lundi 12 mai 2008

C'était un jour de pluie au milieu des pivoines ...

Impératrice de Chine
Pearl Buck
(Defi Le nom de la rose 2008)

Livre de poche, 1999.


De 1875 au début de notre siècle, l’Empire chinois connaît une histoire agitée : rivalité avec le Japon, menées coloniales des pays occidentaux, révolte des Boxers.
Durant tout ce temps, il est dirigé par une femme : Tzu-Hsi, régente à la mort de son mari Hsien Feng, puis impératrice douairière avant de céder la place à Pu Yi, le dernier empereur.
En 1852 elle n’était pourtant qu’une jeune fille parmi soixante, proposées comme épouses au jeune monarque. Seule serait impératrice celle qui lui donnerait un fils. Tzu-Hsi, de son vrai nom Yehonala, a dû déployer des trésors de ruse et de séduction pour être celle-là …
C’est cette vie exceptionnelle que raconte l’auteur de Pavillon de femmes et de La terre chinoise, prix Nobel de littérature 1938, dans ce roman biographique où revit toute une civilisation à son déclin.

Je suis décidément une grande amoureuse de la littérature de Pearl Buck. C’est mon 7ème roman d’elle et je ne m’en lasse toujours pas. Je retrouve toujours cette incroyable douceur, cet amour de la vie et des instants précieux, mais à chaque fois, je me fais avoir par une histoire toujours unique, jamais la même. Une écriture d’une sensibilité incroyable et un art de conter comme jamais. Son écriture est gorgée de simplicité. Il n’y a en réalité aucune prouesse stylistique chez Pearl Buck bien qu’elle soit une sublime conteuse. Certains auteurs manient leur plume avec plus d’originalité et de virtuosité, ça je m’en rend bien compte, et pourtant je suis toujours aussi émue par la plume unique et délicate de cette grande dame. Cette auteure fait partie de ceux qui me touchent le plus, peut-être même est-ce CELLE qui me touchent le plus profondément. Jamais je n’ai vu une écriture si douce, si coulante, si tranquille … Et puis, elle écrit sur l'Asie, continent qui me fascine.
Comment raconter un roman de Pearl Buck ? Autant décrire la tranquillité d’un ruisseau ou la douceur du chant des oiseaux. Lire un Pearl Buck est une ressource nécessaire pour moi, comme une obligation au moins une fois dans l’année sous peine d’étouffer. Pearl Buck, c’est ma petite brise littéraire.

Arrêtons cet éloge qui risquerait de ne jamais finir et essayons le mieux possible de parler de L’impératrice de Chine. C’est le premier roman historique que je lis de ma Pearl Buck (elle arrive toujours à me réserver mille surprises) et je peux vous dire (mais vous vous en doutiez) que j’ai adoré. Je ne connaissais que peu de choses sur l’impératrice douairière. Quelques bribes d’histoires et des photographies. Son histoire racontée par Pearl Buck m’a totalement passionnée. Cette femme au caractère incroyable deviendra tour à tour Orchidée, jeune fille mandchoue, Yehonala, concubine de l’empereur et enfin, Tzu-Hsi, impératrice de Chine. Elle nous emmène dans l’histoire de sa vie en nous partageant ses doutes, ses colères, ses tristesses, mais aussi ses moments de paix. Un long voyage de plusieurs décennies à travers la Chine. Cet empire plein de tradition qui se heurte à l’Occident et à la modernité. Un voyage à travers l’Histoire de notre monde mais aussi à travers l’histoire d’une femme, belle et puissante. Tzu-Hsi nous apparaît tour à tour dure, inflexible et majestueuse puis humaine, douce et sensible.
Un beau roman que l’on ne peut que refermer le cœur serré. Une ultime scène comme seule Pearl Buck sait les faire, pleine de nostalgie, de beauté et d’optimisme. Une fin qui nous donne envie de se précipiter sur le début du roman et de retrouver la jeune Orchidée, cette douce fille qui ne connaît pas encore de quoi sera fait son destin …

« Comme elle le trouvait beau, ce palais ancestral, sauvé par sa reddition et que l’ennemi n’avait pas profané. Elle en visita toutes les pièces et se rendit enfin dans la salle du trône, qui datait du temps de Ch’ien Lung.
« Je reprendrai ma place sur ce trône, pensa-t-elle, et je continuerai à régner sur mon peuple … »
Elle retrouva également ses jardins où rien n’était changé, où les arbres se reflétaient dans l’eau calme des vasques. Dans son appartement privé, tout était intact : les portes splendides, les peintures vermillon, les auvents dorés, et son Bouddha d’or dans sa châsse.
« C’est ici que je vais vivre et mourir en paix », se dit-elle. »


(Impératrice de Chine, Livre de poche, p 482)
(Source image : sacu.org)

8 commentaires:

Karine a dit…

Ca paraît que tu adores... tu réussis à me donner le goût de lire ce livre!!!

Romanza a dit…

Pearl Buck est une admirable conteuse. Je ne me lasse pas de ses romans ...
Vas-y fonce ma belle!
Je te conseille "La mère" ou "Pavillon de femmes" pour commencer. Deux petites pépites d'or ...

Sandra a dit…

Je ne connaissais pas ce titre de Pearl Buck mais il il me plait beaucoup ! Ca fait longtemps que je n'ai rien lu d'elle et tu me donnes envie de m'y remettre.
Je connais rien de l'histoire de l'empire de Chine, à part à travers le film "Le dernier empereur" et l'histoire de Pu Yi. Je dois aller à la bibliothèque cet après-midi, je vais voir ce qu'ils ont sur leurs étagères.

Aileean a dit…

Je voulais déjà lire du Pearl Buck et en plus c'est un livre historique comme je les aime: je crois que c'est un signe, je dois le lire...

Romanza a dit…

Sandra : Plus je lis cette belle plume, plus je la déifie. N'hésite pas à lire et relire des titres de cette grande dame ...

Aileean : Oh! oui vas-y précipite toi! Bijou de bijou!

Lou a dit…

J'ai lu "Vent d'est, vent d'ouest", j'en garde un excellent souvenir mais j'étais très jeune. Je serais ravie de lire d'autres de ses romans.

Romanza a dit…

Lou : Tu peux replonger sans aucun problème dans cette si belle écriture. Pearl Buck se lit à tout âge!

belldenuit11 a dit…

Lu il y a très très longtemps c'est un livre que je n'ai pas oublié. Pearl Buck est une écrivaine que j'affectionne tout particulièrement. "Vent d'Est, Vent d'Ouest" est aussi exceptionnel.