mercredi 20 août 2008

A trop s'approcher du soleil, on risque fort de se brûler les ailes

La dame du Nil
Pauline Gedge


J'ai lu, 1981.


Petite fille, Hatchepsout a déjà tous les dons, toutes les audaces. Et son seul Dieu est son père, le grand Touthmôsis Ier, auquel elle rêve de succéder un jour.La loi interdit à une femme d'être pharaon ? Qu'importe ! Et que pourrait contre elle son demi-frère, si faible et timoré ? A quinze ans, Hatchepsout reçoit de son père le titre de "prince héritier".Cependant, en secret, le petit "prince" devient une tendre adolescente auprès de Senmout, le jeune architecte. Un amour partagé, impossible... Une vie de combats et de gloire attend Hatchepsout.L'Egypte revit ici pour le lecteur dans l'éclat de ses ors, la douceur de ses oasis, ses palais et ses temples face au Nil tutélaire…


J'ai passé un fort bon moment avec ce roman riche en découvertes et en émotions. Pauline Gedge a une belle plume de conteuse. Elle nous transmet ce récit aux senteurs d'Orient, aux parfums de myrrhe et aux accents mystiques tout droit venu du désert.
L'histoire d'Hatchepsout, seule femme pharaon en 30 dynasties égyptiennes, m'a fait penser au récit de Pearl Buck sur la vie de l'impératrice douairière de Chine. Même combat, même amour, même grandeur.
Un récit extrêmement fort et bien écrit. J'ai été engloutie par cette histoire fabuleuse venue de temps si lointains qu'ils rentrent presque dans la légende.
Hatchepsout m'a bouleversée. Je la voyais se mouver royalement et luttant pour affirmer son pouvoir. La fin de ce roman m'a littéralement plongée dans la tristesse. Quel dénouement! Mes mains tremblaient d'émotion. J'ai ressenti une telle empathie pour cette si grande dame que j'aurai voulu me projeter dans son univers pour la serrer dans mes bras.
Un roman agréable, facile, enrichissant, envoûtant, prenant et intelligent qu'il faut découvrir.
"Lorsque les eaux du Nil eurent inondé la vallée, ralentissant considérablement l'activité du pays, Hatchepsout apprit enfin la nouvelle qu'elle désespérait d'entendre. Doua-énéneh courut à sa rencontre un matin où elle allait se baigner dans le lac. Il trébucha en s'arrêtant devant elle, la mine réjouie, et prit le temps de saluer sa souveraine, ce qui eut le don de l'exaspérer au plus haut point, tant était grande son impatience."

(La dame du Nil, J'ai lu, 1981, p453)


(Source image : egyptos)

samedi 9 août 2008

Taguée même en vacances ... si c'est pas malheureux!

Mais bon, j'aime bien ce petit tag ... donc ça va! Merci à miss Lou d'avoir pensé à moi ...

Les régles :

1 - Indiquer le nom de la personne avec un lien vers son blog
2 - Prendre le livre que l'on lit actuellement (ou que l'on préfère) à la page 123
3 - Recopier le texte de la 5ème phrase et des 3 suivantes
4 - Indiquer année de parution, édition, titre et auteur du livre
5 - Choisir 4 autres blogueurs/blogueuses pour leur demander ce qu'ils lisent et ainsi de suite ....

1 - .... Bah! je l'ai déjà mis plus haut voyons.
2 - C'est fait ...
3 - " .... Il est aimable et respectueux et ne se plaint pas comme ....
Elle allait dire "comme Touthmôsis" mais elle se souvint à temps que son père lui avait fortement recommandé de garder ses opinions pour elle; elle poursuit :
- Comme certains. Par ailleurs, je lui dois effectivement cette faveur et me suis engagée à la lui accorder avec l'autorisation de mon père."
4 -La dame du Nil, Pauline Gedge, 1981, J'ai lu., Flammarion.
5 - Je ne sais pas du tout vu que ce tag tourne depuis un bout de temps ... Donc je le donne à qui veut!

vendredi 8 août 2008

Merveilles, poésies et complexités

Mrs Dalloway
Virginia Woolf

Livre de poche 2005.

Tôt le matin, tard le soir, Clarissa Dalloway se surprend à écouter le clocher de Big Ben. Entre les deux carillons, une journée de printemps, une promenade dans la ville, le flux des états d'âme et le long monologue d'une conscience. Clarissa tente " de sauver cette partie de la vie, la seule précieuse, ce centre, ce ravissement, que les hommes laissent échapper, cette joie prodigieuse qui pourrait être nôtre ". Et pourtant résonne déjà dans ce livre, le plus transparent peut-être de l'oeuvre de Virginia Woolf, comme la fêlure de l'angoisse ou le vertige du suicide.


Chère Mrs Woolf,
En parcourant les lignes de votre roman, je me suis sentie prise dans une sorte d'intense ambivalence.
Par moment, la beauté et la délicatesse de votre plume m'a bouleversée. Je me suis laissée aller parmi les personnages de cette étrange histoire. Une écriture fluide, délicate, qui nous entraîne dans la pensée de Mrs Dalloway. J'ai accompagné cette élégante dame dans les rues de Londres, j'ai humé l'odeur des fleurs et écouté le chant de Big Ben à ses côtés. Un roman doux et poétique où certaines phrases font parties des plus belles que j'ai pu lire.Et pourtant ... votre roman est complexe. On passe d'un pensée à une autre sans réel lien. Les personnages et leur histoire s'enchaînent, on se perd un peu, le regard se voile et on en oublie presque vos si beaux mots tant la concentration baisse. C'est un roman qui exige un état d'esprit attentif, prêt à la réflexion et poétique. Un esprit fatigué, des conditions empêchant la concentration peuvent vite rendre votre roman fastidieux.
Au final, un sentiment de frustration. J'ai bien conscience de la qualité du merveilleux roman que je viens de lire, mais les conditions dans lesquelles je l'ai lu m'ont empêchée de profiter pleinement de ce roman complexe et riche. Difficile de se concentrer sur la vie de Mrs Dalloway sur la plage ou avec Romanzo dans les parages.
Je vais finir cette lettre en vous remerciant tout de même pour ces magnifiques passages littéraires qui m'ont donnée envie de découvrir d'autres de vos oeuvres,
Respectueusement,
Romanza.
Les avis de Malice, Erzébeth, Cécile, ....
" Mrs Dalloway dit qu'elle achèterait les fleurs elle-même. Lucy, elle, avait du pain sur la planche. Il faudrait enlever les portes de leur gonds ; les hommes de Rupelmayer allaient arriver. Quelle matinée, pensa Clarissa Dalloway, une matinée fraîche à offrir à des enfants sur une plage."
(Mrs Dalloway, livre de poche, 2005, p 17)

(Source image : kiwimage.com)

samedi 2 août 2008

Oyé! Oyé!


Et oui ! C’est à mon tour ! Je pars en vacances dans la nuit de dimanche à lundi.
Je serai nettement moins présente durant environ 1 mois (les frontières sont floues). Au programme : 1 semaine de vacances chez belle-maman (famille, repos, visite) ; 1 semaine avec les potes (randonnées et rigolades) et après, c’est direction : l’avenir ! Et oui ! Je déménage cet été. Je quitte le nord de la France pour le Sud. Du coup, il y aura un logement à trouver, de la paperasse, des meubles à déplacer, des privations d’internet durant le déménagement, mais aussi un nouveau patron à chercher … Bref … j’en passe.
Les trois premières semaines, je pourrai sûrement passer de temps à autre (en passant dans des cybercafés ou un peu chez belle-maman …), mais ceci dit, je ne pars pas en vacances pour être devant l’ordinateur, donc … ne vous attendez pas à me voir tout le temps. Je veux profiter du plein air.
Ensuite, par contre, ce sera le calme plat, jusqu’à ce que je sois douillettement installée dans mon nouvel appartement. Et oui, installation d’internet oblige.
Je vais noter soigneusement mes petits avis de lectures sur un carnet. Si je peux faire un saut sur la toile un jour, je vous en déposerai, sinon je les garde au chaud pour très bientôt, lorsque je serai dans mon nouveau chez moi.

Bon, assez de blabla et je vais enfin (je sais que vous n’en pouvez plus !), vous dévoiler mes petites lectures de vacances. Bon ! Il est vrai que je n’aurai concrètement pas beaucoup de temps pour moi. Entre la famille, les copains, le déménagement … dur, dur ! Mais je vais tout de même contre vents et marées réussir à lire, à me rassasier de mots (j’ai mis ma lampe frontale depuis deux jours dans mon sac en prévision de longues nuits de lectures passionnées (LCA moi???Non …).
Donc au programme littéraire, voici :



- La tulipe noire d’Alexandre Dumas. Pour le petit côté aventure/évasion.
- La chartreuse de Parme de Stendhal. Vieille habitude chez moi. Je ne peux pas partir en vacances sans un classique. Besoin vital !
- La dame du Nil de Pauline Gedge. Petit roman historique pour m’évader sur la plage.
- Compartiments pour dames d’Anita Nair. Il me fait de l’œil depuis un bout. Et puis, l’été s’est un bon moment pour lire un roman sur l’Inde.
- La voleuse de livres de Markus Zusak. Parce que ….. c’est tout !
Mais depuis cette photo (que je n’ai pu refaire car Romanzo a mis l’appareil photo depuis 4 jours dans le coffre de la voiture … on ne sait jamais), j’ai rajouté (de façon ultra prétentieuse, car je me demande comment je vais avoir le temps de lire tout ça) trois romans d’Henri Bauchau, que notre belle Erzébeth m’a tant donnée envie de lire … Il s’agit de :





J’ai toujours aimé la mythologie. Je ne m’en lasse pas ! Antigone est une des plus splendides héroïnes littéraires pour moi, alors je saute sur ces romans qui m’ont l’air croustillant à souhait. Merci d’avance Erzébeth, rien que pour la petite flamme que je sens naître en moi.
Je conclus cette longue tirade nombriliste en vous disant à très bientôt, ne m’oubliez pas, je reviens vite avec de nouveaux avis de lectures …
Bonnes lectures estivales à tous …

jeudi 31 juillet 2008

Plus qu'un ...


- Un livre avec une couleur dans le titre : Le pays du dauphin vert - Elisabeth Goudge
- Un livre avec un nom d'animal dans le titre : Un crocodile sur un banc de sable - Elizabeth Peters
- Un livre avec un prénom dans le titre : La passion selon Juette - Clara Dupont-Monod
- Un livre avec un nom de lieu géographique dans le titre : Impératrice de Chine - Pearl Buck
- Un livre avec un phénomène météorologique dans le titre : La planète aux vents de folie - Marion Zimmer Bradley

- Un livre avec un nom de plante dans le titre : La colline aux gentianes - Elisabeth Goudge

Ce qu'il adviendra de nous ...

La planète aux vents de folie
La romance de Ténébreuse
Marion Zimmer Bradley
(Défi Le nom de la rose 2008)

Pocket, 1977.

Avant tout, quelques explications.

La planète aux vents de folie fait parti d'une série de romans composant La romance de Ténébreuse. Cette série est constituée de plus d'une vingtaine de livres. Certains divisés en plusieurs tomes. Chaque livre peut être lu indifféremment. Le récit se situe toujours dans le monde de Ténébreuse, mais les personnages changent, les situations ne sont pas les mêmes, etc ... Ceci dit, comme dans toute histoire, un ordre chronologique existe que l'on peut décider se suivre ou non. Moi, j'ai décidé de commencer par le commencement. Je pense que l'on voit ainsi mieux les évolutions du peuple de Ténébreuse, l'histoire de cette planète, ... Enfin, chaque lecteur fait comme il veut, mais pour ceux que ça intéresse de lire la romance dans l'ordre chronologique comme moi, le voilà :

La planète aux vents de folie ; Reine des orages ; La belle fauconnière ; Le loup des Kilghard ; Les héritiers d'Hammerfell ; Redécouverte ; La chaîne brisée ; La maison des amazones ; La cité des mirages ; L'épée enchantée ; La tour interdite ; L'étoile du danger ; La captive aux cheveux de feu ; Soleil sanglant ; L'héritage d'Hastur ; L'exil de Sharra ; Projet Jason ; Les casseurs de monde ; La chanson de l'exil ; La Matrice fantome ; Le Soleil du Traitre.

Egaré dans l'espace à la suite d'un orage gravitationnel, un astronef s'écrase sur une planète inconnue. Les survivants - des membres de l'équipage, des pionniers que le vaisseau transportait vers une colonie lointaine au fond des étoiles - pourront-ils le réparer et repartir vers leur destination initiale ? Ils n'ont d'autre moyen d'y arriver que de reconstituer les machines nécessaires à partir des matériaux locaux, au risque de détruire l'écologie de la planète. Mais voici que se lèvent les vents de folie apportant avec eux des pollens aux mystérieux pouvoirs. Parmi les survivants, certains veulent s'établir sur place, abandonner la civilisation industrielle et s'adapter à cet environnement étrange. Ils doivent apprendre le prix à payer pour que cette étrange planète consente à les accepter dans son sein...


Je ne lis jamais de science fiction. Pourtant je n'ai rien contre. Le seul roman SF que j'ai lu était Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley et j'avais d'ailleurs adoré. Et depuis des années, je dévore de temps en temps les albums de Yoko Tsuno. Mais à part ça, nada! C'est sûrement parce que je ne suis pas une folle de technologie et que je préfére la description d'un beau paysage plutôt que de l'astronef C321 à pulsion rotative ... Pourtant, l'espace me fascine (comme j'ai pu rêver enfant en regardant Star Wars), l'aventure aussi et les questions éthiques des avancées scientifiques également. Mais je ne sais pas ... je ne vais pas d'instinct vers ce style de romans.

En tout cas, je me suis laissée tenter par La planète aux vents de folie de Marion Zimmer Bradley, car je suis à genou devant cette auteure majestueuse depuis ma découverte des Dames du lac. Je m'étais dit que venant d'elle, ça ne pouvait qu'être superbe.

Superbe n'est pas le mot. Mais j'ai tout de même beaucoup aimé. Déjà, parce qu'il n'y a pas de description de l'astronef C321 à pulsion rotative. C'est futuriste, c'est vrai, mais ça reste beau, bien écrit. Son amour des beaux paysages se sent dans chaque page. C'est d'ailleurs, le thème majeur de ce roman : le retour à la Nature. Des hommes sont égarés sur une planète inconnue. Aucunes solutions de retour. Ils devront donc reprendre leur existence comme elle était avant l'apparition des technologies modernes.
J'ai aimé l'idée que ces terriens vont devoir reprendre le procédé de l'évolution pour survivre. Apprendre à se servir de l'environnement, élever des animaux, cultiver, ... Par contre, un nouveau don va remplacer la technologie perdue : la télépathie. Les habitants de cette planète seront touchés par le pollen d'une plante mystérieuse qui va renforcer leur faculté sensorielle.

Beaucoup d'aventures et de mystères dans ce court roman. Tout y est pour nous mettre l'eau à la bouche et avoir envie de continuer la série. Des choses sont évoquées, mais pas totalement dévoilées ... Futée madame Bradley.

Ce tome est le seul de la série à être un peu futuriste, car il parle de la naissance du peuple de Ténébreuse, de son arrivée de l'espace, de la colonisation, ... Dans les tomes suivants, les Ténébrans seront déjà établis dans leur monde (sans technologie, rappelons-le!), le style deviendra beaucoup plus fantastique que futuriste (c'est ce que j'ai entendu en tout cas).

Ce petit roman fut fort agréable, ça coule tout seul, c'est bien écrit et même si ça ne vaut pas Les dames du lac, j'ai passé de très bons moments. Je dois même avouer que je suis désormais bien curieuse de savoir ce que deviennent les Ténébrans. Ces êtres humains venus de chez nous, qui nous ressemblent tant et qui petit à petit vont appartenir à un autre peuple, vont avoir d'autres religions, une autre Histoire. Parcourir les origines d'une civilisation imaginaire m'a beaucoup plu. C'est tout un nouveau monde qui apparaît, une histoire complète et riche, ça donne envie de parcourir les mots de La romance de Ténébreuse pour vivre une nouvelle vie sur cette planète si mystérieuse en parallèle de la nôtre.

L'avis de Aileean.


" L'espace d'un instant, un beau visage calme, ni masculin, ni féminin, flotta dans son esprit. "Oui. Nous savons que vous êtes ici. Nous ne vous voulons aucun mal, mais nos chemins sont séparés. Nous vous aiderons quand même du mieux que nous pourrons, même si nous ne pouvons vous joindre que difficilement, à travers les portes closes de vos esprits. Mieux vaut que nous ne nous approchions pas trop. Mais dormez en sécurité cette nuit et partez en paix ..." Dans les yeux de Rafe, une lumière nimbait les beaux traits, les yeux d'argent. Et jamais, ni sur le moment, ni par la suite, il ne sut s'il avait vraiment vu les yeux de l'étranger et ses traits éclairés, ou si son esprit les avait captés avant de former une image composée des rêves enfantins d'anges, de fées et de saints auréolés ... Mais c'est en entendant le chant lointain et la berceuse du vent qu'il s'endormit."

(La planète aux vents de folie, pocket, 1977, p 225).





(Source image : loisirs-lyon.com)

vendredi 25 juillet 2008

Une antidote contre l'ennui ...

Mort sur le Nil
Agatha Christie


Livre de poche jeunesse, 2007.


La riche et séduisante Linnet Ridgeway part en Egypte en voyage de noces avec son mari, Mr Doyle. Rejoints par des amis et Hercule Poirot, le séjour semble s'annoncer sous les meilleurs auspices. Jusqu'au moment où Linnet est retrouvée assassinée. Les crimes mystérieux se succédent et il faudra toute la perspicacité du célébre détective pour confondre le coupable.

C'est la première fois dans un roman d'Agatha Christie que je trouve le coupable et son mobile avant la fin. J'ai trouvé que la solution était beaucoup plus facile que dans Le crime de l'orient-express (qui reste mon préféré tant le dénouement de ce roman m'a bouleversée) ou encore, Les dix petits nègres (introuvable). Mais ça n'entache absolument pas la qualité du roman.
Agatha Christie est vraiment une sublimissime conteuse. Elle nous tient en haleine du début à la fin sans voyeurisme ou violence gratuite. Tout est en finesse. La psychologie des personnages est minutieusement travaillée, chaque détail, étudié précisément. Certes, j'ai eu très vite une idée sur l'indentité du tueur, mais je n'ai pas tout trouvé dans le moindre détail. C'est ça qui est impressionant chez cette auteure. Elle nous donne tous les indices, on a absolument toutes les cartes en main, on en sait autant que Poirot et pourtant, on ne trouve jamais la solution. Agatha Christie monte ces crimes comme si c'était elle l'auteur.
Une première partie, l'avant meurtre, où l'ambiance se crée. Le décor se met en place doucement. On sait que ça va éclater ... mais quand?
Dès que le premier meurtre a lieu, c'est partie pour une ligne droite palpitante où les yeux ne se décrochent plus des pages.
La fin m'a laissée toute tremblante et émue. J'aime la tendance "grise" de Mrs Agatha. C'est à dire que dans tous les romans que j'ai lu d'elle, il n'y a pas vraiment de gentils ou de méchants, pas de blancs, ni de noirs. Il n'y a que des êtres humains.
Bref! Elle m'épate cette dame. J'adore l'ambiance de ces huis clos où chaque personnage s'espionne et s'accuse, où l'on fouille dans le passé étrange de ces caractères tous si particuliers. De grands moments de littérature (car oui, Agatha Christie est une vraie écrivaine, une plume talentueuse) à découvrir et redécouvrir encore.
...
" La jeune fille fit un pas vers eux. Le couple se figea.
- Bonsoir, Linnet, dit Jacqueline de Bellefort, ainsi te voilà! Décidément, nous ne cessons de tomber l'une sur l'autre. Bonsoir, Simon, comment vas-tu?
Avec un petit cri, Linnet Doyle s'était rencognée contre le rocher. Le beau visage de Simon Doyle s'était convulsé de rage. Il s'avança comme s'il voulait frapper la fragile jeune fille.
D'un rapide mouvement de tête, elle lui signala la présence d'un étranger. Simon se retourna et, apercevant Poirot, prit un ton embarrassé.
- Bonsoir, Jacqueline, bafouilla t-il. Je ... je n'espérais pas te voir ici."
(Mort sur le Nil, Livre de poche jeunesse, 2007, p63)





(Source image : es-conseil.fr)

dimanche 20 juillet 2008

Parfois un moment d'angoisse peut se transformer en instant sublime


La tombe des lucioles
Nosaka Akiyuki


Picquier poche, 2002.



La Tombe des lucioles, visionnaire et poignant : l'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des incendies tandis que la guerre fait rage et que la faim tue. Voici une prose étonnante, ample, longue, proustienne dans le sens qu'elle réussit à concentrer en une seule phrase des couleurs, odeurs et dialogues, mais prose très violente, secouée de mots d'argot, d'expressions crues, qui trouvent ici une beauté poétique et nouvelle, d'images quasi insoutenables - prose parcourue d'éclairs (Diane de Margerie).


Et oui, ça m'est arrivé! La toute première fois de ma vie de lectrice. Ne me demandez pas comment ou encore pourquoi mais c'est comme ça ... c'est arrivé! Je me suis retrouvée sans rien à lire hier soir. Moment horrible d'angoisse. J'avais beau me dire que ce n'était rien, que ça allait passer. De tout manière, il était minuit, j'allais bientôt tomber de sommeil ... et bien, non Rien n'y a fait! Je n'étais pas chez moi, j'avais oublié (comment est-ce possible??) de ramener mon prochain roman. J'ai donc fouillé désespérement partout à la recherche d'un petit livre qui pourrait me rassasier. J'ai été ravie de trouver dans les rayonnages : La tombe des lucioles. J'avais adoré le film d'animation Le tombeau des lucioles tiré de cette magnifique nouvelle de Nosaka Akiyuki. Les mots de ce sublime auteur m'ont énormément touchée. J'ai eu envie d'émotion et de beauté hier soir, j'ai été servie avec cette petite nouvelle bouleversante. Les mots sont beaux, la plume est délicate et pourtant, l'histoire est dure, crue et sans pitié. Ces deux enfants m'ont bouleversée. Devant la cruauté de la guerre, ils sont faibles et démunis. J'avais une envie folle de les serrer dans mes bras. Nosaka Akiyuki nous offre 40 pages bouleversantes, fortes et poignantes. 40 pages intenses, sans repos, sans pause. La guerre nous apparaît nue, précise, dans toute son horreur.
Un magnifique petit livre à déguster pour la qualité de son écriture si poétique ainsi que pour son message d'humanité.


"Il la regardait qui somnolait, étendue, par terre avec sa poupée dans les bras ... Et s'il s'taillait un peu le doigt lui, y pourrait lui donner un peu de sang à boire, et puis même, l'doigt, ça lui ferait rien d'plus l'avoir du tout, s'il lui donnait plutôt la viande s'son doigt à manger ...."Y t'embêtent tes cheveux, hein?", car seuls ses cheveux regorgeaient encore de vie et foisonnaient, et la remettant sur son séant il fit une tresse de sa tignasse, parmi laquelle ses doigts se glissaient en effleurant les poux, "Merci Seita!"; arrangés de la sorte, ses cheveux creusaient autour de ses yeux des cernes encore plus profonds ..."

(La tombe des lucioles, picquier poche, 2002, p63)

(Source image : anime-kun.net)

samedi 19 juillet 2008

J'ai croisé l'amour des mots un jour d'hiver dans un vieux château

Le treizième conte
Diane Setterfield

Folio, 2008.


Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l'écart du monde, s'est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd'hui, âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l'extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à Margaret Lea est une injonction : elle l'invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l'imaginaire. Et elle ne croit pas au récit de Vida. Dès lors, les deux femmes vont confronter les fantômes qui hantent leur histoire pour enfin cerner leur propre vérité...


Ah! Comme j'ai été éblouie par l'amour des mots, l'amour des livres qui ressortent de ce roman. Comment ne pas être touchée par un tel livre lorsque la lecture tient une place si importante dans notre vie? J'ai été bouleversée par les premières pages de ce roman sublime où la narratrice, Magaret Lea, parle de son amour des livres. On se dit : "Enfin quelqu'un qui me comprend! Enfin quelqu'un qui arrive à mettre des mots sur ce que je ressens!".
Le reste du roman m'a également passionnée. L'intrigue est si bien ficellée que l'on repose le livre qu'avec difficulté. Bien que j'ai trouvé la fin un peu rapide, le dénouement un peu téléphoné, je classe tout de même ce sublime roman dans mes coups de coeur à vie.
Une ambiance doucement gothique aux saveurs des soeurs Brontë. Un roman qui parle de livres. Un récit qui ressemble étrangement à un des romans qui m'a le plus touchée au monde Jane Eyre. Un livre où un médecin prescrit des pages de lecture pour se soigner d'une maladie. Un roman qu'il faut lire absolument!
Dur de faire un commentaire sur un livre aussi "littérairement" passionnant. Que dire à part que ce livre m'a énormément touchée? Qu'il m'a émue? Que j'ai eu un sentiment intense d'identification en rencontrant le personnage de Margaret? Rien. Alors ... Chut!
Bonne lecture!
...
" C'était presque l'heure. Je me dépêchai. Dans la salle de bains, je me savonnai le visage et me brossai les dents. A huit heures moins trois, j'étais en chemise de nuit et en pantoufles à attendre que mon eau veuille bien bouillir. Vite, vite. Huit heures moins une. Ma bouillotte était prête, et je remplis un verre d'eau au robinet. Il était important de faire vite. Car à huit heures précises, le monde s'arrêtai de tourner. C'était l'heure de lire.
L'intervalle entre huit heures du soir et une ou deux heures du matin a toujours été pour moi un moment magique. Contre le dessus-de-lit en chenille bleu, les pages blanches de mon livre ouvert, éclairées par un cercle de lumière, sont des portes donnant acès à un autre monde."
(Le treizième conte, D. Setterfield, Folio, 2008, p41)





(Source image : akilit.com)

lundi 14 juillet 2008

B2 Touché .... B3 Taguée!

Bien que planquée tout le week-end à la campagne, je n'ai pu échapper à l'oeil curieux de mademoiselle Ys ... Mais bon, je réponds à ce tag de bon coeur tout de même ...
Je ne suis rien sans….

* Comme la totalité de la blogoshère littéraire, mon livre. Et oui! Toujours mon roman du moment dans mon sac où que j'aille. Je ne peux pas vivre sans un livre et lorsque je pars en voyage les premières choses que je rapproche de mes bagages, ce sont les romans que j'emméne.

* Du thé. Je dois en boire environ 5 ou 6 tasses dans la journée ... sûrement plus en fait! J'adore ce breuvage réconfortant et ma boîte à thé est mon coffre aux trésors.

* Des sourires. Je suis une personne très heureuse d'être sur terre qui croque la vie pleinement ... et j'aime les sourires. Je ne suis rien sans un beau et sincère sourire.

* Ma famille. C'est ma ressource, mon oxygène, mon nid.

* Musique. C'est bon pour le coeur, l'âme, le corps. Que demande le peuple!

* Nature. J'ai besoin d'oiseaux qui chantent, de ruisseaux qui coulent et de forêts luxuriantes. C'est mon petit côté Blanche-Neige.

* Chocolat. On a tous nos faiblesses.

... Bon ... Je vais arrêter là car je n'en finirai plus ... Au passage, je tague Motslus, Aelys et Emmyne.