10/18, 2008.Je viens de vivre trois semaines fortes en émotion. Tellement intenses que je ne sais même pas comment je vais pouvoir vous parler de ce roman. Trois semaines, 1046 pages auprès de Delia, David, Jonah, Joseph, Ruth et tous les autres. Tant d'heures, tant d'instants, tant d'émotions, que tous ces personnages ont fait intégralement partis de ma vie durant ces dernières semaines. Ce roman m'a rappelée à quel point j'aime les pavés. Les gros romans créent une relation unique avec le lecteur. C'est une relation forte et passionnée, quasi fusionnelle. Les personnages, l'histoire, tout ça forme une vie parallèle à la nôtre. Les pavés nous accompagnent durant tant de temps qu'ils se mêlent intimement à notre existence réelle.
Dès les premières pages, j'ai été happée par l'ambiance unique de la famille Strom. Certes, au tout début, j'ai été déroutée par le vocabulaire musical très détaillé et précis. Etant une amoureuse de la musique, mais non une musicienne (seulement un an de violoncelle à mon actif), je n'ai, je dois l'admettre, pas tout compris. Mais on se rend vite compte que ce n'est pas important. Ce roman se préoccupe surtout des sentiments, des émotions que crée la musique. Je suis rentrée "physiquement" dans le roman pour ne plus jamais en ressortir durant la rencontre de David et Delia au concert de Marian Anderson devant le Lincoln Memorial. Je suis allée voir sur internet si cette dame ainsi que ce fameux concert avaient vraiment existés. Et effectivement! Je ne pourrais expliquer ce qui s'est passé en moi lorsque j'ai vu devant mes yeux les instants lus quelques minutes avant. J'ai eu la sensation de devenir Delia Daley, d'écouter chanter Marian Anderson, de faire partie de cette événement historique grandiose, de cet épisode déterminant de la vie de Delia et David.
Je n'ai pas toujours eu le temps de lire ces jours-ci. Malgré cela, c'était toujours un bonheur d'ouvrir ce roman. Même si c'était pour en grapiller que quelques pages. On rentre instantanément dans ce livre. Sans même y réfléchir.
Il est très dur de parler de ce roman. Il est si riche, pose tant de questions, secoue si fort notre esprit et notre coeur qu'on se retrouve à dire des banalités au moment d'écrire sur lui. Ce roman parle de tout. D'amour, de haine, de race, de non-race, de musique (partout, tout le temps, en permanence), les personnages se perdent, se retrouvent, se déchirent, mais s'aiment. Delia est le personnage qui m'a le plus secouée. Delia est un symbole, celui d'un idéal, d'une utopie (??), d'une façon de penser et de vivre qui se passe de commentaires ... mais qui doit se lire ... et se vivre ... d'urgence!!!
J'emménerai toujours un je-ne-sais-quoi de Delia et David dans ma vie. Ils m'ont bouleversée ...
Les avis de Cuné (à qui je dois cette superbe découverte) ; Karine ; Amanda ; Chimère ; ...
" Elle est trop épuisée, trop anesthésiée, trop extasiée, pour poursuivre cette conversation. Son bébé est son bébé. Son propre cas unique. Race : Joseph. Nationalié : Joseph. Poids, taille, sexe : rien d'autre que son bébé, son nouveau Jojo.
Mais l'hôpital se trompe aussi sur la couleur de ses yeux. Elle leur dit de rectifier : vert, pour la sécurité de son fils. Juste au cas où l'erreur reviendrait le hanter par la suite. Mais ils ne veulent pas rectifier. Ils ne voient pas le vert. Pour eux, la feuille et l'écorce sont de la même couleur. "
(Le temps où nous chantions, 10/18, p560)
(Sources images : *Marian Anderson au Lincoln memorial : commons.wikipedia.org ; photo main blanche, main noire : epon.unblog.fr)








Livre de poche, 2008.