samedi 23 novembre 2013

" Et maintenant, ..., adieu bonté, humanité, reconnaissance ... Adieu à tous les sentiments qui épanouissent le coeur! "

Le comte de Monte Cristo
Alexandre Dumas

Folio, 2012.

Edmond Dantès, jeune officier, revient d'un voyage à bord du Pharaon, navire appartenant à l'armateur Morrel. Il a dû remplacer le capitaine Leclère, décédé durant le voyage, des suites d'une fièvre cérébrale. Le 24 février 1815, c'est donc lui qui ramène le Pharaon dans le port de Marseille. Dès son arrivée, il est accueilli par Morrel qui lui promet de le nommer capitaine. Dantès est au comble du bonheur : il va ainsi pouvoir aider financièrement son vieux père et épouser sa belle fiancée, la Catalane Mercédès. Mais ce bonheur suscite la jalousie. Il y a tout d'abord Danglars, le comptable du bateau qui brigue le poste de capitaine du Pharaon, et aussi Fernand Mondego, un pêcheur amoureux de Mercédès et repoussé par elle.
Aidés de Caderousse, voisin et ami de Dantès, Danglars et Fernand vont comploter pour se débarrasser d'Edmond.
(Wikipedia.org)
Bon, il faut que j'arrête de reculer, de repousser et de trouver toujours des excuses. Je tourne autour du pot depuis plusieurs jours. J'essaie en vain de me lancer dans l'écriture de cet avis. Je sais avant même de rédiger ce billet que je n'en serai pas satisfaite. J'ai trop de choses dans le coeur, trop de choses à dire et d'autres à taire. La lecture du Comte de Monte Cristo est comparable à nulle autre. On plonge dans un monde plein de violences, de haines, de complots, un univers si addictif que l'on n'en ressort plus. 1400 pages qui se lisent d'une traite, le souffle coupé, sans aucun moment long ou inutile, la main tremblante, le coeur serré
Je connais le génie de Dumas depuis presque 15 ans. La reine Margot fut ma première lecture de ce grand homme et un de mes plus forts souvenirs littéraires. Je ne peux y repenser sans émotion. Puis il y a eu l'inoubliable Les trois mousquetaires, le touchant La tulipe noire, le passionnant La guerre des femmes et l'agréable Pauline. Je pensais que Dumas n'avait plus rien à me prouver, je connaissais sa plume si vive, drôle, dynamique, je connaissais son talent pour écrire des intrigues palpitantes et menées à la perfection, ainsi que sa poésie et sa délicatesse. En ouvrant, Le comte de Monte Cristo, je m'attendais vraiment à trouver un joyau ... Malgré ça, bien que je m'y sois préparée, je suis à genoux, éblouie. 4 jours après ma lecture, je suis toujours à côté d'Edmond Dantés, cet homme grave, sévère, intimidant ... mais si parfait. 
Je n'ai pas retrouvé dans ce roman l'humour si piquant de Dumas. Mais ce livre est si sombre, si dramatique (presque tragique) que l'humour n'a pas sa place ici. Ce manque de légèreté ne m'a pas manqué car il n'aurait pas collé à cette histoire si sombre. Par contre, j'ai retrouvé sa sensibilité, sa délicatesse, sa passion, son art de tenir en haleine son lecteur qui devient tout bonnement incapable de lâcher le roman. J'ai rarement lu un texte si bien ficelé, une intrigue parfaite en tout point. Aucune faiblesse, aucune facilité. De l'excellence du début à la fin. Je me demande même où Dumas (et Auguste Maquet, son collaborateur ... rendons à César ce qui est à César) a trouvé toutes ses idées. La construction de la vengeance de Dantés est scotchante. Cette idée de ne jamais dire avant la fin que le comte de Monte Cristo est Edmond Dantés (alors que le lecteur le sait très bien) est géniale. Lorsque tombe cette phrase : "Je suis Edmond Dantés" ... Notre coeur s'arrête ... Et pourtant, on savait! La différence entre ses deux personnalités Dantés/le comte, qui sont pourtant la même personne, est saisissante. Edmond Dantés est la part humaine de notre héros. Le naïf capitaine du Pharaon captif malgré lui et, dans les dernières pages, l'homme mûr qui se demande si sa vengeance n'a pas dépassé les limites. Le comte de Monte Cristo lui ne fléchit pas, ne doute pas, il est sans pitié et déterminé à faire tomber les coupables. 
Le comte de Monte Cristo nous offre des personnages tous plus inoubliables les uns que les autres. Bien sûr, il y a notre héros qui surpasse tous les autres en intelligence, en charisme, en stratégie, en émotion. Mais on croise aussi le terrible Villefort, la triste Mercédés, le touchant Maximilien, le séduisant Luigi Vampa, ... Chaque personnage a sa propre histoire, son moment de gloire (ou de défaite), devient le héros durant quelques pages. Et toujours, telle une ombre survolant la terre, le comte de Monte Cristo veille, attend le moment où sa toile d'araignée sera achevée et où il pourra enfin frapper le dernier coup. Il est partout, contrôle tout. 
Dumas reste Dumas ... et dans chacun de ses romans, le fond historique a son importance. C'est à Dumas que je dois tout ce que je sais sur la Saint Barthélémy, la fin des Valois, les guerres de religion. C'est lui qui m'a fait comprendre qu'un roman historique fallait 100 cours d'Histoire. Certes, Le comte de Monte Cristo n'est pas un roman historique et le contexte est moins présent, moins important que dans d'autres de ses romans. Mais j'ai tout de même apprécié de revoir l'histoire de la chute de Napoléon, les 100 jours, la Restauration, ... Parce qu'en plus d'en prendre plein les yeux et plein le coeur, avec Dumas, notre petit cerveau apprend plein de choses. 

C'était inutile d'essayer de faire un avis ... Je crois que j'aurai mieux fait de me taire. Après une telle lecture, les mots semblent incapables de décrire cette passion, ce génie, ces émotions qui remplissent un roman tel que Le comte de Monte Cristo. J'aime Dumas de tout mon coeur. Tous les meilleurs films du monde ne pourraient pas m'offrir cette bourrasque de sentiments qui m'a traversé durant les 1400 pages de ce texte. Encore plus que d'habitude, j'ai pensé en lisant Le comte de Monte Cristo à quel point je plaignais et ne comprenais pas ceux qui n'aimaient pas lire. Comment ne peut-on pas être hypnotisé, englouti, passionné par une histoire telle que celle là? Je ne comprends pas. 
Je ferme les yeux et je revois le château d'If, la cellule d'Edmond, l'abbé Faria ... et j'ai envie de repartir dans cet univers, retrouver Maximilien, Valentine, Albert, Mercédés ... A l'évocation d'un seul nom, d'une seule scène, d'une seule image, je suis saisie ... Et je pense que plus les années passeront plus mon amour pour ce roman grandira. 

«On fit encore quatre ou cinq pas en montant toujours, puis Dantès sentit qu'on le prenait par la tête et par les pieds et qu'on le balançait.«Une, dirent les fossoyeurs.- Deux.- Trois !»En même temps, Dantès se sentit lancé, en effet, dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant, tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le cœur. Quoique tiré en bas par quelque chose de pesant qui précipitait son vol rapide, il lui sembla que cette chute durait un siècle. Enfin, avec un bruit épouvantable, il entra comme une flèche dans une eau glacée qui lui fit pousser un cri, étouffé à l'instant même par l'immersion. Dantès avait été lancé dans la mer, au fond de laquelle l'entraînait un boulet de trente-six attaché à ses pieds.La mer est le cimetière du château d'If.»
(Le comte de Monte Cristo, A. Dumas, Tome 1, Folio, 2012, p 218/219).

(Sources images : pastichesdumas.com)

mercredi 20 novembre 2013

Rentrée ...

... avec des couleurs plein la tête et l'esprit léger ... et des avis de lecture aussi! 

 (photos Laos, Romanza, 2013)

lundi 4 novembre 2013

Ce n'est qu'un au revoir ...

 ... Promis, je reviens! Je pars pour deux semaines ... 
Le Laos et ses merveilles m'attendent. 


Deux semaines pour se ressourcer, prendre le temps de vivre et penser à soi. 

Bien sûr, j'ai longtemps réfléchi aux lectures que je glisserai dans mes bagages. J'ai fouillé du côté de la littérature laotienne mais je n'ai rien trouvé de tentant. Alors, je me suis dit que ces deux semaines étaient l'occasion d'ouvrir un gros pavé classique, une lecture toujours repoussée par manque de temps. J'embarque Le comte de Monte Cristo de mon cher Dumas.  Je l'ouvre dans l'avion ... 
(En attendant, j'ai ouvert un recueil de nouvelles de Zweig. Un délice comme toujours! Je le finis sûrement ce soir, mais vous aurez mon avis qu'à mon retour).


A très vite!

samedi 2 novembre 2013

" Cet endroit... aussitôt que vous y avez mis le pied, il prend possession de vous... "

Simetierre
Stephen King

J'ai lu, 1987.

Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s'installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Crandall, les emmène visiter le pittoresque " simetierre " où des générations d'enfants ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce " simetierre ", tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses. Un drame atroce va bientôt déchirer l'existence des Creed, et l'on se trouve happé dans un suspense cauchemardesque... 

Pour moi, la meilleure définition que l'on puisse donner à Stephen King n'est pas « le maître de l'horreur ». Alors oui, bien sûr, il maîtrise le suspense comme personne, ses ambiances étranges et inquiétantes sont si bien rendues que l'on en reste scotché, il a un don pour nous faire flipper avec un rien, mais (tout comme lors de ma lecture de ça), ce qui fait le talent de King pour moi n'est pas son esprit noir et flippant, mais bel et bien ses qualités de conteur. Je suis bluffée. L'histoire de Simetierre est sombre, dure, traumatisante et pourtant l'horreur n'est réellement présente que durant un tiers du roman. Tout comme ça, Stephen King nous offre un roman profond parlant d'amour, d'amitié, parlant de nos peurs les plus secrètes, de nos doutes, nos rêves, nos angoisses. Les romans de Stephen King parlent d'humanité. J'ai longtemps pensé qu'il n'écrivait que des histoires trashs, crues, difficiles à lire tant l'horreur était à son apogée. Depuis ma lecture de ça il y a 4 ans, j'ai compris que King écrivait surtout des romans humains, beaux, touchants et écrits d'une main de maître. Je pense que les lecteurs recherchant une simple histoire gore risquent d'être déçus. Les choses ne s’accélèrent qu'à la page 300 (sur 570). Les premières pages sont là pour installer l'ambiance, nous mettre en condition, nous faire aimer assez les personnages pour être bouleversé par leur sort (comme j'ai eu envie de crier). On croirait presque lire un roman nous contant l'histoire tranquille d'une famille américaine. Certaines scènes font froid dans le dos mais au final elles ne sont pas très nombreuses. Bon par contre, elles sont intenses … autant vous prévenir. Mais plus que des scènes gores, King arrive à nous terrifier avec un rien. C'est un magicienL'horreur chez King est comme une ombre qui plane au-dessus de notre tête. Quelque chose de toujours présent, près de nous, prêt à frapper. Il installe si bien l'ambiance qu'il arrive à nous faire sursauter seulement en décrivant le bruit d'une feuille qui tombe d'un arbre. J'en reste bluffée. L'une des images les plus flippante du roman est (je pense) celle de Zelda, la soeur de Rachel. Pas de goutte de sang, pas de trucs dégoûtants lors de la description de ce personnage et pourtant, Zelda m'a complètement traumatisée. Chapeau à Mr King! Et puis, il y a Church aussi. Ce chat m'a donné quelques sueurs froides. Pourtant, King ne raconte rien de vraiment terrifiant, mais il sait avec quelques mots nous rendre tellement bien une ambiance que Church, sa démarche maladroite, son odeur de terre, ses yeux vitreux, m'a angoissée comme jamais. 
Simetierre est sublime. King prend le temps de nous présenter la famille Creed. On s'attache à eux, on les aime. J'ai aimé les suivre dans leur quotidien. Ellie et Gage sont devenus mes enfants, Louis m'a souvent beaucoup fait rire et Rachel m'a touché. Mais surtout, ses quatre personnes m'ont bouleversé. L'image du petit Gage me hante. Je n'arrive pas à faire mon deuil de cette histoire. Mon petit garçon a l'âge de Gage et je n'ai pas arrêté de penser à lui en regardant mon fils. Tout comme les personnages de ça, les visages de Simetierre m'accompagneront toute ma vie. J'aime cette sensation à la fin d'une lecture. J'ai laissé des amis derrière moi. 
Stephen King arrive à nous faire imaginer tellement bien l'histoire que tout prend forme devant nos yeux. Je voyais la maison des Creed, ainsi que la route la séparant de celle de Jud, le chemin du "Simetierre", ... On rentre véritablement dans un autre monde, un univers parallèle au nôtre.
Si King n'écrivait que des histoires noires où la violence gratuite regorge, où les descriptions tombent dans le sanglant, je ne le lirai pas. Tout ça ne m'intéresse pas. Mais King écrit de sublimes histoires d'hommes, de femmes, d'enfants, il parle de sentiments universels et profonds, tout ça accompagné par une ambiance délicieusement angoissante. 
Tout comme après la lecture de ça, j'emmène avec moi plein d'images : le petit Gage jouant au cerf-volant, Zelda hurlant dans son lit, les réflexions amusantes de Louis, les camions roulant bien trop vite, le regard inquiétant de Church, Jud busant sa bière devant sa maison, des traces de pas boueux, ... 
Dérangeant mais pas voyeur, angoissant mais sublime, … Un roman qui me poursuivra longtemps. Décidément je n'en ai pas fini avec King. 

On a probablement tort de penser qu'il peut y avoir une limite à l'horreur que peut éprouver l'esprit humain. Au contraire, il semble qu'à mesure que l'on s'enfonce plus profondément dans les ténèbres de l'épouvante, une espèce d'effet exponentiel entre en jeu. Pour aussi déplaisant qu'il soit de constater, l'expérience humaine tendrait plutôt à valider l'idée suivant laquelle l'horreur suscite l'horreur, une calamité accidentelle engendrant d'autres calamités - parfois voulues celles-là - jusqu'à ce que les ténèbres finissent par tout recouvrir à la façon d'une tache d'encre qui s'étale progressivement sur un buvard."
(Simetierre, S. King, J'ai lu, 1987)


(Source image : deviantart.com)


vendredi 1 novembre 2013

Il y a des squelettes dans le placard!

Halloween party
R L Stine

J'ai lu, 1997.

Halloween ! Au lycée de Shadyside, on ne parle plus que de cela. Justine, la nouvelle, donne une fête. Et tous s'interrogent. Pourquoi a-t-elle décidé d'inviter Terry, Cindy, Lester, et les autres ? Neuf convives. Choisis au hasard ? Arrive enfin le jour J. Chacun arrive déguisé en vampire, en squelette... Les costumes sont plus vrais que nature, le décor aussi : toiles d'araignée, crânes en papier mâché : tout le monde s'amuse à se faire peur, c'est Halloween ! Jusqu'au moment où l'on découvre Lester dans un placard. Mais cette fois, ce n'est plus un jeu : le garçon est bel et bien mort, un poignard planté en plein coeur. Dès lors, la fête vire au cauchemar...

Je pense que toutes les personnes de ma génération se souviennent de R L Stine, l'auteur de la série Chair de poule. Que ce soit en livre ou à la télévision le week-end, ces petites histoires terrifiantes ont passionné des milliers de jeunes. Je me souviens surtout, pour ma part, de La tour de la terreur. Lu à la pré-adolescence, ce roman m'avait fasciné. L'histoire de ces deux enfants poursuivis par un bourreau du moyen-âge alors qu'ils visitaient gentiment la Tour de Londres m'a longtemps perturbée. Ce terrible personnage au visage caché et traînant sa hache derrière lui était assez terrifiant. Bref! Il y a quelques années, durant un swap Halloween, j'ai reçu Halloween party, un roman de R L Stine que je ne connaissais pas. Englouti en moins de deux heures, ce roman m'a fait passé un agréable moment. Alors l'écriture est franchement fade, le style n'a rien d'exceptionnel ou de particulier et le tout est très stéréotypé. Mais je dois reconnaître que R L Stine a beaucoup d'idées. Je trouve ses histoires assez originales et prenantes. Celle de La tour de la terreur m'avait laissé cette impression et Halloween party le confirme. R L Stine est doué pour les histoires de fantômes, de pantins diaboliques, de maisons hantées et de vengeances. Alors même si la forme est franchement moyenne, l'histoire, quant à elle, est sympathique et on embarque. Halloween party m'a rapidement accroché et les 150 pages sont passées très vite. 

" Une tombe toute biscornue se dessinait sous la lueur blafarde de la lune. Les lettres gravées dans la pierre étaient recouvertes de mousse, mais une partie de l'épitaphe était encore lisible : MORT LE 31 OCTOBRE 1884. Terry Ryan avançait d'un bon pas pour passer devant la tombe le plus vite possible, mais Cindy Meyer, sa petite amie, le retint par la manche. "
(Halloween party, R L Stine, J'ai lu, 1997, p 5)



mercredi 23 octobre 2013

Drôles de clichés!

Chambres noires 
Tome 1 - Esprit, es-tu là?
Olivier Bleys et Yomqui Dupont

Vent d'ouest, 2010. 

Paris, 1877. Dans le studio de « photographie fluidique » de la famille Pénouquet, des bourgeois s’entretiennent avec leurs parents défunts puis posent en leur compagnie. Ce n’est bien sûr qu’un trucage : Louise et Tristan, les jumeaux adoptifs de la maison, se griment en spectres pour tromper les clients. Mais un jour, le visage d’un vrai fantôme apparaît sur les clichés…


Je ne suis pas une experte en bande dessinée. Alors je ne suis peut-être pas très crédible en vous recommandant le 1er tome de Chambres noires. Mais tant pis! J'ai passé un très bon moment. Les amoureux de la période victorienne aimeront cet album plein de charme, glauque et poétique, un peu comme un film de Tim Burton. Par contre, il se lit bien trop vite. C'est le seul regret. Notre curiosité est titillée, l'ambiance est délicieuse, les personnages particuliers et attachants et on arrive très frustré à la fin de ce tome alors que rien encore n'a été révélé. Un fantôme apparaît sur les clichés d'un des membres de la famille Pénouquet. Qui est-ce? Où sont passés les étranges jumeaux adoptifs? J'ai la tête pleine de questions et je vais me hâter de trouver les autres tomes de cet album bien savoureux. 
Amoureux des romans gothiques, des enquêtes policières victoriennes, cette BD est pour vous. 


dimanche 20 octobre 2013

Happy "dark" tea time !!

Rien ne vaut un petit goûter sympathique entouré de sa famille! Surtout si on sort les balais magiques, les toiles d'araignées et les potions magiques. 


J'avais prévu les boissons, Jus de citrouille pour le petit zombie (du jus d'orange en fait!) et Élixir de Loup-Garou pour les adultes (du "Thé de lune" de Mariage Frères). La musique était également au rendez-vous, on pouvez entendre les terrifiantes bandes originales de Danny Elfman (Edward aux mains d'argent, Beetlejuice, L'étrange Noël de Mister Jack, Sleepy Hollow). Les bonbons-souris étaient prêts à être mangés. La décoration (château hanté, petits fantômes réalisés avec le contour des mains, méchante sorcière marionnette) a mis l'ambiance. Et bien sûr, il y  avait de quoi grignoter : deux sortes de Cupcakes d'Halloween. 



Les Cupcakes Toile d'araignées sont au potimarron et à la noisette. Les Souris-vampires vertes sont aux épices et au zeste d'orange

Après le goûter, un petit moment lecture angoissante avec Monsieur Stephen King et son Simetierre


Un petit moment de partage avec ma famille zombie très agréable. 


Pour ceux que ça intéresse, les recettes des cupcakes :

Cupcakes au potimarron et à la noisette

300 gr de potimarron (1 petit potimarron)
50 g de noisettes en poudre
75 g de beurre demi sel
225 g de farine
1 cuillère à café de levure
125 g de sucre
3 oeufs
Pour la décoration : 50 gr de beurre doux fondu mais à température ambiante ; 100 g de sucre glace ; colorant orange ; 80 g de chocolat noir.

Epluchez et râpez le potimarron. Torréfiez légèrement la poudre de noisette à la poêle. Faites fondre le beurre doux et réservez. Mélangez la farine, la levure, le sucre, les oeufs. Ajoutez le beurre demi-sel fondu, la poudre de noisette et le potimarron râpé. Répartissez dans des moules à muffins et laissez cuire environ 25 mn à 180 °C.
Une fois les cupcakes froids, préparez le nappage. Mélangez le beurre doux et le sucre glace jusqu'à obtenir une texture bien crémeuse. Ajoutez le colorant. A l'aide d'une spatule, étalez le nappage sur les gâteaux. Faites fondre le chocolat dans une casserole. Mettez-le dans un sac de congélation et coupez très légèrement l'un des coins afin de faire une poche à douille à l'ouverture très fine. Tracez des spirales sur les cupcakes en partant du centre. Terminez en traçant des traits à l'aide d'un pique en bois.

Cupcakes aux épices et à l'orange

180 g de beurre demi-sel
180 g de cassonade
Le zeste râpé d'une orange non traité et la moitié de son jus
4 oeufs
200 g de farine
1 cuillère à café de levure
1 cuillère à café de mélange 4 épices
Pour la décoration : 150 g de beurre doux fondu mais à température ambiante ; 300 g de sucre glace ; colorant vert ; bonbons.

Mélangez beurre demi-sel, cassonade, zeste, jus. Ajoutez les oeufs, puis la farine, la levure et le mélange d'épices. Répartissez la pâte dans les moules. Laissez cuire environ 25 mn. 
Une fois les cupcakes froids, préparez le nappage. Mélangez le beurre doux et le sucre glace jusqu'à obtenir une texture bien crémeuse. Ajoutez le colorant. A l'aide d'une poche à douille, décorez vos cupcakes et installez vos bonbons d'Halloween. 
(Vous pouvez aussi utiliser cette recette avec une déco de Noël (colorant rose avec un sucre d'orge par exemple), l'orange et les 4 épices marchant aussi très bien en cette occasion).

Source des recettes : Desserts pour les gourmands - Guillemette Auboyer et Eve-Marie Briolat, Editions France Loisirs.


jeudi 17 octobre 2013

Voyage dans le temps

 Alice et l'esprit frappeur
Caroline Quine

Hachette, bibliothèque verte, 1977.

Un coffret de bijoux volé et remplacé par des faux, de naïves jeunes filles qui acceptent de verser la plus grande partie de leur salaire à de mystérieux inconnus... Cette fois-ci les adversaires d'Alice ont un caractère assez spécial. II s'agirait selon leurs victimes, de fantômes ou d'esprits qui, se servant de leur crédulité, les rançonnent sans scrupules. Voici la jeune détective entraînée dans une aventure dangereuse et une énigme difficile à résoudre. Un jour, elle est assommée dans un manoir désert, une autre fois, elle s'enlise dans les sables mouvants. Mais Alice est obstinée et ses recherches la conduiront dans le manoir de Blackwood au fond d'une forêt hantée, selon la rumeur publique, mais il est bien connu qu'elle a l'esprit trop fin pour être déroutée par... des esprits.
Bien sûr, tout le monde connaît Alice! Cette jeune femme dynamique, intelligente et courageuse. Nous sommes nombreuses à avoir lu ses aventures dans nos jeunes années. Alors que la trentaine approche à grand pas pour moi, j'ai eu envie de replonger dans le monde de Caroline Quine. Et ma foi, j'ai apprécié d'avoir de nouveau 10 ans. 
Alors, oui, Alice est chanceuse (elle me fait penser à Tintin), tout tombe toujours à pic, tout est téléphoné, elle a des amis géniaux et un père fabuleux. Oui, le style n'est pas renversant, nous ne sommes pas dans les bijoux de la littérature de jeunesse tels que Roald Dahl ou Astrid Lindgren. Mais malgré tout ça, j'ai été assez surprise par l'intrigue qui, je trouve, tenait debout, était cohérente et efficace. L'idée de départ est très bonne et reste intéressante jusqu'à la fin. Je me suis prise au jeu malgré les quelques faiblesses de ce texte. Il faut se laisser aller. J'ai lu ce texte avec un sentiment de nostalgie et de retour aux sources. J'ai vraiment apprécié ce moment. Et en plus de ça, j'ai suivi les aventures d'Alice avec intérêt.  
Bien sûr, étant en période d'Halloween, mon choix s'est porté sur ce tome parlant de revenant, de séances de spiritisme, de fantômes et de manoir hanté. Soyons francs, ce roman ne fait pas peur. Mais l'ambiance mystérieuse est assez bien rendue. Les Alice sont vraiment bien faits. Je comprends pourquoi ils marchent bien avec les jeunes lectrices. 
Cette plongée en enfance m'a fait du bien et je me suis surprise à rentrer dans l'intrigue. Peut-être tenterai-je de nouveau la lecture d'autres aventures d'Alice? J'en possède une bonne quinzaine à la maison. Je ne me souviens pas des histoires ou très peu. Parfois, je m'en rachète lorsque je les croise sur des vide-greniers.  Petit moment de nostalgie. 
Pour ceux que ça intéresse d'autres aventures étranges d'Alice sont disponibles en cette période d'Halloween : Alice au manoir hanté, Alice et le fantôme de la crique, ... Laissez-vous tenter! 

" Figées sur le seuil, elles entendirent distinctement les faibles notes d'un orgue. Bess serra le bras de sa cousine de toutes ses forces.
"Qu'est-ce ... qu'est-ce que c'est? bégaya-t-elle. Le fantôme?
- Impossible ...", commença Marion, mais les mots expirèrent sur ses lèvres.
A l'autre bout de la pièce, une lueur bizarre, verdâtre, s'alluma, révélant la présence d'un orgue de chambre.
Devant le clavier une silhouette lumineuse était assise!"
(Alice et l'esprit frappeur, Caroline Quine, Bibliothèque verte, 1977, p91)


lundi 14 octobre 2013

Une porte qui grince, un squelette caché, une abbaye hantée ... Joyeux Halloween!

 Les mystères de la forêt
Ann Radcliffe

Folio classique, 2011.

Un carrosse lancé à toute allure, dans la nuit, en pleine tempête, un couple fuyant la justice, un arrêt devant une vieille maison isolée sur la lande, occupée par des bandits tenant prisonnière une belle jeune fille… Les Mystères de la forêt est un roman gothique, baignant dans une atmosphère inquiétante, sur fond d’architecture médiévale et de surnaturel. C’est pour ce livre qu’Ann Radcliffe mérite particulièrement son titre de «maîtresse du suspens». Roman d’aventures, c’est aussi un roman de la sensibilité : volupté dans le malheur, expression d’une sensibilité exacerbée sont mises en avant. Mais le désir et la sexualité refoulés ne sont jamais loin, dans ce livre dont le sous-titre pourrait être «Adeline ou Les malheurs de la vertu».

Autant Les mystères d'Udolphe m'avait laissé un souvenir très mitigé, Les mystères de la forêt fut un régal. Et oui! J'avais peur au début. Sachant que Les mystères d'Udolphe m'avait souvent ennuyé, j'ai ouvert ce nouveau roman de Mrs Radcliffe un peu sur la défensive. Et j'avais tort. Je me suis sincèrement régalée.  
En ouvrant Les mystères de la forêt, on entre dans la caricature la plus poussée du roman romantico-gothique anglais, ça tombe dans les pommes, ça pleure devant la beauté de la nature, les secrets enfouis au cœur de vieilles ruines sont révélés, ... Bref, oui, c'est vrai, on plonge dans LE stéréotype le plus pur. Mais c'est délicieux! Je me suis prise au jeu dès les premières pages. Je suis devenue une jeune fille prude du XVIIIème telle Catherine Morland. J'ai frémi, j'ai frissonné, j'ai été très émue, j'ai même été choquée. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman. J'ai trouvé l'intrigue palpitante et pleine de rebondissements. Alors que Les mystères d'Udolphe était long et lent, Les mystères de la forêt est un récit passionnant. Certes, le tout est très téléphoné. On se dit vraiment que le monde est petit chez Ann Radcliffe. Tout le monde se croise, tout le monde a un lien avec tout le monde et j'en passe. Mais j'y ai cru tout de même. J'ai aimé être crédule et naïve durant 500 pages. L'ambiance générale du roman est également un délice. Entre la sombre forêt, l’abbaye inquiétante, le caveau, les pièces cachées, ... nos émotions sont comblées. J'ai littéralement plongé dans cet univers unique, complètement décalé et incroyablement envoûtant. Autre gros point positif, le langage. Les mystères de la forêt a tout comme Les mystères d'Udolphe un style désuet plein de charme. Le récit est parfois interrompu par des poèmes faisant l'éloge de la nature. On est complètement dans l'ambiance romantique et j'ai embarqué. C'est un roman unique. 
J'ai retrouvé dans Les mystères de la forêt tout ce qui faisait le charme des Mystères d'Udolphe, le style désuet, l'ambiance gothique délicieuse, l'amour de la nature, mais sans recroiser cette lenteur, cette lourdeur qui avaient eu raison de mon intérêt. Avec Les mystères de la forêt, j'ai vécu des heures de lecture passionnantes, j'ai frémi auprès d'Adeline que j'ai appris à aimer (malgré sa tendance au malaise vagal), je me suis vu errante dans une forêt inquiétante et j'ai parcouru les couloirs d'une abbaye en ruine. Je suis rentrée dans une machine à remonter le temps et j'ai embarqué au cœur du romantisme gothique. 
Un roman passionnant possédant le charme de vieux romans et une ambiance envoûtante. A lire les soirs d'automne au coin du feu ... 

" Il approche et aperçoit les restes gothiques d'une abbaye : elle s'élevait sur une sorte d'esplanade rustique, ombragée par des arbres très hauts et très touffus, qui semblaient contemporains du bâtiment et répandaient alentour une ombre romantique. La plus grande partie de l'édifice tombait en ruine et ce qui avait résisté aux ravages du temps rendait plus terrible encore l'aspect de la construction dégradée. Les créneaux, qu'embrassaient d'épaisses guirlandes de lierre, étaient à moitié démolis et devenus la retraite des oiseaux de proie. D'énormes fragments de la tour de l'est, presque tout écroulée, gisaient dispersés parmi l'herbe haute qui ondoyait lentement sous l'haleine du zéphyr. "
(Les mystères de la forêt, A. Radcliffe, Folio classique, 2011, Tome 1 chapitre 2, p80/81)

(Source image : epigrammoeil.blogspot.com. Gaspar David Friedrich - Abbey in the oakwood - 1809)


samedi 5 octobre 2013

Méfiez-vous du brouillard!

 Petit Poilu 
Tome 2 - La maison brouillard
Bailly et Fraipont

 Edition Dupuis, collection puceron, 2011.


Il est petit, Il est poilu, C'est Petit Poilu ! Le v'là parti de bon matin. Le v'là parti et tout va bien. Mais ?... Que se passe-t-il ? Ça se bouscule Et tout bascule ! Un épais brouillard. La porte entrouverte. D'une étrange maison. Une rate fantôme. D'affreuses bestioles. Et un vampire tout déglingué. A rafistoler... Vas-y. Petit Poilu Fonce !



J'ai fait la connaissance de Petit Poilu récemment à la médiathèque. Toujours en quête d'album pour mon Romanzino, je suis tombée sur cette craquante boule de poil. A la fois BD et livre sans parole, la collection Petit Poilu est superbe et parfaite pour les 2/4 ans. 
Les aventures de Petit Poilu commence toujours pareil. Il se lève le matin, déjeune, se lave, embrasse sa maman. Alors qu'il est sur le chemin pour aller à l'école (ou ailleurs??), le temps change étrangement et le voilà embarqué dans mille péripéties. Petit Poilu soulève, de façon ludique, les petites réflexions que les enfants peuvent se poser. Parfois, il aborde le souci de l'écologie, parfois celui de l'autonomie ou un simple rendez-vous chez le docteur. Composé que de bulles, sans aucun texte, Petit Poilu permet à l'enfant d'imaginer ce qui se passe, commenter, discuter. 
J'ai décidé en cette période d'Halloween de vous présenter le tome 2 des aventures de Petit Poilu : La maison brouillard. Notre héros est pris dans un épais brouillard alors qu'il se rendait tranquillement à l'école. Il arrive devant un terrible manoir hanté par un rat, un vampire et bien d'autres créatures. Pour désacraliser le monstre et atténuer les peurs des petits, ce tome nous montre des personnages d'abord effrayants, puis devenant doux et rigolos au fil des pages. Petit poilu apprend à gérer ses peurs et devient ami avec ses étranges créatures. L'univers du château hanté est très bien rendu. Un joli mélange d'ambiance angoissante et de détails drôles. 
Des albums intelligents permettant d'aborder des sujets intéressants avec les enfants, mais également des aventures drôles, un personnage attachant, un design chaleureux et agréable. Ce Petit Poilu me fait craquer! 
Vraiment une BD à découvrir ... et pourquoi pas cette maison brouillard pour Halloween?

(Sources images : petitpoilu.com)