samedi 23 janvier 2010

Qu'elle était verte la campagne!

Du côté de Castle Rock
Alice Munro

Edition de l'olivier, 2009.

Alice Munro retrace le destin de ses ancêtres, partis d'Ecosse au XVIIIe siècle pour rejoindre la terre de toutes les promesses : l'Amérique. Menant l'enquête dans le passé familial, elle découvre des hommes et des femmes avides de liberté, qui ont tenté de se soustraire aux contraintes de leur époque. Mais Du côté de Castle Rock n'est pas un livre de mémoires. C'est avant tout le portrait intime d'une jeune fille qui s'évade dans la lecture et se prend au jeu de la fiction au point d'en faire son métier. Alice Munro nous raconte des histoires, tout en livrant leur part autobiographique au pouvoir de l'imaginaire. Elle pose sur ces vies minuscules ou légendaires son regard sensible d'écrivain, sans jamais perdre sa férocité.


J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre. Alice Munro nous parle de ces ancêtres mais également d'elle-même sous forme de nouvelles. La première de ces nouvelles m'a ennuyée. Je n'arrivais pas à comprendre toutes ces réflexions généalogiques, qui était qui, etc ... Je n'ai pas du tout était prise par le livre. La seconde nouvelle heureusement fut délicieuse. Les ancêtres d'Alice quitte l'Ecosse pour l'Amérique. Elle nous retrace leur périple en mer. J'étais accrochée, je voulais continuer. Mais mon attention est redescendue encore une fois lors des deux nouvelles suivantes. Je lisais sans lire, je m'ennuyais. Mon intérêt est revenue à partir de Travailler pour gagner sa vie et cette fois est restée stable jusqu'à la fin. Vous l'aurez compris, ce fut une lecture en dents de scie. Alice Munro a une écriture magnifique et sensible. Ses descriptions de paysages m'ont bouleversée comme si je les avais sous les yeux. Elle est brillante. C'est une véritable écrivain. Elle m'a offert des moments de lecture sublime : la traversée en bateau, son premier amour, les pères de ses voisines, sa première profession, sa nostalgie, ses questionnements, ses regrets, ses espoirs, son amour des livres. J'ai aimé ce texte et il mérite réellement d'être lu. Mais c'est vrai que certaines nouvelles ne m'ont pas captivé, surtout les premières. Il faut faire confiance à Alice Munro, poursuivre sa lecture et la laisser nous compter son histoire avec passion.

Un beau livre à lire donc malgré des moments un peu ennuyants!

" Je ne sais pas quel livre j'avais choisi. Je les avais déjà tous lus, tous les romans de cette bibliothèque. Il n'y en avait pas beaucoup. Sous l'éclat du soleil. Autant en emporte le vent. La tunique. Sleep and peace. Mon fils, mon fils. Les Hauts de Hurlevent. Les derniers jours de Pompéi. Les titres sélectionnés ne reflétaient aucun goût particulier et, de fait, dans plus d'un cas, mes parents n'auraient pu dire comment tel livre se trouvait là - avait-il été acheté, emprunté ou laissé pa quelqu'un.

Cela devait pourtant signifier quelque chose qu'à ce tournant de ma vie je me jette sur un livre. Parce que ce fut dans les livres que j'allais, pendant les quelques années qui suivirent, trouver mes amoureux. Des hommes, pas des gamins. Pleins de sang-froid, avec quelque chose de sardonique et une bonne dose de férocité en eux, des réserves de mélancolie. Ni Edgar Linton, ni Ashley Wilkes. Ni bons ni faciles à vivre. "

(Du côté de Castle Rock, Alice Munro, 2009, p 226)

(Source image : scotthaefner.com)

3 commentaires:

Matilda a dit…

Je dois avouer que ça ne me tente pas trop pour le moment. J'ai trop de choses à lire alors j'évite de reprendre des titres sur les blogs =D
Je vois que tu lis Le maître de Ballantrae, je croyais que tu l'avais déjà lu ? A moins que ce ne soit chez quelqu'un d'autre que je l'ai vu ...
En tout cas bonne lecture !

Marie L. a dit…

Je suis tellement crevée, j'ai tellement de bouquins sur ma PAL, que pour l'instant, je passe...

Titine a dit…

J'ai lu son recueil de nouvelles précédent qui m'avait beaucoup, il s'agissait de très beaux portraits de femmes. J'ai évidemment également été séduite par l'écriture et la sensibilté d'Alice Munro.