mardi 18 septembre 2007

Pause BD

Tintin en Amérique
3



Hergé, Casterman, 2006.


Tintin est envoyé en Amérique (Chicago) pour enquêter sur de dangereux gansters. Ces derniers vont tout faire pour l'éliminer.

Même si les Etas-Unis ne sont pas l'endroit qui me fait le plus rêver au monde, je trouve tout de même cet album très bien. L'époque de la Prohibition est malmenée par Hergé d'une façon hilarante. Ce sont les gangsters qui ménent l'Amérique ...
J'aime sa critique face aux avancées trop rapides des Etats-Unis. Les américains construisent, produisent sans se soucier des réserves indiennes ou autres. Production, production et encore, production ... (le scène de la vache dans l'entreprise de conserve est particulièrement explicite!!).
Un bon album même si les voyages de Tintin en Chine ou dans les pays de l'Est me font plus rêver que celui-là.
A lire ... comme tous les autres Tintin !!

jeudi 13 septembre 2007

Pause BD

Tintin au Congo
2

Hergé - Casterman, 2006.


Tintin est envoyé au Congo pour faire un reportage. Il découvre l'Afrique et ses habitants mais un mystérieux individu tente de l'éliminer ...

Cet album controversé est loin d'être mon préféré. Il est agréable et drôle mais reste tout de même très ... pro-colonialiste. Pas raciste, aucune réflexion de ce genre est écrite, les noirs ne sont absolument pas réifiés ou autre par Tintin, mais notre reporter arrive tout de même en conquérant au Congo que ce soit dans les tribus, comme avec les animaux sauvages qu'il n'hésite pas à tuer pour se faire des trophées de chasse.
Pour avoir été en Afrique noire, je dois admettre que certaines choses sont assez réalistes comme la profonde religion animiste ou encore les transports très précaires (scène du train). Ceci dit, Hergé en parle un peu trop de façon comique alors qu'il n'y a vraiment pas de quoi. Leurs croyances sont magnifiques et leurs moyens matériels limités malgré eux.
Heureusement, Hergé, après un voyage en Chine, a compris que l'Europe était loin d'être le meilleur continent. Il a ouvert son esprit à beaucoup de choses et ces albums sont devenus un hymne à la découverte de l'autre, à la découverte d'autres pays, un hymne à la tolérance.
Cet album est un peu le "faux pas" d'Hergé, mais j'avoue que même s'il me dérange beaucoup à la lecture, il y a tout de même certains passages sympathiques.
A lire ... mais en tenant compte que l'oeuvre d'Hergé ne se limite pas à ça. Lisez-le vite et dépêchez-vous de passer aux autres ...

mercredi 12 septembre 2007

Pause BD

Maus
Art Spiegelman


L'intégrale (comprenant les deux tomes de cette histoire) - Prix Pulitzer 1992.
Flammarion, 1998.



"Maus, son livre, est l'histoire d'une souris dont le chat a décidé d'avoir la peau. La souris est le juif, le chat le nazi. Le destin de Maus est de fuir, de fuir sans espoir l'obsession du chat qui lui donne la chasse et lui trace le chemin de la chambre à gaz.
Mais Maus est également le récit d'une autre traque, celle d'un père par son fils pour lui arracher l'histoire de sa vie de juif entre 1939 et 1945 et en nourrir sa propre mémoire, se conformant ainsi à l'obligation de se souvenir.
De transmettre aussi. Et avec quelle énergie! Car de la rencontre peu naturelle de la BD et de la Shoah naît un choc. Le choc d'une forme réputée mineure pour un événement majeur." Marek Halter



Quel livre, mon dieu!Une histoire qui aurait pu être filmée pour le cinéma ou écrite dans un roman, mais qui a été en réalité dessinée et quel chef d'oeuvre.
Déjà le symbolisme est très bien choisi : ces petites têtes de souris pourchassées par les chats hanteront longtemps mes esprits.
L'histoire aussi est passionnante. C'est une véritable oeuvre biographie, un témoignage historique complet et sérieux. Se mêlent aux horreurs de la Shoah, les relations complexes du père rescapé et de son fils dessinateur de BD qui s'est mis en tête d'écrire l'histoire de son géniteur. Art Spiegelman nous raconte en fait les scéance d'interview qu'il a passé avec son père. Ce dernier explique l'enfer et des flash-backs emménent le lecteur dans cette atrocité.
Les dessins sont sombres, sans couleurs. Tout est sobre et donne une atmosphère de "mémoire", de "souvenirs".
Vraiment une magnifique BD qui, sans être larmoyante, ne vous laissera pas indemne ...
A lire ... pour ne jamais oublier.

mardi 11 septembre 2007

L'assassin est dans le train

Le crime de l'Orient-express
Agatha Christie

Hachette jeunesse, livre de poche, 2001.

Dans l'Orient-express bloqué par la neige, la fameux détective Hercule Poirot mène l'enquête. Puisque le criminel ne peut être que dans le wagon, il faut examiner tous les éléments : les quinze voyageurs de nationalités différentes, les douze coups de poignard, les alibis de chacun, ...

Un régal!

J'ai lu les 100 premières pages tranquillement hier et là, aujourd'hui, je me suis arrêtée de lire qu'au mot "fin". J'ai adoré ce huis clos passionnant où chaque personnalité est parfaitement bien travaillée. L'écriture est intelligente, le style agréable. L'intrigue paraît simple au début avec le nombre important d'indices mais par la suite, tout se complique et ça devient délicieux ... Un bonheur! De plus, j'ai l'édition Hachette jeunesse avec sa couverture toute souple, ces gros caractères et ces gravures en noir et blanc qui ornent certaines pages ... Véritablement un superbe moment!

Je vais sans hésiter renouveller l'expérience. Bientôt de nouveaux Agatha Christie viendront se joindre à ma bibliothèque. Des livres courts, faciles à lire et passionnants ... Que demande le peuple?

" Apparemment, nous connaissons ainsi très précisément l'heure du crime.

- Oui, dit Poirot. C'est parfait pour l'enquête."

Il y avait dans sa voix une nuance indescriptible, et ses deux compagnons le regardèrent, perplexes.

" Vous avez dit vous-même que vous avez entendu Ratchett parler au conducteur à 1 heure moins 20", insista M. Bouc.

Poirot relata sas fioritures ce qu'il avait entendu.

" Bon, dit M. Bouc. Cela prouve au moins que Cassetti - ou Ratchett, comme je préfère continuer à l'appeler - était encore en vie à 1 heure moins 20.

- à 0 h 37, pour être précis."

( Le crime de l'Orient-express, livre de poche jeunesse, p 113)


(Source de l'image : totem.blog.lemonde.fr)

lundi 10 septembre 2007

La vie ... tout simplement!


Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part
Anna Gavalda

J'ai lu, 2001

Les personnages de ces douze nouvelles sont pleins d'espoirs futiles, ou de désespoir grave. Ils ne cherchent pas à changer le monde. Quoi qu'il leur arrive, ils n'ont rien à prouver. Ils ne sont pas héroïques. Simplement humains. On les croise tous les jours sans leur prêter attention, sans se rendre compte de la charge d'émotion qu'ils transportent et que révèle tout à coup la plume si juste d'Anna Gavalda. En pointant sur eux ce projecteur, elle éclaire par ricochet nos propres existences.


J'ai moins aimé que Je l'aimais de la même auteure, mais je me suis tout de même régalée. Des histoires de monsieur et madame tout-le-monde, drôles, tristes, tragiques, .... Des histoires qui nous font prendre conscience que tout le monde, même la plus innocente personne, a sa part de malheur et de bonheur, que chaque personne à son histoire, existe et mérite sa part d'amour. J'ai retrouvé le style agréable et si naturel d'Anna Gavalda. Une belle découverte, simple et apaisante.

J'entamerai Ensemble c'est tout moins méfiante maintenant ...

"Quand j'arrive à la gare de l'Est, j'espère toujours secrètement qu'il y aura quelqu'un pour m'attendre. C'est con. J'ai beau savoir que ma mère est encore au boulot à cette heure-là et que Marc n'est pas du genre à traverser la banlieue pour porter mon sac, j'ai toujours cet espoir débile."

(Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, J'ai lu)


(Source de l'image : wilfridhoffacker.blog.lemonde.fr)

On a tous un coeur ...

Je l'aimais
Anna Gavalda

J'ai lu, 2003

A-t-on le droit de tout quitter, femme et enfants, simplement parce que l'on se rend compte - un peu tard - que l'on s'est peut-être trompé? Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort. À sa manière: plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché.

Une amie très proche m'a un jour offert les trois livres d'Anna Gavalda : Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Je l'aimais et Ensemble c'est tout. Jusqu'à aujourd'hui je n'avais pas eu l'occasion de les commencer. Tout le monde me parle d'Ensemble c'est tout. Etrangement, je recule sa lecture ... peur d'être déçue sûrement. Pour voir le style de l'auteure, en douceur, j'ai donc d'abord lu Je l'aimais et Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part.

J'ai bien aimé Je l'aimais. Pour moi c'est un roman de détente, agréable mais qui comporte aussi son côté psychologique et intelligent. Un roman qui relaxe tout en apprenant, en enrichissant. Ce qui m'a d'abord frappée, ce sont les dialogues. Ils sont très réels, très naturels. On entend la voix des personnages au creux de nos oreilles. Un style très simple, authentique et assez unique ... Les sentiments décrits sont ceux que l'on a tous un jour ou l'autre ressentis. Les personnages en sont encore plus proches. J'ai adoré le beau-père et sa relation avec sa belle-fille m'a beaucoup intéressée.Un thème difficile où il n'y a ni méchants, ni gentils, où les gens se blessent sans le vouloir, sans réelles responsabilités ...

Un livre à lire ...

«On biaise, on s'arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s'y attache. C'est la vie. Il y a les courageux et puis ceux qui s'accommodent. C'est tellement moins fatigant de s'accommoder...»

(Je l'aimais, J'ai lu)


(Source de l'image : forum.doctissimo.fr)

jeudi 6 septembre 2007

De l'importance des souvenirs

La petite dame en son jardin de Bruges
Charles Bertin



Actes Sud, 2000.


Charles Bertin, qui est né en 1919, a rêvé de sa grand-mère, morte depuis un demi-siècle. Au matin, ce rêve lui est apparu comme le signe qu’il fallait sans délai rendre visite à la petite dame en son jardin de Bruges.Dans la manière d’un tissage aux laines délicates se compose alors, au fil du voyage, un portrait d’une tendresse si sensible et d’une véracité si évidente que nul ne saurait lire ces pages sans aller aussitôt à ses propres souvenirs, ni sans ressentir, à l’exemple de Charles Bertin, l’effroi de revoir si bien sans jamais pouvoir franchir le glacis qu’impose la mort.

Ce livre est un concentré de douceur ... J'ai adoré! Un histoire simple, belle et humaine. J'ai eu la sensation d'avoir vécu ces souvenirs. La description parfaite rend le livre intime et presque personnel.
Ce que j'ai trouvé le plus passionnant, ce sont les passages qui parlent de la lecture. J'ai relevé plein de passages magnifiques expliquant la passion, le bonheur que provoquait un livre. Par exemple : " Elle engageait son être entier dans l'entreprise de la lecture jusqu'à mener en compagnie de ses héros une existence parallèle à celle qui était la sienne au milieu des hommes." C'est tout à fait les sentiments qui m'animent durant mes lectures ...
A la fin de ce livre, plusieurs sentiments : la nostalgie, l'envie de profiter de chaque seconde de l'existence et le plaisir de lire.

" Cette aptitude à déserter la réalité au profit des prodiges de la vie rêvée lui aurait sans doute valu un certain nombre de déboires dans la société locale, si elle n'avait possédé la maîtrise absolue d'un talent que je n'ai connu à personne d'autre : celui de s'absenter à volonté de la conversation sans que son interlocuteur s'en aperçut. Elle était tout à fait capable de faire excellente figure dans un salon et de prononcer à point nommé les paroles qui conviennent tout en se trouvant par la pensée à des milliers de kilomètres. Elle pouvait articuler d'une voix désabusée : "Il est bien vrai, chère madame, qu'il n'y a plus de saisons", pendant qu'elle galopait en esprit avec le dernier des mohicans dans la vaste plaine de l'Hudson."

(La petite dame en son jardin de Bruges, Babel, p 45)


(Source de l'image : cliketclak.skynetblogs.be)

mercredi 5 septembre 2007

Pause "Beaux livres"

Une année avec Sarah Kay



Dessins de Sarah Kay
Textes de Delphine et Sandrine Deredel-Rogeon



Références :
Edition Hemma, distribué en France par France Loisirs, 2006.
Quatrième de couverture :
Tout au long d'une année, Sarah Kay nous livre une mine d'or de conseils, de bricolages et de recettes qui raviront les petites filles, leurs mamans et même leurs grands-mamans!Les charmants personnages de Sarah Kay nous entraînent dans leur ronde des saisons pour notre plus grand plaisir!
Mon avis :
Depuis toute petite, je raffole des dessins de Sarah Kay. Dessins nostalgiques, pleins de tendresse.
Ce livre est une merveille de douceur. Des couleurs pastels, des scènes simples qui ramènent aux vraies choses de la vie. Chaque mois, des conseils pour jouer avec la saison : Comment ne pas attrapper de rhume l'hiver? Comment faire une bûche délicieuse pour noël?Mon nez ira souvent se perdre dans ce petit bijou ... et j'espère pouvoir un jour le parcourir avec mes futurs petits bambins ...
Un joyau de l'enfance qui donne envie de se retirer à la campagne, sans télévision, pour passer des après-midi à faire toutes sortes d'activités avec nos petites mains ... Un livre qui donne envie de se promener dans la forêt pour découvrir les beautés de la nature ... Un livre tout simplement magnifique.

dimanche 2 septembre 2007

Pause BD

Tintin au pays des soviets
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Hergé - Casterman, 2006.

"Le 10 janvier 1929, un jeune reporter fait son apparition dans Le Petit Vingtième, le supplément pour enfants du quotidien belge Le XXe siècle. Son nom ? Tintin. Accompagné de Milou, un jeune chien blanc, il part pour la "Russie soviétique". Son créateur, un certain Georges Remi, signe Hergé, pseudonyme inspiré par ses initiales. Après ce premier voyage en Russie, qui donne naissance à l'album Tintin chez les Soviets, le jeune reporter s'envole pour l'Afrique (Tintin au Congo), puis pour l'Amérique. Mais c'est Le Lotus bleu, publié dans Le Petit Vingtième dès août 1934, qui marque un tournant important dans l'œuvre d'Hergé. Celui-ci, après avoir rencontré Tchang Tchong-Jen, jeune étudiant chinois qui lui a ouvert les yeux sur l'Asie, va désormais se soucier de rigueur documentaire. Il va aussi s'efforcer de faire passer dans ses histoires un message d'humanisme et de tolérance. Le succès de son reporter à la houppe ne va cesser de grandir. Hergé lui fait parcourir le monde. Il teinte ses aventures d'onirisme (L'Étoile mystérieuse), flirte avec le surnaturel (Les Sept Boules de cristal), l'expédie même sur la lune." Amazon.fr


Tout premier album de Tintin. Je ne l'avais encore jamais lu ... c'est fait!
Pas de couleurs, une histoire et des dessins sommaires et pourtant, un album très bien fait et captivant. Hergé condamne le système soviétique dans cette histoire en éclairant les dégâts économiques et humains de l'ancienne URSS.
Certaines idées pour les prochains albums se dessinent et les caractères aussi ... Milou est hilarant et Tintin forme sa personnalité. J'aime bien Tintin mais il a une sacré tendance à m'agacer ... Son côté toujours chanceux et moraliste est exaspérant. Je préfère le professeur Tournesol ou les Dupond/ Dupont, mais ceci dit, Tintin est un personnage intelligent, brillant et adorable ... On s'attache malgré tout à lui.
Un album à lire ... en réfléchissant au caractère engagé de l'histoire ...

CD du moment ....




Musique classique de Chine ...
Moment zen, paisible ... Tranquille .... Calme. Pur moment de plaisir avec cet album venu d'ailleurs. Bruit de l'eau, chant des oiseaux ... Communion avec la nature ... Un régal!