mardi 8 juin 2010

Journal intime

Poèmes
Emily Brontë
NRF, Poésie Gallimard, 1999.

Un recueil des poèmes d'Emily Brontë, seconde des célèbres soeurs Brontë et auteur des Hauts de Hurlevent. Ses poèmes sont arrivés jusqu'à nous surtout grâce à sa soeur aînée, Charlotte.

D'Emily Brontë, je ne pensais pas lire autre chose que son célèbre Les hauts de Hurlevent. Elle fait partie de ces auteurs au roman unique. J'ignorais que ces poémes étaient publiés et qu'ils avaient été recueillis par sa soeur, Charlotte, auteur d'un de mes romans favoris, Jane Eyre. N'étant pas une experte en poésie (loin de là!), j'ai trouvé ce recueil très beau. Certes, c'est assez simple! Je ne pense pas que les accros de la poésie trouveraient leur bonheur dans ces petits poèmes courts et accessibles. Mais moi, j'ai aimé. Emily écrit spontanément, sa plume est vraie, passionnée, éprise de liberté. Je me suis régalée. Ce qu'elle compose est souvent très sombre. On sent derrière ces lignes une jeune femme qui hurle, qui souffre parfois, mais aussi qui aime. On retrouve avec bonheur ce qui fait le charme des Hauts de Hurlevent : les descriptions de la lande anglaise, cette passion pour les âmes sombres et torturées, les ambiances romantiques et gothiques, ... On reconnaît dans ces vers Heathcliff et Cathy.

La préface est à lire d'urgence. On apprend énormément sur Emily Brontë. Grâce à des témoignages, on apprend comment Emily était physiquement, mais on a également des indices sur son comportement, son caractère. De très belles pages à lire!

J'ai adoré découvrir une autre facette de l'auteur des Hauts de Hurlevent. On se rend vite compte que l'auteur des poémes est, en tout point, celle qui a écrit ce roman sombre et violent. Une très belle découverte, une plongée au fond d'une âme angoissée et d'un coeur passionné ...

Il devrait n'être point de désespoir pour toi

Tant que brûlent la nuit les étoiles,

Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,

Que le soleil dore le matin.

Il devrait n'être point de désespoir, même si les larmes

Ruissellent comme une rivière :

Les plus chères de tes années sont-elles pas

Autour de ton coeur à jamais?

Ceux-ci pleurent, tu pleures, il doit en être ainsi;

Les vents soupirent comme tu soupires,

Et l'hiver en flocons déverse son chagrin

Là où gisent les feuilles d'automne.

Pourtant elles revivent, et de leur sort ton sort

Ne saurait être séparé :

Poursuis donc ton voyage, sinon ravi de joie,

Du moins jamais le coeur brisé.


Novembre 1839

(Poèmes, Emily Brontë, 1999, Gallimard, p87)


(Source image : Becoming Jane. oeildurideau.com)

7 commentaires:

George a dit…

je ne savais pas du tout qu'elle avait écrit des poèmes mais j'aurais pu m'en douter !!!

Matilda a dit…

Je l'ai aussi dans ma bibli. et j'en lis petits bouts par petits bouts. Ce n'est pas très "sophistiqués" mais j'aime ^^ On sent le mal être derrière ces mots et la tristesse qu'elle ressent, digne de l'auteur des Hauts de Hurlevent.

Aileean a dit…

Et bien, je ne savais pas non plus que ce recueil existait. Je crois qu'il va passer en position numéro pour mes futurs achats!!! Merci de me l'avoir fait découvrir!

casanova a dit…

Je connaissais, et je le lisais beaucoup au lycée. Je suis fan!

Marie L. a dit…

Moi qui ai envie de poésie (et de poésie anglaise qui plus est), je sais quel livre acquérir!
Merci à toi!

Shana a dit…

Magnifique ! Je ne savais point qu'elle avait écrit des poèmes !

Romanza a dit…

George : Au coin et plus vite que ça! ;)

Matilda : C'est bien vrai!

Aileean : De rien!

Casanova : Yep! Heureuse de l'apprendre!

Marie L : Saute dessus alors!

Shana : Et si ma petite Shana!