dimanche 10 octobre 2010

Il ne faut pas voler pour vivre, il faut vivre pour voler ...

Jonathan Livingston Le goéland
Richard Bach


J'ai lu, 2007.
Jonathan Livingston n'est pas un goéland comme les autres. Ses parents, les autres membres de son clan, ne voient pas plus loin que le bout de leurs ailes. S'ils volent, c'est uniquement pour se nourrir. Jonathan, lui, vole pour son seul plaisir. Et en volant toujours plus haut, toujours plus vite, il sait qu'il découvrira un sens plus noble à la vie. Effrayés par son audace, ses semblables le rejettent. Mais Jonathan va se faire de nouveaux amis ...

Jonathan Linvingston est un joli conte. Comment ne pas être touché par des mots comme liberté, amour, envol?? Mais malheureusement, je crois que je n'ai pas saisi tout ce que voulait nous transmettre Richard Bach. Ce conte est tellement symbolique que je n'ai pas tout compris. Pourtant, j'aime les contes. Le côté lyrique, merveilleux, fantastique me plaît. J'aime lire entre les lignes pour comprendre le message de l'auteur. Mais là, j'ai été un peu perdue. A part le fait que Richard Bach nous offre un véritable hymne à la liberté, je crois que je serai incapable de faire tout autre analyse. Je n'ai pas saisi dans quel monde était entré Jonathan lorsqu'il rencontre l'Ancien, ni ce que signifiait "fils du Grand Goeland" qui apparaît d'un coup et plein d'autres petits détails. Dans certains contes (surtout de cultures différentes), on ne comprend pas toujours tous les symboles, mais on en ressent tout de même l'idée première, le sens profond, même si les mots pour les formuler ne viennent pas. Là, je crois que je n'arriverai même pas à émettre des hypothèses sur certains passages de l'histoire. Si quelqu'un peut m'éclairer, je serai heureuse.
C'est une jolie histoire même si je n'ai pas toujours tout saisi. Je reste un peu frustrée.
En conte initiatique, je conseille davantage le merveilleux Petit prince et les sublimes livres d'Andrée Chédid.

" La plupart des goélands ne se soucient d'apprendre, en fait de technique de vol, que les rudiments, c'est à dire le moyen de quitter le rivage pour quêter leur pâture, puis de revenir s'y poser. Pour la majorité des goélands, ce n'est pas voler mais manger qui importe. Pour ce goéland-là cependant, l'important n'était pas de manger, mais de voler. "
(Jonathan Livingston, Bach, J'ai lu, 2007, p11)


(Source image : profbof.com)

samedi 9 octobre 2010

Readathon ... C'est parti!

Bonjour la compagnie!
ça y est le Readathon commence dans quelques minutes. Vous êtes prêts? Moi oui. Levée à 9h, j'ai pris le temps de poster mon avis sur Germinal que j'ai fini hier soir, de petit déjeuner et je prends deux minutes pour vous saluer avant le début de la journée.
En ce qui me concerne, c'est la première fois que je participe et je suis ravie. J'ai choisi de faire le Mini-RAT (10h-22h). Et voilà ce que j'ai préparé :

Pour boire : Une bouteille de Cheery Coke bien fraîche et de la tisane aux agrumes (je n'ai malheureusement pas le droit de boire trop de thé en ce moment ... ça va être dur!)
Pour manger : Des gâteaux suédois à l'avoine et au chocolat, des biscuits miel/châtaignes (on est en automne!) et des bonbons Soucoup's qui piquent pour donner un coup de fouet.
Pour lire : 2 BD Tintin (L'or noir et Objectif lune), un court roman Jonathan Levingston le goeland, un policier La fête du potiron d'Agatha Christie, un roman léger Le mec de la tombe d'à côté et un bon gros roman que je commencerai dans les tous derniers moments Le docteur Jivago (enfin, si j'ai le temps!).
Voili voilou!
Je commence par Jonathan Levingston le goeland sous la couette.
Je viendrai régulièrement vous mettre un petit mot pour vous tenir au courant de mes avancées livresques.
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9h51 : Début du Readathon dans 9 minutes. Je vais aller me faire chauffer ma première tasse d'infusion aux agrumes, je vais prendre mon 1er roman Jonathan Levingston le goeland et j'attaque! Je vous reviens bientôt!
12h : J'ai terminé mon 1er livre (Jonathan Levingston) tout à l'heure dans mon lit avec une tisane vers 10h50. J'ai fait une pause "douche/habillage", puis j'ai repris ma lecture en ouvrant La fête du potiron d'Agatha Christie. J'ai lu quelques chapitres jusqu'à 11h45. Là, je viens de lancer le repas. En attendant que ça soit prêt, je file bouquiner encore un peu. A tout à l'heure!
14h43 : Après le déjeuner, je me suis replongée dans La fête du potiron en me laissant tenter par quelques bonbons qui piquent (hum!). 1ère constatation : Ne pas participer au Readathon si on fait un régime! Heureusement, ce n'est pas mon cas! J'ai dépassé la moitié du roman. J'y retourne! Mais qui a bien pu assassiner la petite Joyce?
16h35 : Je viens de finir La fête du potiron qui était, ma foi, bien agréable. Je vais faire une pause avec les romans et lire Tintin au pays de l'or noir.
Pour le moment, 314 pages lues. Et la moitié de cette journée lecture est passée.
19h20 : J'ai lu Tintin au pays de l'or noir, puis j'ai enchaîné avec Le mec de la tombe d'à côté, j'en suis à la page 85. Là, je suis en pause repas avec mon Romanzo. Je reprends ma lecture dans quelques temps.
459 pages lues.
22h03 : ça y est! C'est terminé! Les 12h sont passés. Je suis un peu frustrée car il me reste que 30 pages du Mec de la tombe d'à côté. Mais bon tant pis!
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Allez, je me lance dans le questionnaire final!
- 1 - Combien de pages lues au total?
594 pages.
- 2 - ça représente combien de livres ?
2 romans entiers, 1 autre quasiment terminé (220 pages lues sur 250) et 1 BD.
- 3 - Liste des livres lus, avec précision du genre, et du nombre de pages lues pour chacun d'entre eux. Avez-vous participé à des minis-défis? Si oui, lesquels et avec quels livres?
- Jonathan levingston le goeland de Richard Bach, conte initiatique, 124 pages.
- La fête du potiron d'Agatha Christie, roman policier, 190 pages.
- Tintin au pays de l'or noir de Hergé, BD, 60 pages.
- Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti, 220 pages.
Avec La fête du potiron, j'ai participé au Mini Défi Saison et au Mini Défi Détective. Avec Le mec de la tombe d'à côté, au Mini Défi couple.
- 4 - Quel est le meilleur livre que vous ayez lu?
Hum ... hum ... Même si je ne l'ai pas terminé, je vais dire Le mec de la tombe d'à côté que je trouve assez touchant.
- 5 - Quel livre avez-vous abandonné et pourquoi? Ou quel est celui qui vous a le moins plu?
Je n'ai abandonné aucun livre. Et celui qui m'a le moins plu est Jonathan Levingston le goeland. Il n'est pas mauvais, mais je n'ai compris toute la symbolique de ce conte.
- 6 - Tenir 12h finalement c'était dur ou pas? Un petit regret de ne pas vous êtes inscrite au BIG RAT?
Franchement, ce n'était pas si long. Et puis, j'ai pris les choses de façon très cool. J'ai pris le temps de dîner avec Romanzo et même de préparer à manger. Je crois que j'aurai pu être beaucoup plus insociable que je ne l'ai été.
Le BIG RAT? Non, je ne me sens pas encore prête.
- 7 - Quelle a été l'heure la plus décourageante?
Vers les 17h30 quand j'ai ouvert Le mec de la tombe d'à côté. Sur le coup, je n'étais pas du tout motivée. Mais heureusement, l'intrigue m'a vite attrapée.
- 8 - La plus enthousiasmante?
Lorsque j'ai terminé mon 2nd roman ...
- 9 - Votre meilleur ami pendant ces 12 heures?
Franchement? Les livres. J'ai fait des choix assez bons je trouve et j'ai été pris dans les histoires sans même m'en rendre compte et en oubliant presque le readathon.
- 10 - Votre pire ennemi?
La digestion.
- 11 - Rendez-vous à la prochaine édition?
Pourquoi pas?
- 12 - Avez-vous des suggestions/améliorations à apporter pour la prochaine édition?
Non.
- 13 - Des conseils pour les prochains participants.
Ne pas se prendre la tête et se faire plaisir. Choisir des romans courts et aux nombreux rebondissements.
- 14 - Le mot de la fin?
Je file finir Le mec de la tombe d'à côté ... Salut!

" Est-ce qu'on était des bêtes pour être si entassés qu'on ne pouvait changer de chemise sans montrer son derrière aux voisins! "

Germinal
Emile Zola
Défi J'aime les classiques (septembre)

Livre de poche, 1970.
Fils de Gervaise Macquart ( L'assommoir), le jeune Etienne arrive dans le Nord de la France à la recherche d'un nouvel emploi. Il se fait embaucher aux mines de Montsou et connaît des conditions de travail effroyable. Il fait la connaissance d'une famille de mineurs, les Maheu et tombe amoureux de la jeune Catherine. Il est révolté par l'injustice qu'il découvre et par les conditions de vie des mineurs. Il propage assez rapidemment des idées révolutionnaires.
(Wikipedia.org)

J'ai mis du temps à le terminer, mais c'est bon, ça y est!
Germinal est mon 8ème Rougon-Macquart après La curée, L'assommoir, Nana, Au bonheur des dames, La terre, Le rêve et La bête humaine et j'ai adoré. Ce roman a un souffle, une force incroyable. Je suis heureuse d'avoir enfin lu Germinal, ce monument de la Littérature.
Etienne est extrêmement attachant (même assez séduisant!) tout comme l'était sa mère, la merveilleuse et touchante Gervaise. Il m'a vraiment fait penser à elle. J'ai aimé ses désirs de justice, de respect, d'amour et de bonheur. J'ai aimé l'amour pudique et discret qu'il porte à Catherine, cette frêle jeune femme pas toujours cohérente, mais bouleversante.
Germinal se lit tout seul. Chaque chapitre est passionnant. Ma préférence va à l'avant et l'après grève : l'arrivée d'Etienne, sa rencontre avec Catherine, sa première descente dans les mines (génial!), son installation chez les Maheu, les discussions pour préparer la grève et puis, dans les dernières pages, la fusillade et la catastrophe finale. Dans ce dernier moment, j'étais suspendue aux pages. C'était moi qui avait les pieds dans l'eau et qui serrait Etienne. Une scène d'une grande beauté mais également terriblement angoissante.
Germinal est un roman assez déprimant. C'est du Zola! Mais c'est un beau roman. Je crois qu'Etienne (avec Jean de La terre) est mon personnage des Rougon-Macquart favori.
Une grande épopée ouvrière et humaine qui nous montre malheureusement que le peuple n'a pas toujours le dernier mot, une histoire bouleversante, des peronnages attachants qui me suivront longtemps. Un magnifique roman à lire!
...
" Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres. "
(Germinal, Zola, Livre de poche, 1970, page 7)

(Source image : lookfordiagnosis.com)

dimanche 26 septembre 2010

L'automne est là!

Je vous souhaite un bel automne!


Un automne lové dans un plaid, un bon thé à la main, un roman passionnant dans l'autre. Pendant que la pluie bat les carreaux et que le vent souffle dehors, je vous souhaite des heures de lectures douillettes.
Un automne pour faire des pâtisseries, des soupes, aller aux châtaignes, aux champignons, pour laisser le froid vous piquer les joues et avoir le plaisir de rentrer chez soi au chaud.

(Source image :mazel-livres.blogspot.com. La lectrice de Marcel Rieder)

jeudi 9 septembre 2010

" Bientôt, elle serait capable de commencer à penser : "Ensuite?" "

Poussière
Rosamond Lehmann
Livre de poche, 1972.


18 ans, au ledemain de la Première Guerre mondiale, Judith Earle, une jeune fille de bonne famille du sud de l'Angleterre, assiste au retour de ses voisins, les cousins Fyfe, qu'elle a idôlatrés tout au long de son enfance solitaire. Dans une mosaïque faisant alterner passé et présent, Judith se souvient de leurs jeux, et des fantasmes induits par ces jeunes garçons qui revêtaient pour elle un caractère quasi mythique tant ils étaient beaux, socialement doués, à l'aise en toutes circonstances, ... Tous ont grandi, et elle revoit chacun identique et différent de l'enfant qu'il fut. Mais la magie de l'enfance n'est-elle pas déjà devenue poussière?
(Quatrième de couverture de l'édition Phébus, 2009.)


Je viens de passer de douces et agréables heures avec Poussière. J'avais découvert la plume de Rosamond Lehmann (auteur oubliée mais heureusement remise au goût du jour par les excellentes éditions Phébus) avec le merveilleux L'invitation à la valse.

On embarque dans Poussière dès les premiers mots. La maison de Judith, la nature, le lac, le jardin, tout dans ce roman pousse à la poésie, à la rêverie. Le début et le milieu du roman (les 3 premières parties) m'ont totalement emballée. Même si le roman entier est une réussite, les deux dernières parties m'ont moins séduite.

Les 3 premières parties du roman évoque l'enfance de Judith (passages nostalgiques, poétiques et sensibles), les retrouvailles avec ses voisins (très émouvantes) et enfin, ses études de littérature anglaise à Cambridge (superbes!). Ce sont ces moments là qui m'ont le plus envoûtée. Les descriptions de la nature, la vie d'étudiante dans les années 20, la scène de patinage sur le lac gelé (Aaah!!), la fascination de Judith pour ces voisins, cette histoire de maison qui revit après plusieurs années, ce fut un coup de coeur, un régal. Les premières pages sont réellement magiques. Rosamond Lehmann nous dresse le portrait de chaque personnage si merveilleusement que l'on finit par les connaître et les voir. Même si ces voisins sont parfois étranges, on finit, nous aussi, par les aimer. Judith a une façon de regarder et d'écouter les gens qui nous la rend tout de suite attachante.
En lisant les premiers mots de Poussière, j'avais la conviction d'assister à un coup de foudre littéraire. Cette idée m'est restée très longtemps durant la lecture, mais certains passages se situant après les études de Judith à Cambridge (4ème partie) ne m'ont pas emballée à 100% (seulement à 90). J'ai trouvé trop lourd ce huis-clos amoureux qui tournait à la fin un peu en rond. Ceux qui lisent cet avis doivent se dire qu'il s'agit d'un vulgaire roman à l'eau de rose. Je crie que NON! C'est un véritable petit bijou. Je sais que ces confrontations amoureuses entre Judith et ces voisins sont là pour nous montrer qu'elle n'a pas encore tourné la page de son enfance, qu'elle s'y accroche ... jusqu'à s'enliser! Mais j'ai juste trouvé un peu gros que tous ces personnages s'enferment entre eux, s'aiment entre eux, se haïssent entre eux. C'est vrai qu'il fallait bien comprendre que ce n'est que lorsqu'ils se sépareront qu'ils pourront enfin vivre (essayer en tout cas), mais ce n'était pas utile d'en mettre autant. Donc, un léger ralentissement en fin de roman ... Ou plutôt en 4ème partie, car la 5ème (et dernière) partie est, quant à elle, plutôt réussie.

J'ai retrouvé ce ton nostalgique, humble, profondément humain de L'invitation à la valse. Cette douceur, cette mélancolie propre à la plume de Rosamond Lehmann. Et j'ai adoré! J'ai réellement dégusté ce roman. J'ai pris le temps de le lire, de le savourer. Le temps doux de ces derniers jours fut un allié de choix pour apprécier ces heures de lecture.

Malgré le bémol de la 4ème et avant-dernière partie, j'ai adoré ce roman. Surtout ces premiers chapitres où je suis littéralement tombée amoureuse de cette ambiance, de cette douceur, de ces paysages, de cette plume ... Un roman qu'il faut, tout comme L'invitation à la valse, lire absolument. Quant à moi, j'ai Le jour enseveli de Rosamond Lehmann qui m'attend encore dans ma bibliothèque.

" Alors elle vit que le ciel se fleurissait des teintes du soir. Au-dessous des nuages rougissants, le soleil apparut, toutes les cimes des arbres s'allumèrent et leur masse confuse, mouvante et balancée, baigna dans un flot d'or assombri. De l'autre sôté de la rivière, les champs étaient somptueux et rêveurs, saturés de lumière, coupés de longues ombres violettes. L'eau courait d'une course un peu folle, jonchée de paillettes ardentes, semée d'opales enflammées. Pourtant tout s'adoucissait, s'apaisait; les nuages se rassemblaient dans le lointain, le vent tombait; le soir allait être aussi calme, aussi fixe que la mort. "

(Poussière, livre de poche, 1972, p37)

(Source image : aqui.fr)

dimanche 5 septembre 2010

Les nouveaux arrivants!

Oooh! Les beaux cadeaux!

Romanza 2010

Un petit tour à la bouquinerie et les deux tomes de David Copperfield finissent chez moi, un anniversaire est La danseuse d'Izu, Le jour enseveli, L'amour au temps du choléra et les nouvelles de Somerset Maugham me tombent dans les bras et enfin, un cadeau imprévu de Romanzo (L'arche dans la tempête) prend sa place dans ma bibliothèque à côté de mes autres Elisabeth Goudge.
Elle est pas belle la vie??

vendredi 3 septembre 2010

Oyez! Oyez! Le roi Arthur recrute!

Le conte du Graal
Chrétien de Troyes

Livre de poche, Lettres gothiques, 1990.

Voici l'oeuvre dernière, restée inachevée, du grand romancier d'aventure et d'amour qu'est Chrétien de Troyes. Paradoxe d'une mort féconde. Enigme demeurée intacte. Oeuvre riche de toutes les traditions : biblique et augustinienne, antique et rhétorique, celtique et féerique. Est-ce un roman d'éducation ou le mystère d'une initiation? Brille-t-il par le cristal de sa langue ou par la merveille d'une femme?

J'ai réellement fait la connaissance de Chrétien de Troyes en cours d'ancien français à l'université. Je devais lire et étudier Yvain ou Le chevalier au lion. J'avais énormément aimé me plonger dans les premiers textes racontant la légende des chevaliers de la table ronde (légende qui m'a toujours fascinée). J'ai donc renouvellé l'expérience en me plogeant dans Perceval ou Le conte du Graal.
Je ne voulais pas une autre collection que Les lettres gothiques (bilingue). Je pouvais ainsi me replonger (un peu) dans l'ancien français. Mais c'est surtout la traduction en français moderne que j'aime dans cette édition. Elle garde le ton désuet de la version originale, ainsi que l'écriture en vers. Je ne voulais pas d'une version trop moderne. Donc un conseil, si vous voulez lire Chrétien de Troyes, procurez-vous cette collection.
J'aime Chrétien de Troyes. Je me vois au coin du feu dans une obscure salle médiévale en train d'écouter un troubadour contant de vieilles légendes. C'est léger, facile à lire, plein de rebondissements, délicieusement démodé et pourtant délicatement moderne. On se plonge dans les aventures de ces incroyables héros, on les suit dans les forêts enchantées à la rencontre de fées et de magiciens ... Un beau voyage! On nous conte l'amour, la haine, la violence, l'amitié, l'entraide, la valeur, le courage, ... J'ai aimé faire la connaissance de ce naïf Perceval qui se transforme petit à petit en valeureux chevalier. Ce roman, étant inachevé, se termine brusquement et c'est très frustrant. J'ai préféré tout de même Yvain ou Le chevalier au lion. Plus construit, plus passionnant, moins répétitif et brouillon. J'ai aimé Le conte du Graal, mais son aspect "pas fini" se ressent. Je conseille Yvain ou Le chevalier au lion a ceux qui veulent découvrir Chrétien de Troyes.
Autre aspect de l'oeuvre de Chrétien de Troyes que j'aime particulièrement, son ironie, son humour. Cet auteur est très drôle. Je me souviens de scènes dans Yvain où Chrétien de Troyes désacralise totalement les chevaliers de la table ronde et le roi Arthur en se moquant d'eux.
Si vous aimez les lectures efficaces ressemblant à d'anciens contes lus au coin du feu, si vous aimez les vieilles légendes et les histoires de preux chevaliers, Chrétien de Troyes est fait pour vous.
...
" C'était au temps où les arbres fleurissent,
les bois se feuillent, les prés verdissent,
où les oiseaux dans leur latin
avec douceur chante au matin,
et où toute chose s'enflamme de joie:
le fils de la Veuve Dame
de la Déserte Forêt perdue
se leva et de bon coeur
sella son cheval de chasse,
se saisit de trois javelots
et sortit ainsi du manoir de sa mère
en se disant qu'il irait voir
les herseurs qui pour sa mère
hersaient les avoines,
avec leurs douze boeufs et leurs six herses. "
(Chrétien de Troyes, Le conte du Graal, Livre de poche, Lettres gothiques, p 31)

(Source image : ac-reims.fr)

dimanche 29 août 2010

" On devient coquin sans y penser "

Colomba (suivi de Carmen)
Prosper Mérimée
Défi J'aime les classiques (Août)
La petite bibliothèque, France Loisirs, 2005.


Colomba Della Rebbia a vu périr son père assassiné par son ennemi, l'avocat Barricini. L'assassin a su dérober son crime aux yeux de la justice, mais Colomba n'a pas mis l'espoir de sa vengeance dans la loi. Elle a une frère, Orso Della Rebbia, lieutenant en demi-solde dans la garde impériale, qui doit bientôt revenir en Corse. C'est lui qui est maintenant le chef de famille, et c'est lui, qui selon les idées de la Corse, doit venger son père ...

Alors qu'il voyage dans le sud de l'Espagne, le narrateur -archéologue- rencontre par hasard José de Navarro appelé Don José, amoureux de Carmen. Quelques temps plus tard, il recontre Carmen et est sauvé du piège que celle-ci lui tendait par Don José. Il recontrera encore ce personnage qui lui racontera sa déchéance , du fait de son amour pour Carmen.
(Ces résumés sont tirés de Wikipedia.org)


L'été est terminé, je vais enfin avoir un rythme de lecture plus intense. Je n'ai pas eu vraiment le temps de lire durant ces deux mois (boulot!), ça m'a beaucoup manquée.
J'ai mis du temps à lire ces deux courtes nouvelles (comme chaque livre que j'ai lu en juillet et en août).
J'ai préféré Colomba à Carmen. Le personnage de Colomba m'a fascinée. Cette femme forte et déterminée est une très belle figure de la littérature. Cette nouvelle qui plante son décor en Corse est, sans être scotchante, agréable et divertissante. Les décors sauvages, la vision des continentaux sur les corses, les histoires de vendetta, la langue chantante, le beau Orso, Colomba est une nouvelle originale, bien écrite et prenante.
Je connaissais très vaguement l'histoire de Carmen grâce à certains passages connus de l'opéra de Bizet. Je ne l'imaginais pourtant pas structurée ainsi. C'est en effet Don José qui compte son histoire au narrateur, ce dernier ayant croisé son chemin ainsi que celui de Carmen. Je n'ai pas été subjuguée par cette nouvelle. Certes, le personnage de Carmen est intéressant et Don José est touchant en homme blessé, mais j'ai trouvé cette nouvelle moins forte, moins fouillée que Colomba. Carmen n'a pas le charisme de Colomba. Cette dernière est vraiment un personnage que l'on a pas envie de quitter. Elle est dure, intransigeante, parfois cruelle, mais on l'aime. Elle est touchante, passionnée, aimante. On voit bien cette jeune et belle femme errer dans les collines corses son châle noir sur la tête. Le dernier chapitre de Colomba m'a énormément touchée.
Deux nouvelles intéressantes. Une grande préférence pour Colomba que je conseille fortement.
...
" Lâches! s'écria-t-elle, vous tirez sur des femmes, sur des étrangers! Etes-vous Corses? êtes-vous hommes? Misérables qui ne savez qu'assassiner par derrière, avancez! je vous défie. Je suis seule ; mon frère est loin. Tuez-moi, tuez mes hôtes ; cela est digne de vous ... Vous n'osez, lâches que vous êtes! Vous savez que nous nous vengeons. Allez, allez pleurer comme des femmes, et remerciez-nous de ne pas vous demander plus de sang! "
(Colomba, Mérimé, La petite bibliothèque, France Loisirs, 2005, p161)

(Source image : artchive.com)

samedi 21 août 2010

Pause campagnarde

A quelques jours de la rentrée, je pars ce soir dans ma chère campagne. Du calme, du repos, de la lecture, ....
Voyage en train de nuit, arrivée demain matin et retour vendredi soir.
J'emmène Colomba, un Agatha Christie et Le conte du Graal de Chrétien de Troyes.

A très bientôt!
(Source image : enfinlivre.blog.lemonde.fr. Kroyer)

samedi 14 août 2010

" Plus honnête homme à l'approche de la mort qu'il ne l'avait été durant sa vie ... "

Le rouge et le noir
Stendhal
Défi J'aime les classiques (juillet)
Livre de poche, 1972.

Véritable tableau de la société française dans les dernières années de la Restauration, Le rouge et le noir est aussi un grand roman d'amour : orgueilleux par timidité, sensible et révolté, Julien poursuit avec tenacité le combat de son ambition, faisant fi des préjugés sociaux comme des règles de la morale.
Symbole de refus de l'ordre établi, mélange de froideur lucide et de passion exaltée, le personnage a des résonances bien actuelles.
(Quatrième de couverture de l'édition J'ai lu 1991)

J'ai entamé ce roman avec joie, enchaînant rapidemment les pages. Ouvrir ce GRAND classique de la littérature française m'enthousiasmait. Mais malheureusement, les journées intenses de travail et un rythme général soutenu m'ont empêchée de poursuivre sur cette lancée. Je n'ai réussi à lire que le week-end voilà pourquoi Le rouge et le noir est resté si longtemps sur ma table de chevet. Mais bon, vaut mieux tard que jamais, donc je suis prête pour (essayer de) vous en parler.
J'ai aimé Le rouge et le noir même si je l'ai trouvé, dans l'ensemble, assez long. Stendhal nous peint avec talent la société française après Bonaparte. On se prend au jeu de suivre le jeune Julien Sorel dans cet univers étrange, troublant, attirant mais également révoltant. Je ne m'attendais pas à trouver un Julien Sorel ambitieux, parfois égoïste et aigri. Naïvement, Julien était pour moi l'incarnation du jeune romantique éperdu d'amour. Il a fallu que je m'habitue au vrai Julien, plus humain, ayant des faiblesses et des duretés de caractère. Je ne l'ai pas toujours compris, ni approuvé. C'est dans les dernières pages du roman que je me suis sentie réellement proche de lui. En ce qui concerne Mme de Rénal (la fameuse), bien que son nom plane sur tout le roman, elle est assez absente. Non, l'histoire d'amour de Julien et Mme de Rénal n'est pas l'intrigue principale du roman. C'est avant tout l'histoire d'un jeune homme désirant monter dans la société et de sa soif absolue de réussite.
Le personnage que j'ai trouvé extrêmement intéressant, mais pas pour autant sympathique, est Mathilde de la Mole. Cette jeune femme est d'une ambivalence fascinante. Je l'aimais bien au début de son apparition. Cette jeune femme riche, révoltée, passionnée, me plaisait. J'ai moins aimé ces caprices, ces sautes d'humeur, ces volte-faces avec Julien. Je lui aurais bien crêpée le chignon à des moments.
Dans l'ensemble, Le rouge et le noir se lit bien. L'écriture est claire, le sujet intéressant, les chapitres très courts s'enchaînent rapidemment. Mais il manque un je-ne-sais-quoi de fraîcheur. J'ai toujours pensé que Le rouge et le noir me plairait davantage que La chartreuse de Parme. Le sujet, l'histoire d'amour, la légende Sorel-Mme de Rénal, tout m'invitait à le préférer. Et pourtant, maintenant que j'ai lu les deux, je peux dire que j'ai préféré La chartreuse de Parme. Il posséde plus de charme, plus de souffle. Je garde un réel coup de coeur pour ce roman alors que Le rouge et le noir restera un grand classique de la littérature à lire ... tout simplement. Ne pensez pas que je n'ai pas aimé. Le rouge et le noir est un très bon roman. Il a moins touché mon coeur que d'autres grands romans classiques, c'est tout!

" Les nuits de ces deux êtres furent bien différentes. Mme de Rênal était exaltée par les transports de la volupté morale la plus élevée. Une jeune fille coquette qui aime de bonne heure s'accoutume au trouble de l'amour ; quand elle arrive à l'âge de la vraie passion, le charme de la nouveauté manque. Comme Mme de Rênal n'avait jamais lu de romans, toutes les nuances de son bonheur étaient neuves pour elle. Aucune triste vérité ne venait la glacer, pas même le spectre de l'avenir. Elle se vit aussi heureuse dans dix ans, qu'elle l'était en ce moment. L'idée même de la vertu et de la fidélité jurée à M de Rênal, qui l'avait agitée quelques jours auparavant, se présenta en vain, on la renvoya comme un hôte importun. "
(Le rouge et le noir, J'ai lu, 1991, p87)

(Source image : abc142.free)