samedi 14 août 2010

" Plus honnête homme à l'approche de la mort qu'il ne l'avait été durant sa vie ... "

Le rouge et le noir
Stendhal
Défi J'aime les classiques (juillet)
Livre de poche, 1972.

Véritable tableau de la société française dans les dernières années de la Restauration, Le rouge et le noir est aussi un grand roman d'amour : orgueilleux par timidité, sensible et révolté, Julien poursuit avec tenacité le combat de son ambition, faisant fi des préjugés sociaux comme des règles de la morale.
Symbole de refus de l'ordre établi, mélange de froideur lucide et de passion exaltée, le personnage a des résonances bien actuelles.
(Quatrième de couverture de l'édition J'ai lu 1991)

J'ai entamé ce roman avec joie, enchaînant rapidemment les pages. Ouvrir ce GRAND classique de la littérature française m'enthousiasmait. Mais malheureusement, les journées intenses de travail et un rythme général soutenu m'ont empêchée de poursuivre sur cette lancée. Je n'ai réussi à lire que le week-end voilà pourquoi Le rouge et le noir est resté si longtemps sur ma table de chevet. Mais bon, vaut mieux tard que jamais, donc je suis prête pour (essayer de) vous en parler.
J'ai aimé Le rouge et le noir même si je l'ai trouvé, dans l'ensemble, assez long. Stendhal nous peint avec talent la société française après Bonaparte. On se prend au jeu de suivre le jeune Julien Sorel dans cet univers étrange, troublant, attirant mais également révoltant. Je ne m'attendais pas à trouver un Julien Sorel ambitieux, parfois égoïste et aigri. Naïvement, Julien était pour moi l'incarnation du jeune romantique éperdu d'amour. Il a fallu que je m'habitue au vrai Julien, plus humain, ayant des faiblesses et des duretés de caractère. Je ne l'ai pas toujours compris, ni approuvé. C'est dans les dernières pages du roman que je me suis sentie réellement proche de lui. En ce qui concerne Mme de Rénal (la fameuse), bien que son nom plane sur tout le roman, elle est assez absente. Non, l'histoire d'amour de Julien et Mme de Rénal n'est pas l'intrigue principale du roman. C'est avant tout l'histoire d'un jeune homme désirant monter dans la société et de sa soif absolue de réussite.
Le personnage que j'ai trouvé extrêmement intéressant, mais pas pour autant sympathique, est Mathilde de la Mole. Cette jeune femme est d'une ambivalence fascinante. Je l'aimais bien au début de son apparition. Cette jeune femme riche, révoltée, passionnée, me plaisait. J'ai moins aimé ces caprices, ces sautes d'humeur, ces volte-faces avec Julien. Je lui aurais bien crêpée le chignon à des moments.
Dans l'ensemble, Le rouge et le noir se lit bien. L'écriture est claire, le sujet intéressant, les chapitres très courts s'enchaînent rapidemment. Mais il manque un je-ne-sais-quoi de fraîcheur. J'ai toujours pensé que Le rouge et le noir me plairait davantage que La chartreuse de Parme. Le sujet, l'histoire d'amour, la légende Sorel-Mme de Rénal, tout m'invitait à le préférer. Et pourtant, maintenant que j'ai lu les deux, je peux dire que j'ai préféré La chartreuse de Parme. Il posséde plus de charme, plus de souffle. Je garde un réel coup de coeur pour ce roman alors que Le rouge et le noir restera un grand classique de la littérature à lire ... tout simplement. Ne pensez pas que je n'ai pas aimé. Le rouge et le noir est un très bon roman. Il a moins touché mon coeur que d'autres grands romans classiques, c'est tout!

" Les nuits de ces deux êtres furent bien différentes. Mme de Rênal était exaltée par les transports de la volupté morale la plus élevée. Une jeune fille coquette qui aime de bonne heure s'accoutume au trouble de l'amour ; quand elle arrive à l'âge de la vraie passion, le charme de la nouveauté manque. Comme Mme de Rênal n'avait jamais lu de romans, toutes les nuances de son bonheur étaient neuves pour elle. Aucune triste vérité ne venait la glacer, pas même le spectre de l'avenir. Elle se vit aussi heureuse dans dix ans, qu'elle l'était en ce moment. L'idée même de la vertu et de la fidélité jurée à M de Rênal, qui l'avait agitée quelques jours auparavant, se présenta en vain, on la renvoya comme un hôte importun. "
(Le rouge et le noir, J'ai lu, 1991, p87)

(Source image : abc142.free)

3 commentaires:

Marie L. a dit…

Je l'ai lu quand j'étais au lycée et je n'en garde pas un fameux souvenir... Plutôt une vague impression d'ennui... Peut-être devrais-je le relire...?

En revanche, j'ai beaucoup aimé "La Chartreuse de Parme" et j'ai encore plus aimé "Chroniques italiennes", un recueil de nouvelles (que je te conseille si tu apprécies Stendhal).

Rêve blanc. a dit…

Il faut me punir de l'excès d'adoration que je sens pour lui, je l'aime trop!
Une citation très belle de ce livre.

Princesse Victoria a dit…

Je n'ai lu que celui la de Stendhal et mon dieu qu'est-ce-que j'ai aimé ! Bon parfois c'était un peu long, mais je suis complètement rentrée dans le roman.
Cependant, contrairement à toi je n'ai pas aimé Mathilde de la Mole, ma préférence allé à Mme de Rénal..