lundi 16 juin 2008

Nouveau né dans la blogosphère littéraire ...


Je vous annonce la naissance d'Entre les lignes, petit blog littéraire d'une grande dame que j'aime très fort, Suzanne, appelée Motslus sur son blog. Je vous invite à faire un tour chez cette amoureuse folle des mots ...


(Source image : blog Entre les lignes ... l'imaginaire)



Swap arrivé! Romanza gâtée!


Quelle surprise de recevoir ce week-end un colis de la poste! Quelle joie surtout! J'ai été énormément gâtée par Emmyne pour ce premier swap et je tiens à la remercier de tout coeur...



En voyant ce colis si tentant me faire de l'oeil, j'ai tout de même réussi à prendre le temps de me mettre en condition pour ne pas sauter dessus comme une sauvage. Je me suis confortablement assise, un petit thé à proximité et ... j'ai ouvert!



Plein de petits cadeaux emballés dans un beau papier parsemé de joyaux et deux petites enveloppes. J'étais comme une enfant devant son cadeau de Noël. J'ai commencé à tout ouvrir et voilà mes petits trésors :

En ce qui concerne les livres, Emmyne m'a faite une sélection délicieuse de romans classiques comme je les aime, ainsi qu'une petite découverte.
J'ai reçu La tulipe noire (Lu!) et La guerre des femmes (Lu!) d'Alexandre Dumas, romans dont je connais les titres mais pas du tout les histoires pour mon plus grand bonheur. Mais j'ai eu aussi Le bossu (Lu!) de Féval. Le film m'a faite rêvée enfant et j'ai toujours voulu connaître le roman.
La découverte? Une belle BD, L'épervier (Lu!) de Pellerin, qui a l'air d'être un régal d'aventure.



Voilà les extras! Une belle carte postale avec un petit mot d'Emmyne, un superbe marque-page qui donne envie de se précipiter sur un bon roman et (hum!!) du chocolat. Je vais me faire de ces moments lecture/chocolat je ne vous dis pas. Ils sont déjà posés dans ma chambre à proximité ... Et oui, je suis gourmande ... mais j'assume!

Voilà maintenant la photo de l'ensemble. J'ai été vraiment gâtée, j'en reste toute émue.
Merci mille fois pour ton colis belle Emmyne. Ce fut du pur bonheur!

dimanche 15 juin 2008

Une petite terreur en moins ...


- Pauline d'Alexandre Dumas.
- Dracula de Brian Stoker.
- Les mystères d'Udolphe d'Anne Radcliffe.

De l'importance des chandelles durant la nuit

Pauline
Alexandre Dumas
(Lectures gothiques 2008)

Folio, 2008.



Pauline (1838) est un des premiers romans de Dumas, où Monte-Cristo se trouve en germe. C'est un livre qu'il a écrit seul, et qui se déroule de son temps. La fiction brode sur les thèmes du roman gothique, en « noir », nuit, cottage en ruine, sentes perdues, passages secrets, brigands impitoyables, héroïne enterrée vivante, substitution de cadavres.
Pauline fait face à un bourreau mystérieux, « homme fatal». C'est le roman d'une jeunesse déboussolée qui tente de se faire une place dans une société mesquine.
...
C'est la première fois que je lis mon cher Dumas dans un style comme celui-ci. Et bien, je dois avouer que cela m'a enchantée. Bien que la plume mordante et pleine de fraîcheur des Trois mousquetaires ne soit pas encore présente dans cette oeuvre de jeunesse, j'ai tout de même dégusté ce petit bijou gothique à souhait.
Une histoire bien ficellée où chaque narrateur (trois exactement) prennent à tour de rôle le fil du récit sans jamais lasser ou perdre le lecteur. Une intrigue très prenante qui nous pousse à refermer le roman que difficilement. Une écriture intelligente et vive qui nous entraîne dans un tourbillon de prouesse narrative. Une ambiance noire majestueuse qui m'a faite, malgré moi et malgré le fait que je sois une jeune femme du XXIè siècle, trembler de peur à certains passages. Les nombreux lecteurs de ce roman sauront desquels je parle. J'ai lu certains romans dits gothiques durant mes années fac' et j'avais déjà beaucoup apprécié l'univers.
Bref, un très bon roman qui s'avale sans que l'on s'en rende compte. Une atmosphère qui m'a beaucoup plu et qui me donne plus que jamais envie de continuer les petites découvertes gothiques de Lou et Malice.
...
« Vous vous réveillerez dans un caveau où nul n'est descendu depuis vingt ans, et dans lequel, d'ici à vingt ans peut-être, nul ne descendra encore. N'ayez donc aucun espoir de secours, car il serait inutile. Vous trouverez du poison près de cette lettre: tout ce que je puis faire pour vous est de vous offrir une mort prompte et douce au lieu d'une agonie lente et douloureuse. Dans l'un et l'autre cas, et quelque parti que vous preniez, à compter de cette heure, vous êtes morte. »
(Pauline, Folio, 2008, p161)

(Source image : lunettesrouges.blog.lemonde.fr. Peinture de Desains, Femme asphyxiée.)

jeudi 12 juin 2008

Je ne verrai plus jamais les fleurs comme avant


Le petit prince
Antoine de Saint-Exupéry

Folio, 2007.


Antoine de Saint-Exupéry tombe en panne d'avion au beau milieu du désert. Il y rencontre un petit garçon aux boucles d'or venant d'une lointaine planète : le petit prince.


Tout le monde devrait lire ce roman. Enfant, pour nous lancer dans la vie pleinement, pour nous apprendre le plaisir de l'existence et la beauté des choses. Adulte, pour nous remettre les idées en place et nous faire retrouver notre âme d'enfant. Je ne l'ai jamais perdu. J'ai toujours la petite Romanza enfant qui me suit dans mon existence, et pourtant, en lisant Le petit prince, je l'ai sentie comme jamais. J'ai eu soudain l'impression de redevenir enfant, pas que mentalement, mais physiquement aussi.
Une histoire d'une humanité folle, d'une poésie incroyable qui m'a totalement envoûtée. J'ai aimé sa philosophie, son amour des choses, l'importance des enfants, le ridicule du monde adulte, ...
Quant aux voyages du petit prince à travers les planètes, du pur bonheur! J'ai bu chaque phrase et chaque mot. Les dessins sont émouvants. Tout est un délice.
J'ai été si touchée par ce livre que j'ai décidé de le lire aux enfants où je travaille. Je leur ai demandé ce matin s'ils voulaient que je leur raconte une petite histoire qui durera plusieurs jours, je leur lirai un chapitre chaque jour, que c'était l'histoire d'un aviateur qui perdu dans le désert rencontrait un prince venu d'une autre planète. Ils ont tous sauté de joie et attendent avec impatience demain pour la commencer. Je suis ravie. Heureuse de partager ce sublime texte. Peut-être que ça les marquera longtemps ... qui sait!

Un petit bijou à lire et relire qu'importe notre âge, qu'importe le lieu, qu'importe le temps ...

" Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillée. Elle disait : ...
"S'il vous plaît ... dessine-moi un mouton!
- Hein!
- Dessine-moi un mouton ..."
J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté mes yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit homme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement."

(Le petit prince, Folio, 2007, p16)


(Source image : forum doctissimo. Dessin de Saint Exupéry)

3 et un font 4!


- Un livre avec une couleur dans le titre : Le pays du dauphin vert - Elisabeth Goudge
- Un livre avec un nom d'animal dans le titre : Un crocodile sur un banc de sable - Elizabeth Peters
- Un livre avec un prénom dans le titre : La passion selon Juette - Clara Dupont-Monod
- Un livre avec un nom de lieu géographique dans le titre : Impératrice de Chine - Pearl Buck
- Un livre avec un phénomène météorologique dans le titre : La planète aux vents de folie - Marion Zimmer Bradley
- Un livre avec un nom de plante dans le titre : La colline aux gentianes - Elisabeth Goudge

mardi 10 juin 2008

"Peut-être que cela n'irait pas si mal après tout"

Le pays du dauphin vert
Elizabeth Goudge
(Défi Le nom de la rose 2008)

Phébus, 2007.


Marianne, Marguerite … William Ozanne a toujours eu tendance à confondre ces deux prènoms depuis le jour où un coup de vent fit apparaître dans le couloir de sa maison, rue du Dauphin-vert, le chapeau de Marguerite, puis Marguerite elle-même, rose et rieuse, suivie de sa sœur aînée. Les demoiselles Le Patourel.
Voilà pourquoi, bien des années plus tard, devenu exploitant de bois dans une île de Nouvelle Zélande, il voit débarquer non pas la fiancée qu’il attend, mais l’élégante et laide Marianne. La pitié n’est pas toujours bonne conseillère, et le cœur de William se serre à l’idée de ce qui arriverait s’il lui disait qu’il s’était trompé de prénom quand il a écrit de venir le rejoindre.
Peut-on bâtir une vie heureuse sur pareil quiproquo ? William en tente la gageure. Les débuts sont durs, mais Marianne ne manque pas de courage, et sa volonté la soutient au fil des multiples aventures de cet ample roman situé dans le cadre poétique des îles anglo-normandes et de la Nouvelle-Zélande.
(Edition livre de poche, 1970).


En refermant ce livre, j'étais si enthousiaste et si passionnée que je me suis précipitée sur l'ordinateur en me disant que j'avais mille choses à vous dire. Mais en fait, arrivée devant l'écran ... trou noir. J'avais tant sur le coeur que je ne savais pas par quoi commencer. Entre envie dévastatrice de parler de ce superbe roman et cerveau totalement embrumé, le vainqueur fut à ma grande honte, mon cher cerveau (lâcheur!). Mais bon, une bonne nuit de sommeil plus tard (et une journée bien fatiguante, oups!), je vais peut-être réussir à vous en parler ...

Comment raconter Le pays du dauphin vert ? Je dirai, certes de façon basique mais si vraie, que l’on ne peut pas raconter un roman qui se vit avec autant de passion. Car oui, j’ai vécu au pays du dauphin vert, j’ai voyagé sur des voiliers et j’ai lutté pour ma survie au milieu du peuple maori. Même si à l’heure actuelle je ne sais pas comment je vais pouvoir vous « raconter » ce roman, je vais tout de même essayer de le faire le mieux possible.

Tout d'abord, parlons de l'écriture. Même si ma Pearl Buck reste inégalable dans la description de la beauté de la vie, de la sérénité des paysages et le bonheur des petits riens de l'existence, Elizabeth Goudge a également la palme d'or. Une plume délicate, optimiste, joyeuse et vive. Un petit bonheur!

Il y a aussi le sublime style de cette auteure. Cette façon de mêler la magie à l'existence est sublimissime. Les romans d'Elizabeth Goudge sont réalistes, l'histoire, ici, se passe au XIXème siècle dans des lieux connus et pourtant, les enfants croisent des fées, les légendes et les contes jalonnent l'île du dauphin vert et les personnages sont décrits toujours de façon étrange : " C'est alors que lui étaient apparus dans un petit canot qui se balançait calmement sur les eaux brillantes du port, William et Marianne, un magnifique garçon aux cheveux clairs et aux joues roses, dans un costume bleu déchiré et un menu brin de fille, habillée de vert comme une petite fée."(p341).

Le récit. Que dire? A travers les îles anglo-normandes fouettées par le vent en passant par la sauvage Nouvelle-Zélande, ce roman m'a faite vivre tant de choses. La peur, l'amour, l'angoisse, l'amitié, la jalousie. Ce roman est humain, c'est ce qui le rend puissant. J'ai pleuré, j'ai souri. J'ai véritablement "vécu" ce livre. A la fois roman d'aventure avec des marins, des naufrages, des attaques de maoris et des mises à mort, mais aussi, roman psychologique, roman fantastique, ... et tant d'autres choses.

Les personnages. Aaah! Marguerite la joyeuse et heureuse blonde joufflue ; Marianne, l'insatisfaite parfois énervante, mais si touchante, digne, qui nous fait pleurer toutes les larmes de notre corps ; William, mari faible, homme fort et père touchant ; Le capitaine O'Hara, le vieux loup de mer si atypique ; Tai Haruru, magnifiquement sensuel et envoûtant, et Nat, Samuel, Old Nick le perroquet, Véronique .... Une galerie de personnages incroyables, tous humains et touchants, hauts en couleur et qui m'accompagneront encore longtemps dans ma vie.

Et puis, les descriptions, les falaises balayées par l'air vif, les forêts luxuriantes néo-zélandaises, les plages mystérieuses, les grottes étranges. Les paysages sont sublimes, ils m'ont bouleversée. Les scènes sont toutes mythiques. Tout est bouleversant.

Juste quelques mots pour finir : Lisez-le!

Edit du 12 à 09h53 : Là je relis mon avis et je suis frustrée. J'aurai tellement de choses à dire en plus, mais rien à faire, je n'arrive pas à les formuler. Bref! Je suis muette d'admiration. Vous ne pouvez pas savoir tout ce que contient ce roman, c'est fou! L'histoire, certes attirante, ne laisse pas imaginer la profondeur du récit. Bon allez! Je me tais!

Nb : Petites choses à noter! Ce roman fut écrit en 1944 et l'on se doute aisément que la connaissance du monde était plus vague qu'aujourd'hui. Elizabeth Goudge en a conscience et invite le lecteur à être indulgent quant à ses connaissances sur la Nouvelle-Zélande et le peuple Maori. Je trouve cela important car je doute de certaines choses écrites dans le livre, mais cela n'entâche en rien ce sublime roman.

"Papa et elle avaient deux mondes merveilleux dans lesquels ils vivaient ensemble, deux mondes qui étaient réels pour eux, et décidement plus agréables que le monde dans lequel ils mangeaient, s'habillaient, allaient au lit et se levaient, faisaient des bêtises et étaient grondés par maman, et ne se sentaient jamais en sécurité à cause des Maoris. Lorsqu'elle était au lit, papa racontait à Véronique des histoires qui se passaient dans ces deux mondes, mais ce n'était pas le seul moment où ils y vivaient. Ils étaient réellement toujours dans l'un ou dans l'autre, dans leurs rêves, la nuit, ou dans les rêveries auxquelles ils s'abandonnaient, papa lorsqu'il travaillait dans la forêt, et Véronique lorsqu'elle travaillait à son canevas sous les yeux de maman. C'est ainsi que bien qu'ils fuissent presque toujours séparés, ils étaient spirituellement toujours réunis. Même pendant les mois où Véronique avait été à Wellington, elle n'avait pas eu l'impression s'être séparée de papa; elle n'avait qu'à courir vers l'un ou l'autre de ces mondes : elle était sûre de l'y trouver."

(Le pays du dauphin vert, livre de poche, 1970, p 412)


(Image : cinemovies.fr "La veuve de Saint Pierre")

vendredi 6 juin 2008

Laissez-moi vous parler de ...

Andrée Chédid


Andrée Chedid (arabe : أندريه شديد) (née au Caire le 20 mars 1920) est une femme de Lettres et poétesse française d'origine libanaise et égyptienne. Elle est la mère du chanteur Louis Chédid et de Michèle Chedid-Koltz, peintre, et la grand-mère du chanteur Matthieu Chédid (M). Elle fait ses études dans des écoles françaises, puis elle intègre l'Université américaine du Caire. Elle apprend l'anglais et perfectionne son français. Elle rêve d'être danseuse. Elle se marie avec un médecin à 22 ans. En 1942, elle part vivre au Liban avec son mari. C'est en 1946 qu'elle s'installe définitivement à Paris, où elle commence à publier ses recueils de poésie.
...
Je suis tombée amoureuse de la plume d'Andrée Chédid immédiatement. J'ai ouvert L'enfant multiple est plus rien ne fut pareil. Mêler autant de réalisme et de poésie est tout bonnement incroyable. Quelle plume! Quelle originalité! J'ai lu ensuite Le message et mon amour pour elle s'est intensifié.
J'aime son style de conteuse, d'artiste de rue, de saltimbanque. Ses personnages sont tous hauts en couleurs, inoubliables et attachants. Ses livres sont courts, mais dès les premiers mots, nous nous attachons à eux passionnément. C'est parfois triste mais jamais larmoyant et même dans la plus dure adversité, il y a toujours une petite flamme d'espoir qui brille.
Une grande dame à découvrir pour sa poésie et son humanité ...

(Sources : image : toutelapoesie.com ; Biographie : wikipedia.org)

dimanche 1 juin 2008

Tag gourmand ... miam!


Aelys m'a taguée ... Oh! La vilaine! Tu as trouvé mon point faible ... la gourmandise !!!

Règlement :
Indiquer le lien de la personne qui m'a taguée

Noter le règlement sur mon blog
Taguer 6 personnes à la fin du billet en mettant leur lien.
Avertir directement sur leur blog les personnes taguées.

Un aliment ou un produit que je n'aime pas du tout : Les rognons (beurk!)
Mes 3 aliments favoris : Le chocolat ; Les framboises ; Le camembert (et oui ...)
Ma recette favorite : Le gâteau au chocolat
Ma boisson favorite : Le thé ... of course my dear!
Le plat que je rêve de réaliser mais que je n'ai toujours pas fait : Foie gras poêlé comme dans les grands restaurants avec de la gelée d'oignons ou de figue à côté ...
Mon meilleur souvenir culinaire : Le plus récent (parce qu'il y en a beaucoup!) une glace Chocolat liégeois ... Hum!


Je tague à mon tour : Florinette ; Grominou ; Malice ; Heri ; Sandra et Aileean . Bande de gourmandes!
(Source image : mademoiselle-bio.com)

Vu au théâtre

Penthésilée
Heinrich von Kleist



De la Comédie française
Mise en scène par Jean Liermier

"Penthésilée, Reine des Amazones, viole l’inexorable règle de la fête des roses en tombant passionnément amoureuse de son adversaire, le héros grec Achille. Sur le champ de bataille opposant les Grecs aux Troyens, les deux fiers amants, irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, s’affrontent dans une lutte perdue d’avance, chacun devant vaincre l’autre pour l’emmener dans son royaume et célébrer l’union. Tragique histoire d’un amour farouche empreint d’une incommensurable tendresse, d’un combat contre les pulsions de vie et de mort, d’un désir de possession charnelle maculée de sang, Penthésilée est relatée par Homère. Heinrich von Kleist se réapproprie le mythe à partir de 1806, s’inspirant probablement d’autres variantes tirées du célèbre Dictionnaire fondamental de mytho-logie de Benjamin Hederich."

Il se passe toujours quelque chose d'étrange dans mon esprit lorsque je quitte la Comédie française. Après avoir vécu avec les acteurs durant 3h , après avoir pleuré, rit, aimé, adoré, une question, toujours la même, inexorable, comment reprendre ma vie normale après ça? Je dois me lever de mon siège, sortir du théâtre, prendre le métro et chaque fois j'ai l'impression que c'est presque une trahison, un sacrilège de reprendre le cour de la vie comme si jamais rien ne s'était passé. Je me sens loin des gens que je croise, loin des pas que je fais, loin de tout.
Je suis allée voir Penthésilée seule. C 'est la sixième pièce que je vois de la Comédie française,
mais c'est la première fois que j'y vais seule. Les sensations sont différentes. Les deux situations sont superbes mais étrangement éloignées. Lorsque l'on voit un spectacle seule, on se parle à nous-même, on partage nos impressions avec notre esprit, notre petite voix intérieure. Je pense qu'il faut essayer de temps à autre de vivre certaines expériences seul.

Revenons à la pièce! Je ne connaissais pas du tout cette oeuvre de Kleist. J'y suis allée à l'aveuglette, avec une confiance absolue dans la Comédie française. J'en sors, comme chaque fois, ravie.
J'ai toujours aimé la mythologie alors une pièce qui parle d'amazones, de guerre de Troie et de tragédie est forcément faite pour moi. Le personnage de Penthésilée m'a totalement bouleversée. Sauvage et fragile. Profonde contradiction que cette femme luttant contre ses passions. Et quel jeu d'actrice! Léonie Simaga est tout simplement parfaite. Tellement habitée par son rôle qu'elle était en pleurs pendant le salut, émue aux larmes. Elle est sublimement belle, elle joue à la perfection, je suis à genou ... Il faut le voir pour le croire ...
Que dire aussi de MON acteur adoré, Eric Ruf? Toujours cette passion, cette flamme et cette voix majestueuse. Je n'ai rien à ajouter sur le fait que je l'admire.
Bref! Vous l'aurez compris une pièce sublime qui m'a faite découvrir l'histoire de Penthésilée, cette femme inoubliable, forte et si tragique (et oui forcément!).
Si vous n'êtes jamais allé à la Comédie française, je ne peux que vous invitez à y courir.

Léonie Simaga

(Sources : site de la Comédie française ; es.unifrance.org)