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lundi 2 novembre 2015

Au beau milieu d'un rêve

Rêves cruels
Rhoda Broughton

 L'arbre vengeur, 2014.


Ne traitez plus de folle cette amie qui vous supplie de croire que son dernier rêve, qui vous prédisait de sombres jours, était prémonitoire : même s'il y a de fortes chances qu'elle débloque, on ne sait jamais... Rhoda Broughton, pléthorique aventurière des Lettres qui triompha en Angleterre au tournant du XXe siècle, ne démordit jamais de cette idée qui lui inspira ses nouvelles les plus enlevées, les plus inquiétantes mais aussi les plus drôles, car la dame indigne savait se moquer comme personne des petits délires dont les hommes encombrent leur psyché. En trois histoires perfides jamais lues en français, elle raconte ici quelques rêves cruels et menaçants, les meilleurs comme on le sait, ceux que l'on se plaît à colporter en souriant et avec ce léger frisson qui nous rappelle que le monde de la nuit est celui de toutes les peurs et de toutes les idées les plus invraisemblables... Parfait avant d'éteindre la lumière.


C'est grâce à Lou que j'ai découvert ce texte de Rhoda Broughton. Gardé au chaud pour la période d'Halloween, je l'ai enfin lu.
Trois contes composent ce recueil. Nos héroïnes (puisqu'il ne s'agit que de femmes) se retrouvent mêlées à de sordides histoires. Rêves prémonitoires, nuits sombres, crimes sanglants, tous les ingrédients du roman gothique sont présents. J'ai trouvé ces nouvelles assez réjouissantes. J'ai préféré la première, plus longue et subtile que les deux autres. Rhoda Broughton sait créer l'ambiance angoissante et lourde, nécessaire à ce genre d'histoires. Ces contes ne sont pas franchement terrifiants, mais l'atmosphère y est savoureuse. 
Rhoda Broughton est très moderne. Ces héroïnes prennent des décisions, désobéissent à leur famille, bravent les interdits. Elle se moque également de façon très fine des superstitions de ses contemporains. 
Ces Rêves cruels sont une lecture plaisante et agréable. Rien de révolutionnaire ni bouleversant, mais un bon moment littéraire en cette période de l'année.  
" Ce disant, je passai ma main sur le front, car j'avais les tempes battantes, et je me rendis à la fenêtre. Un gel noir, mordant cruellement, de longs parterres nus encerclés de fer, où il semblait impossible que les gracieux crocus pussent passer leur tête jaune d'or ... un rouge-gorge triste, un pinson, et trois moineaux, tous affamés, évidemment silencieux et cherchant sur les graviers de l'allée ce qui restait des quelques miettes jetées au petit déjeuner. Il n'y avait assurément rien, dans le monde extérieur, pour me remonter le moral. "(Mrs Smith de Longmains in Rêves cruels de Rhoda Broughton, L'arbre vengeur, 2014, p15)
(Source image : Northanger abbey, fr.academic.ru)

samedi 25 octobre 2014

" Personne ne naît sans héritage "

Esprit d'hiver
Laura Kasischke

 Bourgois, 2013.


Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

Sans jamais avoir lu Laura Kasischke, j'ai acheté deux de ses romans récemment : Les revenants et A moi pour toujours. J'ai reçu Esprit d'hiver en cadeau. Il me faisait de l’œil depuis un moment, mais j'attendais sa sortie en poche. Heureusement, mon amie d'UnLivre Unthé a eu pitié de moi et me l'a offert il y a quelques mois. Je ne la remercierai jamais assez car j'ai dévoré ce roman. Je suis bien contente d'en avoir acheté deux autres qui m'attendent sagement.
Esprit d'hiver m'a tellement hanté que j'en ai rêvé cette nuit. Cauchemardé serait plus juste. Un songe très angoissant, étouffant ... sans lien direct avec le roman. Pourtant, en me réveillant en sursaut à 2h30, j'avais la conviction que mon rêve avait un lien avec Esprit d'hiver, qui reposait tranquillement près de moi sur ma table de nuit. Il était cause de cette boule d'angoisse que je ressentais au fond de la gorge. J'étais comme Holly se réveillant le matin de Noël avec l'idée fixe qu'une chose terrible aura lieu. 
Laura Kasischke fait monter la pression d'une façon incroyable. Pourtant lorsqu'on y réfléchit bien, il n'y a rien de particulièrement effrayant dans ce qu'elle écrit. Esprit d'hiver, c'est une atmosphère, un huis clos si puissant et asphyxiant, que parfois on est obligé de le poser. Et pourtant, on y parle que de Noël, de rôti, de carottes et d'iPhone. Tout le roman nous laisse complètement libre d'imaginer n'importe quoi et c'est cela qui est effrayant. On ne sait pas vers où Laura Kasischke nous emmène. Surnaturel? Thriller? Toutes les solutions sont envisageables. A chaque fois que je tournais la page, je frémissais de découvrir le fin mot de l'histoire. En ce qui me concerne, je n'ai absolument rien deviné. La révélation finale est sublime, à la fois simple et traumatisante, mais je pense sincèrement que ce n'est pas en ça que le roman est réussi. La fin est scotchante, j'ai du mal à m'en remettre, je l'admets.  Pourtant, le principal atout de ce livre reste son ambiance si particulière, son angoisse fine et subtile qui nous glisse le long de la colonne vertébrale, cette atmosphère familiale et quotidienne qui devient d'un coup violente et sombre. Chaque détail est choisi avec soin. Chaque image, couleur, odeur, souvenir semble étudiée. L'écriture est nette, précise, très travaillée.
Ayant accouché il y a un peu plus de deux mois de ma Romanzina, je reconnais que ce roman, qui interroge beaucoup sur la maternité et la relation mère/fille, a marché du feu de Dieu avec moi. J'ai été happée, captivée, téléportée dans la maison de Holly. J'ai fait cuire un rôti, j'ai préparé Noël, je me suis interrogée sur l'attitude étrange de ma fille. J'ai tellement erré dans les différentes pièces de la maison que j'ai la sensation de la connaître par cœur.
Vous aurez compris que Esprit d'hiver fut une vraie lecture immersion pour moi. L'écriture est habilement travaillée, l'intrigue parfaitement ficelée et surtout, l'ambiance tout simplement hallucinante. J'ai aimé Holly, cette femme si touchante et bouleversante. Cette histoire, fait partie, je pense, de celles qui nous poursuivent longtemps

" Et Holly pensa alors : "Je dois l'écrire avant que cela ne m'échappe". Elle avait déjà ressenti ça plus jeune - l'envie presque paniquée d'écrire à propos d'une chose qu'elle avait entraperçue, de la fixer sur la page avant qu'elle ne file à nouveau. Certaines fois, il avait failli lui soulever le cœur, ce désir d'arracher d'un coup sec cette chose d'elle et de la transporter en mots avant qu'elle ne se dissimule derrière un organe au plus profond de son corps - un organe un peu bordeaux qui ressemblerait à un foie ou à des ouïes et qu'elle devrait extirper par l'arrière, comme si elle le sortait du bout des doigts d'une carcasse de dinde, si jamais elle voulait l'atteindre une nouvelle fois.. Voilà ce que Holly avait ressenti chaque fois qu'elle écrivait un poème, et pourquoi elle avait cessé d'en écrire. "
(Esprit d'hiver, L. Kasischke, Bourgois, 2013)


(Source image : ladyphoto.canalblog.com)

mercredi 18 juin 2014

Savant fou, expériences et petits tracas ...

L'homme invisible
H G Wells

Le mois anglais

 Livre de poche, 1963.

C'est un drôle de client qui s'est installé à l'auberge de Mme Hall ! Vêtu d'un grand chapeau, de lunettes noires et recouvert de bandages tout autour de la tête, l'inconnu s'est enfermé dans sa chambre avec des dizaines de petites bouteilles remplies de poudres et de liquides divers... Que prépare-t-il ? Une chose est sûre, les villageois sont loin d'être rassurés !

L'homme invisible fait parti de cette littérature traitant des avancées scientifiques, de leurs risques et de toutes les interrogations qu'elles suscitent. Après le monstre crée par le docteur Frankenstein, ainsi que le terrible Mister Hyde, nous avons donc Griffin, homme de science qui teste sur lui-même une potion d'invisibilité afin d'échapper aux créanciers et de vivre plus librement. Malheureusement, rien n'est simple et Griffin, à la morale un brin douteuse, commence à voler et finit par tuer et devenir un personnage digne de film d'épouvante. 
J'imaginais un récit assez léger. Je ne pensais vraiment pas trouver une histoire de "monstre" et de meurtre. Si l'histoire commence de façon assez légère avec cet homme étrange débarquant dans l'hôtel de la curieuse Mme Hall, on dérive vite dans un récit proche de ceux de Shelley et Stevenson. J'ai eu du mal dans un premier temps à être captée. Mon esprit avait tendance à vadrouiller et je n'arrivais pas à embarquer dans cette histoire. J'ai réussi à rentrer dans le récit dès que l'homme invisible raconte son histoire et comment il en est arrivé là. J'ai trouvé ce Griffin assez effrayant et je me suis prise au jeu. Savoir que cet homme pouvait être partout, prêt à nous frapper sans pouvoir le voir m'a faite frissonner. Surtout que HG Wells est assez généreux sur les détails et que son roman possède des scènes assez violentes, je trouve. Le suspense n'est pas extrêmement haletant, j'ai trouvé le récit assez irrégulier, mais l'écriture est fluide et assez dynamique dans l'ensemble.
Un classique de la littérature fantastique assez sympa à lire dans la veine de Frankenstein ou de L'étrange cas du docteur Jekyll et mister Hyde. Une histoire assez sombre et violente qui commence pourtant de façon fraîche, presque comme un vaudeville. Un bon moment ... rien de bouleversant, mais agréable. Un texte à connaître. 

" Il saisit le gilet : le gilet se débattit; la chemise, s'en échappant, le laissa flasque et vide aux mains de l'agent.
" Tenez-le bien! criait à tue-tête Jaffers. Si jamais il sort de ses habits!...
- Tenez-le bien! " répétait chacun.
Et tout le monde de se précipiter sur cette chemise blanche qui s'agitait et qui était maintenant tout ce que l'on pouvait voir de l'étranger. "

(L'homme invisible, H G Wells, Livre de poche, 1963)

(Source : Invisible man (1933). horreur web)

samedi 2 novembre 2013

" Cet endroit... aussitôt que vous y avez mis le pied, il prend possession de vous... "

Simetierre
Stephen King

J'ai lu, 1987.

Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s'installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Crandall, les emmène visiter le pittoresque " simetierre " où des générations d'enfants ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce " simetierre ", tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses. Un drame atroce va bientôt déchirer l'existence des Creed, et l'on se trouve happé dans un suspense cauchemardesque... 

Pour moi, la meilleure définition que l'on puisse donner à Stephen King n'est pas « le maître de l'horreur ». Alors oui, bien sûr, il maîtrise le suspense comme personne, ses ambiances étranges et inquiétantes sont si bien rendues que l'on en reste scotché, il a un don pour nous faire flipper avec un rien, mais (tout comme lors de ma lecture de ça), ce qui fait le talent de King pour moi n'est pas son esprit noir et flippant, mais bel et bien ses qualités de conteur. Je suis bluffée. L'histoire de Simetierre est sombre, dure, traumatisante et pourtant l'horreur n'est réellement présente que durant un tiers du roman. Tout comme ça, Stephen King nous offre un roman profond parlant d'amour, d'amitié, parlant de nos peurs les plus secrètes, de nos doutes, nos rêves, nos angoisses. Les romans de Stephen King parlent d'humanité. J'ai longtemps pensé qu'il n'écrivait que des histoires trashs, crues, difficiles à lire tant l'horreur était à son apogée. Depuis ma lecture de ça il y a 4 ans, j'ai compris que King écrivait surtout des romans humains, beaux, touchants et écrits d'une main de maître. Je pense que les lecteurs recherchant une simple histoire gore risquent d'être déçus. Les choses ne s’accélèrent qu'à la page 300 (sur 570). Les premières pages sont là pour installer l'ambiance, nous mettre en condition, nous faire aimer assez les personnages pour être bouleversé par leur sort (comme j'ai eu envie de crier). On croirait presque lire un roman nous contant l'histoire tranquille d'une famille américaine. Certaines scènes font froid dans le dos mais au final elles ne sont pas très nombreuses. Bon par contre, elles sont intenses … autant vous prévenir. Mais plus que des scènes gores, King arrive à nous terrifier avec un rien. C'est un magicienL'horreur chez King est comme une ombre qui plane au-dessus de notre tête. Quelque chose de toujours présent, près de nous, prêt à frapper. Il installe si bien l'ambiance qu'il arrive à nous faire sursauter seulement en décrivant le bruit d'une feuille qui tombe d'un arbre. J'en reste bluffée. L'une des images les plus flippante du roman est (je pense) celle de Zelda, la soeur de Rachel. Pas de goutte de sang, pas de trucs dégoûtants lors de la description de ce personnage et pourtant, Zelda m'a complètement traumatisée. Chapeau à Mr King! Et puis, il y a Church aussi. Ce chat m'a donné quelques sueurs froides. Pourtant, King ne raconte rien de vraiment terrifiant, mais il sait avec quelques mots nous rendre tellement bien une ambiance que Church, sa démarche maladroite, son odeur de terre, ses yeux vitreux, m'a angoissée comme jamais. 
Simetierre est sublime. King prend le temps de nous présenter la famille Creed. On s'attache à eux, on les aime. J'ai aimé les suivre dans leur quotidien. Ellie et Gage sont devenus mes enfants, Louis m'a souvent beaucoup fait rire et Rachel m'a touché. Mais surtout, ses quatre personnes m'ont bouleversé. L'image du petit Gage me hante. Je n'arrive pas à faire mon deuil de cette histoire. Mon petit garçon a l'âge de Gage et je n'ai pas arrêté de penser à lui en regardant mon fils. Tout comme les personnages de ça, les visages de Simetierre m'accompagneront toute ma vie. J'aime cette sensation à la fin d'une lecture. J'ai laissé des amis derrière moi. 
Stephen King arrive à nous faire imaginer tellement bien l'histoire que tout prend forme devant nos yeux. Je voyais la maison des Creed, ainsi que la route la séparant de celle de Jud, le chemin du "Simetierre", ... On rentre véritablement dans un autre monde, un univers parallèle au nôtre.
Si King n'écrivait que des histoires noires où la violence gratuite regorge, où les descriptions tombent dans le sanglant, je ne le lirai pas. Tout ça ne m'intéresse pas. Mais King écrit de sublimes histoires d'hommes, de femmes, d'enfants, il parle de sentiments universels et profonds, tout ça accompagné par une ambiance délicieusement angoissante. 
Tout comme après la lecture de ça, j'emmène avec moi plein d'images : le petit Gage jouant au cerf-volant, Zelda hurlant dans son lit, les réflexions amusantes de Louis, les camions roulant bien trop vite, le regard inquiétant de Church, Jud busant sa bière devant sa maison, des traces de pas boueux, ... 
Dérangeant mais pas voyeur, angoissant mais sublime, … Un roman qui me poursuivra longtemps. Décidément je n'en ai pas fini avec King. 

On a probablement tort de penser qu'il peut y avoir une limite à l'horreur que peut éprouver l'esprit humain. Au contraire, il semble qu'à mesure que l'on s'enfonce plus profondément dans les ténèbres de l'épouvante, une espèce d'effet exponentiel entre en jeu. Pour aussi déplaisant qu'il soit de constater, l'expérience humaine tendrait plutôt à valider l'idée suivant laquelle l'horreur suscite l'horreur, une calamité accidentelle engendrant d'autres calamités - parfois voulues celles-là - jusqu'à ce que les ténèbres finissent par tout recouvrir à la façon d'une tache d'encre qui s'étale progressivement sur un buvard."
(Simetierre, S. King, J'ai lu, 1987)


(Source image : deviantart.com)


vendredi 1 novembre 2013

Il y a des squelettes dans le placard!

Halloween party
R L Stine

J'ai lu, 1997.

Halloween ! Au lycée de Shadyside, on ne parle plus que de cela. Justine, la nouvelle, donne une fête. Et tous s'interrogent. Pourquoi a-t-elle décidé d'inviter Terry, Cindy, Lester, et les autres ? Neuf convives. Choisis au hasard ? Arrive enfin le jour J. Chacun arrive déguisé en vampire, en squelette... Les costumes sont plus vrais que nature, le décor aussi : toiles d'araignée, crânes en papier mâché : tout le monde s'amuse à se faire peur, c'est Halloween ! Jusqu'au moment où l'on découvre Lester dans un placard. Mais cette fois, ce n'est plus un jeu : le garçon est bel et bien mort, un poignard planté en plein coeur. Dès lors, la fête vire au cauchemar...

Je pense que toutes les personnes de ma génération se souviennent de R L Stine, l'auteur de la série Chair de poule. Que ce soit en livre ou à la télévision le week-end, ces petites histoires terrifiantes ont passionné des milliers de jeunes. Je me souviens surtout, pour ma part, de La tour de la terreur. Lu à la pré-adolescence, ce roman m'avait fasciné. L'histoire de ces deux enfants poursuivis par un bourreau du moyen-âge alors qu'ils visitaient gentiment la Tour de Londres m'a longtemps perturbée. Ce terrible personnage au visage caché et traînant sa hache derrière lui était assez terrifiant. Bref! Il y a quelques années, durant un swap Halloween, j'ai reçu Halloween party, un roman de R L Stine que je ne connaissais pas. Englouti en moins de deux heures, ce roman m'a fait passé un agréable moment. Alors l'écriture est franchement fade, le style n'a rien d'exceptionnel ou de particulier et le tout est très stéréotypé. Mais je dois reconnaître que R L Stine a beaucoup d'idées. Je trouve ses histoires assez originales et prenantes. Celle de La tour de la terreur m'avait laissé cette impression et Halloween party le confirme. R L Stine est doué pour les histoires de fantômes, de pantins diaboliques, de maisons hantées et de vengeances. Alors même si la forme est franchement moyenne, l'histoire, quant à elle, est sympathique et on embarque. Halloween party m'a rapidement accroché et les 150 pages sont passées très vite. 

" Une tombe toute biscornue se dessinait sous la lueur blafarde de la lune. Les lettres gravées dans la pierre étaient recouvertes de mousse, mais une partie de l'épitaphe était encore lisible : MORT LE 31 OCTOBRE 1884. Terry Ryan avançait d'un bon pas pour passer devant la tombe le plus vite possible, mais Cindy Meyer, sa petite amie, le retint par la manche. "
(Halloween party, R L Stine, J'ai lu, 1997, p 5)



lundi 14 octobre 2013

Une porte qui grince, un squelette caché, une abbaye hantée ... Joyeux Halloween!

 Les mystères de la forêt
Ann Radcliffe

Folio classique, 2011.

Un carrosse lancé à toute allure, dans la nuit, en pleine tempête, un couple fuyant la justice, un arrêt devant une vieille maison isolée sur la lande, occupée par des bandits tenant prisonnière une belle jeune fille… Les Mystères de la forêt est un roman gothique, baignant dans une atmosphère inquiétante, sur fond d’architecture médiévale et de surnaturel. C’est pour ce livre qu’Ann Radcliffe mérite particulièrement son titre de «maîtresse du suspens». Roman d’aventures, c’est aussi un roman de la sensibilité : volupté dans le malheur, expression d’une sensibilité exacerbée sont mises en avant. Mais le désir et la sexualité refoulés ne sont jamais loin, dans ce livre dont le sous-titre pourrait être «Adeline ou Les malheurs de la vertu».

Autant Les mystères d'Udolphe m'avait laissé un souvenir très mitigé, Les mystères de la forêt fut un régal. Et oui! J'avais peur au début. Sachant que Les mystères d'Udolphe m'avait souvent ennuyé, j'ai ouvert ce nouveau roman de Mrs Radcliffe un peu sur la défensive. Et j'avais tort. Je me suis sincèrement régalée.  
En ouvrant Les mystères de la forêt, on entre dans la caricature la plus poussée du roman romantico-gothique anglais, ça tombe dans les pommes, ça pleure devant la beauté de la nature, les secrets enfouis au cœur de vieilles ruines sont révélés, ... Bref, oui, c'est vrai, on plonge dans LE stéréotype le plus pur. Mais c'est délicieux! Je me suis prise au jeu dès les premières pages. Je suis devenue une jeune fille prude du XVIIIème telle Catherine Morland. J'ai frémi, j'ai frissonné, j'ai été très émue, j'ai même été choquée. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman. J'ai trouvé l'intrigue palpitante et pleine de rebondissements. Alors que Les mystères d'Udolphe était long et lent, Les mystères de la forêt est un récit passionnant. Certes, le tout est très téléphoné. On se dit vraiment que le monde est petit chez Ann Radcliffe. Tout le monde se croise, tout le monde a un lien avec tout le monde et j'en passe. Mais j'y ai cru tout de même. J'ai aimé être crédule et naïve durant 500 pages. L'ambiance générale du roman est également un délice. Entre la sombre forêt, l’abbaye inquiétante, le caveau, les pièces cachées, ... nos émotions sont comblées. J'ai littéralement plongé dans cet univers unique, complètement décalé et incroyablement envoûtant. Autre gros point positif, le langage. Les mystères de la forêt a tout comme Les mystères d'Udolphe un style désuet plein de charme. Le récit est parfois interrompu par des poèmes faisant l'éloge de la nature. On est complètement dans l'ambiance romantique et j'ai embarqué. C'est un roman unique. 
J'ai retrouvé dans Les mystères de la forêt tout ce qui faisait le charme des Mystères d'Udolphe, le style désuet, l'ambiance gothique délicieuse, l'amour de la nature, mais sans recroiser cette lenteur, cette lourdeur qui avaient eu raison de mon intérêt. Avec Les mystères de la forêt, j'ai vécu des heures de lecture passionnantes, j'ai frémi auprès d'Adeline que j'ai appris à aimer (malgré sa tendance au malaise vagal), je me suis vu errante dans une forêt inquiétante et j'ai parcouru les couloirs d'une abbaye en ruine. Je suis rentrée dans une machine à remonter le temps et j'ai embarqué au cœur du romantisme gothique. 
Un roman passionnant possédant le charme de vieux romans et une ambiance envoûtante. A lire les soirs d'automne au coin du feu ... 

" Il approche et aperçoit les restes gothiques d'une abbaye : elle s'élevait sur une sorte d'esplanade rustique, ombragée par des arbres très hauts et très touffus, qui semblaient contemporains du bâtiment et répandaient alentour une ombre romantique. La plus grande partie de l'édifice tombait en ruine et ce qui avait résisté aux ravages du temps rendait plus terrible encore l'aspect de la construction dégradée. Les créneaux, qu'embrassaient d'épaisses guirlandes de lierre, étaient à moitié démolis et devenus la retraite des oiseaux de proie. D'énormes fragments de la tour de l'est, presque tout écroulée, gisaient dispersés parmi l'herbe haute qui ondoyait lentement sous l'haleine du zéphyr. "
(Les mystères de la forêt, A. Radcliffe, Folio classique, 2011, Tome 1 chapitre 2, p80/81)

(Source image : epigrammoeil.blogspot.com. Gaspar David Friedrich - Abbey in the oakwood - 1809)


mercredi 2 octobre 2013

1,2,3 .... Fantôme!

 Le fantôme de Canterville et autres contes
Oscar Wilde

Bibliothèque Lattès, 1979.

Mr. et Mrs. Otis, de riches Américains, s'installent en Angleterre avec leurs quatre enfants dans un manoir dont les anciens propriétaires prétendent qu'il est hanté. Les Américains n'en croient pas un mot et prennent possession des lieux sans se soucier de ce fantôme. Pourtant, ce dernier est bien décidé à les terroriser. Mais que va faire le spectre face à cette famille incrédule ? Parviendra-t-il à effrayer des jumeaux de onze ans qui n'ont peur de rien et ne cessent de lui jouer des mauvais tours ? (quatrième de couverture de Hachette éducation)
L'édition Lattès ici présentée contient aussi Le crime de Lord Arthur Savile et Le millionnaire modèle.

D'Oscar Wilde, je n'ai lu que l'excellent Portrait de Dorian Gray. J'ai été heureuse de relire cet auteur. Le fantôme de Canterville m'a complètement conquise. Mêlant avec beaucoup d’habilité ambiance gothique traditionnelle et histoire comique et satirique, Oscar Wilde nous offre un conte enchanteur et extrêmement divertissant. Les chaînes, les hurlements, les couloirs sombres sont bien présents ... même si le tout prend un tournant assez étrange. Les nouveaux propriétaires du château hanté des Canterville n'ont absolument pas peur du fantôme y habitant. Les scènes drôles se succèdent et on finit par prendre en pitié ce pauvre revenant qui n'arrive plus à effrayer les autres comme il faudrait. En quelques pages, Wilde arrive à nous offrir des sueurs froides, des rires et des larmes (une fin sublime). A la fois conte gothique, drôle et poétique, Le fantôme de Canterville est délicieux. 
La seconde nouvelle que nous offre ce recueil n'entre pas dans le même registre. Arthur Saville se fait lire les lignes de la main par un chiromancien. Ce dernier lui prédit qu'il sera l'auteur d'un meurtre. Devant se marier prochainement, Lord Savile décide de commettre immédiatement ce crime pour ensuite pouvoir épouser sa fiancée l'esprit tranquille (et pourquoi pas?). C'est un conte au ton assez décalé, à l'humour noir. Ce n'est pas une histoire triste ou mélancolique, mais une histoire au goût un peu amère, mêlant (là aussi) humour et tragédie. ça se laisse lire avec bonheur et même si ça n'a pas le charme du Fantôme de Canterville, c'est sympathique, bien écrit et très prenant.
Le dernier conte ne faisant qu'une dizaine de pages, Le millionnaire modèle, est une sorte de fable morale bien trop courte pour que j'en retienne grand chose. Mais c'est du Wilde alors on embarque tout de même. On reconnaît un peu la patte et le propos de l'auteur du Portrait de Dorian Gray dans cette dernière histoire. 
Un recueil à lire bien évidemment. Surtout pour Le fantôme de Canterville, un conte drôle, émouvant et passionnant. Vraiment une réussite!

« La journée avait été chaude et ensoleillée ; à la fraîcheur du soir, tout le monde alla faire une promenade en voiture. Ils ne rentrèrent que vers neuf heures et prirent un souper léger. La conversation ne tomba nullement sur les fantômes, on ne fit aucune allusion à Sir Simon de Canterville. A onze heures, la famille se retira ; dès onze heures et demie, toutes les lumières étaient éteintes. Peu de temps après, Mr Otis fut réveillé par un bruit curieux dans le couloir. Cela ressemblait à un tintement métallique qui se rapprochait d’instant en instant. Il se leva aussitôt et frotta une allumette. Il était exactement une heure du matin. »
(Le fantôme de Canterville, Oscar Wilde, Lattés, 1979, p 29/30)

(Source image : Le fantôme de l'opéra sur toutlecine.com)


samedi 3 novembre 2012

Qui dit Halloween, dit lecture d'Halloween!


Carrie
Stephen King
Challenge Gilmore girls

 J'ai lu, 1978.

Une mère puritaine obsédée par le diable et le péché ; des camarades de classe dont elle est le souffre-douleur : Carrie est profondément malheureuse, laide, toujours perdante. 
Mais à seize ans, ressurgit en elle le souvenir d'un "don" étrange qui avait marqué fugitivement son enfance : par sa seule volonté, elle pouvait déplacer les objets à distance. Et ce pouvoir réapparaît aujourd'hui, plus impétueux, plus impatient. 
Une surprise bouleverse soudain la vie de Carrie : lorsqu'elle est invitée au bal de l'école par Tommy Ross, le boy-friend d'une de ses ennemies, n'est-ce pas un piège plus cruel encore que les autres ?

J'ai découvert tardivement Stephen King il y a trois ans en lisant le célèbre ça, l'histoire du clown cabriolant. Assez sceptique en l'ouvrant, je suis tombée dans un univers hallucinant d'imagination qui m'a profondément marquée. Bien sûr, il y a eu la peur, le frisson et l'horreur, mais il y a eu surtout un magnifique talent de conteur, des personnages vivants et profondément attachants, des images, des émotions qui chamboulent là dans le fond du ventre et au final, une de ces lectures qui ne nous quittent plus. Rien qu'à l'évocation du mot "ça", je plonge dans un univers complet, total, un flot d'images m'envahit. Ce sont comme des souvenirs d'une vie vécue et non comme de simples lignes lues dans les pages d'un livre. Vous comprendrez pourquoi en ouvrant Carrie, j'étais à la fois heureuse et nerveuse. 
Je n'irai pas jusqu'à dire que Carrie a la force de ça (le nombre de pages joue, plus de 1000 pages pour ça, que 250 pour Carrie), mais j'y ai retrouvé tout ce qui m'avait plu
J'ai dévoré ce roman une fois ouvert. Construit comme une enquête, un rapport de police, on suit pas à pas l'histoire tragique de Chamberlain, ville du Maine. On sait dès le début qu'un terrible désastre a frappé la ville et que l'étrange Carrie White en est responsable. Mais les détails, les précisions ne viennent qu'au fil du récit. La narration est entrecoupé de témoignages, d'extraits d'enquêtes ou de rapports. Tout se construit comme un puzzle. On est tenu en haleine. 
J'ai tout de suite pris Carrie en pitié. Dans cette ambiance typiquement "clichés américains" où il faut être belle et capitaine des pom-pom girls de l'école pour être aimée et respectée, la pauvre Carrie est le mouton noir. Elle est sans cesse insultée. L'horreur atteint son paroxysme lorsque Carrie a ses premières règles dans les douches collectives. Sa mère l'ayant laissée dans l'ignorance, Carrie croit mourir d’hémorragie. Toutes les filles du vestiaire lui jettent des serviettes hygiéniques et des tampons au visage en lui criant des obscénités. Carrie, traumatisée, prend conscience d'une chose qui dort en elle depuis des années, la télékinésie. 
J'ai aimé Susan qui essaie comme elle peut d'aider Carrie (mais n'est-elle pas indirectement responsable du désastre?). C'est la seule, avec le doux Tommy et Miss Desjardins, à ne pas juger Carrie sur son apparence ou son éducation et qui tente de la faire sortir de sa coquille. J'ai par contre eu envie plusieurs fois de griffer cette peste de Chris. Carrie n'est qu'une victime. Les responsables du désastre de Chamberlain sont ceux qui la briment depuis des années. 
J'ai souvent entendu que Carrie n'était pas un roman qui faisait peur. C'est vrai que par rapport au clown psychopathe de ça, Carrie est assez gentillette, mais j'ai tout de même ressenti quelques frissons. L'image sanguinolente de Carrie détruisant par le feu sa ville et ses habitants ne me quittera pas de sitôt. 
Tout comme pour ça, je retire de ce roman une histoire profondément humaine. A l'époque, c'est l'histoire d'amitié du Club des Ratés dans ça qui m'avait remuée les tripes, avec Carrie c'est la stupidité humaine, la méchanceté gratuite, le jugement aveugle. Carrie m'a bouleversée. Mon coeur s'est souvent serré pour elle. 
Une très belle histoire, à la fois magnifique et terrifiante. Je n'aurai plus d'appréhension à ouvrir un Stephen King. Grâce à ces deux lectures, je sais que j'entrerai dans un monde humain, saisissant, imaginatif. 

" /.../ Et alors les autres filles se sont moquées d'elle?
- Pire que ça. Elles poussaient des hurlements et lui jetaient des serviettes hygiéniques à la tête quand je suis entrée. Elles les lui lançaient ... comme des cacahuètes.
- Oh! Oh mon Dieu! Vous avez relevé des noms?
- Oui, mais pas tous. Quoiqu'il y aura sans doute des dénonciations. Il m'a semblé que Christine Hargensen était la meneuse ... comme d'habitude.
- Chris et sa bande de perruches, murmura Morton.
- Oui. Tina Blake, Rachel Spies, Helen Shyres, Donna Thibodeau, et sa soeur Mary Lila Grace, Jessica Upshaw. Et Sue Snell - Elle fronça les sourcils. Je ne me serais pas attendue à ça de la part de Sue. Jamais je ne l'ai vue tremper dans ce genre de chahut. "
(Carrie, S. King, J'ai lu, 1978, p 23)



(Source image : stephenking.wikia.com. Sissy Spacek dans Carrie au bal du diable)

mercredi 9 novembre 2011

Romanza horror show II

Le tour d'écrou
Henry James

Livre de poche, 2009.

Le Tour d'écrou est unanimement considéré comme le chef-d'oeuvre d'Henry James. Borges a même écrit que, selon lui, «aucune époque ne possède des romans de sujet aussi admirable que Le Tour d'écrou...». Une intrigue serrée, un mode narratif subtilement ouvragé, des personnages plus vrais que nature, une atmosphère étouffante : le fantastique rejoint le quotidien et s'impose comme une version possible de la réalité. Pour la première fois, grâce à la magie d'une traduction réussie, l'univers de James devient directement accessible au lecteur français.

J'ai terminé ce roman il y a quelques jours mais je n'ai malheureusement pas eu le temps de venir en parler avant aujourd'hui (vive le 11 novembre!).
Voulant poursuivre mes lectures effrayantes, j'ai ouvert Le tour d'écrou. Je n'avais jamais lu Henry James. J'ai beaucoup apprécié sa plume toute en sous-entendus, en allusions. Une écriture délicate, toute en retenue, mais vraie, brute, sans fioritures.
L'intérêt principal de ce roman se trouve dans l'ambiance. Une atmosphère lourde, pesante, un huis clos étrange et étouffant. J'ai aimé cette histoire de revenants et d'enfants possédés. Les deux bambins sont particulièrement effrayants, mi-anges mi-démons, ils m'ont vraiment mise mal à l'aise.
Je me trouve dans la même situation qu'après avoir lu Carmilla. J'aurai aimé en savoir plus, j'aurai aimé plus de pages, un bon gros pavé. J'aurai aimé plus de descriptions des lieux. Passer plus de temps dans cette demeure hantée m'aurait ravie. Bref, je ressors à la fois conquise et frustrée. Mais Le tour d'écrou m'a confirmée à quel point j'aimais les romans à ambiance. Il m'a donnée envie d'ouvrir La dame en blanc ou Pierre de lune de Collins ou les romans de Daphné du Maurier qui patientent gentiment dans ma bibliothèque.

« Toute cette impression du moment me revient du moins avec une intensité qui me permet de l’exprimer ici avec une précision que je ne lui ai encore jamais donnée. C’était comme si tout le reste de la scène avait été frappé de mort à l’instant même où j’apercevais… ce que j’ai aperçu. Je peux encore entendre, en écrivant, le silence prenant dans lequel sont tombés les bruits du soir. Les freux ont cessé de croasser dans le ciel doré, et durant une minute, cette heure amicale a perdu toute voix. Mais rien d’autre n’avait changé dans la nature, à moins bien sûr que l’étrange intensification de mon regard n’ait été un changement. L’or était toujours dans le ciel, la limpidité dans l’air, et l’homme qui me regardait du haut des remparts était aussi net qu’un tableau dans son cadre. »
(Le tour d'écrou, Henry James, livre de poche, 2009).

(Source image : Les autres. Allocine)

jeudi 3 novembre 2011

Romanza horror show I

Nouvelles histoires extraordinaires
Edgar Allan Poe

Livre de poche, 2008.

L'homme est lui-même et ce qu'il se cache. Ce secret hanta Edgar Poe. Le descendant de la maison Usher qui croit sa soeur morte, l'assassin du chat noir et William Wilson sont victimes de leur double, le cousin de Bérénice l'est de sa névrose obsessionnelle, le peintre du portrait ovale, de son art. Dans ces nouvelles fantastiques, prolongement des Histoires extraordinaires, les cadavres se promènent, un sourire ironique aux lèvres, les femmes sont « belles comme un rêve de pierre », et la mort clôt chaque récit. L'envoûtement est total, l'horreur atteint son point culminant et pourtant la réalité est là, tangible, pour chasser l'irrationnel. Fasciné par cette oeuvre américaine, Baudelaire l'a traduite admirablement et rendue célèbre dans le monde entier.


Il s'agit de ma toute première lecture de Poe (cela faisait un bon bout de temps que je voulais le découvrir). A force de voir des citrouilles et des petits monstres réclamant des bonbons partout dans les rues, j'ai eu envie de lire un livre "qui-fait-peur-pour-aller-avec-l'ambiance".
Peur? A dire vrai, ce n'est pas trop ce qu'il s'est passé. Mais certaines histoires m'ont faite ressentir tout de même un peu d'angoisse. J'ai trouvé certains contes vraiment passionnants (Le coeur révélateur, Bérénice, La chute de la maison d'Usher, Le puits et le pendule, Le portrait ovale, ... sont mes préférés). Mais malheureusement, il y en a plusieurs qui m'ont sincèrement ennuyée (Puissance de la parole, Colloque entre Monos et Una, Conversation d'Eiros avec Charmion). Tout n'est pas passionnant dans ce recueil. J'aurai aimé plus d'histoires merveilleuses et terrifiantes comme Le portrait ovale ou Bérénice. J'ai parfois trouvé ça très (trop) compliqué, trop philosophique, trop métaphorique ... Je n'étais pas préparée à trouver ce genre de nouvelles. J'ai bêtement préféré les histoires de fantômes toutes simples.
Cela ne m'étonne pas que Baudelaire aimait Poe. J'ai souvent eu la sensation de lire de la poésie en prose. Poe est un poète. Son côté très sombre, violent, noir a du plaire à notre Charles national.
Des petites histoires de saisons que je conseille ... mais pas toutes. Certaines étant passionnantes et envoûtantes, d'autres trop complexes et ennuyantes. Je pense qu'il faut faire son tri ou être préparé à ne pas découvrir que des histoires distrayantes de fantômes.
Je compte tout de même découvrir les premières histoires extraordinaires de Poe.

" J'étais brisé, — brisé jusqu’à la mort par cette longue agonie ; et, quand enfin ils me délièrent et qu’il me fut permis de m’asseoir, je sentis que mes sens m’abandonnaient. La sentence, — la terrible sentence de mort, — fut la dernière phrase distinctement accentuée qui frappa mes oreilles. Après quoi, le son des voix des inquisiteurs me parut se noyer dans le bourdonnement indéfini d’un rêve. Ce bruit apportait dans mon âme l’idée d’une rotation, — peut-être parce que dans mon imagination je l’associais avec une roue de moulin. Mais cela ne dura que fort peu de temps ; car tout d’un coup je n’entendis plus rien. Toutefois, pendant quelque temps encore, je vis ; mais avec quelle terrible exagération ! Je voyais les lèvres des juges en robe noire. Elles m’apparaissaient blanches, — plus blanches que la feuille sur laquelle je trace ces mots, — et minces jusqu’au grotesque ; amincies par l’intensité de leur expression de dureté, — d’immuable résolution, — de rigoureux mépris de la douleur humaine. Je voyais que les décrets de ce qui pour moi représentait le Destin coulaient encore de ces lèvres. Je les vis se tordre en une phrase de mort. Je les vis figurer les syllabes de mon nom ; et je frissonnai, sentant que le son ne suivait pas le mouvement."
(Le puits et le pendule in Nouvelles histoires extraordinaires, Livre de poche, 2008, p 99/100)

(Source image : citypaper.com)

dimanche 31 octobre 2010

Il y a un revenant au coin de la rue!

Histoires de fantômes
Roald Dahl

Livre de poche Jeunesse, 2008.


Maisons et bâteaux hantés, visions d'horreur dans le métro, revenants antiquaires ou balayeurs de feuilles mortes. Venez chercher le grand frisson dans ces dix histoires inoubliables, minutieusement sélectionnées par Roald Dahl. Attention, un fantôme se promène peut-être tout près de vous ...
En 1958, Roald Dahl a lu 749 histoires de fantômes avant de parvenir à selectionner les meilleures d'entre elles qui figurent aujourd'hui dans ce recueil.


Rien de tel qu'un week-end halloweenesque pour ouvrir un petit livre plein d'histoires de fantômes. Roald Dahl nous présente 10 nouvelles sélectionnées pour lui-même. C'est court, passionnant, effrayant, agréable à lire à tout âge. Dans la plus pure tradition des histoires de fantômes, chaque auteur crée une ambiance parfaite, présente des personnages attachants ou angoissants et ça fonctionne sans effort!

J'ai une petite préférence pour Le balayeur (vision fantômatique superbement bien écrite), Harry (l'angoisse d'une mère), W.S (un écrivain est poursuivit par le propre personnage qu'il a crée), Compagnes de jeu (une petite fille se trouve d'étranges amies), La boutique du coin (une vieille boutique d'antiquité est hantée par un revenant) et La couchette du haut (morbide vision sur un paquebot). J'ai passé un superbe halloween lovée dans un plaid et en lisant ces croustillantes histoires ...

Un recueil des plus agréables, un petit bijou à lire durant les longues soirées automnales ou hivernales, un vrai plaisir de lecture.


" Dans l'allée au-dessous, à quelques mètres à sa gauche et près de l'angle de la maison, un homme balayait le sol, lentement et à coups réguliers, à l'aide d'un balai de bouleau. Le balai oscillait et raclait la surface du chemin avec un faible bruissement, à un rythme aussi cadencé que celui d'un balancier d'horloge. "

(Le balayeur de A.M Burrage in Histoires de fantômes, Roald Dahl, Livre de poche jeunesse, 2008, p50)


(Source image : Moufle.net)

dimanche 9 mai 2010

De l'avantage de la pluie en plein mois de mai!

L'hôtel hanté
W. Wilkie Collins


Editions Labor - Espace nord - noir de noir, 2005.


Au grand dam de sa famille, lord Montbarry décide de rompre ses fiançailles avec une honorable jeune fille pour épouser la sulfureuse comtesse Narona. Fuyant l'Angleterre victorienne du XIXème siècle, les jeunes époux partent s'installer dans les brumes d'un lugubre palais vénitien, où Montbarry décédera dans d'étranges circonstances. Transformé en hôtel, le palais deviendra alors le théâtre d'autres phénomènes inexpliqués ...

ça y est! J'ai découvert Wilkie Collins. Et j'en reste éblouie. J'ai passé une semaine de lecture passionnante. Ayant pas mal travaillé la semaine passée, je ne pouvais prendre L'hôtel hanté que le soir dans mon lit. C'était à chaque fois un réel bonheur. Accrochée aux pages, captivée par cette histoire extraordinaire, il était à chaque fois bien difficile d'éteindre ma lampe de chevet. Une écriture simple, mais incroyablement intelligente et efficace, des personnages parfaitement bien dessinés, une intrigue palpitante, une ambiance envoûtante ... Un moment incroyable de lecture, une rencontre inoubliable avec un grand nom de la littérature anglaise.

Dès les premiers mots, il est impossible de ne pas être transporté dans le roman. Des chapitres courts, rythmés, passionnants. Du caviar! L'ambiance est délicieuse. Nous sommes plongés dans cet hôtel vénitien aux longs couloirs angoissants. Certaines scènes, surtout dans les dernières pages, font réellement peur. Mon coeur battait plus vite, mon souffle s'accélérait. Tous les chapitres sur Venise s'enchaînent, nos yeux ne quittent pas les pages, on tremble, on craint l'arrivée du dénouement. Wilkie Collins a un talent incroyable de conteur. Il installe l'ambiance tel un peintre. On a l'image de la fameuse chambre 14 devant les yeux, on voit la comtesse Narona avec son teint blanchâtre et ses grands yeux noirs. Ce personnage est géniallissime. On passe de la pitié à l'horreur, de la compassion à la crainte. Un personnage inoubliable.

Je garde toujours les romans victoriens pour les jours d'automne ou d'hiver. Pour moi, une ambiance froide, pluvieuse, mélancolique est nécessaire. Du mois de mai jusqu'au mois d'octobre, je n'ouvre d'habitude pas ce genre de roman. Mais il y a une semaine, après deux semaines de beaux jours printaniers, chauds et ensoleillés, le froid et la pluie sont apparus. Une semaine de pluie sans interruption, un jour de neige et du froid permanent. J'ai pris les choses du bon côté en ouvrant L'hôtel hanté. Tout fut de mon côté pour apprécier ma lecture. Comme ça fait du bien des moments de lecture comme celui que je viens de m'offrir!

L'hôtel hanté n'est pas considéré comme le meilleur Collins et pourtant, je viens de passer un de ces merveilleux moments de lecture que nous offre la littérature. Du coup, je me dis que les rencontres avec La dame en blanc, Pierre de lune et tant d'autres légendes anglaises risquent d'être encore plus inoubliables.

Un grand coup de coeur!

Un grand (énorme!) merci à Maggie! Celle a qui je dois cette émouvante rencontre. Son avis sur L'hôtel hanté ici. Mais aussi les avis de DViolante, Schlabaya, Cécile ...

" Son geste et ses paroles n'eurent aucun effet sur le médecin. Mais à la vue de la figure de celle qui le regardait, il s'arrêta net : le contraste entre la pâleur mortelle de son teint et ses grands yeux noirs pleins de vie, brillant d'un reflet métallique, le cloua sur place. Vêtue dans des couleurs sombres et avec un goût parfait, elle semblait avoir trente ans. Ses traits - le nez, la bouche et le menton - étaient d'une délicatesse qu'on rencontre rarement chez les anglaises. C'était, sas conteste, une belle personne, malgré la pâleur effrayante de son teint et l'absence de douceur dans les yeux. "

(L'hôtel hanté, Wilkie Collins, Espace nord, 2005, p11)

(Source image : fond-ecran-image.com)

mardi 29 décembre 2009

Comment passer un Noël d'enfer ...

Carmilla
Sheridan Le Fanu
Défi J'aime les classiques (Décembre)
Le livre de poche, Libretti, 2004.


Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.
Lorsque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l'héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla... Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais " par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain ". Métaphore implacable de l'amour interdit, Carmilla envoûte jusqu'à la dernière ligne... jusqu'à la dernière goutte de sang !


Ce tout petit roman tient toutes ses promesses : vampirisme, horreur, mystère, sensualité. Un livre efficace et prenant que l'on lit d'une traite. Des chapitres courts qui apportent tous des éléments supplémentaires à l'intrigue. Le principal défaut de ce roman est d'ailleurs sa trop courte longueur. Le personnage de Carmilla est si complexe, envoûtant, ambivalent que j'aurais adoré la suivre plus longtemps. Carmilla pourtant passionnant semble résumé. Il est vrai que cela est cohérent avec le texte puisque c'est Laura, l'héroïne, qui raconte son histoire et avoue elle-même qu'elle zappe certains détails. Mais c'est dommage! Sheridan Le fanu n'a pas assez exploité cette intrigue passionnante. J'ai la tête pleine de questions : Pourquoi Carmilla est envoûtée par (et cherche à envoûter aussi) les jeunes filles riches? Qui est cette femme qui l'accompagne? Comment mettent-elles en place leurs pièges? Pourquoi cette apparition de Carmilla lors des six ans de Laura? Quelle est précisement l'histoire de Mircalla comtesse de Karnstein?
A part son si petit nombre de pages, je recommande fortement la lecture de ce texte. Carmilla nous replonge dans ces délicieuses ambiances gothiques, stéréotypées à souhait mais si croustillantes et nous emmène dans une intrigue bien ficelée ... malgré tout.

" Une nuit, alors que j'avais à peine six ans, je m'éveillai soudain, et, après avoir regardé autour de moi, je ne vis pas ma bonne dans la chambre. Comme ma nourrice ne s'y trouvait pas non plus, je me crus seule. Je n'eus pas peur le moins du monde, car j'étais un de ces enfants heureux que l'on s'applique à garder dans l'ignorance des histoires de fantômes, des contes de fées, et de toutes ces légendes traditionnelles qui nous font cacher notre tête sous les couvertures quand la porte craque brusquement ou quand la dernière clarté d'une chandelle expirante fait danser plus près de notre visage l'ombre d'une colonne de lit sur le mur. "
(Carmilla, Libretti, p 29/30)


(Source image : tartx.com)

mardi 14 juillet 2009

Vous voulez un ballon?

ça
Stephen King



J'ai lu, 1990.

Pour des raisons d'épaisseur, ce roman est divisé en trois (ou parfois deux) volumes. Mais l'histoire forme un tout. Il ne s'agit pas de trois histoires indépendantes. ça est un seul et unique roman.

La terreur s'incarna pour la première fois dans un bateau en papier journal dévalant un caniveau gonflé d'eau de pluie. Un petit garçon courait gaiement à côté. Il s'appelait George et avait six ans ... Pris dans un tourbillon, l'esquif disparut dans une bouche d'égout. L'enfant mit un genou à terre, se pencha ... Des yeux jaunes le regardaient, des yeux comme ceux qu'il avait imaginés le guettant dans la cave ... "Salut, Georgie!" fit une voix ... Un clown se dressait dans l'égout. Sa main noueuse comme une patte de rapace tenait un lot de ballons colorés ... George tendit le bras ... Dans la rue, les gens ne virent qu'un gamin en ciré jaune qui hurlait et se tordait dans le caniveau ... Oeil de salamandre, Queue de dragon, Main de gloire, quoi que ce fût, c'était là de nouveau ... ça! L'ordure aux cents têtes ... (Quatrième de couverture du volume 1)
...
Je me souviens que petite, mes parents nous laissaient, mes frères et moi, au rayon livres du supermarché pendant qu'ils faisaient les courses. J'ai découvert ainsi plusieurs de mes lectures inoubliables de petites filles, j'ai dévoré aussi tous les Boule et Bill, ... Mais j'ai aussi vu les couvertures de ça de l'édition J'ai lu. Je me souviens que je passais des minutes entières à fixer ces images effrayantes. Il fallait l'intervention d'un de mes frères pour me faire sortir de cette rêverie morbide. Comme beaucoup de personnes, je ne porte pas les clowns dans mon cœur. Quelque chose de trop exagéré, trop de gaieté, trop de maquillage, trop de tout. Alors, quand à six ou sept ans, on aperçoit le dessin d'un clown souriant de façon horrible tout en arrachant des bras d'enfants ... forcément, on n'aime pas! J'ai gardé en mémoire cette ancienne peur et les images de ces trois volumes de l'édition J'ai lu, mais jamais je n'aurai pensé les lire. Et pourtant, soudainement, il y a quelques mois, j'ai voulu les trouver, les parcourir, connaître leur contenu. J'ai poussé le vice jusqu'à vouloir absolument la vieille édition J'ai lu et pas une autre. Pourquoi? Je pense que je voulais explorer un aspect de mes expériences littéraires que je n'avais encore jamais connu: la peur. Certes, j'ai déjà frissonné en lisant mes chers romans gothiques comme Les mystères d'Udolphe ou les romans de Hoffman, mais je ne connaissais pas la peur glauque, la peur qui nous glisse le long de la colonne vertébrale et nous empêche de dormir. Donc, je me suis lancée. Résultat? J'ai beaucoup aimé ce roman, mais pas du tout pour les raisons auxquelles je m'attendais. Certes, j'ai eu peur. Certaines scènes sont figées dans ma mémoire et ne sont pas prête d'en sortir. Oui, c'est le roman le plus terrifiant que j'ai lu. C'est vrai que parfois, je me suis imaginée rencontrant Grippe-Sou le clown au coin d'une rue et aussi, je regardais étrangement les bouches d'évacuation de mon appartement. Je me suis même prise à voir un gant blanc de clown sortir d'une bouche d'égout un soir où je promenais mon chien. Mais ceci dit, j'ai réussi à dormir. Très bien même. Donc oui, ça fait peur, mais je vous rassure : on le vit assez bien.
Ce que j'ai préféré, aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est tout simplement que ça est une magnifique histoire. Et oui! Etonnant, non? J'ai souvent eu les yeux humides et les mains tremblantes en lisant cette sublime histoire d'amitié. Une amitié indestructible. Même le danger, la mort, l'oubli, rien ne peut détruire cette flamme qui existe dans le coeur de ces sept enfants. Jamais je n'oublierai Eddie, Bill, Richie, Mike, Ben, Stan et Bev. Stephen King a un vrai talent de conteur. Tous ces personnages sont devenus mes amis. Tous les jours, j'étais heureuse de les retrouver et de pouvoir partager leurs aventures, si affreuses qu'elles puissent être. Moi aussi, je faisais partie de la bande des Ratés. J'ai vécu cette histoire physiquement, pleinement. C'est ça que j'ai adoré! C'est un hymne à l'enfance, un éloge de l'amitié. C'est beau, c'est triste, c'est inoubliable!
Autre aspect important : la structure du roman. Ce balancement entre passé et présent est tout simplement parfait. Une belle représentation de ce fameux "cycle" qui posséde Derry. Cette recherche de la mémoire par nos sept amis, ces parallèles, ces différences qui existent entre les deux époques, tout ça est superbement bien ficellé.
Ce genre de roman d'horreur moderne n'est pas un style que j'adore d'un amour profond. Je préfére trouver la peur dans les romans gothiques anglais du XIXème où l'angoisse est plus subtile, l'ambiance fantastique à souhait et un brin romantique. C'est mon amour des classiques qui parle! Mon amour du beau langage et d'une littérature qui nous fait s'évader de notre quotidien et même de notre époque. Maintenant, je peux dire que Stephen King est l'exception qui confirme la règle. Je relirai avec plaisir un roman de cet auteur.
A l'heure actuelle, j'ai plein d'images qui me viennent. Certaines magnifiques, d'autres horribles, mais toutes restent réellement inoubliables! Un roman à lire malgré sa longueur (3 fois 500 pages) ... Un roman riche et profond qui se dévore! Une bande d'enfants merveilleux qui prennent vie dans notre coeur .... pour toujours!

" Il s'éveille de ce rêve, incapable de se rappeler exactement ce qu'il était, sinon qu'il se déroulait dans son enfance. Il touche la peau douce et soyeuse du dos de sa femme, plongée dans la tiédeur de son sommeil et rêvant ses propres rêves ; il pense que c'est bon d'être un enfant, mais que c'est aussi bon d'être un adulte et de rester capable de prendre en compte les mystères de l'enfance ... ses croyances, ses désirs. J'écrirai un jour quelque chose là-dessus, pense t-il, sachant qu'il ne s'agit là que d'un songe nocturne, d'une pensée née du rêve. "

(ça, volume 3, 1990, p 501)

(Source image : blogs.pioneerlocal. Tirée du film ça. il est revenu)