020)

mercredi 24 juin 2020

" Les étoiles sont vivantes, petite. Le savais-tu ? "

Les royaumes du Nord
A la croisée des mondes Tome 1
Philip Pullman 
Folio junior, 2007.


Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, est-elle l'objet de tant d'attentions? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami disparaît, victime des ravisseurs d'enfants qui opèrent dans le pays, elle se lance sur ses traces. Un périlleux voyage vers le Grand Nord, qui lui révélera ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde. 

Voilà de bien nombreuses années que la série culte de Philip Pullman est notée dans mon petit répertoire "livres à acheter". J'ai souvent tourné autour sans jamais me décider. Depuis l'an passé, je retrouve avec joie le bonheur de plonger de temps en temps dans un roman fantastique. Je me régale et voyage hors du temps avec ces histoires merveilleuses. 
J'ai beaucoup aimé Les royaumes du Nord. Dès les premières pages, j'ai littéralement embarqué avec la pétillante Lyra et son Daemon, Pantalaimon. Je reconnais avoir été un peu déstabilisée dans les premiers temps car Philip Pullman n'explique pas grand chose au lecteur et part du principe que ce dernier connaît déjà son univers ... ce qui n'est pas le cas. Il faut accepter d'avoir les informations par bribes. J'ai joué le jeu, si bien que cela ne m'a finalement pas dérangée. Au contraire, j'ai adoré faire partie de ce monde et être considérée comme un membre à part entière. 
Je me souviens d'une amie, lorsque j'étais adolescente, qui me parlait avec passion de ce texte qu'elle avait lu enfant. Je comprends que l'on se passionne pour un tel univers. Ce que j'ai particulièrement aimé et qui fait tout le génie de cette série est l'idée des Daemons. Mais quelle idée sublime! Imaginer que chaque être humain naît avec une âme qui prend la forme d'un animal qui le suit en permanence, qu'ils sont tous les deux liés par leurs émotions, leurs sensations, qu'ils s'aiment d'un amour hors du commun, .... J'ai littéralement adoré cet aspect du roman. Le fait que les Daemons changent de formes jusqu'à l'âge adulte est aussi une merveilleuse idée. La relation qui lie les personnes à leur Daemon m'a énormément émue. La scène du petit Tony ou celle de la guillotine m'ont percée le cœur. J'ai lu ces pages en apnée. 
Je suis assez scotchée par la qualité des romans jeunesse que je lis depuis quelques temps. Non pas que j'imaginais trouver une écriture sans valeur ou fade, mais je ne pensais pas avoir une plume si vive, efficace, de la complexité, de la nuance, des thèmes parfois durs, ... Que ce soit avec La Passe-miroir l'an passé et aujourd'hui avec A la croisée du monde, je suis agréablement surprise de lire ces textes ... comme une adulte. Je ne me mets pas du tout dans la peau d'une jeune lectrice. Je lis pleinement, totalement ... comme une maman de 34 ans. 
Les royaumes du Nord est un hymne à l'enfance. L'univers de ce roman est fabuleux. J'ai aimé Lyra et Pantalaimon, je suis extrêmement intriguée par Lord Asriel, par la Poussière, par cet autre monde inconnu, ... j'ai hâte de connaître la suite. 
Les tomes 2 et 3 sont commandés! 
" La lune s'était couchée entre-temps, et le ciel, au sud, était d'un noir absolu, malgré les milliards d'étoiles qui le parsemaient, tels des diamants sur un drap de velours. Mais leur éclat ne pouvait rivaliser avec l'Aurore. Jamais Lyra ne l'avait vue aussi brillante, aussi dramatiquement belle ; à chaque saccade, chaque tremblement, de nouveaux miracles flamboyants dansaient dans le ciel.Derrière ce voile de lumière qui ne cessait de changer, cet autre monde, cette cité baignée de soleil apparaissait, nette et réelle. "
(Photos : Romanza2020)

vendredi 11 mai 2018

" Un papillon blanc, c'est une marguerite qui vole "


Vendredi ou la vie sauvage
Michel Tournier

Folio junior édition spéciale, 1993.

Un jour de septembre 1759, Robinson, seul survivant du naufrage de La Virginie, échoue sur l'île qu'il baptise Speranza et s'en déclare gouverneur. Aussi, quand il rencontre l'Indien Vendredi, le tient-il naturellement pour son esclave.

Voici un classique de la littérature de jeunesse que je n'avais jamais encore lu. En tant que professeure des écoles, je me devais de le découvrir. Je me souviens aussi que mon frère l'avait dévoré étant jeune adolescent. Il en parle toujours avec beaucoup d'émotion. Pour toutes ces raisons, je me suis décidée à découvrir ce texte si célèbre. Ce fut une belle découverte.
Je n'ai jamais lu Robinson Crusoé de Daniel Defoe, mais, je connais comme beaucoup l'histoire. Dans mon enfance, j'ai regardé un nombre incalculable de fois un vieux VHS d'une adaptation de 1972 du réalisateur russe Govoroukhine (que j'aimerais retrouver d'ailleurs). Je connaissais donc l'esprit très "colonisateur" de l'oeuvre de Defoe. La relation de Robinson et Vendredi, l'indien qu'il rencontre sur l'île, est basée sur la supériorité de l'homme occidental et civilisé. " Qu'était Vendredi pour Daniel Defoe? Rien, une bête, un être en tout cas qui attend de recevoir son humanité de Robinson, l'homme occidental, seul détenteur de tout savoir, de toute sagesse. L'idée que Robinson eût de son côté quelque chose à apprendre de Vendredi ne pouvait effleurer personne avant l’ère de l'ethnographie" (Michel Tournier, Le vent Paraclet). Michel Tournier va redonner sa vraie place à Vendredi lorsqu'il écrit Vendredi ou les limbes du Pacifique, puis Vendredi ou la vie sauvage. Il lui donne sa place d'homme, d'être pensant, détenteur d'une histoire et d'un savoir. Je ne savais pas, avant de le lire, ce que Tournier avait modifié dans l'histoire originale. J'ai été surprise par ce retournement, cette inversion des rôles. En tant que bonne occidentale, j'aimais la vie créée par Robinson au début de son naufrage ainsi que son organisation sur l'île. Puis j'ai compris, à l'aide de Vendredi, l'importance de la liberté et du respect de la nature. 
J'ai énormément aimé ce texte. L'écriture simple et limpide, pourtant pleine de symboles et de sous-entendus, est sublime. Ce court texte chamboule et bouscule. La fin m'a serré le cœur. 
Je pense que c'est un roman à mettre entre toutes les jeunes mains ... à condition d'en parler ensuite. C'est une histoire, certes belle, mais également dure. Certaines scènes peuvent marquer les jeunes lecteurs. Ce texte n'est pas évident à comprendre. Il doit être interprété et discuté avec les plus jeunes. Je pense que c'est un texte que je lirai avec de futurs élèves et que je ferai découvrir avec plaisir à mes propres enfants. Je le relirai, en ce qui me concerne, avec joie.
Un classique à découvrir!
"Ainsi toute l'oeuvre qu'il avait accomplie sur l'île, ses cultures, ses élevages, ses constructions, toutes les provisions qu'il avait accumulées dans la grotte, tout cela était perdu par la faute de Vendredi. Et pourtant il ne lui en voulait pas. La vérité, c'est qu'il en avait assez de cette organisation ennuyeuse et tracassière, mais qu'il n'avait pas le courage de la détruire. Maintenant, ils étaient libres tous les deux. Robinson se demandait avec curiosité ce qui allait se passer, et il comprenait que se serait désormais Vendredi qui mènerait le jeu."
Vendredi ou la vie sauvage, Michel Tournier, Folio junior, 1993, p 89) 
(Photos : Romanza2018)

mardi 22 août 2017

La gourmandise est un vilain défaut

Charlie and the chocolate factory
Roald Dahl

Puffin books, 2007.

Charlie Bucket loves chocolate. And Mr Willy Wonka, the most wondrous inventor in the world, is opening the gates of his amazing chocolate factory to five luck children. It's the prize of a lifetime! Gobstoppers, wriggle sweets and a river of melted chocolate delight await - Charlie needs just one Golden ticket and these delicious treats could all be his.

J'ai déjà lu quelques nouvelles en anglais, mais c'est la première fois que je lis intégralement un roman (certes de jeunesse, mais un roman quand même). Même si l'immersion n'a pas été totale, car cette lecture a exigé beaucoup d'attention, j'ai énormément aimé lire un texte en version originale.
Bien que Charlie and the chocolate factory soit assez facile d'accès, je reconnais avoir apprécié de déjà connaître l'histoire (grâce au film de Tim Burton). J'ai pu ainsi lire le roman sans dictionnaire, me laisser (par moment) aller et déguster certaines scènes particulièrement savoureuses. 
Je ne pourrai pas réellement vous parler de la plume de Roald Dahl car je ne me sens pas assez à l'aise en anglais pour parler d'un style, comprendre les jeux de mots ou les traits d'humour. Je peux juste affirmer que l'univers loufoque et décalé de cet auteur est un pur bonheur. J'ai aimé cette histoire farfelue, j'ai ri et j'ai été émue. Même si je reconnais avoir préféré Matilda, Charlie and the chocolate factory est une touchante histoire où la bonté et la générosité sont, avec justesse, récompensées. 
J'ai été surprise de trouver un Willy Wonka assez différent de celui de Tim Burton. Moins torturé, plus joyeux, il semble plus humain que ne le présente le réalisateur. Quant à Charlie, si le film lui donne un côté Cosette larmoyant, le roman de Roald Dahl nous le montre plutôt taquin, gourmand et touchant. 
Roald Dahl ne fait pas parti de ces auteurs découverts dans mes jeunes années, je ne l'ai découvert qu'adulte. Je ne peux que constater son talent de conteur, sa magie inépuisable, son univers toujours si étonnant et passionnant.
A mettre entre toutes les mains ... jeunes et moins jeunes.
" Charlie burst through the front door, shouting, "Mother! Mother! Mother!"Mrs Bucket was in the old grandparents' room, serving them their evening soup."Mother!" yelled Charlie, rushing in on them like a hurricane. "Look! I've got it! Look, Mother, look! The last Golden Ticket! It's mine! I found some money in the street and I bought two bars of chocolate and the second one had the Golden Ticket and there were crowds of people all around me wanting to see it and the shopkeeper rescued me and I ran all the way home and here I am! IT'S THE FIFTH GOLDEN TICKET, MOTHER, AND I'VE FOUND IT " 
Charlie and the chocolate factory, Roald Dahl, Puffin books, 2007, p67

(Source photos : Romanza2017)

samedi 1 avril 2017

Je rêvais d'un autre monde

Lettres des Isles Girafines et Le journal d'Emma
Albert Lemant

 Seuil Jeunesse, 2003 et 2007.

Lettres des Isles Girafines : Albert Lemant nous présente une incroyable histoire. Celle de l'explorateur Lord Mamaduke Lovingstone qui, en 1912, monte une expédition et part à la recherche d’une terre imaginaire, les Isles Girafines.
Le journal d'Emma : La suite des Lettres des Isles Girafines, mais du point de vue de Lady Emma Pawlett : après les lettres de Marmaduke à Emma témoignant des découvertes, voici le journal d’Emma. Un humour décapant et un ton faussement naïf pour exprimer la vision farfelue d’anglais à la découverte du monde.

En fin d'année dernière, j'ai visité une exposition étonnante : Les très riches heures de Kiki et Albert Lemant. Respectivement plasticienne et auteur jeunesse, ce couple crée des mondes farfelus. Certains dérangent, d'autres intriguent. J'ai, durant cette exposition, été attirée par le Girafawaland. Mais qu'est ce donc, me direz-vous? Il s'agit d'un monde entièrement inventé par Albert Lemant dans deux albums jeunesse Lettres des Isles Girafines et Le journal d'Emma et mis en scène par Kiki Lemant pour l'exposition. C'est l'univers des albums qu'elle a réussi à représenter en 3D. On finit par ne plus savoir si cette histoire est une fiction ou la réalité. Notre guide, lors de la visite, était passionnante, elle m'a totalement embarquée dans cette histoire d'expédition, de lords anglais, de découverte d'île inconnue, si bien que j'ai décidé de lire les albums. 
J'ai mis du temps avant de mettre la main dessus. Je les ai finalement empruntés à la médiathèque et je les ai dévorés. Les Lettres des Isles Girafines et surtout Le journal d'Emma sont de véritables coups de cœur. 
Sous leurs airs un peu loufoques (une histoire de girafes!!), ces deux albums soulèvent de nombreuses questions. Critique du colonialisme, de la domination blanche, défenseur du féminisme, ... ces histoires sont des pépites qui mériteraient de nombreuses heures de débats. 
Nous pouvons observer deux lectures différentes de ces textes. Une première assez comique, accessible aux enfants, parlant de la découverte d'un monde étrange peuplé de girafes. Une seconde plus adulte, satirique, engagée, bourrée de références en tout genre (Mervyn Peake, les Hauts de Hurlevent, Jonathan Livingston, ...). 
Dans les Lettres des Isles Girafines, nous assistons à l'expédition de Marmaduke Lovingston pour découvrir le Girafawaland. Nous apprenons en même temps que l'expéditeur à connaître ce peuple discret. Progressivement des choses étranges se passent, Lovingston change de comportement et nous assistons impuissants à la catastrophe. 
Le journal d'Emma est sublime. Emma est l'amie d'enfance de Marmaduke et c'est à elle que l'expéditeur écrit ses lettres dans le tome 1. Restée en Angleterre, elle assiste consternée à la chute des Girafawaras. Passionnée, engagée, Emma est un très beau personnage que j'aurai aimé suivre plus longtemps. A la fin de l'album, mon cœur s'est serré. 
Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir vu l'exposition avant, mais je suis complètement rentrée dans le monde créé par Albert Lemant. 
Ces albums s'adressent aux amoureux de l'Angleterre, aux vieux romans d'aventure, à ceux qui aiment les écritures fines et intelligentes pleines d'implicites. 
Coup de cœur!

" Lorsque nous étions enfants, nos yeux brillaient comme si la caverne d'Ali Baba allait s'ouvrir devant nous. Aujourd'hui, le sésame a un goût amer, et mes anciens chevaliers servants ont troqué leurs rêves contre des armures bien réelles. Ce départ sonne comme un début de croisade. "
(Le journal d'Emma, A. Lemant, Seuil, 2007)

(Photos : Romanza2017)

mercredi 30 décembre 2015

Jeux d'enfant

 Le pays où l'on arrive jamais
André Dhôtel

Petit bac 2015

J'ai lu, 1959.

"Il y a dans le même pays plusieurs mondes véritablement. Dans les contrées situées au nord, jusqu'au Rhin ou jusqu'au port d'Anvers, ce sont des centaines de collines et de plaines chargées de richesses, et l'on peut voir aussi les eaux immenses des canaux, des fleuves, des bras de mer, tandis qu'au cœur des villes, sur des places, souvent désertes, s'élèvent les beffrois qui inspirent autant de terreur que d'admiration." 
La vie routinière et sage de Lominval, petit village des Ardennes, aurait dû mettre Gaspard, fils de forain, à l'écart de toute vie aventureuse. Mais un regard échangé avec un enfant fugitif qui a décidé de retrouver "Maman Jenny" et le pays de son enfance va l'entraîner, malgré lui, dans une cascade d'aventures surprenantes et merveilleuses.

Le pays où l'on arrive jamais est un roman qui traînait depuis des temps immémoriaux dans ma bibliothèque. Il s'agit d'un des souvenirs de lecture de mon frère aîné. Il m'en a souvent parlé et j'avais gardé dans le coin de ma tête l'idée de le découvrir un jour. Certes j'ai attendu mes 30 ans pour le lire, mais je l'ai lu.
Même si Le pays où l'on arrive jamais est une jolie histoire, je dois avouer m'être vite lassée des aventures de Gaspard. J'ai beaucoup aimé les premiers chapitres sur la vie à Lominval, les malchances de Gaspard et l'apparition de l'enfant fugitif. La rencontre entre les deux jeunes gens est touchante et j'ai suivi avec intérêt la fuite de Gaspard pour retrouver son ami. Malheureusement, j'ai vite trouvé ses aventures très répétitives. J'ai fatigué rapidement de le voir chercher sans jamais trouver, aller et venir entre les mêmes endroits. Mais là où j'ai été le plus déçue c'est lorsque Gaspard trouve enfin le pays tant recherché. J'ai trouvé les dernières pages vraiment alambiquées et presque lourdes. Je m'attendais à plus de magie et une jolie morale sur le pouvoir de l'imagination et la force de l'enfance. 
Une expérience en demi-teinte. Je suis heureuse d'avoir découvert ce roman (ancien coup de cœur de mon frère) et je le conseillerai peut-être à mes enfants plus tard, mais mon intérêt s'est vite essoufflé et je n'ai pas réussi à embarqué dans ce "pays" merveilleux. 
" Il y a dans le même pays, plusieurs mondes véritablement. Si l'on explore les Ardennes, ce n'est pas une forêt que l'on découvre, mais mille forêts. Dans les contrées situées au nord, jusqu'au Rhin ou jusqu'au port d'Anvers, ce sont des centaines de collines et de plaines chargées de richesses, et l'on peut voir aussi les eaux immenses des canaux, des fleuves, des bras de mer, tandis qu'au coeur des villes, sur des places souvent désertes, s'élèvent les beffrois qui inspirent autant de terreur que d'admiration. "(Le pays où l'on arrive jamais, André Dhôtel, J'ai lu, 1959, p5)

dimanche 4 janvier 2015

Des souris dans le grenier

 La petite princesse
Frances H Burnett


(J'ai une vieille édition de 1952, je vous donne une référence plus récente)
Livre de poche Jeunesse, 2008.

Sarah Crewe, petite fille d’un riche Anglais installé aux Indes, vient parfaire son éducation dans un pensionnat de Londres, tenu par Miss Minchin. Le jour de ses onze ans, le destin de Sarah bascule : son père vient de mourir sans lui laisser le moindre sou. De son statut de princesse, Sarah passe à un statut de servante misérable.

L'année 2015 commence par un joli coup de cœur pour ce classique de la littérature de jeunesse.
Les femmes de ma génération se souviennent bien évidemment du tendre dessin-animé japonais Princesse Sarah inspiré du roman de Frances Burnett. Sans être une inconditionnelle, je reconnais avoir aimé cette histoire étant enfant. J'en avais gardé qu'un vague souvenir et c'est avec grand plaisir que je me suis plongée dans la vraie histoire de Sarah Crewe. 
Depuis quelques années, je désire lire les classiques enfantins non encore lus. L'année dernière, j'avais découvert Fifi Brindacier, il y a quelques temps Matilda, ... Je compte découvrir dans les années à venir Tom Sawyer, La petite maison dans la prairie et bien d'autres.
J'ai retrouvé mon âme d'enfant en lisant La petite princesse. Je l'ai lu avidement comme une toute jeune lectrice. Ce roman est extrêmement bien écrit, dynamique et touchant. J'ai été étonnée de trouver un style assez gai et joyeux, ainsi qu'une Sarah fière, parfois mordante et ne se laissant nullement marcher dessus. J'avais gardé en mémoire une histoire très larmoyante presque mièvre et une héroïne trop pure, douce, timorée. Heureusement, il n'en est rien. La petite princesse est une sucrerie à déguster, à savourer. C'est un hymne à l'enfance, aux rêves, un petit bijou d'optimisme. 
J'ai aimé Sarah, jeune fille profondément généreuse et bonne mais déterminée et digne. Le trait de caractère qui m'a le plus touché est la façon qu'elle a de "faire semblant". Sarah a une imagination débordante et elle se réfugie dans ses rêves, elle se voit en captive de la Révolution, en princesse, en Comte de Monte Cristo. C'est une grande lectrice, une amoureuse des livres et des histoires. Ce personnage m'a vraiment beaucoup touchée. Si j'avais lu ce roman plus jeune, j'aurai sûrement trouvé une sœur en Sarah. 
Ce roman frais est composé de jolis moments, de scènes parfois touchantes, parfois drôles. Les pages ont vite défilé et j'ai été totalement envoûtée. Je me suis vue au pensionnat, dans la mansarde, dans les rues de Londres. Une histoire qui se dévore.
Il fait parti de ces textes que l'on a envie de glisser dans les mains des jeunes filles. J'ai hâte de le faire découvrir à ma Romanzina et de voir briller dans ses yeux ses premières émotions de lectrice. 
Je suis adulte ... mais j'ai été prise. Et je ne m'y attendais pas du tout. Un petit bijou.

Frances Burnett est aussi célèbre pour son roman Le jardin secret. Inutile de vous dire que je le lirai aussi. 

" Le plus grand pouvoir que possédait Sarah, celui qui lui gagnait plus d'admiratrices que son luxe, c'était son pouvoir d'inventer des histoires, la faculté de faire que tout ce dont elle parlait avait l'air d'une histoire, même si ce n'en était pas une.
Sarah non seulement savait raconter, mais elle aimait beaucoup à le faire. Elle voyait ses personnages féeriques et vivait avec eux, ainsi qu'avec les rois, les reines et les belles dames dont elle narrait les aventures. "
(La petite princesse, F. Burnett, Bibliothèque Rouge et Or, 1952, p 44)

(Source image : legrenierdesaintemarie.blogspot.com)

samedi 21 décembre 2013

Fais pas ci, fais pas ça!

Fifi Brindacier
Astrid Lindgren

Livre de poche, jeunesse, 2009. 

Avec ses yeux vifs et ses tresses, on pourrait croire que Fifi Brindacier est une petite fille comme les autres. Et pourtant... D'abord, Fifi vit toute seule dans une grande maison avec un cheval et un singe. Ensuite, pour une petite fille, elle est douée d'une force...incroyable! Avec cela, un cœur d'or et une fantaisie sans limite. Pour ses camarades, elle est toujours prête à se dévouer ou à inventer des jeux extraordinaires. Et naturellement, tout le monde adore Fifi Brindacier.

Je suis bien décidée depuis quelques temps à lire les classiques de la littérature de jeunesse que je n'ai pas encore lus. Fifi Brindacier est un titre que j'avais noté depuis un moment. J'ai déjà lu Astrid Lindgren vers 10/11 ans. Il s'agissait de Ronya Fille de brigand. Je ne le recommanderai jamais assez aux jeunes lecteurs. Ce roman m'avait totalement engloutie. J'avais ressenti mes premières vraies émotions de lectrice : tristesse, peur, solitude, deuil, amitié, entraide, ... Il faudrait que je le relise. Ce monde peuplé de nains gris et de brigands est fabuleux. Mettez-le entre les mains de vos enfants! Bref ... Revenons à Fifi.
C'est dans un tout autre style que j'ai retrouvé Astrid Lindgren. L'univers n'est pas sombre comme dans Ronya. Plus léger, plus enfantin, Fifi Brindacier est un roman que tous les enfants adoreront. L'histoire d'une petite fille de 9 ans passant son temps à faire des bêtises ne peut que les passionner. Chapitre après chapitre, on se délecte des péripéties de Fifi. J'ai lu certains passages avec mon fils (de bientôt 3 ans) et il est resté très attentif. Un petit singe, un cheval, un cirque, un pique-nique, ... Il s'en passe des choses dans la vie de Fifi. 
En tant qu'adulte, mon regard sur Fifi est allé au-delà de la simple fascination. Les enfants aiment la voir faire n'importe quoi, ils aiment sa force incroyable et son esprit farfelu. Quant à moi, la situation de Fifi m'a rappelé celle de certains enfants que je croise dans mon quotidien. Fifi n'a pas de règles, de cadres, elle a été élevée de façon marginale, loin des convenances de la société. Lorsqu'elle est en contact avec d'autres personnages, elle est aussi fascinante qu'isolée, écartée, dévisagée. Plusieurs scènes montrent que Fifi ne se rend pas compte qu'elle est mal élevée ou différente. Lorsqu'elle saccage une pause thé ou un spectacle de cirque, elle croit bien faire car elle n'a pas les mêmes normes, les mêmes limites que les autres gens. Elle est en décalage permanent. Elle est ravie dans les dernières pages d'assister à un incendie sans se rendre compte que des vies sont en jeu. Certains moments m'ont renvoyé à mon métier où l'on croise beaucoup d'enfants que l'on n'arrive pas à comprendre, qui font, disent, pensent des choses qui nous paraissent incohérentes et que l'on rabroue car ce n'est pas dans l'ordre des choses d'agir ainsi. Comme le fait la maîtresse du village quand Fifi décide d'aller à l'école. Mais Fifi ne peut agir autrement, elle ne comprend pas, ne se rend pas compte qu'elle agit mal car personne ne lui a jamais dit que telle ou telle chose ne se faisait pas. Je me suis mise à la place de Fifi et j'ai compris ce que pouvait ressentir un enfant auquel on disait mille fois par jour (par exemple) "on insulte pas les autres!" mais qui n'a connu que ça autour de lui depuis sa naissance. 
Il y a vraiment deux lectures dans ce texte et c'est ce qui le rend riche et intéressant. On a une Fifi fabuleuse, acrobatique, drôle et imaginative mais aussi une Fifi qui ne pourra jamais allée à l'école, qui vivra toujours en marge, sera rejetée par certains et toujours vu comme une bête de foire. On est partagé entre sa liberté, son indépendance, son originalité qui la rend si attachante et sa tristesse de se sentir si décalée face aux autres, son manque de repères et d'équilibre. Cet aspect du livre d'Astrid Lindgren est vraiment frappant et passionnant. 
Je vous conseille vraiment de vous plonger dans ce classique enfantin. Vous rirez des réflexions de Fifi et de ses aventures. C'est frais, gai, ça se lit sans faim. Par contre, vous y découvrirez aussi une lecture plus adulte sur la vie d'une enfant marginale et vous vous questionnerez sur l'avenir de ce brin de fille pétillant. Peut-on vivre en marge de la société, sans aucune connaissance des règles et des mœurs? En ouvrant ce texte, je ne pensais vraiment pas me poser autant de questions ... 

" Dans la toute petite ville, tout le monde sut rapidement qu'une drôle de petite fille de neuf ans vivait seule à la villa "Drôlederepos". Et les papas et les mamans de la petite ville n'aimait pas du tout, mais alors, pas du tout une chose pareille. Tous les enfants devait avoir quelqu'un qui leur disait ce qu'ils avaient à faire, tous les enfants devaient aller à l'école et apprendre les tables de multiplication. Donc les papas et les mamans de la petite ville décidèrent que la petite fille de la villa "Drôlederepos"devait être immédiatement placée dans un orphelinat, une maison pour enfants. "
(Fifi Brindacier, Astrid Lindgren, Livre de poche, 2009, p37)

(Source image : silvi.over-blog.com)

vendredi 1 novembre 2013

Il y a des squelettes dans le placard!

Halloween party
R L Stine

J'ai lu, 1997.

Halloween ! Au lycée de Shadyside, on ne parle plus que de cela. Justine, la nouvelle, donne une fête. Et tous s'interrogent. Pourquoi a-t-elle décidé d'inviter Terry, Cindy, Lester, et les autres ? Neuf convives. Choisis au hasard ? Arrive enfin le jour J. Chacun arrive déguisé en vampire, en squelette... Les costumes sont plus vrais que nature, le décor aussi : toiles d'araignée, crânes en papier mâché : tout le monde s'amuse à se faire peur, c'est Halloween ! Jusqu'au moment où l'on découvre Lester dans un placard. Mais cette fois, ce n'est plus un jeu : le garçon est bel et bien mort, un poignard planté en plein coeur. Dès lors, la fête vire au cauchemar...

Je pense que toutes les personnes de ma génération se souviennent de R L Stine, l'auteur de la série Chair de poule. Que ce soit en livre ou à la télévision le week-end, ces petites histoires terrifiantes ont passionné des milliers de jeunes. Je me souviens surtout, pour ma part, de La tour de la terreur. Lu à la pré-adolescence, ce roman m'avait fasciné. L'histoire de ces deux enfants poursuivis par un bourreau du moyen-âge alors qu'ils visitaient gentiment la Tour de Londres m'a longtemps perturbée. Ce terrible personnage au visage caché et traînant sa hache derrière lui était assez terrifiant. Bref! Il y a quelques années, durant un swap Halloween, j'ai reçu Halloween party, un roman de R L Stine que je ne connaissais pas. Englouti en moins de deux heures, ce roman m'a fait passé un agréable moment. Alors l'écriture est franchement fade, le style n'a rien d'exceptionnel ou de particulier et le tout est très stéréotypé. Mais je dois reconnaître que R L Stine a beaucoup d'idées. Je trouve ses histoires assez originales et prenantes. Celle de La tour de la terreur m'avait laissé cette impression et Halloween party le confirme. R L Stine est doué pour les histoires de fantômes, de pantins diaboliques, de maisons hantées et de vengeances. Alors même si la forme est franchement moyenne, l'histoire, quant à elle, est sympathique et on embarque. Halloween party m'a rapidement accroché et les 150 pages sont passées très vite. 

" Une tombe toute biscornue se dessinait sous la lueur blafarde de la lune. Les lettres gravées dans la pierre étaient recouvertes de mousse, mais une partie de l'épitaphe était encore lisible : MORT LE 31 OCTOBRE 1884. Terry Ryan avançait d'un bon pas pour passer devant la tombe le plus vite possible, mais Cindy Meyer, sa petite amie, le retint par la manche. "
(Halloween party, R L Stine, J'ai lu, 1997, p 5)



jeudi 17 octobre 2013

Voyage dans le temps

 Alice et l'esprit frappeur
Caroline Quine

Hachette, bibliothèque verte, 1977.

Un coffret de bijoux volé et remplacé par des faux, de naïves jeunes filles qui acceptent de verser la plus grande partie de leur salaire à de mystérieux inconnus... Cette fois-ci les adversaires d'Alice ont un caractère assez spécial. II s'agirait selon leurs victimes, de fantômes ou d'esprits qui, se servant de leur crédulité, les rançonnent sans scrupules. Voici la jeune détective entraînée dans une aventure dangereuse et une énigme difficile à résoudre. Un jour, elle est assommée dans un manoir désert, une autre fois, elle s'enlise dans les sables mouvants. Mais Alice est obstinée et ses recherches la conduiront dans le manoir de Blackwood au fond d'une forêt hantée, selon la rumeur publique, mais il est bien connu qu'elle a l'esprit trop fin pour être déroutée par... des esprits.
Bien sûr, tout le monde connaît Alice! Cette jeune femme dynamique, intelligente et courageuse. Nous sommes nombreuses à avoir lu ses aventures dans nos jeunes années. Alors que la trentaine approche à grand pas pour moi, j'ai eu envie de replonger dans le monde de Caroline Quine. Et ma foi, j'ai apprécié d'avoir de nouveau 10 ans. 
Alors, oui, Alice est chanceuse (elle me fait penser à Tintin), tout tombe toujours à pic, tout est téléphoné, elle a des amis géniaux et un père fabuleux. Oui, le style n'est pas renversant, nous ne sommes pas dans les bijoux de la littérature de jeunesse tels que Roald Dahl ou Astrid Lindgren. Mais malgré tout ça, j'ai été assez surprise par l'intrigue qui, je trouve, tenait debout, était cohérente et efficace. L'idée de départ est très bonne et reste intéressante jusqu'à la fin. Je me suis prise au jeu malgré les quelques faiblesses de ce texte. Il faut se laisser aller. J'ai lu ce texte avec un sentiment de nostalgie et de retour aux sources. J'ai vraiment apprécié ce moment. Et en plus de ça, j'ai suivi les aventures d'Alice avec intérêt.  
Bien sûr, étant en période d'Halloween, mon choix s'est porté sur ce tome parlant de revenant, de séances de spiritisme, de fantômes et de manoir hanté. Soyons francs, ce roman ne fait pas peur. Mais l'ambiance mystérieuse est assez bien rendue. Les Alice sont vraiment bien faits. Je comprends pourquoi ils marchent bien avec les jeunes lectrices. 
Cette plongée en enfance m'a fait du bien et je me suis surprise à rentrer dans l'intrigue. Peut-être tenterai-je de nouveau la lecture d'autres aventures d'Alice? J'en possède une bonne quinzaine à la maison. Je ne me souviens pas des histoires ou très peu. Parfois, je m'en rachète lorsque je les croise sur des vide-greniers.  Petit moment de nostalgie. 
Pour ceux que ça intéresse d'autres aventures étranges d'Alice sont disponibles en cette période d'Halloween : Alice au manoir hanté, Alice et le fantôme de la crique, ... Laissez-vous tenter! 

" Figées sur le seuil, elles entendirent distinctement les faibles notes d'un orgue. Bess serra le bras de sa cousine de toutes ses forces.
"Qu'est-ce ... qu'est-ce que c'est? bégaya-t-elle. Le fantôme?
- Impossible ...", commença Marion, mais les mots expirèrent sur ses lèvres.
A l'autre bout de la pièce, une lueur bizarre, verdâtre, s'alluma, révélant la présence d'un orgue de chambre.
Devant le clavier une silhouette lumineuse était assise!"
(Alice et l'esprit frappeur, Caroline Quine, Bibliothèque verte, 1977, p91)


samedi 5 octobre 2013

Méfiez-vous du brouillard!

 Petit Poilu 
Tome 2 - La maison brouillard
Bailly et Fraipont

 Edition Dupuis, collection puceron, 2011.


Il est petit, Il est poilu, C'est Petit Poilu ! Le v'là parti de bon matin. Le v'là parti et tout va bien. Mais ?... Que se passe-t-il ? Ça se bouscule Et tout bascule ! Un épais brouillard. La porte entrouverte. D'une étrange maison. Une rate fantôme. D'affreuses bestioles. Et un vampire tout déglingué. A rafistoler... Vas-y. Petit Poilu Fonce !



J'ai fait la connaissance de Petit Poilu récemment à la médiathèque. Toujours en quête d'album pour mon Romanzino, je suis tombée sur cette craquante boule de poil. A la fois BD et livre sans parole, la collection Petit Poilu est superbe et parfaite pour les 2/4 ans. 
Les aventures de Petit Poilu commence toujours pareil. Il se lève le matin, déjeune, se lave, embrasse sa maman. Alors qu'il est sur le chemin pour aller à l'école (ou ailleurs??), le temps change étrangement et le voilà embarqué dans mille péripéties. Petit Poilu soulève, de façon ludique, les petites réflexions que les enfants peuvent se poser. Parfois, il aborde le souci de l'écologie, parfois celui de l'autonomie ou un simple rendez-vous chez le docteur. Composé que de bulles, sans aucun texte, Petit Poilu permet à l'enfant d'imaginer ce qui se passe, commenter, discuter. 
J'ai décidé en cette période d'Halloween de vous présenter le tome 2 des aventures de Petit Poilu : La maison brouillard. Notre héros est pris dans un épais brouillard alors qu'il se rendait tranquillement à l'école. Il arrive devant un terrible manoir hanté par un rat, un vampire et bien d'autres créatures. Pour désacraliser le monstre et atténuer les peurs des petits, ce tome nous montre des personnages d'abord effrayants, puis devenant doux et rigolos au fil des pages. Petit poilu apprend à gérer ses peurs et devient ami avec ses étranges créatures. L'univers du château hanté est très bien rendu. Un joli mélange d'ambiance angoissante et de détails drôles. 
Des albums intelligents permettant d'aborder des sujets intéressants avec les enfants, mais également des aventures drôles, un personnage attachant, un design chaleureux et agréable. Ce Petit Poilu me fait craquer! 
Vraiment une BD à découvrir ... et pourquoi pas cette maison brouillard pour Halloween?

(Sources images : petitpoilu.com)


dimanche 8 septembre 2013

C'est bon d'avoir 10 ans

C'est bien
Philippe Delerm

Milan poche, 2013.

C'est bien l'autoroute la nuit ; c'est bien d'être abonné à un journal ; c'est bien de se lever le premier dans la maison ....
Tous ces moments de la vie, ces petits plaisirs du quotidien, c'est bien!

Je suis tombée sur ce petit livre jeunesse totalement par hasard le mois dernier. Je n'ai pu résisté, je l'ai pris et aussitôt rentrée chez moi, je l'ai lu. 
J'ai trouvé l'idée super, un petit recueil composé de textes sur les plaisirs de la vie lorsqu'on est enfant (ou grand enfant!). Alors oui, ce n'est pas de la grande littérature et franchement l'écriture n'est pas transcendante, mais ce livre m'a fait fondre. Il m'a parlé. Il m'a touché. J'aime retrouver dans ce que je lis ces petits moments de la vie un peu particuliers, simples, tendres, un peu égoïstes. Et ce recueil en est truffé. 
J'aurai plaisir à lire ce petit livre avec Romanzino et à lui faire partager ces petits plaisirs que nous offrent la vie. 
Un texte que je conseille à tous les enfants ... et leurs parents! 

En extrait, un bout du texte qui m'a le plus touché C'est bien de lire un livre qui fait peur :
" On est dans sa chambre, c'est l'hiver. Les volets sont bien fermés. On entend le vent qui souffle au-dehors. Les parents sont allés se coucher, eux aussi. Ils croient qu'on a éteint depuis longtemps. mais on n'a vraiment pas envie de dormir. On a juste gardé la lumière de la petite lampe de chevet qui fait un cercle jusqu'au milieu des couvertures. Au-delà, l'obscurité de la chambre est de plus en plus mystérieuse.
On a hesité longtemps avant de choisir le livre. Agatha Christie ne fait pas peur, on suit trop l'enquête et on ne fait pas attention au reste. Les aventures de Sherlock Holmes, c'est mieux, avec les brouillards, les chiens, les chemins de fer parfois. Mais il y a trop de dialogues, et Sherlock est si sûr de lui - on ne peut pas penser qu'il va être vaincu. Finalement, on a choisi L'île au trésor. 
On a bien fait. Dès le début du livre, il y a une ambiance extraordinaire, avec cette auberge près de la falaise. C'est toujours la tempête là-bas; on a l'impression que c'est toujours la nuit aussi, avec la mer qui gronde tout près. Et puis Jim Hawkins, le héros, se retrouve vite seul avec sa mère à L'Amiral Benbow.
A sa place, on serait mort de terreur. Le vieux pirate réclame du rhum et se met en colère sans qu'on sache pourquoi. Mais le plus effrayant, c'est quand les autres pirates débarquent dans le pays à la recherche de leur ancien complice. C'est une nuit de pleine lune, et l'aveugle donne des coups de canne sur la route blanche en criant :
- N'abandonnez pas le vieux Pew, camarades! Pas le vieux Pew!
Il y a une illustration en couleurs avec cette image, du noir, du mauve, du blanc. C'est un livre un peu vieux avec seulement quelques image _ il n'y en aura pas d'autres avant au moins trente pages. On reste longtemps à regarder celle-là. ... "
(C'est bien, Philippe Delerm, Milan poche, 2013, p35/36)

(Source image : anyresamag.com)

vendredi 24 août 2012

Vous avez dit "débrouillarde"?

Aggie change de vie
Malika Ferdjoukh




L'école des loisirs, 2009.


Aggie est la reine de la débrouille. Difficile de faire autrement quand on est orpheline et qu'on ne mange pas tous les jours à sa faim. Avec son ami Orin et son chien Mister Bones, elle a mis au point un numéro pour détrousser les riches passants qui s'aventurent dans les bas quartiers de Boston. C'est d'ailleurs en essayant de voler le portefeuille de Pemberton Rushworth qu'Aggie l'a rencontré. Plutôt que de la conduire à la police, ce détective privé lui fait alors une proposition extraordinaire. Jusqu'à présent, Aggie n'a pas eu beaucoup de chance. Mais cette drôle de rencontre est une occasion inespérée d'échapper à son destin de gamine des rues. Si Aggie suit attentivement les conseils du détective, elle pourra enfin changer de vie. 


Le temps d'une soirée, j'ai laissé de côté Le rêve Botticelli de Sophie Chauveau et j'ai ouvert le court roman de Malika Ferdjoukh, Aggie change de vie. 
C'est vrai que ce roman est trop bref à mon goût et que j'en aurai aimé plus. Plus de détails sur la vie d'Aggie dans les bas quartiers, plus aussi sur l'éducation que lui donne Pemberton Rushworth. J'aurai aimé, en tant qu'adulte, avoir plus de pages. Mais malgré ça, ce roman est craquant. Je pense l'offrir à beaucoup de jeunes lectrices en herbe autour de moi. Tout comme Miss Charity, j'aurai aimé le lire dans ma jeunesse. On s'attache rapidement à Aggie et cette ambiance mêlant Dickens et Princesse Sarah est une merveille. En 90 pages, j'ai réussi à être bouleversée (Ah! Mister Bones), morte de rire avec les réflexions et le franc parler d'Aggie et émue par Alice et son père. Chapeau Madame Ferdjoukh!
Une très jolie histoire à l'ambiance délicieuse ... Un petit bonbon bien trop rapide à fondre pour moi, mais qui ne le rend que plus précieux. 
Un roman à mettre entre tous les jeunes mains féminines. 


" - Comment as-tu atterri chez les Hume ? interrogea-t-il à brûle-pourpoint.

Elle plissa le front avec un bref arrêt de mastication.
- Comment qu’vous savez que c’est pas eux, mes parents ?
- Je me suis renseigné.
Entre pain, jambon et bouillon, elle raconta :
- Ils m’ont gardée à ma naissance. Ma mère, Ginnie Barrie, était servante chez eux. Ils la faisaient bosser dur. C’est Poodlespring, le laitier, qui m’a raconté. Même enceinte, elle devait laver la maison de haut en bas, les escaliers, la cour, porter les seaux… A l’accouchement, c’elle qui était lessivée ! L’avait plus de forces. C’est c’qu’il m’a raconté, Poodlespring. Alors,elle est morte, juste quand moi j’suis née, elle avait plus d’souffle… "

(Aggie change de vie, M. Ferdjoukh, L'école des loisirs)

(Source image : leslecturesdemarie.free.fr)

mardi 22 mars 2011

Au coin de la rue ...

Le gentil petit diable et autres contes de la rue Broca
Pierre Gripari

Folio junior, 1982.

Dans cette 2nde et dernière série des Contes de la rue Broca, Monsieur Pierre va raconter aux enfants de Papa Saïd des histoires très très vraies et très très sérieuses.
Celle du petit diable qui faisait le désespoir de sa famille parce qu'il voulait être gentil.
Celle de l'avare qui aimait tellement son argent qu'il ne s'apercevait même pas qu'il était mort.
Celle du prince qui épousa la sirène, celle du petit cochon qui avala l'étoile polaire, et celle enfin du jeune nigaud qui alla chercher "je ne sais quoi", le rapporta, le partagea et rendit tout le monde heureux.


Pierre Gripari nous offre des petits contes plein de bonne humeur. Simples, courts, sans prétention, ces histoires nous emménent en enfer, à l"heure de la création du monde, sous la mer, ... Pierre Gripari nous prend par la main et on le suit. Ce ne sont pas les plus beaux, ni les plus drôles ou les plus émouvants contes que j'ai lu, mais ils sont touchants et très agréables à lire. Mon préféré est Je-ne-sais-qui, je-ne-sais-quoi. J'ai trouvé ce conte très intelligent et malin. Sous une apparente simplicité, Pierre Gripari nous apprend que nous avons tous le droit de choisir notre vie, que nous sommes tous libres et que le Bien et le Mal ne sont pas figés. On peut faire des erreurs et être pourtant quelqu'un de bien ... et vice versa.

Des petits contes agréables à lire ... A découvrir!

" Il était une fois un riche marchand qui avait trois fils : les deux premiers étaient intelligents, et le troisième idiot - mais tellement idiot qu'on l'appelait Manque-de-chance. Chaque fois qu'il portait quelque chose, il le laissait tomber. Chaque fois qu'il ouvrait la bouche, il disait une sottise. Chaque fois qu'il prenait un outil, il faisait un malheur. Et les gens du pays, qui le conaissaient bien, préféraient le nourrir gratis, plutôt que le laisser toucher à quoi que ce soit. "

(Je-ne-sais-qui,je-ne-sais-quoi, Les contes de la rue Broca, folio junior, 1982, p96)

(Source image : mediatheque-poissy.fr)