samedi 18 novembre 2017

" ... c'était la vie qui scintillait dans ses yeux."

La renarde
Mary Webb

J'ai lu, 1973.

Comme un conte, imprégné de mystérieuses légendes et de nature frémissante, se déroule la tragique histoire de Hazel, la fille des bois, sauvage et libre comme la petite renarde sa compagne, qui ne découvre l'homme que pour lutter contre sa convoitise. 

Voici une vieux roman qui repose dans ma bibliothèque depuis des temps immémoriaux. J'ai lu Sarn de Mary Webb il y a quelques années. Même si j'ai peu de souvenirs de l'histoire, je me souviens avoir aimé ce roman original et cette plume à la fois douce et violente. En voyant l'automne s'installer, les arbres devenir rouges et la nature s'endormir doucement, j'ai eu envie de sortir de mes étagères La renarde, autre roman de Mary Webb
Ce roman m'a totalement charmée. J'ai été enveloppée par cette histoire sentant bon la forêt et le vent d'automne. Le style de Mary Webb oscille entre langage populaire et écriture poétique. La renarde nous offre de belles pages de descriptions, mais également des dialogues rustres de la campagne profonde. Je peux comprendre que cette ambivalence perturbe certains lecteurs. de mon côté, j'ai été conquise. 
Même si Hazel est un personnage très complexe que j'ai parfois eu du mal à suivre et comprendre, j'ai été touchée par cette jeune fille, libre et sauvage. Son histoire est violente, belle et révoltante. Dans ce roman, il est impossible de réellement savoir qui est coupable ou innocent. Les personnages semblent lutter contre des forces extérieures qui les poussent à faire les mauvais choix. Autour de Hazel gravitent deux hommes, le bon pasteur Edward et le terrible Reddin. Ces deux personnages sont particulièrement bien traités. Edward est touchant et généreux, tandis que Reddin est égoïste et tyrannique. Hazel, quant à elle, est tenaillée entre son corps et son âme et lorsqu’enfin ces deux parties d'elle-même se réunissent, il est déjà trop tard. 
Un roman et une auteure oubliés à ressortir très vite de nos armoires. Un sublime texte, envoûtant, charmant, à la fois cruel et beau. 
" Le manoir de Undern et ses nombreuses fenêtres à petits carrreaux regardaient vers le Nord avec un air buté. C'était un endroit dont ni la vue ni la poésie n'étaient rassurantes. Même en mai, quand les lilas se couvraient d'écume mauve, pavaient les allées d'ombre, embaumaient l'air, quand des feuilles s'effleuraient l'une l'autre comme de douces lèvres qui se consolent ; quand les merles chantaient, se laissaient tomber sans effort de vertes hauteurs en vertes profondeurs et chantaient de nouveau ; même alors quelque chose qui hantait ce domaine faisait battre le coeur pesamment."
(La renarde, M. Webb, J'ai lu, 1973, p35)
(Photos : Romanza2017)

Pour ceux qui n'aiment pas les vieilles éditions poussiéreuses, sachez que La renarde a été réédité chez Archipoche.

mercredi 15 novembre 2017

Un hiver avec Anna


Je ne relis jamais les romans que j'ai lus. Même ceux que j'aime profondément, auxquels je pense régulièrement, que je feuillette de temps à autre. Toujours attirée par les romans que je n'ai pas encore lus, j'oublie de revenir vers mes anciennes lectures. 
Pourtant, plus les années passent, plus l'envie de relire les œuvres chères à mon cœur est grande. J'ai envie de retrouver l'histoire, les mots, les personnages. J'ai envie de ressentir de nouvelles émotions en découvrant ces romans pour la seconde fois. Plusieurs titres me viennent. Jane Eyre, La reine Margot, Une vie, Orgueil et préjugés, Les Hauts de Hurle-vent, Anna Karenine, ... J'ai envie, maintenant, de prendre le temps de relire les romans que j'ai aimé. Je veux m'offrir ce luxe une fois de temps en temps

Ma lecture d'Anna Karenine fut un véritable tsunami. Tout comme celle de Jane Eyre, je me suis retrouvée submergée par cette histoire. Je pensais à Anna toute la journée. Elle m'a hantée bien après la lecture de ce roman. Je ne vois jamais un train sans penser à elle, j'ai remué ciel et terre pour voir les adaptations cinématographiques. Une vraie passion qui m'a habité durant plusieurs années. En une seule lecture, Léon Tolstoï était devenu pour moi un dieu, au point de donner son prénom à mon fils quelques années plus tard. 

En 2014, Eliza de Lectures and co organisait une lecture commune de Guerre et paix qui m'a permise de redécouvrir Léon Tolstoï et de savourer de nouveau sa plume magnifique. 
Il y a quelques jours, j'ai eu une envie folle de relire Anna Karenine, de retrouver la Russie, Levine et Kitty. Je me suis décidé à le relire cet hiver. Me souvenant du joli partage autour de Guerre et paix il y a bientôt 4 ans, je me suis dit que cette relecture pouvait être une belle occasion pour discuter et échanger.

Si cela vous dit, je vous propose donc de lire ou relire Anna Karenine cet hiver et/ou de voir une ou plusieurs adaptations cinématographiques réalisées. Nous pourrons ainsi échanger et discuter. 



Comme principales adaptations, vous avez :
  • 1935 : Anna Karénine  de Clarence Brown avec Greta Garbo.
  • 1948 : Anna Karénine de Julien Duvivier avec Vivien Leigh.
  • 1967 : Anna Karénine d'Alexandre Zarkhi 
  • 1997 : Anna Karénine  de Bernard Rose avec Sophie Marceau.
  • 2009 : Anna Karénine de Sergueï Soloviov 
  • 2012 : Anna Karénine  de Joe Wright avec Keira Knightley.


Je sais que je risque de manquer de temps, d'être engloutie par tout autre chose, mais je veux prendre ce temps, m'offrir ce plaisir, celui de relire un des romans qui a construit la lectrice que je suis. J'espère que cette relecture en appellera d'autres et que cela deviendra un petit rituel occasionnel. 

dimanche 5 novembre 2017

Swap traditionnel d'automne

Comme chaque année, UnlivreUnthé et moi-même avons organisé notre swap annuel. Moment de douceur où l'on oublie le stress, le quotidien et les soucis. On ne pense qu'à soi et aux délicieux instants précieux que nous offrent la vie. 


Nous avions choisi cette année le thème de la famille. Comme chaque année, ma chère amie m'a bien trop gâtée.



Pour être belle, j'ai eu un magnifique foulard bleu et rose, ainsi qu'une pochette girly contenant un gel douche et une crème pour le corps sentant la poire et le gingembre, mélange surprenant et délicieux. 
Côté gourmandise, j'ai eu 3 tablettes de chocolat (ma copine sait que je déguste toujours mon café d'après déjeuner avec un carré de chocolat) : un à la framboise, un autre aux noisettes et un dernier avec un zeste de citron vert. Le colis contenait également du miel d'acacia et un mélange de fruits secs
J'ai reçu 4 romans. Chacun d'eux parle d'une histoire de famille et possède dans son titre une référence à ce thème. Je vais pouvoir poursuivre ma découverte de Sandor Marai avec L'héritage d'Esther, découvrir Margaret Kennedy que ma mère aime tant avec L'idiot de la famille, lire le récent grand succès américain et coup de cœur de Titine, j'ai nommé Le fils de Philipp Meyer et relire (enfin!) Joyce Carol Oates avec La fille du fossoyeur.

(Le colis contenait également une charmante petite tasse à café .... Malheureusement, cette dernière n'a pas supporté le voyage et est arrivée cassée).


Encore un swap magnifique, tout en délicatesse, à l'image de ma tendre amie. 
Tu es si chère et importante dans ma vie. Merci pour tous ces partages, ces émotions, ces nombreux moments de joie et de complicité ... malgré la distance qui nous sépare. 

Pour voir le colis que j'ai envoyé à UnlivreUnthé, c'est ICI.

vendredi 3 novembre 2017

You belong to me

A moi pour toujours
Laura Kasischke

Le livre de poche, 2008.

« À moi pour toujours » : tel est le billet anonyme que trouve Sherry Seymour dans son casier de professeur à l’université un jour de Saint-Valentin. Elle est d’abord flattée par ce message qui tombe à point nommé dans son existence un peu morne. Mais cet admirateur secret obsède Sherry. Une situation d’autant plus troublante qu’elle est alimentée par le double jeu de son mari. Sherry perd vite le contrôle de sa vie, dont l’équilibre n’était qu’apparent, et la tension monte jusqu’à l’irréparable… 
Laura Kasischke peint avec talent une réalité américaine dans laquelle tout, y compris le désir, semble bien ordonné.

Après les très bons Esprit d'hiver et Rêves de garçons, je retrouve Laura Kasischke avec A moi pour toujours. J'ai été tenue en haleine durant 3 jours. J'ai littéralement dévoré ce roman. Impossible de le lâcher. Si je n'avais pas eu mes obligations quotidiennes, je l'aurai lu dans la journée. Pourtant, de mes trois lectures de Laura Kasischke, c'est celle que j'ai le moins aimée
A moi pour toujours malmène Sherry notre héroïne quadragénaire belle et dynamique. Comme dans chaque roman de Laura Kasischke, le vernis des charmantes familles américaines se fissure, craque, explose. On assiste à la lente chute de Sherry, aveuglée par son orgueil, par la routine, la monotonie, l'ennui. 
J'ai préféré la finesse d'Esprit d'hiver et de Rêves de garçons. A moi pour toujours est assez cru et je ne pense pas que ce soit toujours justifié et nécessaire. Ceux que les scènes érotiques dérangent, sachez que ce roman en est rempli. L'histoire est addictive et extrêmement prenante, mais je ne lui reconnais pas la qualité de mes deux précédentes lectures. Ceci dit, Laura Kasischke sera désormais une lecture annuelle obligatoire tant j'aime sa façon de me manipuler, me malmener, me rendre accro à ses histoires. Je suis fascinée par ces histoires de familles banales, bien sous tout rapport, qui cachent des drames et de lourds secrets. On y croit parce que c'est très bien écrit, à la fois simple et complexe. Les romans de Laura Kasische ne sont pas des thrillers rocambolesques ou des enquêtes policières. Ce sont des romans sociaux et psychologiques. L'auteure ne cherche pas LA révélation la plus scotchante possible, elle surprend tout en restant rationnelle, simple, cohérente .... et c'est en ça que ses romans sont terrifiants.

A moi pour toujours n'est pas le meilleur Kasischke, mais c'est un véritable page-turner à découvrir ... comme tous les autres romans de l'auteur (que je compte bien dévorer les uns après les autres). 
" Cela faisait maintenant deux décennies que nous étions ensemble, toutes ces années ayant été des années plutôt heureuses, productives, pleines de sens et de richesse. Les emplois sûrs. Le fils en bonne santé. La vieille ferme. Et même les voitures fiables, la mienne était une petite Honda blanche, toute vive et ronronnante, qui ne consommait pas beaucoup, un 4x4, et la sienne un énorme tonneau, un Explorer blanc, avec une tenue de route sérieuse, masculine,un peu comme l'incarnation de la gravité sur quatre roues."(A moi pour toujours, Laura Kasischke, Le livre de poche, 2008)

(Photos : Romanza2017)

jeudi 2 novembre 2017

Dieu, quel audace!

Les boucanières
Edith Wharton



« Elles incarnaient “la jeune fille américaine”, ce que le monde avait réussi de plus parfait » : pour Mrs St. George, ces cinq jeunes filles fraîchement débarquées à Londres sont un ravissement… Mais pour le petit monde étroit de l’aristocratie anglaise, leur pedigree laisse à désirer, et leurs ambitions paraissent bien vulgaires ? et puis quelle idée de fumer et de s’exhiber ainsi sans vergogne ? Les « boucanières » n’en ont cure : à elles la belle vie, les bons plaisirs et les beaux partis!

C'est avec un réel bonheur que j'ai ouvert un nouveau roman de ma chère Edith Wharton. Il s'agit de sa dernière oeuvre. Elle n'a d'ailleurs jamais achevé cette histoire. Elle est ici complétée, grâce aux notes laissées par Edith Wharton, par  Marion Mainwaring. J'ai pris un plaisir infini à lire ce roman.
Les boucanières voit évoluer plusieurs personnages féminins, jeunes et pleins de vie. L’obsession de leur entourage est de leur trouver un mari. Certaines d'entre elles se plient à cette volonté et participent activement à la recherche. Annabelle, elle, est la plus naturelle, la plus dénuée d'ambition. C'est un personnage que j'ai énormément aimé. Edith Wharton a créé des personnages vivants, légers, virevoltants. Moins sombre que d'autres romans de l'auteure, Les boucanières restent cependant une critique virulente des sociétés puritaines américaines et anglaises. Si les jeunes filles américaines semblent plus simples que les anglais, sous le vernis, il y a beaucoup de calcul, d'ambition et d'intérêt. Je suis à genoux devant Edith Wharton et la façon dont elle tisse l’ambiance de ses romans. J'aime ses dialogues, ses silences, ses non-dits, ses critiques fines et ses analyses pointues. 
Je ne suis pas capable, en toute honnêteté de repérer le moment précis où Marion Mainwaring prend le relais d'Edith Wharton. L'histoire se tient du début jusqu'à la fin. En reprenant les notes de l'auteure, elle a repris son intrigue, ses personnages, son dénouement. Ceci dit, je reconnais un changement de qualité d'écriture. C'est très discret et ne gêne en rien la lecture de ce texte sublime. Mais la finesse de Wharton est moins présente dans les 100 dernières pages. 
Edith Wharton est une grande auteure. Ses romans sont passionnants et offrent un sublime mélange d'intelligence et de romanesque. Les boucanières est mon 6ème roman de l'auteure et je compte bien lire l'intégralité de son oeuvre. 
"[...]la plus grande erreur, c'est de croire que nous savons toujours pour quelle raison nous agissons...Sans doute le maximum que nous puissions savoir consiste-t-il dans ce que les vieilles gens appellent "l'expérience". Mais celui ou celle qui l'acquiert n'est plus la personne qui a accompli des actes incompréhensibles. Je suppose que tout le problème vient de ce que nous changeons à chaque instant alors que nos actions, elles, demeurent."(Les boucanières, Edith Wharton, Points, 2010)
(Photos : Romanza2017)

vendredi 27 octobre 2017

Point trop n'en faut!

1, rue des petits-pas
Nathalie Hug

Le livre de poche, 2015.

Lorraine, hiver 1918. Dans un village en ruine à quelques kilomètres du front, une communauté de rescapés s'organise pour que la vie continue. Louise, jeune orpheline de seize ans, est recueillie par une sage-femme qui va lui transmettre son savoir : accoucher, bien sûr, mais aussi soigner les maux courants et être l'oreille attentive de toutes les confidences. Mais, dans cet endroit isolé du monde, les légendes nourrissent les peurs et la haine tient les hommes debout. Dans cet univers où horreur et malveillance rivalisent avec solidarité et espoir, Louise va tenter de se construire.

Voilà un roman qui m'a énormément frustrée. Je l'ai lu assez rapidement. J'étais prise dans cette histoire et plutôt heureuse de l'ouvrir. Pourtant, sur certains points, j'ai été exaspérée par ce livre. J'en veux un peu à l'auteure qui, en voulant trop en faire, a tué une histoire qui aurait pu être sublime. 
Nathalie Hug écrit bien, a des talents indéniables pour conter et faire vivre ses personnages. Quel dommage que 1, rue des petits-pas soit si ambitieux. Il y a BEAUCOUP trop de choses dans ces 400 pages : Secrets de famille, témoignage sur la 1ère guerre mondiale, vie des sages-femmes, traumatismes de guerre, survie d'un déserteur, kidnapping, reconstruction après un viol, sorcellerie, médecine illicite, ... et j'en oublie! Cette masse de thèmes m'a noyée. J'aurai tellement aimé que Nathalie Hug se contente de nous narrer l'histoire de Louise et d'Anne comme sages-femmes au lendemain de la guerre. Au fil de ma lecture, dès qu'une nouvelle intrigue apparaissait, j'avais envie de dire "Stop! Fais des choix et arrête-toi!" ... Ou alors, il aurait fallu que cette histoire soit un gros pavé de 1000 pages, plus fouillé, plus travaillé.
Je ne déconseille pas pour autant ce roman. Il est, dans un sens, agréable à lire  (attention cependant aux âmes sensibles, c'est un roman très cru), très prenant et certaines tirades de Louise sont magnifiques. Il est également instructif et j'ai appris beaucoup de choses sur les sages-femmes et la médecine. J'aurai aimé, de tout cœur, que l'auteur se concentre sur ce thème et ne parte pas dans tous les sens.
"- J'ai entendu dire que vous aviez pratiqué un avortement dans un village voisin, et que vous proposiez à vos patientes des méthodes de contraception. Vous savez que l’Église condamne ce genre de pratiques.- Nous n'avons avorté personne, m'irritai-je, mais sauvé de la mort une femme dont l'enfant était condamné. Nous devions la laisser agoniser, c'est ça ? Au nom de quoi ?- Mais l'enfant à naître est une créature de Dieu, vous n'avez pas le droit de...- Bien sûr, m'esclaffai-je, j'ai le droit de regarder mourir une patiente les bras croisés !- Louise, vous ne me comprenez pas bien . Donner la mort ou empêcher la vie ne sont pas des prérogatives humaines.- Allez dire à cette femme qu'elle devait mourir au nom de Dieu ! Et aux filles violées par leur père, ou par des déments, qu'elles doivent se réjouir d'être enceintes ! Et tant que vous y êtes, allez expliquer aux putains qu'elles ne doivent pas se prémunir d'une grossesse ! Ou mieux, pauvre curé que vous êtes, ajoutai-je folle de rage, demandez donc à votre Dieu qu'il s'incarne pour le leur dire lui-même ! Et quand il l'aura fait, alors seulement j'irai me confesser !"(1, rue des Petits-pas, Nathalie Hug, Livre de poche, 2015)
(Photos : Romanza2017)

mercredi 25 octobre 2017

1ère lecture de "grand" partagée

10 contes d'Afrique noire
Ashley Bryan

Castor poche, 1998.


Pourquoi la grenouille et le serpent ne jouent-ils plus ensemble? Pourquoi le buffle et l'éléphant ne seront jamais bons amis? Pourquoi et depuis quand les animaux ont-ils une queue? Pourquoi celle du lapin est-elle si ridicule? Écoutons la réponse du conteur au coin du feu ...

Depuis que mon garçon a 6 ans et apprend à lire, nous avons un nouveau petit rituel "lecture". Nous lisons ensemble des livres de "grand", des livres que l'on met plusieurs jours (mois!!) à lire. Jusqu'à maintenant, je lisais et il écoutait. Maintenant, il participe un peu à la lecture. Peut-être que nous ferons, dans quelques temps, des lectures à deux voix. Un moment de partage que je chéris. 
Pour sa première lecture, Romanzino avait choisi un recueil de contes africains (je lorgne d'autres titres que l'on découvrira plus tard : les abrégés de Jules Verne, les Club des cinq, les Odile Weulersse, les Petit Nicolas, .... Plein de titres qu'on découvrira ensemble ... ou qu'il découvrira seul aussi).
Je laisse la parole et le clavier à Romanzino. Voici son avis sur les 10 contes d'Afrique noire :

J'ai aimé parce que j'aime les contes d'Afrique. Ces histoires étaient rigolotes. Mes préférées sont Anansé l'araignée cherche un imbécile à berner et Pourquoi les animaux ont une queue?. J'ai aimé imaginer les paysages d'Afrique parce qu'ils sont beaux.

Ce recueil de contes fut agréable à lire. Nous avons pu discuter et partager autour de chacun d'eux. Ma petite Romanzina, du haut de ses 3 ans, s'est souvent glissée entre nous pour écouter, très attentivement, les histoires. 
Un petit recueil à grignoter.
" Des cornes de bœuf pour tout partage, ce n'est vraiment pas la richesse. Pourtant, écoutez l'histoire du garçon qui en tira fortune.Il s'appelait Mungalo, et c'était le fils d'un grand chef."(Le bœuf aux cornes magiques in 10 contes d'Afrique noire, Ashley Bryan, 1998, p51)
 
(Romanza2017)

samedi 21 octobre 2017

C'est à n'y rien comprendre!

Happy end
Julie Wolkenstein

Folio, 2008.


Dans quelques années, lorsque le niveau des océans aura monté. 
La mer grignote un bout de côte normande, engloutira bientôt les quelques villas perchées sur la falaise. Ce jour-là, Éliane, la seule survivante des trois familles de vacanciers qui y ont partagé tous leurs étés, veut voir la dernière vague. Revenue sur cette plage, elle s'accroche à sa maison, à ses souvenirs. 
À ceux qui sont morts, elle prête sa voix, revit les derniers instants de chacun. Pour différer la disparition de ce décor familier et la sienne propre, elle fait de sa mémoire une digue, un barrage : que restera-t-il de ces résidences secondaires, du goût des crevettes grises, des préjugés bourgeois, des bains de minuit, des vies réelles et imaginaires, à la toute fin?


Je profite de ces vacances d'automne tant attendues pour rédiger quelques articles en retard.

Je serai brève sur ce roman de Julie Wolkenstein. Je désirai lire cette auteure depuis un moment, mais je pense ne pas avoir choisi le bon titre. Je n'ai pas grand chose à en dire en réalité. Je n'ai pas du tout aimé. Certes, j'ai cru parfois entrevoir de jolies images, une plume délicate, mais dans sa globalité, ce fut une lecture laborieuse. Je ne suis pas du tout rentrée dans ce roman. Je suis incapable de vous expliquer quoi que ce soit sur la relation entre les personnages, leurs liens, leurs histoires. Je n'ai tout simplement pas compris grand chose. Autant j'aime la subtilité, mais là, le texte est resté totalement hermétique. C'est alambiqué, ça manque de naturel et de simplicité.
Cependant, je n'en resterai pas là avec Julie Wolkenstein. Je retenterai ma chance avec d'autres romans. Je suis sûre qu'elle a quelque chose à me dire ... malgré l'échec cuisant de Happy end.
" Comme chaque jour depuis que je suis revenue chez moi, à Saint-Contest, Brigitte s'est assise tout à l'heure à la table de la salle à manger - ça me fait une récréation, plongée que je suis dans la reconstitution virtuelle de toutes ces morts. Elle a bu quelques gorgées de thé, j'essayais de l'imaginer avec les cheveux longs qu'elle tressait autrefois, sa natte brune serait mêlée de traînées grises, je me souviens de ma surprise lorsque je lui ai ouvert la porte, le jour de la mort de son père, je ne l'avais pas vue depuis si longtemps, en découvrant ses cheveux tout courts, presque ras, comme beaucoup de femmes d'ici, passé la quarantaine. "(Happy end, J. Wolkenstein, Folio, 2008, p69)
(Photos : Romanza2017)

Trouver son rythme

Cela fait un mois et demi que j'ai commencé mon nouvel emploi. Changement de vie, d'horaires, d'organisation. J'ai pour l'instant du mal à trouver un rythme qui me convient vraiment. Passionnée par mon nouveau métier, soucieuse de trouver un équilibre entre vie professionnelle (qui est elle-même partagée entre l'éducation nationale et l'université) et vie privée, je tâte et me questionne. 


La semaine est entièrement consacrée à ma vie pro et ma vie de famille pour l'instant. Peu de place pour m'occuper de moi-même. La journée est dédiée au travail. Je m'occupe de mes enfants le soir (quand je ne rentre pas trop tard) et une fois qu'ils sont au lit, je travaille de nouveau. Le week-end, j'essaie de privilégier les temps en famille en me dégageant du temps pour bosser (toujours), faire du sport (j'arrive à aller courir 1h le dimanche) et lire (un tout petit peu). Je n'arrive pas encore à trouver le temps de faire tout ce que je souhaiterais. 



Je me dis que tout est une question de rythme. Doucement, je vais arriver à m'organiser. Je croule sous le travail (préparation de cours, rédaction de mon mémoire de recherche, évaluations du 1er semestre, ...), mais ce que je fais me passionne. J'essaie d'utiliser mon temps libre pour faire des choses avec mes Romanzini qui voient moins leur maman qu'avant durant la semaine (mais qui l'ont pour eux toutes les vacances scolaires et ça, c'est le top absolu!). Il me manque juste durant la semaine des moments où je peux lire mon roman, souffler, vider ma tête et ne plus penser au boulot. Mais ça viendra .... J'espère!

vendredi 22 septembre 2017

Femmes libérées?

Avril enchanté
Elizabeth Von Arnim

10/18, 2015.


Comment résister à une telle offre : « Particulier loue petit château médiéval meublé bord de la Méditerranée ». Un jour de pluie et d’autobus bondés, il n’en faut pas plus aux jeunes Londoniennes, Mrs Wilkins et Mrs. Arbuthnot , pour se lancer seules dans l’aventure et partir, sans presque prévenir leurs époux, un mois en Italie. Au menu : soleil, repos et réflexions.


Lu à la fin de l'été, j'ai savouré ce roman frais et léger. Tandis que Vera de la même auteure m'avait totalement chamboulée (un très fort souvenir de lecture), Avril enchanté m'a surtout détendue, enveloppée, réconfortée. Certes, sous son aspect simple, ce roman est profond et soulève des interrogations très modernes pour l'époque. Cependant, c'est un texte qui se lit tout seul, rapidement, sans prises de tête.
Je dois avouer n'avoir pas été convaincue par la "magie" de San Salvatore. L'histoire est too much (passez-moi l'expression). J'ai aimé l'idée, l'ambiance, l'écriture, les personnages parfois amusants parfois énervants, mais ce changement radical de personnalité provoqué par 2mn à San Salvatore ... je n'y ai pas cru. Le summum fut à l'arrivée des maris. On assiste à leur piètre description au début du roman et ils se transforment en mari idéal dès leur arrivée à San Salvatore. J'ai trouvé cela amusant, plaisant à lire, bien écrit, mais très peu vraisemblable. 
Je relirai avec plaisir Elisabeth Von Arnim. Si j'ai préféré Vera, Avril enchanté fut un moment de lecture agréable et reposant.
"Ce silence, ce sentiment d'espace, ces fleurs en abondance, l'absurde beauté de l'arbre de Judée, tout cela sembla d'un coup presque trop beau à Mrs Wilkins. Allait-elle vraiment vivre un mois entier environnée de toutes ces belles choses? Jusqu'alors elle avait dû se contenter de miettes de beauté rencontrées au hasard - une touffe de pâquerettes remarquée au milieu d'une pelouse de Hampstead, un jour qu'il faisait beau, ou un coucher de soleil entre deux cheminées. Jamais elle ne s'était trouvée en un lieu qui fût totalement beau."
Avril enchanté, E. Von Arnim, 10/18, 2015. 
(Photos : Romanza2017)