
Bienvenue sur mon blog littéraire. Mes lectures, mes bonheurs, ...
mardi 1 mars 2011
Un petit lecteur vient de naître

mercredi 23 février 2011
" J'ai l'impression que quand ils font ça, cela ne fait pleurer que les enfants."
Gros gros coup de coeur!
Je suis une véritable inculte en littérature classique américaine (états-unienne, devrais-je dire!). J'en ai étudié un peu à l'université, mais rien de très fouillé. Combler ce manque était l'une de mes résolutions. Je viens d'achever Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur et je peux dire que je suis plus que déterminée à continuer dans cette lignée. Je ne suis pas vraiment attirée par les Etats-Unis, comme je peux l'être de certains pays asiatiques ou de la brumeuse et mystérieuse Angleterre victorienne ou encore de la froide Russie. Et pourtant, j'ai adoré l'univers de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur! Cela m'a rappelée Les aventures de Tom Sawyer que j'ai lu il y a une éternité (je n'avais pas 10 ans!) durant l'été. J'aime ces récits d'enfants du Sud découvrant le monde, vadrouillant, partant dans leurs délires incroyables, leur imaginaire inépuisable, mais s'ouvrant également aux réalités de la vie, au racisme, à l'intolérance, ... ! J'ai vraiment embarqué tout de suite. Je me suis laissée aller dans les jeux de Scout, de Jem et de Dill avec un infini bonheur. Ce livre se lit d'une traite. Simple, prenant, merveilleusement bien écrit, passionnant, touchant, il a toutes les qualités. Comme j'ai aimé le personnage d'Atticus. Un bijou cet homme! Ses réflexions, ses actes, ses attitudes, ses doutes, ses questionnements, j'ai dévoré les lignes parlant de lui. Tous les personnages sont incroyablement humains, même dans leurs faiblesses, leurs horreurs. De magnifiques portraits que je ne suis pas prête d'oublier. J'ai eu du mal à quitter Scout. Quelle petite fille superbe! J'aimerai avoir une fille aussi passionnée, vagabonde, franche et vive. J'ai aimé Jem également avec sa sensibilité, ses révoltes, ... C'est un livre que l'on ne lâche pas, les courts chapitres s'enchaînent, l'intrigue est palpitante, les personnages touchants et si vivants, on tremble d'indignation, on rit des réflexions de Scout, on s'écoeure, on se réjouit, on se questionne, ... Tout simplement un MAGNIFIQUE roman! Les dernières pages m'ont totalement happée, elles m'ont tenue en haleine, tout mon corps tremblait pour Scout et Jem ... Mon coeur s'est serré en imaginant la colère retenue d'Atticus! Beaucoup d'émotions en quelques pages ...
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur m'a donnée envie de lire d'autres classiques américains sur les états du Sud et sur le racisme. J'ai envie de lire La case de l'oncle de Tom, La couleur pourpre, Beloved, de relire Tom Sawyer ...
A part vous ordonner (pas moins) de vous précipiter sur ce bijou de roman, je n'ai plus rien à rajouter!
" Cela avait un rapport avec le fait que je portais en permanence une salopette. Le problème de mes vêtements rendait tante Alexandra fanatique. Je ne pourrais jamais être une dame ei je portais des pantalons ; quand j'objectai que je ne pourrais rien faire en robe, elle répliqua que je n'étais pas censée faire des choses nécessitant un pantalon. La conception qu'avait Tante Alexandra de mon maintien impliquait que je joue avec des fourneaux miniatures, des services à thé de poupées, que je porte le collier qu'elle m'avait offert à ma naissance - auquel on ajoutait peu à peu des perles ; il fallait en outre que je sois le rayon de soleil qui éclairait la vie solitaire de mon père. Je fis valoir qu'on pouvait aussi être un rayon de soleil en pantalon, mais Tatie affirma qu'il fallait se comporter en rayon de soleil, or, malgré mon bon fond, je me conduisais de plus en plus mal d'année en année. "
(Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee, Livre de poche, 2006, p130-131)mercredi 16 février 2011
Quand le chien devient loup!
Je n'avais jamais lu Jack London jusqu'à ce jour. Oui, vous avez le droit de me jeter des pierres! Je dois dire que cette première approche fut en demi teinte. J'ai aimé l'ambiance du Grand nord, la description de la vie des mushers de l'époque, etc ... mais les premières pages m'ont rebutée. Pour être plus précise, la première moitié du roman fut trop violente, trop sanglante. Pourtant, j'ai déjà lu pire, mais je ne sais pas, tous ces combats de chien, ces cris, ces aboiements, ces histoires de carotides ouvertes et compagnie, ça m'a un peu écoeurée. J'avais l'impression d'entendre les hurlements des bêtes, de voir la cruauté des hommes ... Peut-être que je deviens plus sensible à cause de mon accouchement imminent! Hihihi!
Par contre, la seconde moitié du roman est belle. J'ai aimé la rencontre de Buck et Thornton, leur relation, leur amour. J'ai aimé les escapades de Buck dans la forêt et son envie de plus en plus forte de vivre à l'état sauvage. J'ai aimé les paysages, la rencontre avec les loups, l'ambiance mystérieuse du Grand Nord!
Je pense que Croc-blanc me plairait davantage! En tout cas, je relirai Jack London, c'est sûr! Même si L'appel de la forêt fut à la fois agréable et rebutant, j'ai passé un assez bon moment et je suis curieuse de lire Jack London dans une autre histoire ...
(L'appel de la forêt, Jack London,
dimanche 13 février 2011
Voilà, c'est fini!

samedi 12 février 2011
Des mini-pouces japonais!

Studios Ghibli - Film d'animation japonais de Hiromasa Yonebayashi (2011).




Un beau film à voir (comme tous les Ghibli ... je ne le dirai jamais assez!) qui met du baume au coeur pour plusieurs jours!
vendredi 4 février 2011
Une dose de poésie pour moi, s'il vous plaît!
Après ma violente et dérangeante lecture de Purge, je voulais un roman doux, poétique, reposant. Ma main s'est dirigée confiante vers un Elizabeth Goudge et comme toujours, elle ne m'a pas déçue.
Après avoir adoré La vallée qui chante, Le pays du dauphin vert et La colline aux gentianes, j'ai donc ouvert L'arche dans la tempête dans la très belle et agréable édition Phébus. Il y a TOUT Elizabeth Goudge dans ce roman : des personnages attachants et profondément humains, un amour inaltérable pour la nature, une incroyable poésie dans les mots et l'omniprésence du monde des merveilles et de l'imaginaire.
Il ne se passe réellement pas grand chose dans ce roman. Et pourtant, chaque mot nous enveloppe, chaque chapitre nous embarque. Cette île de Guernesey, à la fois havre de paix et lieu de violence, est décrite d'une façon tout à fait personnelle, aimante, troublante. Cette île est un personnage à part entière. On voit autour d'elle évoluer la famille du Frocq. Il y a André le père, piètre fermier mais poéte merveilleux ; Rachel la mère, femme de tête, déterminée et prête à tout pour rester à Bon repos ; Michelle, la fille aînée, ressemblant à son père et amoureuse des mots de Keats ; Péronelle, la plus ravissante ; L'étrange Jacqueline ; Colin, le seul fils, têtu comme sa mère ; Colette la petite dernière, souriante et pleine de vie. Et il a aussi, Ranulph, cet étranger venu de la mer. Son identité nous est vite dévoilée à nous, lecteurs, mais la famille du Frocq, elle, reste longtemps dans l'ignorance. Et enfin, le grand-père, une sorte de M.Scrooge à Guernesey. On s'attache à tous ces personnages. On les aime avec leurs défauts, leurs faiblesses, leurs mensonges.
Un roman étrange où se mêle, comme dans chacun des romans de Goudge, le réel et le merveilleux. Un roman doux et poétique qui nous prend par la main et nous berçe avec des mots magiques. Elizabeth Goudge est une magicienne. Avec une incroyable simplicité, elle nous emmène dans ses romans, nous fait voyager, aimer, rêver.
Une plume à découvrir si ce n'est pas encore fait. Un roman à lire pour un moment de détente et de calme absolus. Une femme écrivain à ne pas oublier!
" Le calme qui y régnait donnait l'impression de fraîcheur et de profondeur que donne une grotte marine ; une sensation d'espace et de liberté venait de ce vide ... Michelle vivait l'un des plus beaux jours de sa vie ... elle venait de découvrir Keats. Des phrases ravissantes avaient illuminé son esprit au point qu'elle se sentait étourdie de tant de lumière : "Petite ville, tes rues seront silencieuses pour toujours; et pas une âme ne pourra revenir pour te dire la raison de ton abandon, sans retour ..." "Elle se tenait tout en larmes, dans ce champ de blé étranger ..." "Refroidie depuis une éternité dans la terre profonde ... " "Beauté est vérité. Vérité est beauté ..."
(L'arche dans la tempête, Goudge, Phébus, p41)
dimanche 23 janvier 2011
Un petit habitant pousse sous mon nombril!

samedi 8 janvier 2011
Motus et "mouche" cousue
J'ai reçu ce roman pour Noël. Je n'en avais jamais entendu parler, je ne connaissais ni l'auteur, ni le sujet. J'ai tout de suite aimé l'édition et la quatrième de couverture. Je me suis plongée dedans ... et je n'en suis ressortie que très difficilement. Ce roman m'a hanté durant toute sa lecture. C'est un livre que l'on ne referme qu'avec regret.
J'aime énormément les romans traitant des pays de l'Est. Qu'il s'agisse de la Russie grandiose et impériale ou de la domination soviétique, ce sujet m'intéresse et m'interpelle. Sofi Oksanen, finlandaise par son père et estonienne par sa mère, parle ici de son pays maternel. Je ne connaissais rien de l'Estonie. J'ai aimé me plonger dans l'histoire de ce petit pays. C'est un roman qui nous apprend des choses. Et j'aime ça! J'en connais un peu plus sur l'Union soviétique, ses horreurs, sur l'Estonie, l'émigration des estoniens, etc ... C'est un livre qui fait grandir!
Certes, le sujet est dur. Certaines scènes sont marquantes, voire traumatisantes. Mais Sofi Oksanen ne tombe jamais dans le voyeurisme. Les scènes dures ne sont pas nombreuses. Il y en a, c'est vrai, les mots choquent, les images bouleversent, mais Sofi Oksanen ne tombe pas dans la surdose de violence. Quelques scènes extrêmement dures nous font prendre conscience des horreurs de la domination soviétique sans pour autant envahir l'intrigue. Même si la vie de Zara à Berlin est écrite de façon crue, le reste du roman ne l'est pas du tout. La captivité d'Aliide et celle de Linda ne sont pas décrites franchement. Ce sont des flashs, des sensations, des révélations après coup, des évocations, des sous-entendus. Sofi Oksanen sait écrire, elle a une plume extrêmement fine et maîtrisée. Le style est fort, profond, parfois métaphorique (l'image de la mouche qui revient sans cesse), fluide, intelligent, à la fois personnel et distant. Un vrai travail d'écriture, un vrai travail d'écrivain.
J'ai aimé les personnages de ce roman. Aliide est très complexe, difficile à cerner et même à aimer. On a parfois du mal à la suivre, à la comprendre, elle nous fait même horreur. Mais elle a ce quelque chose de profondément humain, c'est un être possédant ses doutes, ses peurs, ses angoisses, ses passions, qu'on ne peut que finir par la prendre en pitié (et peut-être même, finit-on par l'aimer un peu). Zara, elle, est merveilleuse, inoubliable, bouleversante. Sa vie nous prend aux tripes, nous laboure le coeur et le corps. On prie pour qu'elle se sauve, se sorte de cet enfer. Et puis, il y a la belle Ingel, Hans, Linda, l'écoeurant Pacha. Que des personnages marquants.
Les chapitres s'enchaînent, les flashbacks se succédent (une construction en puzzle où chaque pièce s'attache petit à petit pour éclairer le passé et le présent), les secrets se révélent (sans jamais tomber dans l'excés de rebondissements, Sofi Oksanen là aussi maîtrise sa plume et son style), certaines scènes stoppent net notre respiration, on est plongé dans ce roman sans pouvoir en sortir.
Vous aurez compris que ce roman m'a totalement conquise. Il est beau, profond, violent, humain, magistralement construit, émouvant, difficile d'en sortir même pour 5 minutes. (Je l'ai terminé hier soir vers 1h30 du matin. Après avoir passé la majorité de la journée et la soirée le nez plongé dedans, Romanzo m'a proposée de regarder un film tous les deux. Je n'ai pas pu refuser. J'ai lâché mon livre à 20 pages de la fin. Supplice! Le film s'est fini vers 1h du matin, je me suis précipitée sur mon roman pour le finir. Je n'aurai pas pu dormir sinon ... )
C'est rare qu'un roman de la littérature contemporaine me convienne totalement. Parfois le style me déplaît, l'intrigue est à mon goût trop maigre ou facile, une fois le livre refermé j'oublie vite les personnages, il manque toujours ce je-ne-sais-quoi qui fait la différence. Pourtant, parfois je tombe sur un petit bijou. C'est arrivé avec Le dieu des petits riens, La petite clôche au son grêle, Le temps où nous chantions, Best love Rosie et quelques autres. Je peux maintenant dire que Purge a une place de choix dans mes coups de coeur. Une vraie découverte! J'ai encore la tête et le coeur plongés dedans ...
" Aliide. Aliide Truu. Les mains de Zara se détachèrent du banc. Aliide Truu était en vie, debout devant elle. Aliide Truu habitait cette maison. La situation était tout aussi étrange que la langue dans la bouche de Zara. Celle-ci se rappelait vaguement comment elle avait repéré la bonne route et les saules pleureurs de la bonne route, mais pas si elle avait vraiment compris qu'elle avait fini par trouver la bonne maison, si elle avait débarqué de nuit à la porte sans savoir que faire, si elle avait pensé attendre le matin, pour épargner aux habitants la peur d'un visiteur nocturne, si elle avait tenté d'aller dormir dans l'écurie, si elle avait glissé un oeil dans la cuisine sans oser frapper à la porte, si elle avait même envisagé de frapper à la porte, si elle avait envisagé quoi que ce soit. "
(Purge, S. Oksanen, Stock, 2010, p31)

dimanche 2 janvier 2011
I am a woman in love
Mal mariée à un vieux colonel, la jeune Indiana s'éprend de Raymon, qui devient son amant. Il se lasse vite d'elle et l'abandonne ...
Ma foi, je viens de passer un bien agréable moment en compagnie d'Indiana. Je classerai ce roman dans les lectures "détente". Non dénué d'intelligence et de réflexions intéressantes, ce livre se lit pourtant sans trop réfléchir, ni se prendre la tête. Des rebondissements à répétition, des personnages plus complexes qu'il n'y paraît, des morts, de l'amour, de la peur, du bonheur, de l'exotisme, des traversées en mer, ... Un roman qui se lit d'une traite, une lecture agréable.
Le personnage que j'ai préféré est Ralph, le personnage qui est pour moi le plus complexe, le plus riche. Cachant son âme tourmentée par un masque dur et froid, il a obtenu tout de suite ma sympathie. J'ai aimé Indiana sans pour autant l'adorer. J'ai aimé certaines de ses réflexions, son courage, sa détermination, mais son amour borné pour Raymon m'a particulièrement agacée. J'ai davantage aimé Noun. Certes, elle aussi aime le plat et fade Raymon (mais qu'est ce qu'elles lui trouvent?), mais je la trouve plus cohérente dans ses actes que ne l'est Indiana. Mais ceci dit, cette dernière est un magnifique portrait de femme (j'insiste ... tout de même!).
L'histoire est très romanesque mais c'est ce qui fait le charme de ce roman reposant. J'ai aimé ouvrir ce livre car il me vidait la tête, ne me demandait pas d'efforts particuliers pour rentrer dedans. Je le prenais, l'ouvrais ... et cétait parti! J'étais auprès d'Indiana.
Un roman "vide-tête" qui se lit tout seul, une histoire prenante, une intrigue palpitante. A découvrir!
" - Qui donc est le maître ici, de vous ou de moi? Qui donc porte une jupe et doit filer une quenouille? Prétendez-vous m'ôter la barbe du menton? Cela vous sied bien, femmelette!
- Je sais que je suis l'esclave et vous le seigneur. La loi de ce pays vous a fait mon maître. Vous pouvez lier mon corps, garrotter mes mains, gouverner mes actions. Vous avez le droit du plus fort, et la société vous le confirme ; mais sur ma volonté, monsieur, vous ne pouvez rien, Dieu seul peut la courber et la réduire. Cherchez donc une loi, un cachot, un instrument de supplice qui vous donne prise sur moi! c'est comme si vous vouliez manier l'air et saisir le vide. "
(Indiana, G. Sand, La petite bibliothèque, France loisirs, p229)
