Ma jolie Romanzina est arrivée le 14 août dernier ...
Bienvenue sur mon blog littéraire. Mes lectures, mes bonheurs, ...
mercredi 20 août 2014
mardi 5 août 2014
De l'importance du temps.
Le tour du monde en 80 jours
Jules Verne
Livre de poche, 2004.
Faire le tour du globe en 1920 heures ou 15200 minutes, c'est le pari fou que le gentleman anglais Phileas Fogg relève en 1872 contre les membres du Reform Club de Londres ! Il entraîne Passepartout, son valet, dans une course effrénée...
Poursuivi, de steamboat en railroad par les polices anglaises qui voient en lui le cambrioleur qui vient de dévaliser la Banque d'Angleterre Une grande aventure où se croise une belle indienne à sauver du bûcher. où les ponts s'effondrent, les navires flambent... et où un gentleman dépense et se dépense sans compter pour atteindre son but à l'heure exacte!
Même bloqué dans un canapé, on peut faire le tour du monde ... Si si, je vous jure!
J'ai enfin lu ce GRAND classique de Jules Verne, celui qui a fait rêver des générations de jeunes (et moins jeunes) lecteurs, j'ai nommé Le tour du monde en 80 jours.
Sans être transcendée, j'admets avoir embarqué dans la folie de Phileas Fogg. Ce roman se lit vite et on ne s'ennuie pas. Bien que mon esprit soit accaparé par mon nombril ces derniers temps, j'ai réussi à m'enfermer dans ma bulle et à traverser la planète en compagnie de Fogg et Passepartout. C'est un Jules Verne très accessible. L’auteur ne part pas dans des digressions interminables, des précisions parfois trop lourdes. Ici, il se contente de narrer les péripéties de ses héros avec assez de simplicité et de spontanéité. Passepartout est là pour amener de la légèreté et de l'humour, ce qui est très agréable. C'est un personnage vrai et attachant. Quant à Mr Fogg, bien que très particulier, je l'ai aimé et respecté. Il est certes très stricte et bien trop sage, mais il est courageux, généreux et bien plus sensible qu'il n'y paraît. J'aurai aimé faire ce tour du monde en leur compagnie.
Cette lecture est essentiellement distrayante, faite pour l'évasion ... C'est une belle lecture qui fait voyager. Même à l'âge adulte, on se prend à s'imaginer près de Phileas et Passepartout. L'écriture est fluide, maîtrisée, efficace. En peu de pages, Jules Verne crée un bel univers, très envoûtant. Un conteur de talent ... décidément.
" Phileas Fogg était de ces gens mathématiquement exacts, qui, jamais pressés et toujours prêts, sont économes de leurs pas et de leurs mouvements. Il ne faisait pas une enjambée de trop, allant toujours par le plus court. Il ne perdait pas un regard au plafond, il ne se permettait aucun geste superflu. On ne l’avait jamais vu ému ni troublé. C’était l’homme le moins pressé du monde, mais il arrivait toujours à temps. "
(Le tour du monde en 80 jours, Jules Verne, Livre de poche, 2004)
(Source image : Illustration Hetzel. Patrickbehr.blogspot.com)
samedi 26 juillet 2014
En Inde, la vie ne connaît ni dénouement, ni fin ...
Mandala
Pearl Buck
Livre de poche, 1970.
C'est dans le cadre de l'Inde moderne que Pearl Buck a situé ce roman ; l'histoire d'une famille princière, dépouillée d'une grande partie de sa fortune par les événements politiques, et qui s'efforce de s'adapter aux conditions nouvelles, malgré le poids de ses traditions sociales et religieuses.
Vu que c'est l'été (et qu'il fait chaud), j'ai envie d'histoires de pays lointains, de voyages, de lieux étouffants. Après les rues poussiéreuses chinoises de L'amant de la Chine du Nord, je suis allée en Inde avec Mandala, roman de ma chère Pearl Buck. Onzième texte que je lis d'elle et la magie opère toujours. Je me suis sentie bien dans cette histoire humaine et profonde.
Jagat est un prince indien désormais dénué de titres et simple citoyen. Il accepte sa situation et essaie de se faire une place dans ce nouveau monde. Il transforme un de ses palais en hôtel de luxe. Son épouse, Motti, fidèle et dévouée, reste attachée à la tradition. Leurs deux enfants, Jai et Veera, sont partagés entre leur éducation et la liberté du monde moderne. Autour d'eux, il y a Bert un américain sympathique gérant l'aménagement de l'hôtel de Jagat, ainsi que le Père Francis Paul, catholique anglais et Brooke, une belle américaine venant chambouler la vie cadrée de Jagat.
Comme souvent dans les romans de Buck, pas de grandes tragédies ou d'histoires de famille compliquées, mais des êtres humains qui tentent de vivre malgré les changements sociaux, la disparition des traditions et l'arrivée d'idées nouvelles. La finesse et la délicatesse de la plume de Pearl Buck sont encore au rendez-vous. Mandala est un texte profond et assez complexe dans les liens qui unissent les personnages. L'écriture est toujours aussi simple et naturelle, mais derrière cette spontanéité se cache une grande analyse de l'esprit humain, beaucoup de sensibilité et de finesse. L'histoire de Motti, Jagat, Jai et Veera m'a beaucoup émue. Ils sont tous tiraillés entre leurs devoirs et leurs désirs, les lourdes traditions et l'appel de la modernité. Comme dans chacun de ses romans, Pearl Buck ne juge pas, ne condamne pas. Elle aime l'Homme ... profondément.
Un joli roman tout en finesse. Une écriture toujours poétique et juste, parlant vraie. Une plume sublime qui nous rappelle que la vie est douce ... malgré les épreuves.
" Tu es trop semblable aux jeunes Indiennes moderne. Tu ne te rends pas compte de ta chance d'avoir ton avenir ainsi préparé. Tu n'es pas obligée, comme les jeunes filles d'Occident, de te chercher un mari. Il parait que, dans les pays occidentaux, dès quatorze ans, les jeunes filles sont incapables de tout travail suivi, tant elles se donnent du mal pour se chercher un mari. Tu vois, tes parents t'ont délivrée de ce souci. "
(Mandala, Pearl Buck, Livre de poche, 1970)
lundi 14 juillet 2014
"C'est drôle le bonheur, ça vient d'un seul coup, comme la colère."
L'amant de la Chine du Nord
Marguerite Duras
Folio, 1993.
«J'ai appris qu'il était mort depuis des années. C'était en mai 90 (...). Je n'avais jamais pensé à sa mort. On m'a dit aussi qu'il était enterré à Sadec, que la maison bleue était toujours là, habitée par sa famille et des enfants. Qu'il avait été aimé à Sadec pour sa bonté, sa simplicité et qu'aussi il était devenu très religieux à la fin de sa vie.J'ai abandonné le travail que j'étais en train de faire. J'ai écrit l'histoire de l'amant de la Chine du Nord et de l'enfant : elle n'était pas encore là dans L'Amant, le temps manquait autour d'eux. J'ai écrit ce livre dans le bonheur fou de l'écrire. Je suis restée un an dans ce roman, enfermée dans cette année-là de l'amour entre le Chinois et l'enfant.Je ne suis pas allée au-delà du départ du paquebot de ligne, c'est-à-dire le départ de l'enfant.»
Marguerite Duras.
Marguerite Duras publie L'amant en 1984. L'adaptation de Jean-Jacques Annaud (1992) tiré de son roman, lui fera retravailler son oeuvre en la rebaptisant L'amant de la Chine du Nord. L'auteur ne fut pas satisfaite de la version ciné. Son histoire fut pour elle trop vulgarisée, limitée à une simple histoire sensuelle et de nombreux autres thèmes furent oubliés.
Je n'ai pas lu L'amant. Maintenant que j'ai terminé L'amant de la Chine du Nord, je le regrette un peu. J'ai énormément de questions et je pense que lire les deux versions est important et intéressant. Je m'interroge sur les réelles différences entre les deux œuvres. Sont-elles uniquement une affaire de style? Ou bien l'histoire elle-même a t-elle été modifiée? Bref, mon cerveau fume. Je pense donc que je lirai L'amant pour comprendre, comparer, analyser. J'ai assez de mal à écrire cet article car j'ai la sensation de ne pas avoir toutes les clefs en main n'ayant pas lu la première version de l'histoire.
De Duras, j'ai lu il y a un moment Yann Andréa Steiner et Cahiers de la guerre et autres textes. Le premier ne m'a pas laissé un grand souvenir. A dire vrai, je ne m'en souviens quasiment pas. J'ai juste en mémoire la beauté du texte, la musique, le pessimisme qui s'en dégage. Ma seconde lecture, par contre, est un beau souvenir. Certains extraits de ces Cahiers sont bouleversants et marquants.
J'ai croisé l'adaptation de Jean-Jacques Annaud il y a très longtemps. J'étais très jeune et je ne suis pas allée au delà du premier tiers car elle me mettait très mal à l'aise. J'ai gardé le souvenir d'une histoire purement sexuelle et sans grand intérêt. Vous comprendrez pourquoi j'ai été très surprise en ouvrant L'amant de la Chine du Nord de trouver une très belle et simple histoire entre deux êtres seuls et perdus.
Car l'histoire entre L'enfant et Le chinois est belle, mélancolique, sensuelle. Je me suis laissée bercer par les phrases de Duras avec volupté, "Le bruit de la pluie de nouveau en pleine nuit. Leurs corps sur le lit. Ils sont dans le même enlacement, cette fois endormis. On les voit, ils sont très sombres à cause du ciel noir de la mousson - ce qui fait les reconnaître aussi c'est la petite taille de l'enfant allongée contre celle, longue, du Chinois du Nord" (p195). C'est vrai que son style est très cinématographique et peut mettre mal à l'aise dans un premier temps, "Ils se regardent, puis ils détournent les yeux. La scène est extrêmement lente. Elle descend du lit. Elle va se doucher." (p85). Mais je me suis vite rendue compte de la fluidité de l'ensemble, de la beauté et de la pureté de la langue. On n'est pas dans l'excès ou la surproduction de termes, de mots. La langue est claire, épurée, nette. Je me suis laissée aller dans cet univers moite, humide, poussiéreux et dur. Ce n'est pas un roman gai. Derrière l'atmosphère orientale assez langoureuse, ce texte est violent, terrible. L'humour, la joie, l'insouciance n'ont pas leur place ici. L'être humain y est assez primitif dans sa façon d'être, bien que complexe dans ses émotions, la vie n'est qu'une succession de frustrations, de doutes, d'échecs.
Je n'ai jamais étudié Duras. Cette lecture m'a donnée envie d'en savoir davantage, de lire d'autres œuvres et d'en savoir plus sur sa vie. L'amant est-il entièrement autobiographique? La relation si particulière qu'elle entretient avec ses frères est-elle vraie? Je veux en connaître plus. La franchise avec laquelle Duras nous livre son intimité (quelque fois choquante) m'a énormément surprise. J'ai eu la sensation de devenir sa confidente, son journal, son amie.
En août, une semaine entière est consacrée à Duras sur France culture. Je la suivrai avec intérêt.
Car l'histoire entre L'enfant et Le chinois est belle, mélancolique, sensuelle. Je me suis laissée bercer par les phrases de Duras avec volupté, "Le bruit de la pluie de nouveau en pleine nuit. Leurs corps sur le lit. Ils sont dans le même enlacement, cette fois endormis. On les voit, ils sont très sombres à cause du ciel noir de la mousson - ce qui fait les reconnaître aussi c'est la petite taille de l'enfant allongée contre celle, longue, du Chinois du Nord" (p195). C'est vrai que son style est très cinématographique et peut mettre mal à l'aise dans un premier temps, "Ils se regardent, puis ils détournent les yeux. La scène est extrêmement lente. Elle descend du lit. Elle va se doucher." (p85). Mais je me suis vite rendue compte de la fluidité de l'ensemble, de la beauté et de la pureté de la langue. On n'est pas dans l'excès ou la surproduction de termes, de mots. La langue est claire, épurée, nette. Je me suis laissée aller dans cet univers moite, humide, poussiéreux et dur. Ce n'est pas un roman gai. Derrière l'atmosphère orientale assez langoureuse, ce texte est violent, terrible. L'humour, la joie, l'insouciance n'ont pas leur place ici. L'être humain y est assez primitif dans sa façon d'être, bien que complexe dans ses émotions, la vie n'est qu'une succession de frustrations, de doutes, d'échecs.
Je n'ai jamais étudié Duras. Cette lecture m'a donnée envie d'en savoir davantage, de lire d'autres œuvres et d'en savoir plus sur sa vie. L'amant est-il entièrement autobiographique? La relation si particulière qu'elle entretient avec ses frères est-elle vraie? Je veux en connaître plus. La franchise avec laquelle Duras nous livre son intimité (quelque fois choquante) m'a énormément surprise. J'ai eu la sensation de devenir sa confidente, son journal, son amie.
En août, une semaine entière est consacrée à Duras sur France culture. Je la suivrai avec intérêt.
" Elle disait se souvenir de la peur. Comme elle se souvenait de la peau, de sa douceur. De celle-ci, à son tour, épouvantée.
Les yeux fermés elle touchait cette douceur, elle touchait la couleur dorée, la voix, le coeur qui avait peur, tout le corps retenu au-dessus du sien, prêt au meurtre de l'ignorance d'elle devenue son enfant. L'enfant de lui, l'homme de la Chine qui se tait et qui pleure et qui le fait dans un amour effrayant qui lui arrache des larmes.
La douleur arrive dans le corps de l'enfant. Elle est d'abord vive. Puis terrible. Puis contradictoire. Comme rien d'autre. Rien: c'est alors en effet que cette douleur devient intenable qu'elle commence à s'éloigner. Qu'elle change, qu'elle devient bonne à en gémir, à en crier, qu'elle prend tout le corps, la tête, toute la force du corps, de la tête, et celle de la pensée, terrassée.
La souffrance quitte le corps maigre, elle quitte la tête. Le corps reste ouvert sur le dehors. Il a été franchi, il saigne, il ne souffre plus. Ca ne s'appelle plus de la douleur, ça s'appelle peut-être mourir.Et puis cette souffrance quitte le corps, quitte la tête, elle quitte insensiblement toute la surface du corps et se perd dans un bonheur encore inconnu d'aimer sans savoir. "
(L'amant de la Chine du Nord, Marguerite Duras, Folio, 1993)
(Source image : blog-trendy.letudiant.fr)
dimanche 13 juillet 2014
Quelques idées de lecture ...
C'est l'été ...
et avec lui arrive le désir de lectures brûlantes, envoûtantes, la recherche DU roman parfait, celui qui sera associé à nos longues heures de détente sur la plage ou au pied d'un arbre ...
Cette année, je ne pars pas ... (naissance de Bébé oblige), mais cela ne m'empêchera pas de profiter des chaudes journées d'été pour bouquiner avec bonheur. Pour une fois que je ne bosse pas comme une bête de somme en cette saison, j'en profite ... Malgré le gros ventre. J'ai prévu quelques titres à lire au jardin ... Je vous en parlerai ici, bien évidemment.
Vous êtes plusieurs à partir vous dorer la pilule durant quelques jours et je ne peux m'empêcher de vous laisser quelques titres lus et aimés qui seront parfaits pour vous accompagner.
- Dans la main du diable d'Anne-Marie Garat : Parce qu'il faut avoir du temps pour lire cet énorme pavé ... Malgré quelques faiblesses, une très belle histoire pour vous faire rêver le temps d'un été.
- Le pays du dauphin vert d'Elizabeth Goudge : Du très grand! La mer, la moiteur de la Nouvelle-Zélande, ... Un roman qui vous poursuivra longtemps.
- Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé : C'est brûlant, étouffant et passionnant. ça se lit tout seul, c'est court, efficace et intelligent.
- Les raisins de la colère de John Steinbeck : Pourquoi ne pas profiter de l'été pour lire ce grand classique plein de sueur et de poussière?
- Compartiment pour dames d'Anita Nair : Une bouffée d'optimisme et d'air frais .... chargé d'épices.
- Les fleurs de lune de Jetta Carleton : Une belle et touchante histoire de famille qui saura vous accompagner en douceur durant vos vacances.
- La dame du Nil de Pauline Gedge : Un excellent roman historique au temps des pharaons. Un très bon souvenir de lecture.
- L'amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez : Idéal lorsque la chaleur est étouffante. Si vous n'avez jamais lu G.G Marquez, la saison d'été est parfaite pour le faire!
- La mère de Pearl Buck : Il faut TOUT lire de Pearl Buck. J'aurai pu citer Pivoine, Pavillon de femmes et j'en passe, mais j'ai choisi La mère car c'est le premier que j'ai lu. C'était il y a des années durant des vacances d'été dans la chaleur du Sud et bercée par le chant des cigales. Un souvenir inoubliable.
- L'amour dans l'âme de Daphné du Maurier : Il y a la mer, la côte, l'appel du large, ... Un roman passionnant et passionné complètement prenant et envoûtant.
Je vous souhaite de belles vacances et surtout plein de merveilleuses lectures!
lundi 7 juillet 2014
Petit partage ...
Un peu de moi ...
Dans quelques semaines, un nouveau lecteur ou une nouvelle lectrice viendra rejoindre notre cocon ... 3 ans et demi après Romanzino, un nouveau petit être grandit en moi depuis 7 mois et demi. Tout comme pour le premier, le sexe de Bébé est un mystère. Un second Romanzino ou une Romanzina? On verra ...
(Source : Les deux premières illustrations sont tirées du sublime album d'Emilie Vast En t'attendant. La troisième vient de Dans le ventre de maman de Laurie Cohen).
samedi 5 juillet 2014
En quelques mots ...
Le sortilège
Charlotte Brontë
Le mois anglais
Les 4 vents, Hors les murs, 1946.
J'ai bouclé ce délicieux mois anglais avec la lecture d'une nouvelle de Charlotte Brontë, Le sortilège. Pour ceux qui ne le savaient pas encore, je voue un véritable culte à Jane Eyre. J'aime cette histoire avec passion et Jane et Edward font partis de ma vie.
Je suis tombée sur cette vieille édition dans un vide-grenier le dernier jour du mois anglais de l'année dernière. J'ai du utiliser mon coupe-papier lors de ma lecture car toutes les pages étaient encore attachées. Ce petit voyage dans le temps fut très agréable. Le fait de couper les pages de mon livre fut d'ailleurs le seul point positif de cette lecture. Malgré tout l'amour que je porte à Charlotte Brontë, je ne peux pas mentir et suis obligée de vous dire que la lecture du Sortilège m'a ennuyée au plus haut point. Certes on y retrouve ce goût des esprits torturés, des ambiances sombres et gothiques, mais pour le reste, je n'y ai trouvé aucun intérêt. Je me suis complètement perdue dans l'intrigue (je serai bien embêtée si je devais vous la résumer), je n'ai pas compris qui était qui, qui voulait quoi, ... Bref, la catastrophe. Un échec! Mais je le vis bien. Pour moi, Charlotte Brontë n'a rien à me prouver. Elle a mis tant de génie dans Jane Eyre qu'elle ne peut pas réussir à tous les coups.
Je ne fais pas un avis très long ni très constructif car en toute honnêteté je n'ai pas grand chose à dire. Cette nouvelle est peu intéressante, complètement alambiquée, manquant de naturel et de maîtrise. Bref, lisez Jane Eyre plutôt ....
(Source image : "A young lady reading a book, a spaniel on her lap" (1858). Charles Louis Baugniet; http://books0977.tumblr.com/)
Je compte bien remettre le couvert l'année prochaine ...
Ce que j'ai lu :
- Le sortilège de Charlotte Brontë (présenté ici)
- Au temps du roi Edouard de Vita Sackville-West
- L'homme invisible de H G Wells
- Jude l'obscur de Thomas Hardy (énorme coup de coeur!)
- Virginia Wolf de Kyo Maclear
Ce que j'ai vu :
- Jude de Michael Winterbottom
Ce que j'ai goûté :
- Bread pudding
.........................................
C'est avec cette lecture que j'achève (avec un peu de retard) mon mois anglais. Je n'ai pas réussi à lire et à voir tout ce que je voulais, mais j'ai passé de très beaux moments ... Un grand merci aux organisatrices. Je compte bien remettre le couvert l'année prochaine ...
Ce que j'ai lu :
- Le sortilège de Charlotte Brontë (présenté ici)
- Au temps du roi Edouard de Vita Sackville-West
- L'homme invisible de H G Wells
- Jude l'obscur de Thomas Hardy (énorme coup de coeur!)
- Virginia Wolf de Kyo Maclear
Ce que j'ai vu :
- Jude de Michael Winterbottom
Ce que j'ai goûté :
- Bread pudding
samedi 28 juin 2014
Du caviar, Votre Grâce?
Au temps du roi Edouard
Vita Sackville-West
Le mois anglais
Livre de poche, 2012.
« Margaret prétend qu'elle veut épouser un peintre, dit Sylvia, en regardant sa fille avec compassion. — Quoi ! s'écria la duchesse, un peintre ? Quel peintre ? A-t-on jamais entendu chose pareille ? La fille de lady Roehampton épouser un peintre ? Mais non, mais non... Vous épouserez Tony Wexford, et nous verrons après ce qu'on pourra faire pour le peintre », ajouta-t-elle, en lançant à Sylvia un coup d'œil rapide.
Dans cette chronique grinçante de l'aristocratie anglaise du début du XXe siècle, Vita Sackville-West fait craquer sous les passions le vernis des bonnes manières.
Rencontrée il y a quelques temps avec l'intéressant et troublant Paola, je poursuis ma découverte de la plume de Vita Sackville-West. Au temps du roi Edouard est un roman à la fois délicieux et cruel que j'ai adoré parcourir. On ne peut pas faire plus "british". On s'y coule avec bonheur, on savoure l'humour grinçant, on erre dans les salons mondains et on se délecte de l'écriture fine et précise.
Au temps du roi Edouard est un subtil mélange entre petit roman douillet à l'intrigue savoureuse et roman intelligent, satirique, invitant à la réflexion. J'ai aimé m'y plonger ... comme lorsque je m'installe pour visionner Downton abbey (la comparaison est inévitable. On s'y croirait). J'ai aimé la vie de la haute aristocratie, suivre leurs habitudes, leurs idées, j'ai admiré leurs toilettes et leurs demeures. Mais j'ai également parcouru ce texte avec l’œil critique de Vita Sackville-West. Ce monde d'hypocrites n'est fait que de faux semblants et dirigé par des codes stupides, "Elle ne portait pas de diadème. Le fait que Lady Roehampton ne portait pas de diadème aux bals de la cour faisait dire aux autres femmes, avec un sourire moitié désapprobateur, moitié envieux, que lady Roehampton méprisait les usages. Une telle audace allait jusqu'à l'insolence." (p111). Je me suis rebellée, comme Lady Viola, j'ai dit non. Vita Sackville-West montre bien avec ce roman le déchirement que l'on ressent, on est pris entre fascination et rébellion. On admire ce monde tout en le méprisant. Tout comme la touchante et naïve Thérèse qui prend conscience de l'absurdité du monde qui pourtant la faisait rêver : "Pourtant, elle était forcée d'admettre qu'elles parlaient toutes pour ne rien dire." (p194). On dévore des yeux les belles dames de la noblesse, mais on n'envie pas leur snobisme et leur haute idée d'elles-mêmes. Nous avons beau être fascinés par les belles toilettes et les belles manières, qui serait capable de supporter ce monde guindé et étriqué? " Lucie aimait les fanfreluches et était incapable d'apprécier la simplicité de sa fille. Elle avait de beaux yeux, c'est vrai, et des sourcils bien arqués ; mais pourquoi était-elle pâle comme une sainte et coiffée comme une madone? " (p61).
Au temps du roi Edouard est assez court et le désir de Vita Sackville-West n'est pas de nous faire aimer les personnages ou de s'y attacher. Là, n'est pas le sujet. On traverse leur vie, on les croise, partage leur existence, tout en ayant conscience que tout ça est assez superflu. J'ai préféré m'intéresser aux descriptions, à leurs habitudes, à leurs mœurs. J'ai aimé écouter leur cœur, mais d'une façon assez distante, je dois l'avouer. Toujours est-il que Sackville-West nous offre une galerie de personnages irrésistible. Toutes ces ladies sont hilarantes, pitoyables, grotesques. Tout ce petit monde enfermé sur lui-même est fascinant à observer. Viola et Sébastien sont des personnages très vivants. Ils sont l'avenir, le début d'un nouveau monde. Viola est sûre de ses choix, tandis que Sébastien lutte entre l'amour de son domaine, de son héritage et ses envies profondes, " S'ils étaient en bonne santé, ils devaient se révolter. " (p73).
On savoure Au temps du roi Edouard plus qu'on ne le lit. C'est une ambiance, un petit monde à part. On se tient un peu éloigné, on observe. Une jolie approche de l'époque edwardienne, de ses us et coutumes, mais également un roman à l'intrigue passionnante et aux personnages fascinants.
"Mon cher enfant, votre vie a été tracée le jour de votre naissance. Vous êtes allé dans une école préparatoire, puis à Eton, puis à Oxford; maintenant, vous entrerez dans les Gardes. Vous aurez beaucoup d'histoires d'amour, la plupart avec des femmes du monde mariées; vous fréquenterez les maisons dont on parle; vous aurez un rôle à la cour; vous porterez un uniforme blanc et rouge, qui vous ira très bien; vous serez courtisé et persécuté par toutes les mères de Londres"
(Au temps du roi Edouard, V Sackville-West, Livre de poche, 2012, p77)
(Source image : Paxton, String of Pearls 1908)
mercredi 18 juin 2014
Savant fou, expériences et petits tracas ...
L'homme invisible
H G Wells
Le mois anglais
Livre de poche, 1963.
C'est un drôle de client qui s'est installé à l'auberge de Mme Hall ! Vêtu d'un grand chapeau, de lunettes noires et recouvert de bandages tout autour de la tête, l'inconnu s'est enfermé dans sa chambre avec des dizaines de petites bouteilles remplies de poudres et de liquides divers... Que prépare-t-il ? Une chose est sûre, les villageois sont loin d'être rassurés !
L'homme invisible fait parti de cette littérature traitant des avancées scientifiques, de leurs risques et de toutes les interrogations qu'elles suscitent. Après le monstre crée par le docteur Frankenstein, ainsi que le terrible Mister Hyde, nous avons donc Griffin, homme de science qui teste sur lui-même une potion d'invisibilité afin d'échapper aux créanciers et de vivre plus librement. Malheureusement, rien n'est simple et Griffin, à la morale un brin douteuse, commence à voler et finit par tuer et devenir un personnage digne de film d'épouvante.
J'imaginais un récit assez léger. Je ne pensais vraiment pas trouver une histoire de "monstre" et de meurtre. Si l'histoire commence de façon assez légère avec cet homme étrange débarquant dans l'hôtel de la curieuse Mme Hall, on dérive vite dans un récit proche de ceux de Shelley et Stevenson. J'ai eu du mal dans un premier temps à être captée. Mon esprit avait tendance à vadrouiller et je n'arrivais pas à embarquer dans cette histoire. J'ai réussi à rentrer dans le récit dès que l'homme invisible raconte son histoire et comment il en est arrivé là. J'ai trouvé ce Griffin assez effrayant et je me suis prise au jeu. Savoir que cet homme pouvait être partout, prêt à nous frapper sans pouvoir le voir m'a faite frissonner. Surtout que HG Wells est assez généreux sur les détails et que son roman possède des scènes assez violentes, je trouve. Le suspense n'est pas extrêmement haletant, j'ai trouvé le récit assez irrégulier, mais l'écriture est fluide et assez dynamique dans l'ensemble.
Un classique de la littérature fantastique assez sympa à lire dans la veine de Frankenstein ou de L'étrange cas du docteur Jekyll et mister Hyde. Une histoire assez sombre et violente qui commence pourtant de façon fraîche, presque comme un vaudeville. Un bon moment ... rien de bouleversant, mais agréable. Un texte à connaître.
" Il saisit le gilet : le gilet se débattit; la chemise, s'en échappant, le laissa flasque et vide aux mains de l'agent.
" Tenez-le bien! criait à tue-tête Jaffers. Si jamais il sort de ses habits!...
- Tenez-le bien! " répétait chacun.
Et tout le monde de se précipiter sur cette chemise blanche qui s'agitait et qui était maintenant tout ce que l'on pouvait voir de l'étranger. "
(L'homme invisible, H G Wells, Livre de poche, 1963)
(Source : Invisible man (1933). horreur web)
dimanche 15 juin 2014
Du papier à la toile
Jude
Le mois anglais
Film britannique. Michael Winterbottom (1996) avec Kate Winslet et Christopher Eccleston.
Dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle, Jude Fawley, jeune homme intelligent et naïf, rêve d'entrer à l'université.
Le jour même où j'ai refermé le roman de Thomas Hardy, je me suis installée pour regarder cette adaptation. J'avais envie de retrouver Jude et Sue, de les voir vivre, s'aimer et rire. Je n'avais pas envie de les laisser. Même si mon désir était compréhensif, je crois que j'ai eu tort de la regarder si vite après ma lecture.
J'ai aimé cette adaptation. Je l'ai trouvé assez réussie. Pourtant, j'ai souvent soupiré. Après avoir vécu plusieurs jours dans l'univers si particulier de Thomas Hardy, avoir été émue et bouleversée, j'ai trouvé le film bien trop bref. Mais je pense sincèrement que j'en suis responsable. J'aurai du laisser du temps. J'aurai du digérer l'histoire de Sue et Jude pour revenir dessus plus tard. Ma lecture était si fraîche, si vivante en moi, que le film de Michael Winterbottom m'a semblé trop rapide, trop résumé. Surtout vers la fin. Pourquoi avoir conclu ainsi? Rien n'est à jeter dans ce roman, tout est important, tout est fort et subtile. J'ai été gênée par certains raccourcis ... pourtant excusables lorsqu'on est condamné à un format court de 2h.
Hormis cela, ce film est beau et rend un bel hommage à l'histoire écrite par Hardy. La campagne anglaise, puis les rues grises des grandes villes, nous replongent dans le roman. Les acteurs sont excellents aussi. Je ne connaissais pas Christopher Eccleston que j'ai trouvé convaincant dans le rôle de Jude (malgré parfois un sourire un peu bêta ... mais je lui pardonne). Kate Winslet, quant à elle, est merveilleuse comme toujours. Cette actrice ne cessera jamais de m'impressionner. Elle est jeune dans ce film et pourtant, elle est forte, passionnée, sublime. On voit déjà la future grande actrice dans cette jeune femme pleine de tempérament et toute en sensibilité.
Je reverrai avec plaisir ce film ... mais dans plusieurs années. Lorsque j'aurai un peu oublié le texte original ... si cela est possible.
(Allocine.fr)
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