dimanche 26 janvier 2014

Surveillez votre nez ... On ne sait jamais!

 Le manteau suivi de Le nez 
Nicolas Gogol

Librio, 2005.

La vie d'Akakievitch, bornée à l'univers étroit de son travail au ministère, se trouve bientôt métamorphosée par un projet invraisemblable : l'acquisition d'un manteau neuf ... 

Le nez raconte la découverte que fit un jour le barbier Ivan Iakovlievitch dans le pain qu il s apprêtait à croquer un matin : un nez. Il cherche à s en débarrasser, en vain. La police finit par arrêter cet homme qui tente désespérément de se séparer d un nez. De son côté Kovaliov, assesseur au collège a perdu son nez, il ne reste plus qu à le lui rendre. Mais le nez semble refuser de retrouver sa place sur la figure de Kovaliov et préfère mener sa propre existence.

Je viens de combler une des mes (trop) nombreuses lacunes en matière de littérature russe, j'ai lu deux textes de Nicolas Gogol. Même si cette lecture fut bien trop courte pour apprécier monsieur Gogol à sa juste valeur, j'en ressors assez enthousiaste. Les deux nouvelles sont assez absurdes et drôles. Mais sous un air faussement simple, ces deux histoires cachent une vive critique d'un monde fait d'apparences, de faux semblants et d'hypocrisie. Je suis assez frustrée de ne pas avoir étudié Gogol à l'université car cela doit être passionnant. Il y a d'abord cette première lecture légère et pleine d'humour puis une fois le recueil refermé, la sensation d'avoir lu quelque chose de très poussé, de très profond, est tenace. On aimerait avoir des clefs, des outils pour comprendre un peu mieux le propos de Gogol. 
Un recueil très simple d'accès mais bourré de symboles et très satirique qui m'a donné envie de découvrir davantage cet auteur russe. Je compte le relire avec l'intégralité de ses Nouvelles de Saint-Pétersbourg. 

- Aujourd'hui, Prascovia Ossipovna, je ne prendrai pas de café, dit Ivan Iakovlévitch, et, à la place, je me mangerais bien un petit pain chaud avec une tête d'oignon. (C'est-à-dire qu'Ivan Iakovlévitch aurait souhaité et l'un et l'autre, mais il savait qu'il était absolument impossible de demander les deux choses en même temps, Prascovia Ossipovna ne supportant guère ce genre de lubies.) " Qu'il mange son pain, l'imbécile ; moi, ça m'arrange, se dit l'épouse, il me restera une tasse de café en plus. " Et elle lui jeta un pain sur la table.
(Le nez in Le manteau suivi de Le nez de Gogol, Libretto, 2005, p 47)

(Source image : Le pont Pevtcheskyi, Saint-Pétersbourg. artmajeur.com)

4 commentaires:

Simone a dit…

J'ai lu Gogol étant au lycée et à l'époque je n'avais pas saisi toutes les subtilités car comme tu le dis sous une apparente simplicité se cache un texte d'une grande complexité. J'ai très envie de relire 'les nouvelles de Pétersbourg' mais avec un oeil plus avisé cette fois-ci.

Anaïs Vaillant a dit…

Coucou, je découvre ton blog avec plaisir aux détours de mes flâneries sur la blogo et... en fait je cherche mon nez. Il est pas petit mais pas très long non plus, droit, de couleur plutôt claire et il a quelques tâches de rousseur. Si tu le vois traîner au coin du feu ou dans ta salade composée, fais-moi signe ;)

Bref, comme toi je n'ai lu que ces deux nouvelles et c'est Le Manteau qui m'avait le plus marqué avec son personnage de pauvre fonctionnaire "bas gradé" si je puis dire. Ce n'est pas souvent étudié au lycée, et pourtant comme tu le dis c'est un texte à la fois facile et très complexe qui mériterait qu'on s'y intéresse.

Matilda a dit…

Je n'ai jamais lu Gogol, et je restais justement de quoi étoffer ma collection d'auteurs russes, je le note donc :)
J'aime bien les textes absurdes et c'est toujours bien pour frimer en société de découvrir des auteurs connus, n'est-ce pas u__u

Romanza a dit…

Simone : Pareil!!!

Anaïs : Bienvenue! Si je croise ton nez, promis, je te l'envoie!
Oui, il faudrait que je m'y penche davantage.

Matilda : It's true, of course!