dimanche 18 octobre 2009

Oui oui, c'est bon, je sais!!!

Mais que voulez-vous??? Je suis faible!
Je me suis laissée tenter par ce sublime défi venant tout droit de chez Raison et sentiments. Surtout qu'il n'y a aucune limite de temps. On va à son rythme et ça, c'est un argument de poids.
Voilà en quoi consiste ce défi :
Extrait de Matilda de Roald Dahl :
"Au cours des six mois suivants, sous l'oeil ému et attentif de Mme Folyot, Matilda lut les livres suivants :
  • Nicholas Nickelby, de Charles Dickens
  • Oliver Twist, de Charles Dickens
  • Jane Eyre, de Charlotte Brontë
  • Orgueil et Préjugés, de Jane Austen
  • Tess d'Uberville, de Thomas Hardy
  • Kim, de Rudyard Kipling
  • L'Homme invisible, de H.G. Wells
  • Le Vieil Homme et la Mer, d'Ernest Hemingway
  • Le Bruit et la Fureur, de William Faulkner
  • Les Raisins de la colère, de John Steinbeck
  • Les bons compagnons, de J.B. Pristley
  • Le rocher de Brighton, de Graham Greeene
  • La ferme des animaux, de George Orwell.
C'était une liste impressionnante et Mme Folyot était maintenant au comble de l'émerveillement et de l'excitation, mais sans doute fit-elle bien de ne pas donner libre cours à ses émotions. Tout autre témoin des prouesses littéraires d'une si petite fille se serait sans doute empressé d'en faire toute une histoire et de clamer la nouvelle sur les toits, mais telle n'était pas Mme Folyot."

Donc les règles de ce Challenge Matilda's Contest :
  • Il faut lire tous les livres de la liste.
  • Il faut faire un article sur son blog avec un lien vers Raison et sentiments.
  • Il n'y a pas de limite de temps (de 1 à 99 années)
  • Faire un article sur chaque livre lu.
  • Il faut s'amuser !
Dans la liste de Matilda, les romans en gras et en violet sont ceux que j'ai déjà lu. J'ai lu 4 romans sur les 13, 14 en comptant Matilda de Roald Dahl que je n'ai jamais lu.
Je me permets, juste pour mon expérience littéraire personnel, de remplacer les romans que j'ai déjà lus par d'autres du même auteur qui m'attendent depuis longtemps. Après tout, Matilda découvre la littérature, ouvre une porte vers ce monde si beau qu'est celui des livres, je vais donc prendre le même chemin qu'elle et ne pas me faire arrêter dans ma découverte par des livres que j'ai déjà lus (et aimés d'ailleurs!) .... Donc si personne ne voit d'inconvénient, voilà :
- Nicholas Nickelby, de Charles Dickens
- Oliver Twist, de Charles Dickens , remplacé par De grandes espérances de Charles Dickens
- Jane Eyre, de Charlotte Brontë , remplacé par Le professeur de Charlotte Brontë
- Orgueil et Préjugés, de Jane Austen , remplacé par Persuasion de Jane Austen (Lu!)
- Tess d'Uberville, de Thomas Hardy , remplacé par Jude l'Obscur de Thomas Hardy (Lu!)
- Kim, de Rudyard Kipling
- L'Homme invisible, de H.G. Wells (Lu!)
- Le Vieil Homme et la Mer, d'Ernest Hemingway (Lu!)
- Le Bruit et la Fureur, de William Faulkner
- Les Raisins de la colère, de John Steinbeck (Lu!)
- Les bons compagnons, de J.B. Pristley
- Le rocher de Brighton, de Graham Greeene (Lu!)
- La ferme des animaux, de George Orwell. (Lu!)
Si certains veulent suivre ma démarche ... je les y invite!
Je vais prendre mon temps pour déguster ces petits romans .... Je suis ravie!

vendredi 16 octobre 2009

Une grisette, c'est chouette!

Mimi Pinson
Alfred de Musset
Librairie Grund, 1941
Marcel, jeune homme bon vivant et séducteur, tente de faire sortir de son trou son ami Eugène, sérieux et travailleur. Il veut lui faire comprendre que s'amuser avec les grisettes de la ville peut être très divertissant.
...
Ma maman m'a offert ce mini livre la semaine dernière avec un petit mot : "Petite histoire pour une pause thé". J'ai sagement écouté ma maman et j'ai lu ce minuscule roman durant une agréable pause thé. Il s'agit d'une autre édition que celle qui figure ici, car je n'ai malheureusement pas trouvé l'image sur internet. L'édition ici présente regroupe plusieurs contes d'Alfred de Musset, alors que la mienne ne contient que Mimi Pinson.
Je ne savais pas du tout que Musset avait écrit des contes. Pour moi, Alfred de Musset, c'est Confessions d'un enfant du siècle, c'est le poéte à l'âme tourmenté, le romantique limite dépressif. Je ne l'imaginais pas dans un style plus simple, plus léger. Et pourtant ... ça existe!
Il est difficile de s'attacher en 100 mini pages aux personnages. Je ne retiens donc pas l'image de Marcel, d'Eugène et de Mimi. Mais c'est un conte agréable. A première vue, c'est une histoire assez superficielle, mais lentement, la critique se met en scène pour nous offrir un conte pas aussi simple qu'il en a l'air. Un récit qui se lit tout seul, qui fait sourir, qui joue avec le lecteur en changeant toujours la donne de départ. Je pense me procurer le recueil entier des contes de Musset ... par curiosité ... et pour plusieurs pauses thé!
...
" Parmi les étudiants qui suivaient, l'an passé, les cours de l'Ecole de Médecine, se trouvait un jeune homme nommé Eugène Aubert. C'était un garçon de bonne famille, qui avait à peu près dix-neuf ans. Ses parents vivaient en province, et lui faisaient une pension modeste, mais qui lui suffisait. Il menait une vie tranquille, et passait pour avoir un caractère fort doux. "
(Mimi Pinson, Musset, édition L'abeille d'or, Collection Les roses de France, 1926, p11-12)


(Source image : noskoff.lib.ru)

mardi 13 octobre 2009

On sent parfois arriver de loin les coups de foudre littéraires ...

Bonheur d'occasion
Gabrielle Roy
(Défi Blog o trésors 2009)


Boreal Compact, 2007.

Dans le quartier montréalais de St-Henri, un peuple d'ouvriers et de petits employés canadiens-français est désespérément en quête de bonheur. Florentine croit trouver le sien dans l'amour ; Rose-Anna le cherche dans le bien-être de la famille ; Azarius fuit dans le rêve ; Emmanuel s'enrôle ; Jean entreprend son ascension sociale. Chacun, à sa manière, invente sa propre voie de salut et chacun, à sa manière, échoue. Mais leur sort est en même temps celui de millions d'autres, non seulement à Montréal, mais partout ailleurs dans le monde en proie à la guerre.


Une belle histoire d'amour vient de commencer. Gabrielle Roy et moi allons continuer encore longtemps à tisser ce lien magique qui vient de se créer. Je viens de découvrir une plume infiniment humaine, délicate et sensible, une plume à la Pearl Buck qui prend aux tripes. Je viens de parcourir un roman poétique, où des mots d'une beauté incroyable m'ont chamboulée l'esprit.
Bonheur d'occasion est un texte d'une extrême mélancolie. D'une ambiance, dans les premières pages, doucement monotone et terriblement simple va naître, dans la seconde et dernière partie, un roman bouleversant, poignant, d'une infinie tristesse. Les premiers mots peuvent dérouter. Il ne se passe pas grand chose. Gabrielle Roy prend son temps, installe l'ambiance, nous laisse le temps de s'imprégner des lieux, des personnages, des sensations. Puis, le récit s'emballe. Le lecteur est pris dans un tourbillon d'émotions, on est à genou devant le talent de Madame Roy qui décrit d'une façon bouleversante l'âme humaine, ses doutes, ses profondeurs, ses espoirs. Ce roman va crescendo, nous prend presque par surprise.
Florentine, Azarius, Rose-Anna, Emmanuel, le petit Daniel, Yvonne, Jean .... Tous ces noms représentent des personnages inoubliables et infiniment humains. On ne les idolâtre pas, on ne les déteste pas non plus. Pas de méchants, pas de gentils. Juste des hommes et des femmes qui tentent de survivre malgré la faim, le froid, la misère, les questionnements, les rêves, les désillusions. On condamnerait bien Jean de son égoïsme, mais comment le faire lorsque l'on apprend son passé et comprend la coquille qu'il s'est crée? Florentine nous énerverait bien par sa naïveté, sa superficialité, mais elle est aussi une jeune femme courageuse qui nourrit sa famille bien qu'elle ne soit âgée que de 19 ans. On croise ces personnages, on apprend à les aimer tels qu'ils sont. Ils sont le reflet de miliers de personnes : "Elle [Florentine] était la vie elle-même, avec son expérience de la pauvreté, et sa révolte contre la pauvreté, avec ses longs cheveux flottants et son petit nez déterminé, et ses mots bizarres, durs parfois, ses mots de vérité. " (p317).
Les descriptions de Gabrielle Roy sont à elles seules une raison d'ouvrir ce roman. Des descriptions des rues, son atmosphère, sa lourdeur, sa fatalité, dignes d'un Zola. Mais aussi une beauté, une poésie, mille sensations, mille odeurs, mille sons : " Il y aurait bientôt des feuilles dans la clarté des lampadaires ; les petites gens mettraient des chaises sur le trottoir en face de leur maison ; il y aurait dans la nuit le crissement des berçantes sur le ciment ; de tout petits enfants respireraient l'air du dehors pour la première fois de leur vie ; d'autres traceraient des signes à la craie sur le pavé des rues et y pousseraient une rondelle en sautant sur un pied d'un carré à l'autre ; et, dans les cours intérieures, sous la faible lueur des carreaux, les familles réunies causeraient ou joueraient aux cartes." (p219).
Les dernières scènes m'ont émue au point de sentir la naissance d'une timide larme au coin de l'oeil. Aaah! La preuve d'amour d'Azarius à sa femme ... Une merveille! Ces scènes resteront longtemps imprimées dans mon petit coeur tout bouleversé.
Un roman triste, c'est vrai, un roman qui doit se digérer, qui chamboule, mais un roman qu'il faut absolument lire. C'est un belle histoire, l'histoire de la vie, l'histoire des hommes et des femmes.
Quant à moi, vous pouvez être sûre que ma découverte de l'oeuvre de Gabrielle Roy ne s'arrêtera pas là. Je savais que j'aimerai cet écrivain. J'aimais ses couvertures, ses titres, sa photographie, ses résumés, la simplicité de sa vie ... Je suis heureuse de voir que je ne m'étais pas trompée.
Bonheur d'occasion est le premier roman de Gabrielle Roy et est considéré comme un classique de la littérature québécoise. Mais les amateurs de ses romans préférent généralement ses oeuvres postérieures à Bonheur d'occasion car on y trouve une douceur et un amour de la vie qui est un peu absent dans ce premier roman assez sombre et pessimiste. Je suis pressée de découvrir ses autres romans.
L'avis de Cuné ; Suzan ; ...

" Oh, qu'elle l'entendait bien la voix qui n'avait pas su la calmer dans la peine, la rassurer dans l'inquiétude, mais qui, conq fois, dix fois peut-être dans sa vie, à des moments fulgurants, avait su la soulever jusqu'aux sommets les plus hauts de la félicité! Par lui, elle avait eu froid et faim, par lui elle avait vécu dans de misérables abris, éprouvé la peur du lendemain la rongeant jour après jour ; mais par lui aussi elle avait bien entendu les oiseaux à l'aube ... "
(Bonheur d'occasion, G. Roy, Boreal, 2007, p177)

(Source image : blog.ebookers.ch ; Robert Doisneau)

mercredi 7 octobre 2009

Les Rastignac à Londres ...

La marque de Windfield
Ken Follett

Livre de poche, 2008.

En 1866, plusieurs élèves du collège de Windfield sont les témoins d'un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais cette noyade est-elle vraiment un accident ?
Les secrets qui entourent cet épisode vont marquer à jamais les destins d'Edward, riche héritier d'une grande banque, de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, de Micky Miranda, fils d'un richissime Sud-Américain. Autour d'eux, des dizaines d'autres figures s'agitent dans cette société où les affaires de pouvoir et d'argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité...

Bien que ce roman ne soit pas sans défauts, je me suis régalée. Certes, c'est un roman parfois trop téléphoné, où les gentils sont très très gentils et les méchants très très méchants, mais j'ai été tout de suite prise dans cette histoire de famille passionnante, dans cette ambiance victorienne sublime.

Ce roman se dévore du début à la fin. On passe d'un chapitre à l'autre sans s'arrêter, on pleure des malheurs de certains, on se scandalise des actes d'autres personnages sans scrupules, on a froid dans le dos en voyant ce qu'il est possible de faire par ambition. L'histoire d'amour de Hugh et Maisie m'a beaucoup touchée. On prend en pitié ces deux êtres qui se loupent en permanence. Mais les personnages les plus intéressants restent les "méchants" de l'histoire : Micky, Augusta, Edward, ... Personnes prêtent à tout pour réussir. Entre manipulations, meurtres, mensonges, hypocrisie, ils écoeurent rapidemment le pauvre lecteur qui n'en demandait pas tant.

Peut-être que le fait de ne pas avoir lu Les piliers de la terre, LE roman de Ken Follett, avant La marque de Windfield m'a aidée à apprécier ce dernier. Je n'ai pas pu faire de comparaisons. Une chose est sûre, je lirai Les piliers de la terre très bientôt!

Un bon roman à rebondissements, intelligent et passionnant! A lire ...

" Le jour de la tragédie, les élèves du collège de Windfield avaient été consignés dans leurs chambres. C'était un chaud samedi de mai : normalement ils auraient passé l'après-midi sur le terrain sud, les uns jouant au cricket et les autres les regardant à l'ombre, depuis la lisière de Bishop's Wood. Mais un crime avait été commis. On avait volé six souverains d'or dans le bureau de Mr. Offerton, le professeur de latin, et les soupçons pesaient sur tout l'établissement. Aucun élève n'aurait le droit de sortir tant qu'on n'aurait pas pris le voleur. Micky Miranda était assis à un pupitre où des générations de collégiens inattentifs avaient gravé leurs initiales."

(La marque de Windfield, livre de poche,p7)

(Source image : James Tissot, cgfa.acropolisinc.com)

dimanche 4 octobre 2009

Deux tags pour le prix d'un ...

J'ai été lâchement désignée par Lou pour répondre à ces deux tags ... Je vais donc y répondre ... avec plaisir bien sûr!!

Tout d'abord, petit questionnaire littéraire :
1. A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture? Mon tout tout premier? Oh lalala dur dur!! Mais je pense qu'il s'agit des livres de la série Martine. Avant d'en posséder quelques uns, j'empruntais ceux de ma tante lorsque j'allais en vacances chez mes grands-parents. Il y avait Martine au camping, à bicyclette, petit rat de l'Opéra et Martine est malade. J'aimais bien les dessins un peu désuets et puis l'ambiance calme d'autrefois qui ressortaient de ces livres. Pas de télévision dans la vie de Martine, que des journées parsémées de balades, de peinture, de cuisine, de lecture. Un petit moment de paix et de bonheur!

2. Quel est le chef-d'œuvre "officiel" qui te gonfle? Je vais dire Mémoires d'Outre-tombe de Chateaubriand. Mais je dois avouer ne pas être sûre de ma réponse. En réalité, j'ai lu la moitié (environ) de cette oeuvre lorsque je devais avoir 14 ou 15 ans. Je me souviens de mettre ennuyée comme jamais et aussi d'avoir été énervée par l'écriture dépressive et pessimiste de Chateaubriand.
Mais il y a beaucoup d'oeuvres que l'on aime plus tard en veillissant. Je n'aimais pas Proust à ma première lecture, alors que je l'aime d'amour maintenant. Je n'ai lu Jules Verne qu'une fois à 12 ans, il m'a faite horriblement souffrir, mais je sais que si je relisais Jules Verne maintenant, j'adorerais. Donc .... je ne sais pas!!

3. Quel classique absolu n'as-tu jamais lu? Oh il y en a beaucoup! Je vais dire Les misérables de Hugo. Mais tous ces classiques que je n'ai pas encore lus, je les garde précieusement ...

4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as "honte" d'aimer?Sincérement, je ne vois pas! Avant, j'aurai pu répondre Angélique, Marquise des anges, très mal jugé par beaucoup, mais vu que je constate de plus en plus qu'il est adulé par énormément de gens .... je n'ai plus de raison de le citer!

5. Quel est le livre que tu as le sentiment d'être la seule à aimer? Un roman que j'ai lu gamine Princesse de science de Colette Yver. J'avais adoré! Je crois être la seule personne au monde à avoir lu ce roman. Il est vraiment bien, mais il n'est pas connu ... donc, j'ai l'impression d'être la seule à le connaître! Et puis, si je le relisais maintenant peut-être que je serais déçue.

6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier? Il y en a, là aussi, beaucoup trop! Mais bon, je dirai Jane Eyre.

7. Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer? La société d'émancipation du pied de Kathryn Harrison. Roman glauque et voyeur. Pearl Buck parle de façon plus subtile et intéressante de la condition des femmes en Chine.

8. Quel livre pourrais-tu lire et relire? Je ne suis pas une adepte de la relecture. Cela m'est arrivée qu'une ou deux fois et c'était pour les cours au lycée ou à la fac'. Mais ceci dit, j'ai découvert au fil des années des romans si merveilleux que je sais d'avance que je les relirai. Parmi eux : Jane Eyre, Les hauts de Hurlevent, Orgueil et préjugés, ainsi que les autres Austen ...

9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité? Euh ... Je dirai L'histoire sans fin de Mickael Ende. Parce qu'il parle comme personne de la magie des livres et de leur pouvoir d'attraction. L'image de Bastien rendrant physiquement dans l'histoire qu'il est en train de lire est sublimissime. Et aussi pour le message de Ende : il faut garder de la magie, de l'innocence et du merveilleux dans notre vie réelle. Notre manque de naiveté et de croyance tuera le monde de la magie et de la fiction.

10. Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes? Il y en a plusieurs! Mais je vais dire l'un des tout premier roman de ma vie de lectrice : Le rêve de Zola.

11. Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique? Je vais dire l'un des tout premier roman que j'ai lu où il y avait une scène explicite, la fin du premier tome des Dames du lac de Marion Zimmer Bradley où l'on assiste à un moment torride entre Lancelot, Arthur et Guenièvre. Bien sûr, depuis j'en ai lu des mieux. Mais vu que c'était l'une des premières et que je n'avais que 15 ans environ, je m'en souviens plutôt bien.

12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte? Hum ... hum ... difficile ... très difficile! Je dirai un roman regroupant plusieurs romans des soeurs Brontë.

13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience? Le 6ème tome de La recherche du temps perdu de Proust, Albertine disparue, dans la nouvelle collection classique du Livre de poche. Sa sortie est prévue pour ce mois-ci et c'est le seul qui me manque.

14. Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi? Orgueil et préjugés BBC 1995. Sans hésitation!

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Deuxième tag : Quels sont les romans que j'ai déjà lus dans les 100 livres préférés des français???

1 La Bible Quelques passages dans ma jeunesse.

2 Les Misérables de Victor Hugo Pas encore, mais c'est pour bientôt.

3 Le petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry Il n'y a pas longtemps.

4 Germinal d’Emile Zola Dans ma PAL

5 Le Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien Pas encore

6 Le rouge et le noir de Stendhal Dans ma PAL

7 Le grand Meaulnes d’Alain-Fournier Et non!

8 Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne Dans ma PAL

9 Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody Non et pas envie!

10 Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas Oui, oui et oui!!

11 La gloire de mon père de Marcel Pagnol Non!

12 Le journal d’Anne Frank d’Anne Frank Yes!

13 La bicyclette bleue de Régine Deforges Non et pas envie!

14 La nuit des temps de René Barjavel Dans ma PAL.

15 Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough Non

16 Dix petits nègres d’Agatha Christie Oui et j'adooore!

17 Sans famille d’Hector Malot Yes, cette année!

18 Les albums de Tintin de Hergé Oui et je suis en train de tous les relire!

19 Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell Oui and I love!

20 L’assommoir d’Emile Zola A genoux devant ce bijou!

21 Jane Eyre de Charlotte Brontë Je ne peux même pas exprimer ce que je ressens pour ce roman ...

22 Dictionnaires Petit Robert, Larousse Euh ... pas en entier!

23 Au nom de tous les miens de Martin Gray Connais pas!

24 Le comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas Bientôt bientôt!

25 La cité de la joie de Dominique Lapierre Non!

26 Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley Oui et j'en ai un bon souvenir!

27 La peste d’Albert Camus Non!

28 Dune de Frank Herbert Non plus!

29 L’herbe bleue Anonyme Non!

30 L’étranger d’Albert Camus Toujours pas ...

31 L’écume des jours de Boris Vian J'avais adoré.

32 Paroles de Jacques Prévert Que quelques unes à l'école!

33 L’alchimiste de Paulo Coelho Oui!

34 Les fables de Jean de La Fontaine Oui et étudiées en fac'!

35 Le parfum de Patrick Süskind Sir yes sir!

36 Les fleurs du mal de Charles Baudelaire Oui!

37 Vipère au poing d’Hervé Bazin Non!

38 Belle du seigneur d’Albert Cohen Oh que oui!

39 Le lion de Joseph Kessel Non.

40 Huis clos de Jean-Paul Sartre Non!

41 Candide de Voltaire Non ... Honte sur moi! Je vais le lire bientôt!!

42 Antigone de Jean Anouilh Oui!! Et j'aime!

43 Les lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet Oui et non! Que quelques lettres!

44 Premier de cordée de Roger Frison-Roche Non ...

45 Si c’est un homme de Primo Levi Lu et étudié en long et en large en cours de Lettres et en cours d'italien. Un beau mais dur souvenir!

46 Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur Oui! Un souvenir de jeunesse superbe! Je m'en souviens très bien ... J'aimerai beaucoup le relire!

47 Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne Dans ma PAL!

48 Les fourmis de Bernard Werber Non ...

49 La condition humaine d’André Malraux Non, j'ai étudié Les antimémoires à la fac'.

50 Les Rougon-Macquart d’Emile Zola J'en ai lu 7 et compte bien tous les lire!

51 Les rois maudits de Maurice Druon Non, un jour peut-être ...

52 Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand Oui et je suis une grande fan!

53 Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë Oui, oui et re-oui!

54 Madame Bovary de Gustave Flaubert Yes!

55 Les raisins de la colère de John Steinbeck Non ... juste Des souris et des hommes!

56 Le château de ma mère de Marcel Pagnol Non ...

57 Voyage au centre de la Terre de Jules Verne Dans ma PAL!

58 La mère de Pearl Buck Oh que oui! Et je suis très émue de voir le nom de cette femme remarquable dans ce classement!

59 Le pull-over rouge de Gilles Perrault Non!

60 Mémoires de guerre de Charles de Gaulle Non et pas trop envie!

61 Des grives aux loups de Claude Michelet Non!

62 Le fléau de Stephen King Non!

63 Nana d’Emile Zola Oui!!

64 Les petites filles modèles de la comtesse de Ségur Oh oui! Que de souvenirs! Je voulais tant passer une journée avec ces deux petites filles : balade, poupée, rire, bonne humeur ... Aaah! Nostalgie quand tu nous tiens!

65 Pour qui sonne le glas d’Ernest Hemingway Yep!

66 Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez Re-yep!

67 Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt Non ...

68 Robinson Crusoé de Daniel Defoe Non plus!

69 L’île mystérieuse de Jules Verne Non!

70 La chartreuse de Parme de Stendhal Oui ...

71 1984 de George Orwell Non ... un peu peur!

72 Croc-Blanc de Jack London Dans ma PAL!

73 Regain de Jean Giono Non.

74 Notre-Dame de Paris de Victor Hugo Oui, gros coup de coeur de l'année ...

75 Et si c’était vrai de Marc Levy Oui ... Pas un souvenir mémorable!

76 Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline Oui, à la fac'!

77 Racines d’Alex Haley Non!

78 Le père Goriot d’Honoré de Balzac Oui et j'aime d'amour ...

79 Au bonheur des dames d’Emile Zola Yessssss!!!

80 La terre d’Emile Zola Oui et oui!!

81 La nausée de Jean-Paul Sartre Non.

82 Fondation d’Isaac Asimov Non.

83 Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway Non, mais j'en ai envie!

84 Louisiane de Maurice Denuzière Non plus.

85 Bonjour tristesse de Françoise Sagan Non!

86 Le club des cinq d’Enid Blyton Non ... d'accord, je me cache!

87 Vent d’est, vent d’ouest de Pearl Buck Oui, magnifique roman.

88 Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir Non, il faudrait déjà que je me motive à lire Mémoires d'une jeune fille rangée qui prend la poussière sur mes étagères.

89 Les cavaliers de Joseph Kessel Non!

90 Jalna de Mazo de la Roche Non.

91 J’irai cracher sur vos tombes de Boris Vian Non!

92 Bel-Ami de Guy de Maupassant Oui, j'adore Maupassant!

93 Un sac de billes de Joseph Joffo Non ...

94 Le pavillon des cancéreux d’Alexandre Soljenitsyne Non.

95 Le désert des Tartares de Dino Buzzati Quelques passages en cours d'italien, mais jamais lu!

96 Les enfants de la terre de Jean M. Auel Non!

97 La 25e heure de Virgil Gheorghiu Non!

98 La case de l’oncle Tom de H. Beecher-Stowe Non, j'aimerai bien ...

99 Les Thibault de Roger Martin du Gard Non!

100 Le silence de la mer de Vercors Oui!

37/100 ... bof bof!

Je passe le relais à qui le veut!

mardi 29 septembre 2009

Peut-être est-elle trop jeune?

Effi Briest
Theodor Fontane

L'imaginaire Gallimard, 2007.

Effi Briest, jeune femme adultère, brisée par une société d'hommes, est la victime d'un monde soumis aux lois des conventions morales. Dans la Prusse dévergondée par l'argent, le destin de cette femme n'est que résignation et mélancolie. Ce roman, considéré comme le chef d'oeuvre de Fontane, est aussi l'un des chefs-d'oeuvre de l'école réaliste allemande.


C'est officiel, je vais m'intéresser de plus en plus à la littérature classique allemande. Effi Briest est un sublime roman qui rentre sans hésitation dans mes coups de cœur de l'année (en ce moment, je les enchaîne!).
Effi est une jeune fille de 17 ans qui vit heureuse avec ses parents. Un jour, un homme plus âgé qu'elle leur rend visite. Quelques heures après, Effi est fiancée à cet homme.
Encore une histoire d'adultère au XIXème siècle pourrait-on penser avec un arrière goût de déjà lu. Et pourtant, ce n'est pas du tout le cas. Pas de scènes d'amours avec amants fougueux et passionnés à la Anna Karenine ou Madame Bovary. Il n'y a aucune scène réellement explicite entre Effi et son amant. Elle ne l'aime pas. Ce roman n'est pas une histoire d'amour. Effi ne trompe pas par amour, mais par angoisse, par solitude, par désespoir. Effi n'est pas une romanesque qui cherche l'amour dans les bras d'un autre. C'est une jeune fille qui se marie pour obéir à ses parents sans vraiment y réfléchir. Elle n'a pas le choix. Elle épouse Innstetten parce que c'est ainsi. Elle espère l'aimer, être heureuse. Elle n'est pas triste de l'épouser. Un peu angoissée, mais heureuse. Mais les jours passent et la jeune Effi est livrée à elle-même dans une maison hantée et terrifiante où erre le fantôme d'un chinois, ancien habitant des lieux. Son mari s'amuse à entretenir cette angoisse. Peut-être une manière d'affirmer son autorité sur sa femme. Le « pédagogue » comme elle l'appelle la laisse seule avec ses peurs alors qu'elle n'est encore qu'une enfant. Et pourtant, cela aurait été simple de créer un mari cruel et méchant. Mais non, Fontane aime la complexité. Innstetten est un homme aimable et doux. Sa superiorité et sa fierté masculines se manifesquent plus subtilement que par la violence brute et crue.

Durant les toutes premières pages (les 5 premières seulement, rassurez-vous!), il faut s'habituer au style de Theodor Fontane. Sa plume possède une certaine ironie dans les premiers chapitres, un recul, un détachement qui déstabilise. Mais ça ne dure pas et c'est le grand géni de cet auteur. En une seconde, il bouleverse notre vision d'Effi et l'idée que l'on avait de son écriture. Sa plume distante devient compatissante, Effi la rêveuse devient une jeune fille qui nous ouvre son coeur et qui s'angoisse pour son futur mariage, l'intrigue s'étoffe, les prochains événements se dessinent :
« Mme von Briest était troublée. Elle se leva et embrassa Effi :
- Tu es une enfant. De la beauté et de la poésie! Tu te fais des idées; la réalité est tout autre et souvent, au lieu de lumière, mieux vaut l'obscurité »
(p49).
Des scènes d'une grande beauté et d'une grande profondeur, mais qui tout comme celles de Jane Austen peuvent parfois déstabiliser par leur apparente simplicité. Theodor Fontane ne fait pas dans le grandiose. Pas de scènes larmoyantes, peu de sang et de pleurs, et pourtant, un roman d'une infinie beauté, une histoire d'une tristesse incroyable, des personnages complexes et travaillés.
Un autre aspect du roman m'a passionnée, le côté très Catherine Morland (héroïne de Northanger abbey de Jane Austen) d'Effi, le comique en moins. On a de la peine pour Effi lorsqu'on la voit totalement terrifiée par ces histoires de fantômes qui hantent sa maison. Un roman qui reprend les ambiances gothiques anglaises pour notre plus grand bonheur.
Bref, vous aurez compris que ce roman m'a passionnée et mérite que l'on si attarde. Il est superbe à lire, mais ouvre également de nombreuses et interminables portes de réflexions. Un style simple mais qui cache une profondeur incroyable.
Laissez-vous porter par la triste histoire d'Effi … Je suis encore bouleversée par la fin de ce roman. Principalement, par la toute dernière scène qui m'a totalement rebellée!

" Effi, pour qui l'air libre avait plus de valeur encore que la beauté du paysage, évitait les boqueteaux et suivait plutôt la grande route, bordée d'abord de vieux chênes, puis de peupliers, jusqu'à la gare où l'on parvenait en une heure de temps. Tout lui était bonheur, elle respirait avec joie le parfum du colza et du trèfle, elle suivait l'envol des alouettes, elle comptait les puits et les auges où allait boire le bétail. "

(Effi Briest, L'imaginaire Gallimard, 2007, p 333)

(Source image : impressionism-art.org)

vendredi 25 septembre 2009

"Mrs Dalloway dit qu'elle se chargerait d'acheter les fleurs"

Les heures
Michael Cunningham

10/18, 2004.

Clarissa est éditrice à New York à la fin du XXe siècle ; Virginia est écrivain en 1923 dans la banlieue de Londres ; Laura est mère au foyer à Los Angeles en 1949. Tandis que s'écoulent les heures d'une journée particulière, un réseau de résonances subtiles apparaît peu à peu entre ces trois femmes en quête de bonheur, jusqu'à la révélation finale, bouleversante. Sous la plume de Michael Cunningham, d'une grâce presque irréelle, les sentiments les plus furtifs, les émotions les plus impalpables ont la fragilité et l'amertume des occasions perdues, de la douleur de vivre.

Véritable coup de coeur!
J'ai dégusté chaque mot, chaque sensation, chaque ambiance. J'ai pris le temps de comprendre, de savourer. Ouvrir ce roman fut pour moi comme une immersion totale dans un autre monde. J'y ai trouvé le bonheur des instants simples de la vie, mais aussi la tristesse, la morsure du temps et de la maladie, la douleur, l'envie de crier.
Nous suivons une journée dans la vie de trois femmes qu'en apparence tout sépare. Elles viennent de trois lieux différents et vivent dans trois époques différentes. Mais une chose les rapproche : un roman. Plus exactement Mrs Dalloway. Dans les années 20, Virginia Woolf l'écrit. Dans les années 40, Mrs Brown le lit. A notre époque, une éditrice de 50 ans porte le même prénom que l'héroïne du roman, Clarissa. Son plus proche ami l'appelle affectueusement Mrs Dalloway. On suit ces trois femmes dans cette journée à la fois étrange et banale. Mrs Woolf obéit à son mari tout en luttant contre les démons qui la ronge. Mrs Brown tente de résister à son envie de lire et prépare un gâteau pour l'anniversaire de son époux. Clarissa organise une réception en l'honneur de son vieil ami Richard.
Ce roman m'a énormément touchée. Déjà par sa plume douce, subtile, comme un écho à la plume de Virginia Woolf. J'ai aimé suivre Clarissa dans les rues, Mrs Brown dans sa cuisine et Virginia sur sa table de travail. Ce roman, malgré les drames et la tristesse qui s'en dégage, à quelque chose de calme et d'apaisant. On voit les personnages évoluer devant nos yeux, on a envie de crier comme eux, de s'arracher à cette dépendance affective qui les paralyse et pourtant, les font aussi vivre.
Lorsqu'arrive la fin, on retourne en arrière pour trouver des signes, des explications, pour comprendre.
Un roman puissant, beau, tragique et éblouissant. Rien à jeter, tout à déguster. Une magnifique découverte.
...
Le titre de mon billet est la première phrase du roman Mrs Dalloway de Virginia Woolf.
...
" Elle a su qu'elle aurait du mal à avoir confiance en elle, chez elle, dans les pièces de sa maison, et lorsqu'elle a regardé ce nouveau livre sur sa table de chevet, posé sur celui qu'elle avait terminé la veille au soir, elle a tendu machinalement la main vers lui, comme si la lecture était la première obligation du jour, unique et évidente, le seul moyen viable de surmonter le passage du sommeil aux tâches obligées. "
(Les heures, M. Cunningham, 10/18, 2004, p44)


(Source image : flickriver.com)

dimanche 20 septembre 2009

"Ces millions de trajectoires solitaires"

Les heures souterraines
Delphine de Vigan
JC Lattès, 2009.

Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Au cœur d'une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai.
Les heures souterraines est un roman vibrant et magnifique sur les violences invisibles d'un monde privé de douceur, où l'on risque de se perdre, sans aucun bruit.

J'ai ouvert ce roman un peu sur la défensive. Le thème, le titre, l'auteur, je ne partais pas totalement convaincue. J'aime les lectures qui me font m'évader loin de mon quotidien, qui me détendent, m'apaisent. Un roman parlant des violences silencieuses du monde du travail, de l'atmosphère pesante de la ville, de la solitude dans la foule et de l'angoisse qui empêche de vivre n'est pas vraiment un roman qui détend. Les thèmes durs sont nécessaires, vitaux. Mais je dois avouer que d'habitude, mes envies vont vers des styles moins contemporains, moins proches, moins accessibles, touchant moins à notre vie actuelle. Mais cela étant dit, j'ai aimé ma lecture. J'ai été touchée par l'histoire de Mathilde et par celle de Thibault. Mathilde vit un véritable calvaire, une tragédie silencieuse. Ce roman montre bien que l'horreur n'est pas forcément crue, brutale, sanglante. Elle peut se manifester n'importe quand, à n'importe quel moment. Elle apparaît silencieusement, à l'abri des regards et détruit petit à petit, sans faire de miettes, sans hurlements. "A trente ans, elle a survécu à la mort de son mari. Aujourd'hui, elle en a quarante et un connard en costume trois pièces est en train de la détruire à petit feu. " (p174).
Un roman a ne pas lire dans un moment de déprime. Un roman qui nous montre les gens que l'on croise dans la rue, dans les transports, différemment. On possède tous notre part de drames et de souffrances silencieuses.

" Ou bien elle rencontrerait un homme, dans le wagon ou au café de la gare, un homme qui lui dirait madame vous ne pouvez pas continuer comme ça, donnez-moi la main, prenez mon bras, posez votre sac, ne restez pas debout, c'est fini, vous n'irez plus, ce n'est plus possible, vous allez vous battre, je serai à vos côtés. Un homme ou une femme, après tout, peu importe. Quelqu'un qui comprendrait qu'elle ne peut plus y aller, que chaque jour qui passe elle entame sa substance, elle entame l'essentiel."
(Les heures souterraines, Delphine de Vigan, 2009)



(Source image : slauro.blog.pacajob.com)

samedi 19 septembre 2009

Nous sommes tous des mangeurs de soleil!

Le soleil des Scorta
Laurent Gaudé

J'ai lu, 2007.

La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché.
Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobre. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie.
A l'histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s'éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta.
Goncourt 2004.

Je viens de passer des moments de lecture très forts et passionnés.
Le soleil des Scorta est un roman puissant sur la force de la terre, de l'amour, de la peur, de la fraternité. Un roman dans la droite ligne des grandes tragédies grecques. Une histoire de fatalité et de malédiction qui prend aux tripes. Des scènes horribles (le vol des médailles, la fin de Luciano au début du roman) qui croisent des scènes d'une poésie rare (l'histoire d'Elia et Maria, et surtout celle de Donato et Alba. Magnifiques!). Une belle plume que celle de Laurent Gaudé qui nous emméne dans la chaleur étouffante d'un village italien. On sent la morsure du soleil sur notre corps, le poids de l'hérédité, l'amour des siens.
Une belle et émouvante saga familiale qui se lit toute seule.

" La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s'était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d'août pesait sur le massif du Gargano avec l'assurance d'un seigneur. Il était impossible de croire qu'en ces terres, un jour, il avait pu pleuvoir. Que de l'eau ait irrigué les champs et abreuvé les oliviers. Impossible de croire qu'une vie animale ou végétale ait pu trouver - sous le ciel sec - de quoi se nourrir. Il était deux heures de l'après-midi, et la terre était condamnée à brûler. "
(Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, Folio, 2007, p 11)


(Source image : marie.guenro.free.fr)

Je craque, tu craques, il craque, nous craquons ....

Après une escapade livresque, je reviens avec quatre trèsors :
  • La femme de trente ans de Balzac : Parce que j'aime Balzac et que je veux (presque!) tout lire de lui.
  • Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de Selma Lagerlöf : Mon frère m'en parle depuis longtemps, je me devais de découvrir de chef d'oeuvre de la littérature nordique.
  • Deux Rougon-Macquart : Pot-Bouille et La faute de l'Abbé. Je veux lire tous les romans de cette série et puis, parce que Zola reste LE grand Zola.