vendredi 4 février 2011

Une dose de poésie pour moi, s'il vous plaît!

L'arche dans la tempête
Elizabeth Goudge
Phébus Libretto, 2009.


Guernesey, 1888. Tous les vents marins semblent s'être donné rendez-vous le long des côtes emblématiques de l'île, là où s'accroche la vieille chaumière d'André du Frocq et de sa famille. Un lieu sauvage, miroir fidèle des sentiments de ceux qui l'habitent.
Face aux assauts des éléments et aux difficultés financières, André pense quitter la ferme. Mais c'est sans compter l'attachement sans faille, presque viscéral, de sa femme Rachel pour cette terre : son havre de paix.
Une nuit de tempête, un bateau fait naufrage au large de l'île, et la famille recueille, parmi les rescapés, Ranulph Mabier, un être plein de courage et d'amertume. De secrets aussi. Dès lors, la vie à la ferme change. L'espoir renaît.


Après ma violente et dérangeante lecture de Purge, je voulais un roman doux, poétique, reposant. Ma main s'est dirigée confiante vers un Elizabeth Goudge et comme toujours, elle ne m'a pas déçue.

Après avoir adoré La vallée qui chante, Le pays du dauphin vert et La colline aux gentianes, j'ai donc ouvert L'arche dans la tempête dans la très belle et agréable édition Phébus. Il y a TOUT Elizabeth Goudge dans ce roman : des personnages attachants et profondément humains, un amour inaltérable pour la nature, une incroyable poésie dans les mots et l'omniprésence du monde des merveilles et de l'imaginaire.

Il ne se passe réellement pas grand chose dans ce roman. Et pourtant, chaque mot nous enveloppe, chaque chapitre nous embarque. Cette île de Guernesey, à la fois havre de paix et lieu de violence, est décrite d'une façon tout à fait personnelle, aimante, troublante. Cette île est un personnage à part entière. On voit autour d'elle évoluer la famille du Frocq. Il y a André le père, piètre fermier mais poéte merveilleux ; Rachel la mère, femme de tête, déterminée et prête à tout pour rester à Bon repos ; Michelle, la fille aînée, ressemblant à son père et amoureuse des mots de Keats ; Péronelle, la plus ravissante ; L'étrange Jacqueline ; Colin, le seul fils, têtu comme sa mère ; Colette la petite dernière, souriante et pleine de vie. Et il a aussi, Ranulph, cet étranger venu de la mer. Son identité nous est vite dévoilée à nous, lecteurs, mais la famille du Frocq, elle, reste longtemps dans l'ignorance. Et enfin, le grand-père, une sorte de M.Scrooge à Guernesey. On s'attache à tous ces personnages. On les aime avec leurs défauts, leurs faiblesses, leurs mensonges.

Un roman étrange où se mêle, comme dans chacun des romans de Goudge, le réel et le merveilleux. Un roman doux et poétique qui nous prend par la main et nous berçe avec des mots magiques. Elizabeth Goudge est une magicienne. Avec une incroyable simplicité, elle nous emmène dans ses romans, nous fait voyager, aimer, rêver.

Une plume à découvrir si ce n'est pas encore fait. Un roman à lire pour un moment de détente et de calme absolus. Une femme écrivain à ne pas oublier!

" Le calme qui y régnait donnait l'impression de fraîcheur et de profondeur que donne une grotte marine ; une sensation d'espace et de liberté venait de ce vide ... Michelle vivait l'un des plus beaux jours de sa vie ... elle venait de découvrir Keats. Des phrases ravissantes avaient illuminé son esprit au point qu'elle se sentait étourdie de tant de lumière : "Petite ville, tes rues seront silencieuses pour toujours; et pas une âme ne pourra revenir pour te dire la raison de ton abandon, sans retour ..." "Elle se tenait tout en larmes, dans ce champ de blé étranger ..." "Refroidie depuis une éternité dans la terre profonde ... " "Beauté est vérité. Vérité est beauté ..."

(L'arche dans la tempête, Goudge, Phébus, p41)

(Source image : Barazer.guillaume)

4 commentaires:

Vilvirt a dit…

Je suis en pleine découverte d'Elizabeth Goudge et très contente de trouver un blog qui parle d'un de ses romans ! (et qui en parle bien en plus !) Ça me permet de me noter un titre supplémentaire de cet auteur !!

Allie a dit…

Je ne l'ai pas encore lu, mais j'ai L'auberge du Pèlerin dans ma PAL depuis quelques années... Je ne lis que de bonnes choses sur Elizabeth Goudge! Il me reste plus qu'à la lire!Je ne savais pas que L'Arche dans la tempête se passait à Guernesey! Ça m'intéresse encore plus!

Matilda a dit…

C'est rigolo j'ai trouvé récemment par hasard La vallée qui chante dans une vieille édition du livre de poche trop jolie :) Du coup tu me donnes encore plus envie de le lire !

Romanza a dit…

Vilvirt : Merci pour ce compliment!!!

Allie : Fonce!

Matilda : C'est le 1er que j'ai découvert. Ce n'est pas celui que j'ai préféré mais il est touchant!