dimanche 12 mars 2017

Vous avez dit "illuminée"?




Depuis toujours les livres font partis de ma vie. Avant même de savoir lire. Dès que j'ai enfin pu déchiffrer ces mots qui m'attiraient tant, je n'ai pas passé un jour de ma vie sans lire. Rituel du soir avant de dormir, moment de tranquillité dans la journée, lectures de vacances, lectures d'école, ... J'ai autant de souvenirs littéraires que de souvenirs réels. 
Je ne savais pas ce que c'était de ne pas avoir de "roman en cours". J'avais toujours un roman entamé. 
Jusqu'à maintenant. 


Voilà plus d'un mois que je n'ai pas lu une seule page de roman. Je savais que ça serait difficile, je connaissais ma passion pour les livres. Mais honnêtement, je n'aurai pas pensé que ça devienne si douloureux. 
Pour les non-lecteurs, je passe sûrement pour une illuminée, la membre d'une secte secrète. C'est difficile d'en parler autour de soi. Les gens qui comprennent ne sont pas nombreux. Alors, je me tais. 
J'ai toujours eu un roman près de moi, une histoire à savourer, des personnages auxquels penser, la promesse d'un moment douillet le soir après la journée de travail. Ça fait parti de moi, c'est ce que je suis. Même dans des périodes intenses de travail, même après avoir mis mes enfants au monde, j'ai toujours lu, je n'ai jamais cessé. J'ai ralenti, j'ai adapté mes moments et mes façons de lire, mais je n'ai jamais cessé.  J'entends tellement de gens autour de moi me dire : " J'aimerai tant lire, mais je n'ai pas le temps. Je ne lis plus depuis la naissance de mes enfants, etc ... ". Pour moi, tout est une question de priorité. J'ai toujours trouvé le temps de lire, parce que c'est une de mes priorités. En ce moment, ma priorité est la réussite au concours, alors la lecture est mise de côté. C'est tout.

J'ai été donc obligée de laisser mes romans depuis 1 mois. Au début, je me suis faite à l'idée. Après tout, je lisais quand même. Des ouvrages d'art ou de didactique, certes, mais je lisais. Puis, doucement, j'ai senti un manque. Ce n'est pas que de mots et de lecture dont j'ai besoin, c'est aussi de romanesque, d'histoires contées au creux de l'oreille, de personnages vivants et d'émotions. 
Je me suis rendue compte, même si je l'avais toujours su, à quel point la lecture était une passion. Celle qui est douloureuse quand elle n'est pas là, celle qui réconforte, à laquelle on pense, on rêve. 
Depuis, plusieurs jours, ma main se tend vers mes chers romans et je leur dis à quel point j'ai hâte de les retrouver. 
Je rêve de plaid, de thés, de pages dévorées, de balades en librairie. 


Alors, oui, je suis une illuminée. Mais je suis tellement fière de l'être. J'ai toujours plaint les gens qui ne lisent pas. Je ne les juge pas, mais je les plains. Ils ne connaissent pas cette richesse, ces émotions, ce réconfort, ce partage qu'apporte la lecture. 

De mon côté, ça y est, dans quelques jours je vais pouvoir mettre de côté mes ouvrages théoriques pour m'accorder des moments "romans". Enfin! 

(photos : Romanza2017)

4 commentaires:

unlivreunthe a dit…

Que c'est beau ! Je partage totalement tes mots... Courage, tu pourras te rattraper après et tu savoureras ce premier roman après une si longue pause avec un délice incroyable ! Sais-tu déjà lequel tu choisiras ?
Très belles photos <3

romanza a dit…

Non, pas encore. J'hésite! Mais je vais sûrement privilégier des romans assez courts pour les quelques semaines à venir.

FondantGrignote a dit…

Je te comprends totalement, Romanza. Ca m'est arrivé une fois, alors qu'on préparait notre déménagement pour entrer dans notre maison, il y a un poil plus de 3 ans. Aucun roman pendant peut-être 4 ou 5 semaines ; ça m'avait vraiment manqué mais comment faire... ? Et puis les romans nous attendent : ils seront au RDV quand tu seras de nouveau disponible pour eux :-)

AMBROISIE a dit…

Je suis restée une année sans lire, ou six mois je ne m'en souviens plus très bien. Par contre je me souviens que c'était parce que je ne voulais pas lâcher et terminer un livre (le tome 6 d'Harry Potter). C'est frustrant de ne pas lire, j'ai besoin de lire mes quelques pages par jours et ce que tu dis me fait peur car l'année prochaine je prépare mon CAPES et je pense que je devrai laisser mes romans de côtés pour des essais et des ouvrages plus techniques...