vendredi 1 juin 2007

Juste une journée ... et tout bascule!

Vingt quatre heures de la vie d'une femme
Stefan Zweig



Livre de poche, Paris, 2006.


Scandale dans une pension de famille comme il faut , sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un des clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée...Seul le narrateur tente de comprendre cette créature sans moralité , avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimé chez la fugitive.Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'Amok et du Joueur d'échecs, est une de ses incontestables réussites.

Comme j'aime les mots de cet auteur! J'ai retrouvé les phrases si bouleversantes que j'avais découvertes, il y a plusieurs années, dans La pitié dangereuse. Zweig envoûte. C'est l'un des écrivains qui est, à mon goût, le plus poéte, le plus sensible. Chacune de ces phrases résonnent au fond de nous! Cette histoire est magnifique. Elle rappelle aux lecteurs du début du XXème siècle que les femmes avaient, elles aussi, des sentiments, de la spontanéité. Elles étaient humaines avant tout. Un coeur de femme est un mystère, un océan inconnu. Mrs C ... est bouleversante de sincérité. Elle est là auprès de nous à nous raconter son histoire. En lisant ce livre, on entend au creux de notre oreille la petite voix de Mrs C ... A moins que ce soit au fond de notre coeur ...

" - Il n'y a que la première parole qui coûte. Je me suis préparée depuis déjà deux jours à être tout à fait claire et véridique : j'espère que j'y réussirai. Peut-être ne comprenez-vous pas encore pourquoi je vous raconte tout cela, à vous qui m'êtes étranger; mais il ne se passe pas une journée, à peine une heure, sans que je pense à cet événement; et vous pouvez en croire la vieille femme que je suis, si je vous dis qu'il est intolérable de rester le regard fixé, sa vie durant, sur un seul point de son existence, d'un seul jour."

(Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, livre de poche, p 36)


(Source de l'image : widow-creek.net (Monet)

3 commentaires:

Florinette a dit…

J'attends de savoir ce que tu vas en penser, car je l'ai dans ma PAL, mais je ne me suis jamais décidée à le lire !

Romanza a dit…

Je l'ai fini ... Je te donne un avis bientôt!

Florinette a dit…

Tu me donnes vraiment envie de le lire !!! du même auteur j'avais beaucoup aimé "le joueur d'échecs" et je vois que Zweig a l'art et la manière d'envouter son lectorat !