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mardi 14 avril 2015

Faites la paix, pas la guerre.

Guerre et paix


 Film de King Vidor (1956) avec Audrey Hepburn, Henry Fonda et Mel Ferrer.

En 1805, à Moscou, les fêtes et les bals se succèdent, bien que la guerre contre Napoléon soit inévitable et imminente. La jeune comtesse Natacha Rostov, une adolescente romanesque, pleine de vie et de charme, grandit au sein d'une famille tendrement unie. Le jeune Pierre Bezoukhov fréquente la maison du comte et de la comtesse Rostov, et a su gagner l'amitié de Natacha. Au cours d'une de ses visites, il assiste au départ pour l'armée du fils de la famille, Nicolas. (telerama.fr)

Il y a un an, je découvrais Guerre et paix, roman de Léon Tolstoï. Je comptais regarder l'adaptation ciné dans la foulée, mais se caler un film de 3h15 dans un emploi du temps de maman active ce n'est pas simple. Je me suis (enfin) installée confortablement il y a deux jours, un an après avoir découvert l'épopée russe de Tolstoï.
Me replonger dans cette histoire fut un délice. Dès les premières minutes, je me suis retrouvée à Moscou, dans les campagnes russes enneigées, au front face aux troupes napoléoniennes.
J'ai trouvé cette adaptation assez fidèle. Elle suit bien l'intrigue de Tolstoï. Cette grosse production américaine met en image de façon spectaculaire le "roman-monde" de l'auteur russe. 
Certaines scènes sont bouleversantes. Je pense notamment à Natasha drapée dans sa cape et cherchant André parmi les blessés. Les chœurs en fond sonore créent une ambiance tragique mais délicate et toute en retenue. La marche de retour des troupes françaises également est particulièrement bien réalisée et prenante. 
Les décors intérieurs sont somptueux, les costumes magnifiques, les paysages envoûtants. On est dans une grosse production hollywoodienne typique des années 50. 
J'ai aimé l'évolution des couleurs, de l'ambiance, des visages au fur et à mesure du film. L'insouciante de début fait place au drame et à la douleur, puis l'espoir, la lumière réapparaissent timidement.


Henry Fonda est excellent. J'ai retrouvé le Pierre attachant du roman. A la fois, profond et naïf, son visage exprime avec finesse ses émotions, ses tiraillements. Mel Ferrer manque un brin de charisme et de complexité dans le rôle d'André. Il n'est pas désagréable, mais ce personnage est si particulier et évolue tellement durant tout le roman qu'il nécessitait un jeu d'acteur plus subtil. Quant à Audrey Hepburn, elle est parfaite. Elle interprète avec génie la Natasha rieuse, la Natasha perdue, la Natasha fière et combative, la Natasha bouleversée. Je regrette par contre d'avoir peu vu Marie, la sœur d'André, personnage que j'aime beaucoup. Mais le film dure déjà plus de 3h, je comprends que le réalisateur ne pouvait pas tout mettre.

Un joli et passionnant moment. Toujours un plaisir de se caler devant un vieux film, surtout si ce dernier est bon. Une adaptation fidèle et réussie du roman de Tolstoï. 



dimanche 15 juin 2014

Du papier à la toile

Jude

Le mois anglais


Film britannique. Michael Winterbottom (1996) avec Kate Winslet et Christopher Eccleston.

Dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle, Jude Fawley, jeune homme intelligent et naïf, rêve d'entrer à l'université.



Le jour même où j'ai refermé le roman de Thomas Hardy, je me suis installée pour regarder cette adaptation. J'avais envie de retrouver Jude et Sue, de les voir vivre, s'aimer et rire. Je n'avais pas envie de les laisser. Même si mon désir était compréhensif, je crois que j'ai eu tort de la regarder si vite après ma lecture. 
J'ai aimé cette adaptation. Je l'ai trouvé assez réussie. Pourtant, j'ai souvent soupiré. Après avoir vécu plusieurs jours dans l'univers si particulier de Thomas Hardy, avoir été émue et bouleversée, j'ai trouvé le film bien trop bref. Mais je pense sincèrement que j'en suis responsable. J'aurai du laisser du temps. J'aurai du digérer l'histoire de Sue et Jude pour revenir dessus plus tard. Ma lecture était si fraîche, si vivante en moi, que le film de Michael Winterbottom m'a semblé trop rapide, trop résumé. Surtout vers la fin. Pourquoi avoir conclu ainsi? Rien n'est à jeter dans ce roman, tout est important, tout est fort et subtile. J'ai été gênée par certains raccourcis ... pourtant excusables lorsqu'on est condamné à un format court de 2h. 


Hormis cela, ce film est beau et rend un bel hommage à l'histoire écrite par Hardy. La campagne anglaise, puis les rues grises des grandes villes, nous replongent dans le roman. Les acteurs sont excellents aussi. Je ne connaissais pas Christopher Eccleston que j'ai trouvé convaincant dans le rôle de Jude (malgré parfois un sourire un peu bêta ... mais je lui pardonne). Kate Winslet, quant à elle, est merveilleuse comme toujours. Cette actrice ne cessera jamais de m'impressionner. Elle est jeune dans ce film et pourtant, elle est forte, passionnée, sublime. On voit déjà la future grande actrice dans cette jeune femme pleine de tempérament et toute en sensibilité. 


C'est un beau film, assez fidèle dans les grandes lignes à l'histoire de Thomas Hardy, avec des acteurs justes et un univers bien rendu. Mais Jude l'obscur reste pour moi tout simplement inadaptable. Comment rendre à l'écran la force de ce roman? La complexité des personnages? La nature de leurs relations? 
Je reverrai avec plaisir ce film ... mais dans plusieurs années. Lorsque j'aurai un peu oublié le texte original ... si cela est possible.

(Allocine.fr)

vendredi 2 août 2013

Emma ou la capacité de se remettre en question ...

Emma - BBC (1996)


La jeune et jolie Miss Woodhouse, de Hartfield, n'en a toujours fait qu'à sa tête et a décidé de ne jamais se marier. Elle vient de perdre sa gouvernante et amie, Miss Taylor, qui épouse un proche voisin, veuf depuis longtemps, le colonel Weston. Persuadée qu'elle a été l'instigatrice de cette union, Emma décide de tromper son ennui et sa solitude en continuant à organiser le mariage de ses connaissances, au grand effroi de son vieux père qui ne supporte aucun changement dans ses habitudes, et malgré les remontrances amicales de Mr Knightley, qui est à la fois un vieil ami (il la connait depuis 16 ans), le riche propriétaire de Donwell Abbey et son beau-frère. Elle se met donc en tête de marier la nouvelle amie dont elle s'est entichée, la jolie orpheline Harriet Smith, avec le jeune curé de la paroisse, Mr Elton, mais ses tentatives tournent court, car c'est elle, à sa grande horreur, que Mr Elton veut épouser (wikipedia.org).

Allez savoir pourquoi mais jusqu'à hier, cette version d'Emma ne me tentait pas du tout ... Je n'ai pas d'explications particulières. 
Je me suis tout de même laissée convaincre de m'installer confortablement hier soir devant cette version du magnifique roman de dame Austen (en mettant de côté qu'il était en français ... J'aime regarder les adaptations de la BBC en Vost). Et j'ai totalement embarqué à ma grande surprise. Alors oui, les acteurs sont bien moins séduisants que dans la version cinématographique avec Gwyneth Paltrow et le tout a un peu vieilli, mais je l'ai trouvé magnifique. Je n'ai pas encore vu la dernière version avec Romola Garai, mais si je devais comparer les deux versions d'Emma sorties la même année (1996), celle-ci et celle avec Gwyneth Paltrow, je trouve la première bien plus fidèle au roman que la seconde. Oui, Mark Strong n'a pas la prestance de Jeremy Northam, mais j'ai trouvé son jeu très sensible, son interprétation identique au personnage du roman. C'est un acteur que j’aime beaucoup dans ses rôles de méchants et je suis contente de voir qu'il a également su me convaincre dans un rôle de héros austenien. Kate Beckinsale est, quant à elle, une Emma parfaite (même si dans ma tête je la vois blonde et non brune). Un sourire malicieux, un air de peste mais un coeur énorme. J'aime décidément beaucoup ce personnage! Tous les autres acteurs sont excellents. Les âges ont été respectés, ce qui n'est pas toujours le cas. Miss Fairfax montre bien ce mélange de timidité et cette force de caractère, Miss Smith est bien mieux interprétée et moins caricaturale que dans la version ciné, j'ai eu envie d'arracher les cheveux de ce bellâtre de Mr Churchill et Mrs Elton .... quelle horreur cette femme!
 ... Bref, des choix qui sont pour moi parfaits. 



Quant à l'histoire, j'étais, au bout de deux secondes, complètement happée. J'attendais totalement frémissante les scènes clés comme celle du pique-nique, du bal à la Couronne, de la déclaration, .... J'étais plongée dans l'histoire comme lors de ma lecture du roman. 
Ce que j'adore dans cette histoire, c'est la relation entre Emma et Mr Knightley. Cette confiance, cette complicité, .... Un délice! Et je trouve que cette adaptation a parfaitement rendu ce qui a de magique dans leur histoire. Les jeux de regard, le rôle de grand frère de Mr Knightley, l'admiration et la confiance d'Emma, ... Vraiment très réussi. 



Bref, je pense que je vais m'offrir d'ici peu cette belle et touchante adaptation. Elle rejoindra ma collection qui peu à peu s'étoffe. Elle compte déjà : Raison et sentiments d'Ang Lee et celle de la BBC réalisée en 2008, Orgueil et préjugés 1995, Northanger abbey 2007, Persuasion 2007. Tiens, mais c'est bientôt mon anniversaire !!??
J'essaierai de venir commenter la version avec Gwyneth Paltrow qui, elle aussi, est réussie bien que moins fidèle au roman. Et je vais tenter de me procurer et de voir la dernière adaptation avec Romola Garai, le format est plus long et le choix de l'actrice est je trouve très bon. On verra!

(Sources images : costumedramas.wordpress.com ; janeitesonthejames.blogspot.com ; myemmaproject.wordpress.com ; old-fashionedcharm.blogspot.com ; photos.lucywho.com)

mercredi 5 juin 2013

Où je débute (enfin) mon mois anglais

Jane Eyre (2011)


Film britannique de Cary Fukugana. Avec Mia Wasikowska et Michael Fassbender.

Le spectateur découvre une jeune femme fuyant sur une lande oppressante. A bout de forces, elle va être recueillie par un jeune pasteur et ses deux sœurs. La jeune femme prétend s'appeler Jane Eliott, elle semble hantée par son passé. (Wikipedia)

Je voue un véritable culte à l'histoire de Jane Eyre. C'est une claque littéraire qui dure, devient de plus en plus vive, puissante. J'aime me replonger dans la vie de Jane. Je regarde régulièrement les adaptations, celle avec Charlotte Brontë, ainsi que la réalisation de 2006, très réussie. Je n'avais pas encore regardé la dernière version. J'attendais LE moment parfait. Il est arrivé hier soir, en plein mois anglais. Je me suis glissée sous les draps et je me suis, de nouveau, laissée porter par la si touchante histoire de Jane Eyre.


Et la magie a opéré. Pourtant j'avais peur de cette adaptation en toute honnêteté. J'étais vraiment sur la défensive au début et puis, dès que j'ai vu la petite Jane, abandonnée à Lowood, dès que j'ai vu le regard tendre de Helen Burns ... je me suis totalement laissée aller. J'étais Jane Eyre .... encore une fois!
Je n'arrive pas à choisir une adaptation plus réussie que les autres. J'aime celle avec Charlotte Brontë car c'est la première que j'ai vu (nostalgie). J'aime celle de 2006 car la relation entre Jane et Rochester est travaillée à fond (les échanges croustillants, les regards, les affrontements, la complicité, ...), le film prend le temps pour que tout se construise tranquillement (le format aidant). Quant à cette dernière adaptation, sortie en 2011, je trouve qu'elle est celle qui représente le mieux la profonde solitude de Jane. Je me suis sentie oppressée, abandonnée, bafouée. Les images de Jane perdue dans la lande sont très belles. 

Par contre, sa relation avec Rochester va bien trop vite. Ils se sont à peine rencontrés que l'on sait déjà que Rochester en pince pour la demoiselle. Et c'est bien dommage car c'est justement leur relation qui fait de l'histoire, écrite par Charlotte Brontë, un bijou.  Ce point m'a beaucoup manquée. L’adaptation de 2006 est en cela bien meilleure. Mais je dois reconnaître qu'avec le peu de temps qu'ils ont, les acteurs s'en sortent bien. Plus Michael Fassbender que Mia Wasikowska. Cette dernière joue bien la solitude ou la crainte, mais je trouve qu'elle a plus de mal lorsqu'il faut incarner la passion. Par contre, Michael Fassbender est un très bon Monsieur Rochester. Il est plus beau que dans le roman, mais il est bougon, rustre tout autant que tendre, sensible ... terriblement craquant. 

Une belle adaptation. 
Je dois avouer que dès que l'on me parle de l'histoire de Jane Eyre, qu'on me la conte, je suis aux anges. Autant avec d'autres romans, je suis parfois très dure avec les adaptations ciné, autant avec Jane Eyre, je suis toujours ravie de revoir cette si touchante histoire. Je ne retiens pas forcément Mia Wasikowska comme Jane Eyre, elle n'est pas du tout mauvaise, mais je ne l'ai pas trouvé exceptionnelle. Par contre Michael Fassbender est un très bon Rochester.
Bien que la relation des deux personnages aillent bien trop vite, c'est un film sensible, aux images sublimes, qui met joliment en scène le roman de Charlotte Brontë. 


samedi 19 janvier 2013

Quand de simples "pies" changent la vie ...

Mildred Pierce


Mini série américaine de Todd Haynes (2011) avec Kate Winslet et Evan Rachel Wood. 

Mère de famille de la classe moyenne dans Los Angeles des années 30, Mildred Pierce doit se battre pour subvenir aux besoins des siens et préserver son rang social (allocine.fr)


Pour ceux qui se souviennent, j'ai lu l'excellentissime roman de James M Cain en 2012 et il fut l'un de mes coups de coeur de l'année. J'avais également visionné l'ancienne version cinématographique avec Joan Crawford. 
Cette histoire m'avait durant toute la lecture totalement captivée et je ne cesserai jamais de le conseiller. Lisez Mildred Pierce! Ce roman est une pépite. 
L'adaptation avec Joan Crawford, bien qu'assez éloignée du roman, m'avait également plu. 
J'ai été ravie de voir que France 3 avait eu la sublime idée de diffuser la mini-série de 2011 (avec l'excellente Kate Winslet) que je désirais tant voir.


J'ai eu tout simplement l'impression de relire le roman
Sauf à la fin ... Ils l'ont un peu abrégée ... malheureusement! Je me souviens que la fin du livre m'avait totalement bouleversée. La conclusion de la série est fidèle à l'ensemble du roman, mais est plus rapidement bâclée. Bien que très belle, elle ne m'a pas autant bouleversée que les dernières lignes du roman (j'en frémis encore). 
A part la fin, c'est le roman que l'on voit défiler devant nos yeux. 
J'ai été heureuse qu'ils n'aient pas omis la petite Ray, la seconde fille de Mildred, oubliée dans l'adaptation de 1945. J'aime ce personnage et ce qu'elle symbolise.
Tout y est! L'ambiance, les émotions, les décors, les personnages. Même si le roman est bien entendu bien supérieur, cette mini série en est un bel hommage


Tous les personnages sont interprétés avec brio. Kate Winslet est comme toujours sublime et complètement possédée par son personnage. Elle incarne parfaitement ce mélange de rigidité et de fragilité qu'est Mildred Pierce. 
Chapeau bas aux deux interprètes de Véda, cette peste grandiose. Evan Rachel Wood (Véda adulte) est sublime. J'ai ressenti les mêmes émotions que durant la lecture du roman. J'ai été outrée, en colère, au bord des larmes. J'ai eu envie de l'étriper et de la bazarder par la fenêtre. 
Le personnage de Bert a enfin sa VRAIE place. Alors que la version de 45 l'avait un peu mis de côté, j'ai retrouvé le touchant et émouvant Bert du roman. 
Monty est également parfait (bien que beaucoup plus lubrique que dans le roman). L'acteur incarne avec succès cet homme mi dandy, mi râté. Un homme faible sous un masque de grandeur.

Tout comme dans le roman de Jame M Cain, cette adaptation reflète bien l'humanité de cette histoire. Les personnages ne sont pas figés, ils évoluent, notre opinion sur eux également, ils font de bonnes comme de mauvaises actions. Les émotions sont, quant à elles, bien présentes aussi. On étouffe de colère, on lutte, on ne se laisse pas faire, on baisse les bras, on se relève, on est désespérée ... 
Une magnifique adaptation à voir rapidement ... 
Mais avant tout, un roman à lire ABSOLUMENT!  

(Sources images : deidrecrawford.com ; fanpop.com ; goldderby.com ; info2tele.com ; seriestv.blog.lemonde.fr)

samedi 17 novembre 2012

Juste un moment de partage ....

Un pique-nique chez Osiris


Téléfilm français en 2 parties de Nina Companeez (2001).

Nous sommes en 1898. Héloïse, 19 ans, est issue d'une famille appartement à la haute bourgeoisie parisienne anti-dreyfusarde et antisémite. Par esprit de révolte, elle va entamer une relation amoureuse avec Maxime un jeune journaliste juif. Lors d'une terrible querelle avec son père, ce dernier est victime d'une attaque d'apoplexie dont il meurt. Pour l'éloigner de Maxime, sa mère Mathilde, sa cousine Olympe emmènent Héloïse faire un voyage en Orient. Après le Caire et les Pyramides, elles vont remonter le Nil puis traverser le désert en caravane. Loin des regards qui les jugent, elles vont se révéler elles-mêmes.

Je voulais vous parler d'un téléfilm qui me tient particulièrement à coeur et que je regarde très régulièrement avec toujours la même émotion. 
J'ai découvert ce téléfilm lors de sa première (et unique ... malheureusement) diffusion en 2001. J'ai tout de suite totalement plongé dans cette histoire touchante, humaine, à la fois drôle et émouvante. J'ai pendant plusieurs mois souvent repensé à ces images, à ces mots, à ces ambiances envoûtantes. J'ai pendant plusieurs années cherché le DVD de ce téléfilm qui paraissait introuvable. Quand, enfin, France Loisirs a eu la bonne idée de le sortir. Depuis, il ne se passe pas 6 mois sans que je me cale sur mon canapé (ou mieux, dans mon lit) et que je me laisse aller dans le monde passionnant d'Un pique-nique chez Osiris. Jamais lassée, je regarde de téléfilm comme si c'était la première fois. 


Ces trois femmes, prisonnières des carcans familiaux, sociaux, moraux, prisonnières des préjugés des autres, mais également des leurs, se libérant de leurs corsets au milieu du désert égyptien, me fascinent. J'aime la fougue et la passion excessive d'Héloïse, j'aime la tendre Mathilde totalement étouffée par son tyran de mari et enfin, j'aime Olympe, pleine de haine et de mépris pour tout le monde et enfermée dans ses idées reçues. Marina Hands interprète bien cette jeune femme sans réelle beauté mais bourrée de charme qui s'enferme dans sa révolte quitte à se tromper de voie. Je ne connaissais pas Dominique Reymond qui nous offre un rôle profond et tout en retenu. Quant à la géniale Dominique Blanc, elle est la petite touche qui fait la différence. Elle est drôle, terrifiante, émouvante, énervante. Superbe! 
Et puis, il a mon chouchou d'acteur Eric Ruf. J'ai la chance de l'avoir vu plusieurs fois sur scène à la Comédie française. C'est un acteur que j'aime énormément. Il y a sa voix merveilleuse, ses yeux passionnés, son physique si atypique ... Il ne joue pas, il vit. 


Le téléfilm est composé de deux parties. Il y a l'avant départ, puis le voyage. Les deux parties sont parfaites. J'aime la première car elle pose bien l'histoire, la vie étriquée de ces trois femmes. Il y a la France de l'affaire Dreyfus, les sautes d'humeur d'Héloïse, les réflexions terrifiantes de la cousine Olympe et cet antipathique Paul de Bonnières (et puis, bien sûr, Eric Ruf!). Dans la seconde, il y a l'Egypte. Et tout est dit! Comme ce téléfilm me donne envie de voyager!! Ce sentiment de liberté que ressentent nos trois héroïnes, il est là, dans ma poitrine, bien présent, aussi fort que le leur. Le désert, Ariel Cohen, le Nil, l'essence de rose, ..... On est plongé en plein dans l'orientalisme de l'époque. 
Peut-être que le changement de pensée et de vie de ces trois femmes peut paraître trop soudain, trop facile, mais moi j'y crois. Tout est bien mené et touchant dans cette histoire. Je suis toujours déçue lorsque la fin arrive. 
Si vous n'avez toujours pas vu cette jolie réalisation, foncez! 
Vous pouvez vous la procurer sur internet. Le DVD est désormais moins difficile à trouver. 
Voilà ... C'était juste un moment de partage. 

(Sources : amazon.fr ; programme-tv.net ; telephant.com ; cine-séries.orange.fr)

samedi 21 juillet 2012

Être soi ou se mentir ?

Miss Austen regrets


Royaume Unis, 2008. Réalisé par Jeremy Lovering.


Au début du XIXe siècle, la célèbre Jane Austen, connue pour avoir écrit "Orgueils et Préjugés", s'est retirée dans un cottage du Hampshire avec sa mère et sa sœur. Alors qu'elle va sur ses 40 ans, elle se remémore sa jeunesse et ses premières amours.

Comme beaucoup d'entre nous, je suis avec plaisir le cycle "Jane Austen" d'Arte. J'ai regardé au début du mois Miss Austen regrets ... Je n'avais encore jamais vu ce téléfilm qui me tentait beaucoup ... Je l'ai trouvé très touchant. Il m'a fait réfléchir énormément sur les choix que nous faisons, les décisions que nous prenons. L'être humain ne peut pas s'empêcher de regretter. Regretter des choix, regretter des personnes. Mais lorsqu'on se pose, tout comme Jane, et qu'on réfléchit sur ce qu'aurait été sa vie autrement, on se dit que dans une autre situation, nous aurions quand même des regrets. Différents certes, mais des regrets quand même. Il faut écouter son coeur et faire les choix qui nous ressemblent le plus, où l'on s'oublie le moins. Même si les regrets nous pourchassent, on aura toujours la certitude d'être resté fidèle à nos envies et à notre coeur. Voilà ce que j'ai pu ressentir en visionnant ce film.


Le choix de Jane est terrible. Tout comme dans Becoming Jane, elle ferme son coeur, prend la décision de ne jamais être mère, de vivre dans la pauvreté, de ne pas connaître l'amour, mais d'être libre, de faire ce qu'elle aime le plus au monde : écrire. C'est douloureux, j'ai ressenti comme un coup de poignard la douleur de Jane, son amertume. Mais je l'ai profondément soutenue dans son choix. Je l'ai compris. 
Je n'ai jamais rien lu sur la vie de Jane Austen donc je ne peux pas juger la fidélité historique de ce téléfilm. Je peux juste dire que je l'ai trouvé très émouvant, troublant même, extrêmement philosophique. Et la voir rédiger et parler de ses si célèbres oeuvres reste un bonheur sans nom ... 
Je ne m'étalerai pas davantage. Un beau téléfilm poignant, à l'ambiance sublime, de belles images, une grande profondeur. 

(Sources images : ellenandjim.wordpress.com ; janeaustenfilmclub.blogspot.com ; meyabulle;fr ; the-inn-at-lambton)

dimanche 24 juin 2012

Miraculeuse!

Nord et Sud


BBC (2004). Mini-série de 4 épisodes réalisée par Brian Percival


Après un séjour à Londres, la belle Margaret Hale regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du Nord, Milton. Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, le ténébreux John Thornton. 


A Orgueil et préjugés et Jane Eyre s'ajoute dans mon Panthéon romantique, Nord et Sud. J'avais adoré la lecture de ce roman d'Elizabeth Gaskell il y a quelque temps, le voir prendre vie devant mes yeux accompagné d'une si magnifique musique et servi par des acteurs tout simplement géniallissimes me le rende encore plus cher ... Il faut que je le relise. 


C'est vrai que je suis d'une nature assez émotive et empathique. J'ai pleuré en regardant les grands films romantiques comme Titanic, Autant en emporte le vent, Moulin rouge et autres aventures échevelées et tragiques. J'ai versé ma larme à la fin de grands romans tels que les superbes Anna Karenine, Belle du seigneur, La dame aux camélias, ... Pourtant pour moi, les plus belles histoires d'amour à ce jour sont celles de Jane et Rochester, Lizzie et Darcy ... et Margaret et John Thornton. Trois histoires qui finissent bien. Où à la fin on ne se dit pas : "Normal, ça ne pouvait que finir mal!". Où l'on peut imaginer leur vie après, où l'on se dit que même le quotidien leur ira bien, que ce ne sont pas que des histoires passionnées qui  ne peuvent se finir que dans le sang, mais des histoires crédibles, qui peuvent exister même après le rideau baissé. Parce qu'ils apprennent à se connaître, que ce sont avant tout des coups de foudre intellectuels, spirituels au lieu d'être purement physiques et hormonales (même si ça vient au bout d'un moment quand même ... heureusement!). Je pense en souriant aux disputes conjugales que doivent avoir Margaret et John, Lizzie et Darcy et aux longues conversations de Jane et Edward. J'ai beau pleuré en regardant Titanic, mes émotions sont bien plus vives en revoyant ou en relisant Orgueil et préjugés. Et j'ai ressenti ces mêmes sentiments en visionnant la merveilleuse adaptation de Nord et Sud. Quelques jours après l'avoir regardé, je suis encore sous le charme ... Il m'a fallu plusieurs jours avant de me décider à en parler.


C'est un vrai plongeon dans le roman d'Elizabeth Gaskell que nous offre la BBC. Cette histoire est mise en image de façon parfaite. Toute aussi splendide qu'Orgueil et préjugés (1995). 
Les images du Nord industriel et pauvre sont saisissantes. J'ai suivi Margaret dans sa découverte de Milton, j'ai été émue aux même instants, j'ai appris à aimer cette ville malgré sa grisaille et sa poussière. L'usine de coton m'a autant fascinée que terrorisée. J'ai vécu à Milton. Tout l'univers du sublime roman de Gaskell est représenté ici : les rues, les personnages, les lieux, les émotions, ... 


Daniela Denby-Ashe et Richard Armitage sont, je peux le dire sans aucun doute possible, au niveau de Jennifer Ehle et Colin Firth. 
Daniela Denby-Ashe est MA Margaret Hale. Toute aussi passionnée, elle est un mélange subtile de délicatesse, de politesse et de fougue, de rage. Elle est très belle tout en étant d'un grand naturel, d'une grande simplicité. Ses yeux sont expressifs et ne mentent pas. Sa spontanéité la rend attachante et inoubliable. 
Quant à Richard Armitage ... Aaah! Que dire? Darcy-Colin a un adversaire de taille. J'ai lu qu'une "Thornton-mania" s'est créée après la sortie de cette adaptation tout comme une "Darcy-mania" était apparue à l'époque d'Orgueil et préjugés (1995). Je ne peux que le comprendre. Le jeu de Richard Armitage n'a rien à envier à la subtilité de Colin Firth. Quel talent! John Thornton est tout simplement envoûtant, hypnotisant dans cette adaptation. On rencontre le Thornton du roman en chair et en os ... en mieux même. Je ne ferai pas de longues tirades sur sa voix, son jeu de regard hallucinant (il suffit de comparer sa première et sa dernière apparition ... vous comprendrez vite!) ... allez voir par vous-même! Je vous préviens, on ne ressort pas indemne d'une telle rencontre. 
Les personnages secondaires sont quant à eux tout aussi réussis. Tout particulièrement Mrs Thornton, la mère de John, sublime dans sa gravité et sa rigidité. Et Nicholas Higgins, très touchant, magnifiquement interprété. 


Tout comme Orgueil et préjugés, il m'est un peu difficile de parler de cette série. Une fois visionnée, une seule chose est possible ... appuyer de nouveau sur "Play". 
C'est beau, c'est vrai, c'est envoûtant, ça fait un bien fou, ça subjugue, ça enivre, ça fait des guilis dans le ventre ... 


(Sources images : chroniquesdetournepages.blogspot.com ; feminema.wordpress.com ; greenlyleaping.blogspot.com ; leslecturesdecacahou.over-blog.com ; l-odyssee-litteraire-d-evy.overblog.com ; whatsoeverthinsarelovely-colleenelizabeth.com)

mercredi 13 juin 2012

" Véda me prouve que les crocodiles ont raison de manger leurs enfants à la naissance ... "

Mildred Pierce

Film américain de Michael Curtiz (1945) avec Joan Crawford.


La version cinématographique de Mildred Pierce instille habilement les codes du film noir dans l'univers familial du mélodrame. Joan Crawford y campe un personnage magnifique de mère tragique, victime de la cruauté de sa propre fille. L'oscar qu'elle remporta pour ce rôle permit de relancer la carrière de cette légende d'Hollywood auquel plus personne alors ne croyait.
(Tiré de l'édition Imaginaire Gallimard (roman + DVD)



De grandes libertés par rapport au roman ont été prises dans cette adaptation. L'histoire a en effet été extrêmement modifiées mais Michael Curtiz a gardé la profondeur et la noirceur du roman de James M. Cain ce qui rend ce film touchant, sombre et bouleversant malgré tout.


Outre le charme des films d'époque, du noir et blanc et de la VO, j'ai passé un peu plus d'une heure et demi agréable et j'ai pu prolonger quelques instants l’envoûtement du roman de James M. Cain. 
Les libertés prises par le réalisateur modifient de façon certaine l'histoire originale (j'ai été triste de ne pas retrouver plusieurs scènes particulièrement sublimes du roman) mais Michael Curtiz n'a pas touché à la noirceur de cette histoire. Réalisé comme un film policier (de façon assez hitchcockienne j'ai trouvé), ce film retrace merveilleusement bien l'univers du roman. Je n'ai pas eu la sensation de relire le livre en voyant le film (trop de différences) mais bel et bien de voir une histoire tout aussi noire et perturbante. 
Le personnage de Mildred Pierce est joué de façon très juste par Joan Crawford. Ses yeux extrêmement parlant nous livre toutes ses émotions, ses rages, ses déceptions. 
Monty est quant à lui assez fade par rapport au roman. Je l'imaginais avec davantage de prestance et de classe. Le caractère de son personnage a été quelque peu modifié et, pour le coup, j'ai trouvé ça dommage. Le Monty de James M. Cain est plus profond et complexe. Celui de Curtiz n'est qu'un dandy qui ne sait pas vraiment ce qu'il veut. 
J'ai beaucoup aimé Bert dans le roman. Chez Curtiz, il est assez absent et c'est bien dommage car c'est un être sensible. Dans la première scène, par a priori, on décide de ne pas l'aimer et de le mettre de côté. Il nous revient quelques pages plus loin très émouvant et bon. Dans l'adaptation, il paraît froid et distant. Je trouve que Curtiz est passé à côté de ce personnage
Véda, elle, a été très assagie. Où sont passés ses longues tirades immondes qui m'ont soulevée le coeur  durant la lecture du roman? La fin du film nous la rend pitoyable alors que le dénouement du roman nous la montre majestueusement perverse. Par contre, le visage de poupée diabolique de l'actrice est très juste et saisissant. 
La fait d'ajouter un crime réel à l'histoire ne m'a pas gênée bien que je préfère amplement les crimes silencieux et détournés du roman. Le livre est plus subtil, plus humain, plus profond
En bref, il est vrai que ce film n'a pas grand chose à voir avec le roman mais il est juste et très bien joué. C'est un beau film possédant des qualités certaines. Joan Crawford y est merveilleusement émouvante. Un beau moment! 
Je pense que l'adaptation récente avec Kate Winslet et beaucoup plus fidèle. Les bandes-annonces montrent plusieurs scènes du roman que l'adaptation de 1945 n'évoque même pas ...  Le format aidant! 
Un film à découvrir mais surtout un roman à lire absolument!


(Sources images : briandriveintheater.com ; filimadami.com ; hollywoodfashionvault.com ; livingcinema.com ; mildredpierce.alfgt.com)

lundi 9 avril 2012

C'est une vérité universellement reconnue qu'un bon téléfilm met du baume au coeur

Orgueil et préjugés


Téléfilm de 1995 (BBC) en 6 parties de Sue Birtwistle et Simon Langton avec Jennifer Ehle et Colin Firth.


Voilà qu'hier soir (ainsi que toute la nuit), je me suis retrouvée seule, abandonnée par Romanzo. Qu'à cela ne tienne, je me suis faite une soirée délicieuse en regardant pour la énième fois Orgueil et préjugés (1995). Cela faisait bien plus d'un an (depuis la naissance de Romanzino en fait) que je ne m'étais pas laissée bercer par l'histoire de Lizzie et Darcy .... Et, ah lalalala, ça fait un bien fou! 
Calée dans mon lit, je me suis régalée durant 6 heures de ce petit bijou austinien. 

J'ai seulement évoqué ce téléfilm ici, mais je n'en ai jamais réellement parlé. Pour moi, jaser sur ce film équivaut à parler d'un roman que j'ai adoré. C'est à la fois indispensable et totalement impossible. Je sais bien qu'en décidant d'écrire sur cette adaptation, je finirais frustrée et déçue, mais bien lucide, sachant que ce que j'ai écrit ne représente qu'un quart de ce que je ressens. 


Cette série est une merveille. On relit les mots de Jane Austen à chaque dialogue, redécouvre les descriptions dans chaque paysage, on sourit des mêmes scènes, on pleure aux mêmes instants. Cette adaptation est un cri d'amour. Un amour infini pour l'univers de Jane Austen. Les réalisateurs ont tout compris. Sa délicatesse, sa satire, son ironie, sa passion, son amour pour ses héros, son humour, son romantisme ... 


La réussite de ce téléfilm tient aussi au jeu incroyable des acteurs. En commençant par les deux héros : Elizabeth Bennett et Mr. Darcy. 
Je trouve le choix de ces acteurs tout simplement parfait. On a souvent reproché à Jennifer Ehle de ne pas être assez jeune et jolie pour le rôle. Je trouve, pour ma part, cela faux. Jennifer Ehle est une beauté passionnée aux yeux expressifs, s'illuminant à chacun de ses sentiments. Elle est pour moi parfaite. Une beauté sans défaut n'aurait pas pu être Lizzie. Darcy ne tombe pas sous son charme dès le premier regard, il n'y a pas de coup de foudre entre eux. Lizzie est d'une beauté discrète remarquée par les esprits intelligents ... comme elle. 
Et Colin Firth! Que dire? C'est LE Darcy de Jane Austen. Pas moins. Son génie vient surtout de son regard. Pas besoin de mots, on suit le cheminement de ses sentiments par son regard. L'indifférence, puis l'intérêt, l'admiration, l'amusement, le trouble, l'amour. La scène la plus parlante est bien entendu lorsque Lizzie est au piano avec Georgiana. Tout est dit. Cette scène est sublime. Non, pas de longs baisers fougueux ou de déclaration échevelée au soleil couchant. Pas un mot, juste un regard. Tout le talent de Colin Firth est dans cette scène. Et bien sûr c'est un parfait Darcy car les bottes empires lui vont à merveille, qu'il porte la chemise mouillée comme personne et qu'un homme se remettant autant en question pour une jeune femme le vaut bien ... 
Les autres personnages sont également magnifiques. Une Mrs Bennett exaspérante, un Mr Bennett ironique et soucieux, un Mr Collins repoussant à souhait, des soeurs Bingley que je claquerai bien et les autres. Seule Jane Bennett est à mon sens physiquement fade par rapport à Lizzie. Elle est normalement plus belle que sa soeur cadette, pourtant je trouve l'actrice assez laide. Je suis d'accord avec Lou qui lui trouve un air "bovin" ... Mais le rôle est, c'est vrai, très bien joué. C'est une Jane douce et généreuse comme dans le roman.


Je pense que je pourrais parler assez longtemps de cette adaptation en ayant par la même l'impression de ne parler pour rien dire. Je vais donc m'arrêter là. Je ne peux que conseiller à tous les amoureux de Jane Austen de déguster cette délicieuse série. C'est un véritable plongeon dans l'univers d'Orgueil et préjugés qui nous donne envie de se précipiter sur le roman (d'ailleurs, j'en ai relu des passages après). Les échanges entre Darcy et Lizzie sont parfaits et on pourrait rester à les écouter durant des heures ... Que du bon, que du Austen, que du Darcy ... 
Tiens, je la regarderai bien encore pour la peine .... 

(Source images : leslecturesdecachou.overblog.com ; jacobinette.com ; seventhartists.skyrock.com ; bazar-de-la-litterature.cowblog.fr)

jeudi 22 mars 2012

To be Jane Austen

Becoming Jane



Film britannique de Julian Jarrold (2007) avec Anne Hathaway, James McAvoy, ...


En 1795, la famille du révérend Austen n'a qu'une préoccupation : trouver à Jane, qui va avoir 20 ans, un bon parti afin de la marier au plus vite. Mais Jane est une passionnée qui n'imagine pas un seul instant épouser un homme qu'elle n'aime pas. Dotée d'une intelligence et d'une créativité surprenantes pour son siècle, elle montre de plus un indéniable talent pour l'écriture. Refusant de céder aux injonctions de son père, Jane multiplie les effronteries. C'est alors qu'elle croise le chemin d'un jeune homme peu banal, Tom Lefroy. Sous le charme, celui-ci tente de montrer à Jane que rien ne pourra jamais entraver son talent d'écrivain... 
(programme-tv.net)

J'avais déjà visionné ce film il y a environ 2 ans ... J'avais passé un beau moment. Ce film m'avait plu. Mais je dois admettre que je n'avais pas été très émue et que je n'avais pas non plus retrouvé ce qui me plaît tant dans l'univers de Jane Austen. 
Et j'ai été bien aveugle .... 

Depuis quelques semaines, je me suis mise à écouter la bande originale de ce film. Celle qui au début me paraissait quelconque et devenue un véritable enchantement. Dès que j'étais rentrée chez moi, je laissais ces belles musiques tourner en boucle. Bien entendu, j'ai eu une envie folle de revoir le film, en me disant que peut-être étais-je passée un peu à côté. Et ironie du sort, il est passé hier soir sur Arte. 

Ce fut un moment de grâce et d'émotion pur. Je ne l'ai pas du tout regardé comme la première fois, distante. Je me suis totalement laissée embarquer par cette histoire (très romancée) de Jane Austen. Certes, ce film n'a aucun fondement historique réel, mais il est totalement dans l'esprit des romans de notre chère Jane. L'humour, l'ironie, la satire, les sentiments, ... tout y est. Anna Hathaway campe une Jane Austen simple, intelligente, passionnée. Elle est sublime. Et le charme de James McAvoy opère dès les premières minutes. Ils forment tous les deux un beau et sincère couple.
C'est un film très littéraire. On y parle de livres, d'écriture, de femmes écrivains. Tous les amoureux des romans de Jane Austen ou de la littérature classique en général, s'y retrouverons, je pense. La bibliothèque, la découverte de Tom Jones, la rencontre avec Ann Radcliffe, ... que des instants de bonheur. Bien sûr, le bonheur est redoublé lorsqu'on est une amoureuse des romans de Miss Austen. La voir rédiger les premières lignes d'Orgueil et préjugés est un bonheur sans nom. Retrouver certains personnages dont elle se servira pour imaginer son roman phare n'a pas de prix. Un délice pour les puristes. 
Le dénouement de ce film m'a émue aux larmes. Le sacrifice de Jane est magnifique. On est partagé entre tristesse et joie. En renonçant à Tom Lefroy, elle renonce à sa seule chance de connaître l'amour, mais ce sacrifice lui permet aussi de devenir l'une des plus grandes femmes écrivains d'Angleterre. 
Et leur rencontre quelques années plus tard! Rencontre respectueuse, sereine ... mais si chargée d'émotions. L'amour dans le regard de Tom. Magnifique! 
Certes ce film est romancé, éloigné de la réalité (que l'on connaît peu d'ailleurs) ... mais quel bonheur de plonger dans cette touchante histoire mêlée d'humour, de poésie, de tristesse et de joie, accompagnée de musiques envoûtantes et servie par des acteurs francs, toute en justesse et délicatesse.
Un petite merveille à déguster. 

(Source images : allocine.fr)