mercredi 23 novembre 2011

" Il y a des choses que des gens comme nous ne peuvent pas faire ... "

Précoce automne
Louis Bromfield

Club des amis des livres, 1964.
(Edition récente : Phébus, 1999)

Olivia, bientôt quarante ans, est mariée à un homme fade, dernier né d'une grande famille de la Nouvelle Angleterre. Derrière un masque de respectabilité et de morale, la famille Pentland cache une froideur, un manque total d'amour, d'humanité, de joie. Olivia étouffe .... Le pouvoir des Pentland se resserre autour d'elle. Ce pouvoir d'anéantir le moindre souffle de vie, la moindre lueur d'espoir.
C'est un magnifique roman que je viens de refermer et j'en suis encore toute bouleversée.

Cette histoire m'a remuée. Les tragédie silencieuses, quotidiennes, cachées, me touchent beaucoup. Bien plus que les grands drames théâtraux. Je pleure dans les deux cas, j'aime les deux, mais les petites tragédies enfouies au fond de nous me parlent davantage. Car ce sont eux, les vrais drames.
Je ne sais pas trop quoi écrire en réalité. Je pense que la lecture du roman de Louis Bromfield est toute personnelle.
Je n'ai jamais lu cet auteur bien que trois de ses romans prennent place dans ma bibliothèque. Celui que je vous présente ici, La colline aux cyprès et Emprise.
Je n'ai rien attendu de spécial de ce roman. C'est peut-être aussi pour cela qu'il m'a autant bouleversée. Il m'a eu et m'a joué un bien vilain tour. Je suis allée innocemment vers lui et me voilà tremblante d'émotions.
Ce roman est beau. Tout simplement. Les pages défilent comme passent les saisons à Durham où se tient notre histoire. Louis Bromfield nous parle de la vie. Celle des lieux, de la nature, des gens, des choses. Olivia voit sa vie défiler, immuable. L'emprise des Pentland la prive d'oxygène, l'étouffe petit à petit. Elle se dit que pour elle, il est trop tard. Elle fera tout pour que sa fille Sybil parte loin, qu'elle est une chance d'être heureuse.
Olivia est un personnage inoubliable. Humaine, tolérante, attentionnée ... mais bien trop gentille. Je lui en ai voulu d'avoir touché le bonheur du doigt et de l'avoir laissé filer. J'ai eu envie de hurler dans les dernières pages. Pourquoi n'a t-elle pas la fougue de la rousse Sabine (qui portant est parfois bien énervante)? Pourquoi John Pentland a t-il parlé ainsi? J'ai haï cet homme autant que je l'ai admiré.
Je ne voulais pas lâcher Olivia. J'aurai voulu la suivre encore, ne pas la laisser tout de suite.
Ce roman m'a vraiment bouleversée ... et je ne sais pas comment en parler. Je peux juste vous dire de lire Précoce automne pour sa belle et douce écriture poétique, pour sa magnifique histoire qui remue les tripes, c'est un roman qui semble anodin mais qui cache une profondeur incroyable. De le lire également pour ses personnages inoubliables, parfois détestables, parfois terriblement attachants ... et pour ces belles heures de lecture qu'il vous offrira.
J'aime les romans dans lesquels on se laisse prendre. On les ouvre sans attente particulière, on lit, on aime et puis soudain ... magie des mots ... on est bouleversé, renversé, subjugué.
L'histoire d'Olivia me poursuivra encore longtemps. Ce roman profond, bien plus complexe qu'il en a l'air, soulève beaucoup d'interrogations, de questionnements.
Précoce automne a remué mon âme à la petite cuillère ...

Un vrai coup de coeur ...

L'avis de Titine.

" On donnait un bal dans la vieille maison des Pentland, car, pour la première fois depuis bientôt quarante ans, il y avait dans la famille une jeune fille qu'il fallait présenter à la bonne société de Boston et aux privilégiés qu'on avait priés de venir de New York et de Philadelphie. C'est pourquoi l'ancienne demeure était décorée de lampions et de gerbes des dernières fleurs de printemps, tandis que dans le hall majestueux et nu, aux murs peints en blanc, un orchestre nègre installé derrière des plantes fleuries jouait une musique bruyante et lascive. "
(Précoce automne, Bromfield, Amis du livre, 1964, p27)

(Source image : affiches-et-posters.fr. Kees van Dongen)

4 commentaires:

Suzan a dit…

Tu te doutes bien que ce roman m’attire pas mal. Bel avis gentille dame.

Romanza a dit…

Suzan : Je suis certaine que ce roman va te plaire ma Sue! ;)

Will a dit…

C'est toujours un plaisir de venir sur ton blog car j'y fais toujours de belles découvertes. Tu as le don de nous parler de romans un peu oubliés qu'on redécouvre grâce à toi comme ce "Précoce automne" que je m'empresse de noter.

Romanza a dit…

Will : Merci beaucoup, je suis très touchée, vraiment!!

"Précoce automne" est vraiment un roman magnifique ... Je te le conseille pleinement, complètement, passionnément, absolument, .... Bref! Lis-le!

Je vais de suite me promener sur ton blog ....