samedi 12 janvier 2008

Ancienne lecture : "Cette terre sera mienne!"

La terre
Emile Zola


Livre de poche, 2006.


De retour de la bataille de Solférino, le Provençal Jean Macquart s'est installé dans un village de la Beauce où il est devenu le valet du fermier Hourdequin. Mais quoiqu'il s'éprenne bientôt de Françoise, la nièce du vieux père Fouan, Jean reste ici un étranger à la communauté villageoise : car le vrai drame qui va se jouer est celui de la terre que Louis Fouan a décidé de partager entre ses trois enfants. Qu'il s'agisse en effet de la terre ou de la sexualité, c'est le désir de possession brutale qui est au cœur de ce quinzième roman des Rougon Macquart. Mais ce que souhaite surtout Zola, lorsqu'il fait paraître son livre en 1887, c'est brosser aussi complètement que possible un tableau de la campagne et de la paysannerie, décrite comme une sorte d'humanité primitive. Et parce qu'il n'écarte pas les formes les plus vives ni les plus frustes de cette vitalité élémentaire, son roman a heurté la critique. Mais le public ne l'a pas écoutée et, à la mort de l'écrivain, La Terre demeurait l'un de ses romans les plus lus.

Le meilleur des Zola que j'ai pu lire. Une histoire passionnante que j'ai lu en deux jours. Je ne m'arrêtais que pour dormir et manger. Chaque chapitre appelle le suivant, impossible de décrocher.Une intrigue palpitante sur les problèmes de possession à la campagne. Vente de terres, successions, ... Les paysans de cette Beauce angoissante se battent pour une poignée de terre. Un livre violent, dur, cru mais passionnant, prenant et si vrai. Un bijou à lire!

"Un an se passa, et cette première année de possession fut pour Buteau une jouissance. A aucune époque, quand il s'était loué chez les autres, il n'avait fouillé la terre d'un labour si profond : elle était à lui, il voulait la pénétrer, la féconder jusqu'au ventre. Le soir, il rentrait épuisé, avec sa charrue dont le soc luisait comme de l'argent. En mars, il hersa ses blés, en avril, ses avoines, multipliant les soins, se donnant tout entier. Lorsque les pièces ne demandaient plus de travail, il y retournait pour les voir, en amoureux. Il en faisait le tour, se baissait et prenait de son geste accoutumé une poignée, une motte grasse qu'il aimait à écraser, à laisser couler entre ses doigts, heureux surtout s'il ne la sentait ni trop sèche ni trop humide, flairant bon le pain qui pousse."

(La terre, Livre de poche)


(Source de l'image : encyclopedie-gratuite.fr)

4 commentaires:

florinette a dit…

Tu me donnes envie de reprendre mes lectures classiques, j'ai déjà un challenge là-dessus, mais Zola me tente bien également !!

Romanza a dit…

J'adore un petit classique de temps en temps ...

Nebelheim a dit…

Zola est un très bon écrivain et on se fait facilement avoir par sa plume (moi la première : quand je commence un roman de Zola, impossible de décrocher.) Pour ce qui est de "la Terre", j'avouerai ne pas l'avoir lu, mais me permettrais tout de même d'ajouter quelques réserves : C'est un des derniers livres des Rougon-Macquart, Zola s'est alors fortement embourgeoisé et l'idéologie sous-jacente du livre (et du cycle), à savoir les thèses naturalistes, ce scientisme de l'hérédité est tout de même un peu gênant. Cela n'empêche pas que Zola reste un grand écrivain très plaisant à lire, cependant je pense qu'il est important d'avoir ça à l'esprit, histoire de ne pas se fourvoyer sur ses intentions premières et, tout en savourant le plaisir de la lecture, ne pas être dupe.
Agréable blog que celui-ci, en tout cas. Bonne continuation !

Nibelheim

Romanza a dit…

Nebelheim : Oh! Une passionnée de Zola, super! ;)

Je ne savais pas pour "La terre"! Pendant la lecture en tout cas, je n'ai pas ressenti cet embourgeoisement. J'ai trouvé, au contraire, qu'il était réaliste (normal pour un écrivain naturaliste/réaliste vous me direz!), juste et dans le vrai. Mais je note tout de même ce que tu m'as dit si un jour je le relis!

En tout cas, je te me conseille!