jeudi 6 novembre 2008

On ne sait jamais ce qui peut nous arriver au réveil ...

La métamorphose
Franz Kafka

Livre de poche, 1970.
Edition récente Librio 2003.
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Gregoire Samsa se réveille un matin métamorphosé en insecte. Representant de commerce, il entretient, seul, ses parents et sa jeune soeur. Très vite, sa famille s'inquiéte de ne pas le voir debout ....
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J'ai lu ce livre car la jeune lycéenne à qui je donne des cours de français et de littérature devait le lire durant les vacances de la Toussaint. Ne l'ayant jamais lu, il a bien fallu que je m'y mette.
J'ai trouvé ce roman extrêmement triste. J'étais très mal à l'aise durant la lecture de cette petite centaine de pages. L'attitude, les réactions de la famille de Grégoire m'ont particulièrement dérangée. Surtout que Kafka raconte cette histoire, totalement incroyable, de façon réaliste et ordinaire. J'ai vite compris que la fameuse métamorphose de Grégoire était symbolique (maladie, décision radicale, nouvelle vocation, ...) et que sa transformation en insecte n'était qu'un moyen de rendre concret ce changement. Mais sachant ça, j'ai eu encore plus de mal à ne pas être bouleversée par la triste existence de l'insecte-Grégoire. Sa famille m'a exaspérée au possible!
Ce roman se lit facilement et très vite, mais je le trouve d'une grande complexité et riche en analyses possibles. Kafka travaillant beaucoup sur le symbolisme ou les paraboles, des milliers d'interprétations sont possibles, ce qui rend le texte très déroutant malgré son apparente simplicité.
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"Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé dans son lit en une veritable vermine. Il était couché sur le dos, un dos dur comme une cuirasse, et, en levant un peu la tête, il s'aperçut qu'il avait un ventre brun en forme de voûte divisé par des nervures arquées. La couverture, à peine retenue par le sommet de cet édifice, était près de tomber complétement, et les pattes de Grégoire, pitoyablement minces pour son gros corps, papillotaient devant ses yeux."
(La métamorphose, livre de poche, 1970, p7)


(Source image : blogg.org)

3 commentaires:

La liseuse a dit…

Dérangeant, bouleversant, déroutant ! voilà 3 mots de ton billet qui sont parfaits pour le définir. Je l'ai lu au collège et je m'en souviens très bien. Une lecture qui marque.

sybilline a dit…

Certes, ce livre est bouleversant, surtout quand on sent qu'il est l'émanation de Kafka lui-même, cet homme douloureux et qui avait tant de mal à vivre simplement parmi les hommes

Romanza a dit…

La liseuse : Oui! Sans être exceptionnel et sublime, ce livre marque par son écriture et son histoire!

Sybilline : Tu as raison, j'ai senti une telle souffrance en lui en lisant ce texte!